« La jungle d'Amazon » 14/12/2011 à 10h52

Amazon se met les libraires et écrivains américains à dos avec son « appli espionne »

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


Capture d’écran du NYTimes.com et du dessin de Richard Russo, « Achetez chez Amazon, et votre ami perd son emploi » (NYTimes.com)

C’est l’offre commerciale de trop. Amazon, le géant américain de la vente en ligne, s’est violemment aliéné libraires, écrivains et une partie du public en proposant une offre promotionnelle aux dépens des librairies « brick and mortar », c’est-à-dire physiques, menacées de mort.

Amazon propose aux usagers d’aller dans les librairies munies d’un téléphone portable et d’une application spéciale, de scanner les prix des produits mis en vente, et de vérifier si l’offre d’Amazon est moins chère. Les consommateurs peuvent ainsi gagner des bons d’achat correspondant à 5% du prix, à hauteur de 5 dollars.

Dans le New York Times, l’écrivain Richard Russo publie une longue tribune intitulée « La logique de la jungle d’Amazon », dans laquelle il se dit écœuré par cette concurrence déloyale du géant en ligne vis-à-vis du tissus de librairies qui « font partie de la culture américaine ».

« Capitalisme de la terre brûlée »

L’auteur du « Déclin de l’empire Whiting » (Quai Voltaire) raconte qu’il a commencé à mobiliser les grands noms de la littérature américaine contre l’initiative d’Amazon, rapportant la réaction de Dennis Lehane (« Mystic River »), qui parle de « capitalisme de la terre brûlée ».

Amazon doit aussi faire face à une campagne de boycottage lancée par des réseaux de libraires indépendants aux Etats-Unis, outrés par cette initiative d’envoyer les consommateurs espionner dans leurs magasins pour mieux les attirer sur son site.

Ils sont d’autant plus inquiets qu’une étude réalisée en octobre révélait que 24% des personnes qui avaient acheté un livre en ligne l’avaient d’abord vu dans une librairie « physique ». Celles-ci seraient donc progressivement transformées en vitrines des productions des éditeurs, alors qu’une part croissante des passages à l’acte d’achat part vers les vendeurs en ligne, dont la politique de prix est plus attrayante, en raison du volume et de leur structure de coûts différente.

Politique commerciale agressive

Amazon a plusieurs fois par le passé fait face à des menaces de boycottage, notamment en Californie lorsqu’il a voulu se soustraire au paiement de taxes. Mais elles n’ont jamais « mordu » sur son pouvoir d’attraction auprès des consommateurs attirés par son efficacité, sa politique de prix et son offre, et plus seulement de biens culturels puisque Amazon vend désormais tout ce qui peut se vendre, y compris des chaussures.

La politique commerciale agressive d’Amazon se ressent également dans le lancement du Kindle Fire, sa tablette concurrente de l’iPad d’Apple, dont le prix de vente est inférieur à son coût de production, mais qui est destiné à installer solidement Amazon sur ce marché croissant, pour vendre ensuite massivement ses contenus : films, jeux vidéo, livres...

Mais, même aux Etats-Unis, l’agressivité dont fait preuve Amazon avec ce qui apparaît à beaucoup comme une concurrence déloyale vis-à-vis des libraires passe mal. Elle ne nuira peut-être pas au chiffre d’affaires de la société, mais assurément à son image.

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  • Geminy
    Geminy
    grillon du foyer
    • Posté à 11h23 le 14/12/2011
    • Internaute 163383
      grillon du foyer

    Tiens , en France , ce sont les magasins Leclerc qui proposent le même type de comparaison de prix.

    • erkoil
      erkoil répond à Geminy
      Ce n'est pas moi
      • Posté à 12h01 le 14/12/2011
      • Internaute 142044
        Ce n'est pas moi

      Exactement.

      Amazon n’a rien inventé. Ni Leclerc d’ailleurs. Ces « fausses » aides aux consommateurs ne sont que des opérations marketting qui piègent ces derniers.

      Ce genre de pratique est mensongère auprès du consommateur qui au final n’y gagne rien et y perd beaucoup.

      Darty avait « inventé » il y a plusieurs années le concept du « si vous trouvez moins cher ailleurs dans un rayon de X Km on vous rembourse la différence ». Les consommateurs se croyaient gagnants mais ils ont en fait annihilé toute concurrence en contribuant à l’alignement général des prix de l’électro ménager et du hifi.

