La bande du ciné 01/02/2012 à 16h07

« Detachment » : Adrian Brody convaincant en prof habité

Louis Lepron | Journaliste

Henry Barthes (Adrian Brody) a tout du professeur rêvé. Parachuté dans un lycée un peu chaud de New York, son style, qui mêle autorité et humanité, prend les élèves de court.

De nombreux films américains plein de bon sentiments se sont déjà cassés les dents sur ce genre de sujet : « Esprits rebelles “ ou ‘Ecrire pour exister . Le topo ? Une classe de perdants se mue en une classe de lycéens brillants, promis à une intégration optimale dans la société.

Sauf que le réalisateur s’appelle Tony Kaye ( American History X’ et des documentaires sociaux comme ‘Lake of Fire ). Ici, Detachment’ propose une plongée dans l’Amérique sous le prisme de l’éducation et de la jeunesse.

Bande annonce de ‘Detachment’

Un prof parfait mais pas lisse

Malgré une filmographie importante, on a toujours cru qu’Adrian Brody n’avait fait qu’un film, ‘Le Pianiste .Detachment’ pourrait changer la donne.

Le personnage pourrait frôler le cliché : un quadra charismatique et généreux quand il s’agit de recueillir la jeune prostituée, Erica ; un type au grand cœur avec une histoire pas facile et un costume qui tombe bien. En un mot : le gendre idéal.

Mais Brody réussit à incarner le personnage sans être lisse, sans doute parce que ce fils de prof trouve dans son histoire personnelle de quoi l’incarner.

Sa fragilité le rend vite sympathique aux yeux du spectateur. Il évite la mièvrerie, même si la réalisation parfois trop ‘indé’ et stylisée à l’extrême gêne la lecture du personnage.

Adrian Brody à propos des enseignants

Interview à BFM-TV

Autour du prof, Tony Kaye décline les portraits fugaces d’enseignants saisis à des instants marquants : le prof fantomatique, le vieux cynique ou la froide Lucy Liu qui craque sous la pression... Le réalisateur américain brouille les pistes.

Un lycée mal en point

Dans l’Amérique de Tony Kaye, les parents démissionnent, le gouvernement cherche la rentabilité au sein du système scolaire. Les ados, eux, galèrent.

Et c’est cette deuxième partie du film qui surprend : le spectateur aurait pu s’attendre à une énième resucée du courageux prof sauvant ses élèves en quelques mois. Mais non : Henry Barthes n’est qu’un remplaçant parmi d’autres. Aussi vertueux soit-il, il n’est que le boulon d’une machine et ‘Detachment’, une critique finalement assez convaincante de l’enseignement.

Riverains, à vous de nous dire ce que vous pensez du film en commentaires !

  • 11353 visites
  • 15 réactions
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  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 16h39 le 01/02/2012
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    « Riverains, à vous de nous dire ce que vous pensez du film en commentaires ! “

    Je veux bien, mais où est-ce qu’on peut le télécharger ?

    • -Protagoras-
      -Protagoras- répond à Autist Reading -
      Relativiste relatif
      • Posté à 16h52 le 01/02/2012
      • Internaute 161557
        Relativiste relatif

      Oh, bah facile, ça se trouve un peu partout, mais la qualité est pas terrible, vaut mieux attendre qu’il sorte en DVD pour trouver des bons DVDRip.

    • Isapol
      Isapol répond à Autist Reading -
      Curieuse
      • Posté à 17h33 le 01/02/2012
      • Internaute 154682
        Curieuse

      Eh oui, fini la belle époque megaupload, et c’est bien triste ! ! ! Voilà de quoi rire un coup pour oublier Lien en attendant qu’on retrouve une super plateforme de streaming (et non pas de téléchargement illégal) :)

      • Kaiserbueno
        Kaiserbueno répond à Isapol
        • Posté à 10h29 le 02/02/2012
        • Internaute 110578

        Merci à tous pour votre HS puéril, mais le film est sorti le 1er fevrier.

        le streaming est assimilable à du téléchargement illégal, de plus il y a toujours autant de sites dispos, mais merci pour votre participation extrêmement utile et informée.

