Vingt ans après « Les Versets sataniques », Salman Rushdie toujours menacé de mort
Vingt ans après « Les Versets sataniques », Salman Rushdie, l’écrivain britannique d’origine indienne, a renoncé à se rendre en Inde ou il devait participer au festival de littérature de Jaipur qui a débuté vendredi. L’auteur des « Versets Sstaniques » craint d’être la cible d’extrémistes musulmans.
Des tueurs à gages envoyés de Mumbai
Apres une semaine de spéculation et de controverse sur la participation de Salman Rushdie au festival de Jaipur, où il figurait parmi la liste des panelistes, l’écrivain a finalement annoncé jeudi qu’il ne serait pas de fête, cédant à la pression de groupes musulmans conservateurs qui s’opposaient à sa venue :
« J’ai été informé par les renseignements du Maharashtra [Etat de l’ouest de l’Inde où se trouve Mumbai, ndlr] que des tueurs à gages appartenant au milieu de Mumbai avaient été envoyés à Jaipur pour m’éliminer. »
Dans un communique lu lors du premier jour du festival de Jaipur, vendredi, l’auteur des « Enfants de Minuit » ajoute :
« Si j’ai des doutes sur la véracité de ces informations, il serait irresponsable de ma part, envers ma famille, envers les festivaliers ainsi que les autres écrivains qui participent au festival de Jaipur de m’y rendre. »
Salman Rushdie, qui avait participé à la première édition du festival de littérature de Jaipur en 2007, avait été réinvité cette année par les organisateurs. L’annonce de sa venue n’avait toutefois pas plu au Uloom Deoband, une influente école coranique indienne basée dans l’Etat d’Uttar Pradesh (nord), qui avait demande au gouvernement indien d’annuler le visa de l’écrivain.
Salman Rushdie, qui vit à Londres et s’est rendu régulièrement en Inde ces dernières années, avait répondu qu’en tant que « personne d’origine indienne », il n’avait pas besoin de visa.
« Les Versets sataniques » collent à la peau de Salman Rushdie
Le Deoband, qui défend une vision traditionnaliste de l’islam, reproche à Salman Rushdie son fameux ouvrage « Les Versets sataniques », écrit en 1988, qui lui avait valu une fatwa de l’Ayatollah Khomeini d’Iran un an plus tard et reste a ce jour interdit en Inde.
Rushdie était alors parti s’exiler à Londres et, bien que la fatwa ait depuis été levée, continue de s’attirer les foudres des groupes musulmans conservateurs à travers le monde.
L’écrivain devait animer un débat lors de l’ouverture du festival, mais son nom a été retiré de la liste des participants par les organisateurs.
Plusieurs groupes islamiques soutenant le Deoband avaient menacé d’organiser une manifestation. Craignant de devoir gérer « une situation de maintien de l’ordre », le chef du gouvernement du Rajasthan a également fait pression sur New Delhi et sur les organisateurs pour annuler la visite de Salman Rushdie, selon la presse indienne.
Le poids du vote musulman
La censure victorieuse du prix Booker 1981 par le Deoband s’explique surtout par l’approche des élections en Uttar Pradesh, l’Etat le plus peuplé d’Inde qui compte 18% de musulmans.
Aucun parti politique – en particulier le Congrès, au pouvoir au Rajasthan – n’est réellement enclin à s’opposer à cette influente école coranique, et risquer de perdre le « vote musulman » lors du scrutin de février dans cet Etat-clé.
Selon l’écrivain britannique et directeur du festival William Dalrymple, Salman Rushdie pourrait s’adresser au public de Jaipur par vidéoconférence.
M. Dalrymple a par ailleurs qualifié l’annulation de « grande tragédie ». Plus de 10 000 personnes et 250 participants sont attendus au festival de Jaipur, le plus important festival de littérature d’Inde.
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Encre antipathique
Encre antipathique
Moi j’espère que Samuel Vimaire ne va pas me courir après pendant vingt ans sous prétexte que j’ai dit du mal de Xavier Niel, de Free et du Monde !
Blague à part, la réplique (au sens sismique) du Catholicisme ayant démarré 300 ans après, il doit rester à l’extrémisme Musulman à peu près ... 100 ans avant de commencer à se calmer de l’intérieur.
Oui, 100 ans c’est un peu dur pour Salman Rushdie. On pourrait au moins faire en sorte qu’il se sente moins seul. Ca fait trois heures que ce sujet est ouvert. C’est la minute de silence ?
On pourrait aussi aider un peu à réduire les 100 ans (pour lui, ou pour nos enfants).
L’affrontement, c’est le nerf de l’extrémisme. Si par exemple l’extrémisme diminuait dans les pays Arabes, nos voisins, cela se propagerait jusqu’à leurs frères Musulmans Indiens.
Il est regrettable que l’Islam ait le monopole de la représentation de l’identité Arabe. Et en plus, ça n’a pas été d’une efficacité folle pour lutter contre l’impérialisme occidental, but qui était historiquement une forte motivation initiale de Mahomet.
Affaiblissons les monopoles religieux de l’identité culturelle. On peut s’opposer sur autre chose, ou encore se retrouver ensemble contre autre chose : la lutte contre l’impérialisme, ou contre l’arbitraire.
Aucun affrontement n’est immuable, si on prend soin d’user le problème de chaque côté. Quand j’étais petit (il y a 50 ans) on ne parlait que de guerre nucléaire Est/Ouest. Aujourd’hui tout le monde s’en fiche.
Alors 50 ans, 100 ans ... Vous me comprenez ?




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