      • LuWang
        LuWang répond à erkoil
        loin
        • Posté à 12h42 le 14/12/2011
        • Internaute 126564
          loin

        Il y a des différences fondamentales en terme de logistique / prix spécifiques au secteur du livre. D’autre part, le cadre auquel vous vous référez - la France - est inadapté à la comparaison du fait de la loi Lang. De fait, la différence de prix entre Amazon et son réseau de libraires indépendant (comprendre entrepôts) est effectivement généralement moins cher aux US qu’une « librairie physique » (d’autres sites, moins connus et plus spécialisés, sont moins cher - cf abebooks pour les bouquins universitaires - que j’utilise personnellement beaucoup). A titre de comparaison, entre la librairie de ma fac américaine et amazon, la différence était généralement de 30% pour le neuf, de 20 à 95% pour l’occasion (avec expédition en deux jours sans frais - type fedex - c’est assez redoutable). Et je peux vous assurer que sur des livres généralement beaucoup plus cher qu’en France - il est rare de trouver quelque chose à moins de $35 - et un budget restreint, le choix et vite fait (et non, je n’ai pas mauvaise conscience d’utiliser Amazon). Le développement de la concurrence avec d’autres services est intéressante - c’est la raison pour laquelle je privilégie Abebooks quand les prix sont équivalents (à l’international : frais d’expédition moindres. Dans tous les cas : Abebooks est un réseau de librairies « indépendantes »)
        Aux Etats Unis, du fait de l’absence de la loi Lang (que je ne jugerais pas), la situation devient la suivante :
        - pour les livres ’généralistes’, le choix est entre les vendeurs en ligne (Amazon au premier chef) et les méga-industries de la distribution du livre (équivalent FNAC - Barnes & Nobles). Le client n’a pas besoin de beaucoup de conseil et on mise sur l’offre large / le prix.
        - Pour l’occasion soit le client sait ce qu’il cherche et c’est principalement librairies universitaires / Amazon / Abebooks en ligne, soit il ne sait pas et là c’est une des nombreuses boutiques de seconde main (leur nombre est impressionnant)
        - pour les recherches spécialisées, c’est à concurrence entre Amazon (pour le prix) et les librairies indépendantes - quasi toutes spécialisées pour le coup, type Librairies d’Art, librairies françaises ou Librairies Gay & Lesbiennes - avec un conseil et une sélection qui prime sur la variété du prix et de l’offre.

        La situation en France tend à s’en rapprocher, même si les librairies généralistes indépendantes persistent face à la FNAC - qui est pour le coup peut être un danger plus grand qu’Amazon (Amazon et les librairies physiques ne remplissent pas la même fonction, sociologiquement parlant).

        D’autre part, si l’on veut expliquer la prépondérance d’Amazon aux US, plusieurs facteurs spécifiquement américains sont en prendre en compte :
        - le marché ebook en pleine expansion. Les US sont très friands de livres virtuels - la plupart d’entre eux étant soit sur iPad (donc condamnés à acheter chez apple) soit sur kindle (avec une politique tarifaire agressive, liés à Amazon. L’article ne dit pas si ceux ci sont inclus dans la monté en puissance d’Amazon
        - la géographie américaine qui fait que bien souvent la population est loin de tout - des centres villes si tant est qu’ils existent. De fait, l’achat de livre s’est toujours fait en grande partie par correspondance (cf différentes analyses historiques). Amazon a ici su développer un réseau efficace, basé sur la livraison en moins de 48h dans des zones isolées. Sans compter l’inexistence de centre ville - il faut conduire pour aller à « sa » librairie, souvent longtemps.
        - la transformation du rôle des librairies physiques. Elles passent progressivement - et c’est assez net - d’un lieu d’achat de livre à un lieu de socialisation, où l’on drague, discute. De manière significative, de nombreuses librairies ont développés le concept de la librairie gallérie / librairie communautaire / librairie coffee shop.
        - la spécialisation de l’édition. L’édition américaine est impressionnante au niveau de l’offre (vus trouverez un livre sur tout). Être généraliste tout en offrant des livres à la pointe en librairie est quasi impossible - manque d’espace physique. Un américain voulant acheter un livre en sachant ce qu’il souhaite a donc le choix entre commander en librairie - ce qui prend plus de temps que sur Amazon et demande de se déplacer (généralement comptez 1h de voiture) plusieurs fois, aller en librairie spécialisée ou Amazon.
        - le fait qu’Amazon a développé toute une gamme de service adapté aux publications scientifiques - et ça n’est pas non plus négligeable vu la taille du marché outre atlantique (relativement faible en France)

        Entres autres. Donc les situations ne sont pas totalement comparable. Reste que les librairies qui survivent - et c’est en partie vrai pour la France - sont celles qui se spécialisent (donc conseil et offre variée dans un domaine) et / ou celles qui tendent à devenir non pas un espace d’achat mais un espace de socialisation, de rencontre, de discussion. Et ça, Amazon ne pourra jamais l’apporter.

