« Take Shelter » : Jeff Nichols fait d'un film catastrophe un film d'auteur
Le ciel se charge de nuages menaçants et pèse comme un couvercle. La pluie se teinte d’une couleur orangée... et tandis que le climat semble annoncer le pire, la caméra s’attarde sur le visage de Curtis, quadragénaire sans histoire dans un petit bled de l’Ohio.
C’est sur cette ambiance toxique que commence « Take Shelter », second film du jeune réalisateur américain Jeff Nichols, Grand Prix de la Semaine de la critique au dernier Festival de Cannes.
Curtis La Forche travaille sur les chantiers et mène une vie tranquille jusqu’au jour où des terreurs nocturnes viennent dérégler son train-train bien rôdé.
L’image d’une tornade hante ses nuits. Au fil des rêves, les visions apocalyptiques se précisent : des pluies d’oiseaux hitchcockiennes s’abattent sur sa ville, son vieux chien le mord.
Prémonition ou folie ?
Bientôt, sa vie de famille, son boulot et son comportement s’en trouvent bouleversés. Curtis prend des décisions étranges. Il inquiète ses proches, effraie ses voisins et collègues. Plus que tout, le père de famille veut protéger sa femme Samantha et leur fille de 6 ans, Hannah.
Tout l’objet du film consiste à savoir s’il les protège d’une fin du monde annoncée ou de sa propre folie – la schizophrénie hantant l’histoire familiale du héros. L’histoire oscille entre paranoïa et apocalypse.
Le tour de force de « Take Shelter » est de réconcilier film d’auteur et film catastrophe : Jeff Nichols (« Shotgun Stories ») impose un rythme lent à son histoire. L’image est magnifique, la mise en scène ultra maîtrisée. Certains plans vont puiser leur souffle du côté de chez Terrence Malick.
Par son réalisme magique, « Take Shelter » hypnotise et déroute.
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étudiant
étudiant
Ayant vu ce film au festival de Cannes directement, je peux dire qu’il m’a franchement bluffé. L’ambiance inquiétante va crescendo et est très bien rendue à l’écran, et la tension est là jusqu’au dernier plan du film.
Par contre, il n’a rien , je trouve, d’un Malick, qui, comme le dit déjà un commentaire, réalise des films plus lents et plus chiants..
A voir absolument. Merci la Rue d’y avoir consacré un article, je commençais à désespérer entre les articles foot et la fusion avec le Nouvel Obs.




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