        @-Protagoras-, vous êtes une sorte de vieux loup de mer vous, on vous la fait pas, une sorte d’expert d’un ternette, ça me fera toujours rire le jeune kevin ou la ménagère qui parlent de warez.

         2 autres commentaires
  • J_P_M
    J_P_M
    N/A
    • Posté à 17h59 le 01/02/2012
    • Internaute 91451
      N/A

    Je l’ai vu il y a quelques semaines, et le film n’est pas « convaincant » du tout, il est sinistre et racoleur.

    Il faut dire que Tony Kaye est aussi mauvais comme scénariste que comme réalisateur. Souvenez-vous de « American history X » et de son scénario idiot (un facho qui devient un humaniste en prison, parce qu’il a joué au basket avec des prisonniers noirs, puis qui persuade son jeune frère, aussi facho, de devenir humaniste à son tour... tout cela en quelques secondes !).

    • pierre_s
      pierre_s répond à J_P_M
      étudiant en histoire
      • Posté à 18h31 le 01/02/2012
      • Internaute 122028
        étudiant en histoire

      C’est quand même un peu réducteur votre analyse de American History X. C’est sûr que votre raccourci laisse entendre que ce film est merdique, pourtant il a une certaine profondeur, celle d’un homme face à ses conviction et ses actions. American History X ce n’est pas seulement l’histoire d’un « facho », c’est aussi celle d’un frère, qui au fil des mois (et non en quelques secondes) essaye de convaincre son jeune frère.

    • sliwa
      sliwa répond à J_P_M
      contemplatif
      • Posté à 20h02 le 01/02/2012
      • Internaute 147010
        contemplatif

      Non seulement votre interprétation d’American History X est très légère mais elle est imparfaite, faussée. Ou alors vous étiez ivre lorsque vous avez vu le film. Le moment de la partie de basket cristallise les tensions et les haines raciales, non le contraire : les blancs jouent contre les noirs pour la suprématie du terrain, le droit d’y jouer à vie et de bouter les perdants. C’est en travaillant à la buanderie de la prison avec un noir et en discutant avec lui, en « retrouvant » son ancien prof d’histoire lui aussi noir que la vie du protagoniste change. Avant de jouer les critiques à la petite semaine, tachez d’être exact.

  • Féline
    Féline
    fée
    • Posté à 18h32 le 01/02/2012
    • Internaute 111221
      fée

    Mouais...

    Décidément, la seule chose de vraiment crédible qui ait été tournée sur ce sujet, c’est la saison 4 de The Wire.

  • Cadardoloth
    Cadardoloth
    independant
    • Posté à 20h58 le 01/02/2012
    • Internaute 150739
      independant

    Aprés avoir tabassé des prédators, il ne devrait pas avoir de mal à matter des ziva en manque de civisme...

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 10h10 le 02/02/2012
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    .....mais les histoires de lycées, je préfère celle-ci....voir plus bas ( l’Ave Dheu m’empêche de poster deux trucs en même temps....et bonne Chandeleur à l’équipe technique.... ; -)

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 10h15 le 02/02/2012
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    Pour ceux qui ont le temps......copie intégrale, LEGALE.....sur Youtube....

  • silversamourai
    silversamourai
    paranoia agent
    • Posté à 12h07 le 02/02/2012
    • Internaute 15954
      paranoia agent

    A propos du système éducatif américain (à Baltimore) la saison 4 de The Wire travaille bien le sujet...

  • Marion-Tout-Court
    Marion-Tout-Court
    étudiante
    • Posté à 12h33 le 02/02/2012
    • Internaute 104548
      étudiante

    Arrêtez les violons et le piano dans ce film ! ! Le film est suffisamment poignant de par son sujet et l’interprétation, et la BO gâche tout. C’est simple, on dirait que le réalisateur veut nous forcer à pleurer quand le tragique arrive annoncé à grandes envolées pathétiques de violons pleurnichards. Ici le violon et le piano, qui semblent vouloir nous empêcher d’être « détachés » en nous arrachant des larmes, nuisent bien plus au film qu’il ne le servent. Et combien de fois n’a-t-on pas entendu ces airs lancinants dans les comédies romanticodramatique américaines. Trop américain, le film l’est par sa BO, et c’est bien dommage car le sujet est universel. Mais il reste un bon film par ailleurs.