         
        • Jana
          Jana répond à LuWang
          bretonne en Normandie
          • Posté à 13h28 le 14/12/2011
          • Internaute 13372
            bretonne en Normandie

          Bonjour LuWang

          Ce que vous dites sur la diversité offre/demande, la multiplicité de situations , y compris géographiques, l’éventail des besoins du client potentiel est très intéressant.
          De l’utilité de préciser d’où l’on parle, pour pouvoir se comprendre...
          Merci pour votre billet

        • kio
          kio répond à LuWang
          urbain
          • Posté à 18h54 le 14/12/2011
          • Internaute 63657
            urbain

          Excellent. Merci pour ces précisions.

        2 autres commentaires
      • Brachamul
        Brachamul répond à erkoil
        Multi-Taskeur
        • Posté à 13h44 le 14/12/2011
        • Internaute 94825
          Multi-Taskeur

        En quoi le consommateur ne gagne t-il rien et perd-il beaucoup ?
        Je ne vois sincèrement pas en quoi l’offre d’Amazon serait déloyale.
        Elle cherche juste à mettre en avant qu’Amazon est moins cher, ce qui est probablement vrai. On s’en doute depuis un paquet de temps, et j’y vois pas le problème. Si les libraires perdent leurs boulots, Amazon en a crée de son côté, c’est donc un faux argument. Soit les librairies arrivent à survivre en se positionnant sur autre chose que le prix, soit ils ferment boutique et c’est dommage pour eux.

         
        • Nain Glumeux
          Nain Glumeux répond à Brachamul
          Nalyseur de proximité.
          • Posté à 15h07 le 14/12/2011
          • Internaute 148099
            Nalyseur de proximité.

          En quoi le consommateur ne gagne t-il rien et perd-il beaucoup ?

          Ça n’est malheureusement pas si simple que celà. Aujourd’hui cela apparaît comme de la concurrence dynamique qui profite effectivement au client. Et pour l’instant il y gagne effectivement.
          Mais qui vous dit que ce sera toujours le cas ?

          Car ce que fait Amazon, dont je suis client d’ailleurs tout en essayant de respecter un minimum de diversité dans mes apprivisionnements, c’est tout simplement tuer la concurrence.

          Sans concurrence que fera Amazon en situation de monopole ou quasi ?
          D’abord imposer ses prix et ensuite ce que fait n’importe quelle société dans ce cas-là, pression sur ses fournisseurs au mieux de ses intérêts.
          Qui vous dit qu’Amazon ne dictera pas en amont aux auteurs par la seule dynamique du marché le type de littérature le plus apte à se vendre ?
          Amazon n’est pas un libraire, c’est un site de vente en ligne et le livre n’y est qu’un produit comme un autre.

          Si tout cela vous fait sourire, songez à ce qu’il est advenu du secteur alimentaire et, comment la grande distribution affame littéralement des fournisseurs comme les agriculteurs et leur dicte ce qu’il ont à produire et surtout comment le produire, c’est-à-dire au moindre coût et donc une moindre qualité au final.
          Ne vous y trompez pas c’est le même mécanisme qui ici est à l’oeuvre.

        • marc_r89
          marc_r89 répond à Brachamul
          citoyen
          • Posté à 15h30 le 14/12/2011
          • Internaute 121487
            citoyen

          « Si les libraires perdent leurs boulots, Amazon en a crée de son côté »

          Peut-être, et encore ce n’est même pas sûr.
          Avez-vous des statistiques qui démontreraient qu’Amazon a créé au moins autant d’emplois qu’ils n’en détruisent ?
          Idem pour la FNAC. Combien reste-t-il de disquaires indépendants en province quand il y a une FNAC (qui a fermé il y a peu son magasin de Bastille) ?

