La bande du ciné 01/02/2012 à 12h51

« Sur la planche » : un thriller social décoiffant à Tanger

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

Badia a 20 ans et une philosophie personnelle décoiffante :

« Je ne vole pas, je me rembourse. Je ne cambriole pas, je récupère. Je ne trafique pas, je commerce. Je ne me prostitue pas, je m’invite. Je ne mens pas. Je suis déjà ce que je serai. Je suis juste en avance sur la vérité : la mienne ! »

Bienvenue à Tanger, pas la ville mythifiée par Paul Bowles. Non, l’envers de ce décor romantique : la zone franche et ses ouvrières en batterie, tête de pont de la mondialisation, sas de toutes les migrations, internes et externes, cul-de-sac de beaucoup de rêves.

« Sur la planche », le premier film de fiction de la réalisatrice marocaine Leïla Kilani, présenté l’an dernier à Cannes dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, vous emmène à un rythme éperdu dans les pas de quatre jeunes filles qui refusent la voie qui leur a été tracée.

Bande annonce de « Sur la planche »

Comment échapper à l’univers chaplinesque (celui des « Temps modernes ») de la zone franche, avec ses barbelés et ses vigiles, ses usines géantes et l’univers répétitif des cadences infernales ?

Les héroïnes de « Sur la planche » volent un peu, trafiquent un peu, séduisent un peu, organisent un monde fait de petites combines et de grands risques. Elles ont l’énergie désespérée de celles qui refusent leur condition et leur déterminisme de femmes, de provinciales, d’ouvrières.

Les révolutions arabes ne sont pas loin

Ce film, sur le mode du thriller social, décoiffe, dérange, fascine. Et, même s’il n’en parle absolument pas, il accompagne incontestablement la vague de fond des révolutions arabes. On y retrouve le mal-être d’une génération, l’insertion dans la mondialisation par son pire aspect, avec cette monstrueuse zone franche, l’absence de tabous et la détention de tous les codes de la communication moderne...

Badia et ses amies ne sont pas des révolutionnaires au sens politique du terme. Mais la frontière entre leur refus de se contenter de ce que la société leur offre et le passage à l’acte de la révolution est mince. Dans le film, elles ne la franchissent pas, se contentant de la subversion de leur comportement. A voir, assurément, pour comprendre ce qui se joue aujourd’hui de l’autre côté de la Méditerranée.

Infos pratiques
« Sur la planche »
Un film de Leïla Kilani

avec Soufia Issami, Mouna Bahmad, Nouzha Akel, Sara Betioui - 1h46 - sortie le 1er février 2012.

  • 9588 visites
  • 6 réactions
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  • momo la salade
    • Posté à 14h20 le 01/02/2012
    • Internaute 110276
      foutus

     ;

  • momo la salade
    • Posté à 13h40 le 01/02/2012
    • Internaute 110276
      foutus

    pour ceux chez qui daily motion c’est un peu comme le nouvel obs

  • trouble fêtes
    trouble fêtes
    aconforme
    • Posté à 13h58 le 01/02/2012
    • Internaute 156689
      aconforme

    Elle est juste en avance sur la réalité, la sienne. Non sa vérité.
    Car si « à chacun sa vérité » ; alors : le mensonge pour tous !
    Chacun sa vérité, frivolise qui vous l’assène comme une vérité et, dès la prononciation, rend sa phrase strictement impossible. Info ? Beaucoup de prêts à penser s’avèrent complètement erronés dans leurs mécanismes mêmes. Ainsi, avions-nous proposé à quelqu’un qui avance le « Chacun sa vérité » un « je ne dis pas qu’il pleut quand il pleut mais quand la pluie est toute en moi. Sinon pour moi c’est soleil ». « Mais s’il pleut c’est vrai, tout le monde peut le vérifier, on ne peut pas dire l’inverse » nous fut-il répondu . « Vous veniez de dire chacun sa vérité et dès le premier pas vous refluez. Vous voyez bien que chacun sa vérité ne fonctionne pas du tout, juste un “interrupteur de conversation”, de la pacotille. C’est plutôt il existe une vérité (il pleut) et chacun-e la vit à sa façon. Une vérité mais “des réalités multiples” puisque “auto-nomos”, d’accord ? »
    Lien...

    Cela mis à part j’irais voir ce film avec intérêt !

  • momo la salade
    • Posté à 13h58 le 01/02/2012
    • Internaute 110276
      foutus

    je sais pas qui c’est mais elle vous donne tout de suite envie d’aller voir ce film ça doit être l’effet nouvel obs

  • anini
    anini
    terrienne de souche !
    • Posté à 14h27 le 01/02/2012
    • Internaute 51759
      terrienne de souche !

    Sortie aujourd’hui : 5 projections à Paris , 1 dans le 93 , ailleurs j’ignore le nombre de salles mais faut vraiment vouloir le voir !

  • Racaille la Rouge
    • Posté à 11h20 le 02/02/2012
    • 174747
      zig-zag

    Trés bon film ,tendu et incisif,l’actrice principale est exellente, à voir et peut-étre relancera une enquéte sur les zone franche(Vous vous rappelez comment on nous avez vendu cela ....emplois à donf etc...il y a quelques années)