Comment ma carte UGC illimité m'a rendue folle
Tout a commencé un beau jour de printemps quand je me prélassais tranquillement à une terrasse, distraite. Un peu trop : on me vole mon sac. Je le retrouve aux ordures une heure plus tard, une paire de boucles d’oreilles et ma carte UGC illimité en moins. Ça tombe bien, je voulais me désabonner.
Chouette, je vais être obligée de me défaire de cette plaie ouverte dans mon relevé de compte dont l’abonnement est renouvelé tous les ans sans que je ne puisse rien y faire.
C’était en mars 2010. Décembre 2011 : sur mon dernier relevé de compte figure encore la mention « prélèvement UGC illimité ». J’ai appris à ne plus la regarder pour ne pas me mépriser.
Impossible de déjouer le système
Car oui, j’ai abandonné. Mon incompétence à déjouer les systèmes kafkaïens, l’idée de fatigue que j’anticipe à l’idée de me battre pour mes droits légitimes de consommateur et ma flemme m’ont fait battre en retraite. Impossible on dirait de résilier son abonnement si l’on n’a pas deux semaines devant soi, une patience de samouraï ou un papa milliardaire.
Pour résilier son abonnement, il faut rendre sa carte UGC par courrier (ce serait tellement dommage de pouvoir faire ça par téléphone, en allant dans un cinéma ou en cliquant sur un bouton depuis son lit).
Problème : je ne peux pas rendre ma carte, on me l’a volée. Obligée d’en recommander une et ça va me coûter 15 euros [cela coûte aujourd’hui à l’abonné 20 euros, ndlr]. Au vu de mes finances, il est préférable d’attendre le mois prochain. Les 20 euros de l’abonnement seront également débités sur mon salaire de stagiaire culturelle.
Je deviens une victime consentante
Carte recommandée. Je suis prête mais on me demande mon numéro d’abonné. J’ai pourtant donné :
- mon nom ;
- mon prénom ;
- mon numéro de téléphone ;
- mon numéro de carte bleue.
Ce n’est apparemment pas suffisant pour me retrouver dans les fichiers. Il faut donc retrouver le contrat. Je mets la main dessus. Ah, marrant : le numéro d’abonné indiqué sur mon contrat n’est pas valide. J’essaie de l’expliquer mais UGC ne veut rien savoir.
Ces quelques efforts non récompensés ruinent mon esprit d’initiative et me ravalent au rang de victime consentante. J’y ai laissé de l’énergie, des éclats de voix et un aperçu des administrations totalitaires. Je décide d’oublier en ignorant les appels de ma conscience.
De temps en temps, piqûre de rappel : je mime un sursaut de combativité puis je m’écrase sous le poids du système UGC, décidément plus fort que moi.
Oui, vous avez bien suivi : je paie toujours les 20 euros par mois mais je ne profite pas de ma carte. Je ne vais plus au cinéma : la culpabilité de dépenser 9,80 euros est bien trop forte.
Je retente, je crie, je chouine
Je décide alors dans un sursaut de m’occuper une fois pour toutes de cette affaire. Je suis censée payer 55 euros en deux mois :
- les 15 euros de la nouvelle carte ;
- deux fois 20 euros : une fois la résiliation enregistrée, j’ai un préavis de deux mois.
Mais je retournerai au cinéma, plus de trois fois par mois si j’ai envie.
Je retente. J’appelle. Je laisse des messages outragés. Je crie même dans le téléphone puis m’excuse. Je chouine. Je suis à deux doigts d’abandonner. Dans un sursaut d’orgueil, je cherche sur Google des surdoués. Des mecs qui ont réussi en un clic : j’ai une copine qui prétend avoir réussi deux fois.