        • A déménagé 22-03-2013 2
          A déménagé 22-03-2013 2 répond à Brachamul
          non connue
          • Posté à 14h10 le 15/12/2011
          • 116759
            non connue

          « Si les libraires perdent leurs boulots, Amazon en a crée de son côté, c’est donc un faux argument. »

          Sauf que, comme d’habitude, on détruit des boulots indépendants et de qualité, pour créer des boulots de merde, où les salariés ne sont que des pions aux ordres d’une multinationale. (Cela dit, ce n’est pas nouveau, le capitalisme a toujours procédé de la sorte.)

          « Soit les librairies arrivent à survivre (...), soit ils ferment boutique et c’est dommage pour eux. »

          C’est dommage pour tout le monde. Si les libraires ferment boutique, ce n’est pas seulement l’emploi, la concurrence et la possibilité d’exercer un métier indépendant qui sont menacés. C’est aussi l’animation des centre-villes, la convivialité, le plaisir de flâner dans les librairies, de toucher les livres, de dialoguer avec les libraires, etc.

          Bref, c’est une certaine notion de la civilisation qui disparaît. Et on la remplace par quoi ? Par la logique froide, anonyme et solitaire de la consommation de masse et du profit. Dennis Lehane a tout à fait raison de parler de « capitalisme de la terre brûlée ».

        3 autres commentaires
  • Takhiarel
    Takhiarel
    Etudiant
    • Posté à 11h24 le 14/12/2011
    • Internaute 93055
      Etudiant

    Boarf.
    Quand la voiture est apparue, les cochers ont bien senti que le vent tournait.

    Adapt or die.
    C’est le jeu ma pauvre Lucette.

    • Numerosix
      Numerosix répond à Takhiarel
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 11h43 le 14/12/2011
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Je parle pas bien américain , mais « Adapt or die » , ça ne veut pas dire « vive les monopoles » je crois..

      • Brachamul
        Brachamul répond à Numerosix
        Multi-Taskeur
        • Posté à 13h45 le 14/12/2011
        • Internaute 94825
          Multi-Taskeur

        Un monopole est dangereux quand il fait grimper les prix. Amazon n’est pas un monopole, loin de là, et de plus sa forte part de marché est en très grande partie liée au fait que le site est simplement moins cher que les autres. Pas de problème donc : si les prix enflaient, les clients iraient voir ailleurs.

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à Brachamul
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 14h56 le 14/12/2011
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          Ouais t’as raison. Amazon a aujourd’hui les moyens et le temps de pratiquer du dumping jusqu’a temps qu’au moment ou ils augmenteront leurs prix , les concurrents seront morts.

          Tu le fais ou tu l’es ?

        • bardu
          bardu répond à Brachamul
          • Posté à 15h11 le 14/12/2011
          • 177526

          Au USA je ne sais pas, mais en France, c’est faux ! Amazon ne vend pas moins cher que les libraires ! le prix est unique en France, tout ce qu’ils peuvent faire, c’est un rabais de 5%, ce que la plupart des libraires pratique déjà.

        • Chele
          Chele répond à Brachamul
          • Posté à 02h25 le 15/12/2011
          • Internaute 15104

          Amazon sera un monopole quand elle aura détruit le tissu des libraires.

          Il suffit de comparer avec la grande distribution qui utilise le même schéma.
          Création de centrales d’achat privatives (le distributeur possède sa centrale perso).
          Vente à prix bas pour détruire la concurrence.

          Une fois la concurrence détruite, on est en position de monopole et on augmente le prix comme on veut.
          J’ai donc vu des producteurs (mon oncle) vendre leur kilo de pèches 20 cts pour le retrouver en pleine saison à 4,50 euros en ville. Aucun intermédiaire puisque c’est la centrale d’achat qui achète pour distribuer dans son propre réseau. Pression et paupérisation des fournisseurs par achat toujours plus bas.

          L’autre effet pervers : vente de produits de mauvaise qualité afin de réaliser les plus grosses marges possibles.

          On applique le schéma aux livres et on attend.

        3 autres commentaires
    • erkoil
      erkoil répond à Takhiarel
      Ce n'est pas moi
      • Posté à 12h03 le 14/12/2011
      • Internaute 142044
        Ce n'est pas moi

      C’est bien vous êtes un bon petit soldat. Vous rirez moins quand vous réaliserez que vous n’avez été qu’un bon petit pion servant le jeu du roi.

    • Jana
      Jana répond à Takhiarel
      bretonne en Normandie
      • Posté à 12h48 le 14/12/2011
      • Internaute 13372
        bretonne en Normandie

      Bonjour Takhiarel
      oui mais ! le jeu de quoi ? le jeu de qui ?

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable absolument
    • Posté à 11h46 le 14/12/2011
    • Internaute 53186
      inconsolable absolument

    Édouard Leclerc fait une offre identique.

    • Brachamul
      Brachamul répond à Anastaze
      Multi-Taskeur
      • Posté à 13h51 le 14/12/2011
      • Internaute 94825
        Multi-Taskeur

      Juste pour éclaircissement : Leclerc propose des comparaison entre ses magasins et les chaînes concurrentes : Carrefour, Système U, Casino, ...

      Ces chaînes proposent des Hypers, mais également des Supers et des Supérettes, en centre-villes et logiquement plus chères en raison du coût du loyer. Leclerc n’a que des hypers, et donc des prix en moyenne moins cher.

  • Fantomax
    Fantomax
    génie du mal
    • Posté à 12h03 le 14/12/2011
    • Internaute 157606
      génie du mal

    Voilà au moins un truc pour lequel on n a pas envie de se moquer de Jack Lang : la Loi Lang.

    • psych0Dad
      psych0Dad répond à Fantomax
      sociopathe
      • Posté à 18h23 le 14/12/2011
      • Internaute 81504
        sociopathe

      Pourquoi ? J’ai toujours eu du mal a comprendre les « bienfaits » de la loi Lang. Les livres sont plus chers. La production litteraire ne s’en trouve pas amelioree. Les editeurs sortent toujours 90% de merde qui le plus souvent n’ont meme pas ete ecrites par le type ou la fille dont la photo est imprimee au dos du bouquin. Elle a fait quoi la loi Lang a part maintenir les prix artificiellement eleves et proteger les profits des capitalistes-qui-ecrasent-le-lecteur-citoyen ?

      • LienRag
        LienRag répond à psych0Dad
        • Posté à 17h02 le 15/12/2011
        • Internaute 34767

        Elle a permis aux librairies de subsister, là où les disquaires ont disparus...

  • Jana
    Jana
    bretonne en Normandie
    • Posté à 13h13 le 14/12/2011
    • Internaute 13372
      bretonne en Normandie

    Bonjour
    C’est soucieux cette jungle...
    Il y a un précipice entre l’économie concernant le livre , les auteurs, les libraires et les requins qui guettent le marché juteux et la spéculation.
    Le billet « que cache le chantage de Milan Presse »
    pose , à mon avis, les mêmes questions.
    Mais au juste que voulons nous en tant que lecteurs/consommateurs ?

  • pateris
    pateris
    serial lecteur
    • Posté à 13h25 le 14/12/2011
    • 174584
      serial lecteur

    Le plus inquiétant, c’est qu’un organisme privé puisse avoir tout pouvoir de décider ce qu’on a le droit de lire ou pas. Les monopoles ont tué l’URSS, veut-on avoir le même en privé ? Et si Zozon décide de ne pas distribuer tout ce qui peut faire penser autrement ? Ou uniquement de la propagande ? Faudra-t-il en revenir aux Samizdat ?

  • mlepoivre
    mlepoivre
    libre penseur
    • Posté à 13h34 le 14/12/2011
    • Internaute 115796
      libre penseur

    A travers ce type de pratique, on n’évoque que l’aspect économique du problème, et donc on met en cause une fois de plus l’utra capitalisme contemporain. Mais on se saurait complétement taire la dimension strictement technologique de la chose. Après tout, la presse rencontre exactement les mêmes soucis avec Apple et son Ipad. On peut donc se demander si la dématérialisation même dont ces médias tirent parti induit ce genre de pratique ; en tout cas c’est le contexte technologique du numérique qui permet cela. Le cynisme d’amazon est certes incroyable. c’est comme si le virtuel partait a l’assaut du monde réel, avec des armes de guerre sans commune mesure. Est ce qu’une librairie physique, un simple lieu, peut proposer de comparer les prix d’autres librairies. Non, ce n’est pas son souci ! Ce non lieu qu’est amazon, entité agissant sur les réseaux, présentt partout et nulle part, voudrait s’en prendre au lieu. L’idée de demander à ses clients de procéder ainsi, tels des collabos, fait penser à des actions terroristes type al Kaeda recrutant et essaiment des groupes virtuels sur Internet.
    Alors, pour ceux qui ne l’auraient pas compris clairement, c’est bien à une destruction effrayante de la culture que procède amazon et pas du tout à son enrichissement. Aucune initiative chez cette entreprise pour encourager ou parler de création littéraire, de courants esthétiques etc, non. seule la toute puissance de la technique au service de circuits destinés a faire des profis.
    En tout cas, c’est pas aujourd’hui que je vais me mettre au livre numérique