Je cherche « se désabonner d’UGC illimité » et je tombe sur un site où l’auteur raconte qu’il a dû s’y prendre à plus de quatre fois pour se désabonner. Il termine par cette phrase :
« Quelle épopée pour résilier cet abonnement ! »
« Bienvenue dans les pigeonnés par UGC »
On peut lire aussi ça (sur un site qui s’appelle quand même Forum.LesArnaques.com) à propos de l’adresse d’envoi :
« La première trouvée sur un forum mais datant de 2005, la seconde donnée sur le site d’UGC mais pour s’abonner, et pas l’inverse. Et au vu des difficultés que j’ai à trouver une adresse réellement estampillée “pour se désabonner” je soupçonne UGC de ne pas aider (vais-je dire) les gens dans leurs démarches. »
Puis ça :
« Ça valait le coup que je me décarcasse à trouver l’adresse si c’est pour l’envoyer ailleurs et voir le recommandé refusé. »
Ou encore ça (sur Forum.Hardware.fr) :
« Bienvenue dans les pigeonnés par UGC. »
Au moins je me sens moins seule.
J’ai perdu plusieurs centaines d’euros
Jeudi, j’ai pu enfin envoyer ma lettre de résiliation. UGC a fini par accepter de me communiquer mon numéro de contrat. Toute cette histoire m’a quand même coûté plusieurs centaines d’euros. Mais ouf, dans deux mois, mon relevé de compte sera vierge d’UGC.
Je me doute que la plupart des gens qui me lisent se disent que je suis très bête, excessivement paresseuse et surtout pas adaptée à ce monde d’abonnements, d’impôts et de feuilles de Sécu à remplir. Ils ont raison. N’empêche que je trouve ça vraiment mesquin de la part d’UGC de profiter des faiblesses des gens comme moi et de prendre sur leur flemme un pourcentage mensuel.
- Sur Rue89Frédéric, projectionniste chez UGC pour 1800 euros par mois
- Sur rue89.comComment se répartissent les recettes des cartes de cinéma ?
- Sur liberation.frCartes «illimité» : UGC recule
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Infirmier
Infirmier
J’ai longtemps galéré avec le service client UGC, qui m’a bien enflé ! J’avais contacté le service client UGC pour passer de la carte Duo à la carte Solo, puisque je n’avais plus besoin de payer 35€/mois. On m’a dit qu’il fallait repayer les frais de dossier pour refaire une nouvelle carte... ce que je n’ai pas compris, puisque je suis déjà dans leur dossier client. Franchement, 30€ pour juste re-éditer une carte et changer l’intitulé de mon abonnement, c’était abusé. Je leur ai dit, mais ils n’ont même pas répondu (j’étais client chez eux depuis 6 ans).
Quelques semaines plus tard, je change de banque, et je leur demande comment je dois faire pour le RIB. Le service client m’indique « envoyez nous le RIB par mail », ce que je fais depuis mon compte Gmail.
Surprise quand, quelques semaines plus tard, je reçois un courrier d’UGC : puisque je n’ai pas payé, ils ont bloqué ma carte. Si je veux la ré-activer, je dois m’acquitter du mois qui n’a pu être prélevé, des mois restant jusqu’à la date d’anniversaire de mon contrat, et de frais de pénalité.
Franchement agacé, j’ai appelé le service client. Ils n’ont jamais reçu mon mail. Je l’avais pourtant sous les yeux, je propose de leur renvoyer une capture d’écran, de leur renvoyer le mail, etc : ils ne reçoivent jamais rien. Excédés, ils finissent par me dire qu’on ne va pas y passer l’année, si je veux ma carte, je paie, point.
J’ai été un peu surpris, et puis je me suis trouvé bien naïf de croire qu’un groupe comme UGC avait le sens du service client, quand leur seul objectif est de vendre du pop-corn pour rentabiliser les abonnements qui sont quasiment vendus à perte.
Au final je n’ai évidemment pas renouvelé ma carte UGC, car c’est le seul moyen que j’ai de sanctionner une entreprise en tant que consommateur. Vous imaginez comme ça a du les ennuyer... Depuis mars, je ne vais plus au cinéma, parce que les Pathé et Gaumont sont éloignés de chez moi, et que si je veux aller au cinéma sans avoir à faire 45 min de métro, j’ai le choix entre UGC et mk2.
On en dira ce qu’on veut, mais ces gros groupes qui ne pensent finalement qu’à se faire de l’argent sur un objet culturel ne sont pas des amoureux du cinéma, et ne sont pas à l’écoute de leurs clients. Tant pis pour nous.




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