  • yt75
    • Posté à 13h44 le 14/12/2011
    • 172880

    Il serait quand même important de rappeler que ces histoires d’achats de publications ou œuvres liés à certains appareils ou magasins en ligne ne sont en rien une fatalité, qu’autre chose serait possible, et qu’il ne s’agit même pas d’histoire de formats(cf web), mais avant tout de structure entre acteurs et du besoin d’une nouvelle fonction, un peu plus développé ci dessous :

    Lien

    Laisser deux ou trois monstres à approche « verticale » fagociter le marché du contenu légal et payant quand quasiment TOUT est là pour qu’il en soit autrement et tout simplement ridicule.

    Approche « verticale » (contenu lié à machine, fabriquant de machines, magasins en ligne, les deux ou autres), approche consistant à lier contenu et tuyaux (ou infrastructure technique en général terminaux y compris) qui était déjà celle d’un J2M par exemple. Avec tout ce que cela veut dire en termes de positions dominantes (propres règles de censure(apple), pourcentages obligés vis à vis des créateurs/éditeurs(apple, amazon), gg se positionnant sur le contenu payant et commencant à retirer les liens MU et autres des résultats de recherche, compte facebook obligatoire pour service spotify, etc, etc).

    Ce qu’il manque aujourd’hui c’est la fonction « tiers de confiance » pour les « licences/contrats » d’un lecteur/utilisateur, tout le reste est déjà là.

  • ChevalierErrant
    ChevalierErrant
    humaine
    • Posté à 14h14 le 14/12/2011
    • Internaute 125969
      humaine

    Pourquoi je paierais un livre plus cher dans une librairie alors que la différence peut être substantielle en ligne ? ? J’en ai assez de me faire voler. Tout coûte trop cher. On nous prend pour des gogos. Je travaille pour ma poche pas pour celle des commerçants. Vous savez quoi ? Dans 98% des cas je vais à la bibliothèque municipale.

  • ChevalierErrant
    ChevalierErrant
    humaine
    • Posté à 14h16 le 14/12/2011
    • Internaute 125969
      humaine

    Pourquoi je paierais un livre plus cher dans une librairie alors que la différence peut être substantielle en ligne ? ? J’en ai assez de me faire voler. Tout coûte trop cher. On nous prend pour des gogos. Je travaille pour ma poche pas pour celle des commerçants. Vous savez quoi ? Dans 98% des cas je vais à la bibliothèque municipale.

  • BertrandBertranD
    BertrandBertranD
    (voyageur)
    • Posté à 15h12 le 14/12/2011
    • Internaute 50003
      (voyageur)

    Il est devenu de moins en moins rare, grâce ou à cause de l’efficacité des smartphones, que les clients déambulant dans les rayons des magazins surfent en même temps sur internet à la recherche d’informations complémentaires ou de d’autres comparatifs de prix.
    A ce jeu, perdent toujours les mêmes (les petits) et gagnent les gros.
    Le brouillage des portables à l’intérieur des magazins sera la facon de bloquer ceux qui veulent comparer avant d’acheter.
    Dans la mesure où l’argument principal de passage à l’acte de l’achat est seulement le prix le moins cher... y’a rien à faire, on est foutu !

  • Léonard
    Léonard
    chercheur (errer humanum est)
    • Posté à 15h46 le 14/12/2011
    • Expert 24584
      chercheur (errer humanum est)

    Gageons qu’il y aura toujours des personnes pour tirer leur épingle du jeu.

    Mais évitons pour l’instant les binarités américaines du type winner/loser, survivor/warrior, adapt/die. Et que trouve-t-on alors ? Le « toujours plus » de la consommation ininterrompue, l’uniformisation illimitée requise par la marchandisation, l’illusion de la disponibilité immédiate et sans limite.

    La limite, on finira pourtant par la trouver. Un jour il faudra bien comprendre – et ce sera alors vraiment à nos dépens – que nous avons un comportement d’enfant gâté et que nous vivons bien au-dessus de nos moyens et aux dépens d’autres que nous ignorons parce qu’ils sont maintenus éloignés de la vitrine du temple de la consommation.

    Deux honnêtes hommes (ou femmes) peuvent très bien avoir l’impression de faire une bonne affaire entre eux et cependant condamner des tierces personnes. Ces tierces personnes n’apparaissent nulle part dans leurs comptes, ni même dans leur vie. Mais pour que ces deux personnes fassent cette bonne affaire, pour que toi tu t’achètes ce gadget radio à 10 euros, il faut que tout le long de la chaîne (extraction, production, transports, déchets), des personnes paient d’elles-mêmes (par l’absence de couverture sociale, par les conditions de travail, par leur santé, par l’environnement) et parfois davantage...

    De la chaîne (extraction des matières premières, production, transports, vente-consommation, déchets, (non ou pseudo)-recyclage), nous ne retenons que la vitrine du temple de la consommation. Il est vrai que les projecteurs ne sont braqués qu’à cet endroit.

    Venons aux arguments entendus et rebattus jusqu’à présent : ils reviennent en gros à trois types :

    Argument 1 : on justifiera la pratique prédatrice de l’empire par l’avantage mercantile que personnellement on en retire. C’est en fait le meilleur argument car sa logique est claire (dans le cadre personnel qui est clair également) : pourquoi payer plus ce livre si je peux le payer moins ? Je compare directement deux données comparables : le cadre est celui de mon portefeuille (et du mien seulement). Noter que cet argument est symétriquement aussi celui du prédateur : pourquoi ne pas le faire puisque je vends davantage ainsi ?

    Argument 2 : on justifie la pratique prédatrice de cette enseigne par l’avantage macro-économique qu’on y décèle (en tant qu’observateur éclairé) : le monde se transforme, le monde est dynamique, les emplois détruits ici seront recréés ailleurs. La logique ici est moins claire car le cadre est mal posé : où ça ailleurs, y a-t-il une quelconque équivalence entre l’emploi détruit et l’emploi hypothétiquement créé qui permettrait une comparaison, etc ? Selon la personnalité de chacun et en fonction des propagan... euh pardon des modes actuellement en cours, on acceptera « ailleurs » dans le même pays ou non, « emploi » au même salaire ou non, etc.

    Argument 3 : justifier la pratique prédatrice de cette enseigne par le principe de la concurrence comme principe. Cette fois, on ne s’embarrasse pas à trouver une quelque équivalence entre l’avant et l’après, entre ce qui est détruit et ce qui est créé. Le principe est que la concurrence est intrinsèquement (et donc toujours) bonne. En général, on apportera cet argument de principe accompagné d’un conseil, par exemple : pourquoi ne pas vous reconvertir, mon brave monsieur, ou vous spécialiser ? Noter que le conseil revient à dire : faites autre chose qu’eux, mon brave monsieur, laissez leur la place, allez ailleurs. Mais bien sûr personne n’aime se voir traité comme le dernier des Peaux-Rouges.

    Les arguments sont donnés par ordre décroissant d’honnêteté intellectuelle. Cela peut déplaire que le consommateur pur et le prédateur soient placés dans la même catégorie (la plus honnête), mais c’est ainsi.

    Seulement, quel que soit l’argument ci-dessus, il ne prend pas en compte l’externe, c’est-à-dire tout le reste du monde. Il n’en retient qu’une infime partie (soi-même, ses proches ou les éléments du monde abstrait idéal de telle ou telle idéologie particulière)...

    Or le monde n’est pas un objet, ni même un grand objet (ou un grand marché, ou un grand « ce que vous voulez »). C’est le monde. Et bien qu’il soit grand, il est fini. A l’âge adulte, l’humanité prendra conscience qu’on ne peut fonctionne pas sur l’exploitation exponentielle des ressources. L’illusion du tout disponible immédiat s’effondrera d’elle-même.

    Le local, le lien social, la simplicité et la patience redeviendront des vertus – même si elles contredisent apparemment les logiques immédiates et nos trésors de conceptualisation intellectuelle.

  • compte cloturé
    • Posté à 17h18 le 14/12/2011
    • Internaute 168639

    Tous le monde devrait savoir que pour chaque livre acheté sur Amazon c’est une publication marginale qui ne verra jamais le jour.

    Un peu de pub bien méritée pour les Editions Tristram : Lien

    Mes préférés sont la biographie et les rééditions de Hunter S. Thompson : -D

    • psych0Dad
      psych0Dad répond à compte cloturé
      sociopathe
      • Posté à 18h18 le 14/12/2011
      • Internaute 81504
        sociopathe

      > Tous le monde devrait savoir que pour chaque livre acheté sur Amazon
      > c’est une publication marginale qui ne verra jamais le jour.

      Alors ca c’est du niveau « pour chaque livre achete sur Amazon, un petit chaton meurt ».

      Je trouve au contraire qu’avec Amazon il est beaucoup plus facile de se procurer des livres visant un public marginal. Les libraires n’ont pas la place en rayon. Ils preferent y mettre ce qui se vend (je ne leur jette pas la pierre, il faut bien bouffer) Et les editeurs, dans leur grande majorite, ne prennent pas trop de risques. Amazon propose par contre d’auto-editer vos livres en format electronique. Evidemment le resultat (previsible) ce sont quelques ecrits dignes d’interet sous une montagne de trucs illisibles, mais il etait temps que les editeurs soient un peu bouscules.

      • compte cloturé
        • Posté à 20h34 le 14/12/2011
        • Internaute 168639

        Si encore il s’agissait de chatons tués ça serait pas si grave au regard de la capacité de reproduction des félins.
        Pour le reste je ne vous parle pas de libraires, mais de de maisons d’édition, et auto-éditer son livre via Amazon en format électronique n’a franchement aucun intérêt.
        1) Je peux le faire moi-même en format pdf,
        2) Amazon ne peut pas s’occuper de la com’ de tout ces bouquins qui toucheront au final un public plus que restreint.

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 23h48 le 15/12/2011
    • Internaute 45067
      Littéral

    Amazon qui n’a pas encore atteint le niveau de cynisme dans la communication que Ryannair, fait une campagne de presse qui met à jours NOS pratiques.

    Car ce qu’Amazon demande, de comparer les prix en situation dans le magasin concurrent pour vérifier si on pourrait se procurer le même article moins cher en le commandant sur un site marchand, et bien, cela, nous le faisons tous, déjà, et depuis un moment.
    Du moins ceux qui utilisent un smartphone.

    Pas plus tard qu’hier, j’ai vérifié si l’offre promotionnelle d’un périphérique pour pour un PC portable était si intéressante que cela.
    Un coup d’œil sur google androïd et l’objet proposé à 49€ peut se commander à 36€ livraison comprise. (référence identique)

    Pourquoi croyez-vous que certaines enseignes inhibent ou brouillent les communications de mobiles quand vous circulez dans leurs établissements  ?

    Les arrangements entre les principaux éditeurs français, la grande distribution et le ministère de la Culture peu communicative sur les pratiques, sont aussi ravageuses pour les librairies et lèsent les clients qui achètent les livres sortis de fraîche date à des prix toujours plus élevés.

    Tandis que l’offre est de plus en plus médiocre, tellement qu’un livre qui ne se vend pas dès les premières semaines est promis au pilon.

    Bruno Racine, actuel président de la BNF, admet dans un article paru récemment que le XXe siècle est un «  trou noir  » à cause des droits qui courent encore, surtout qu’on a étendu à 70 ans et plus la durée de ces droits.

    Bien sûr ces textes sous droits ne sont, pour la plupart, pas réédités, et il n’est pas prévu de numériser ces ouvrages manquants.

    Cela n’empêche, le directeur de la BNF de plaider pour des partenariats public-privé afin de numériser les ouvrages du ... domaine public ! Et propose le plan ambitieux de numériser la presse française depuis le XVIIe siècle jusqu’à 1940. Après les droits s’appliquent et là, rien !

    Pendant ce temps là, les libraires indépendantes dirent le diable par la queue, certaines ferment, aucune nouvelle librairie ou si peu ouvrent.

    Tandis que les représentants de Gallimard claironnent qu’ils défendent la librairie, on trouve partout dans la grande distribution , dans les gares et es aéroports, des exemplaires de la marque Gallimard et même chez Amazon.

    Faites un effort L’art français de la guerre.
    Le dernier Goncourt ne se vend pas très bien. Faites-le livrer chez vous en un clic... depuis Lien.

       T a r t u f e s   !   !    !

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