Polémique 03/11/2012 à 13h57

Rimbaud auteur gay : la gauche tentée de réécrire les manuels scolaires

Blandine Grosjean | Rédactrice en chef Rue89


Un portrait de Rimbaud collé sur un panneau sens interdit détourné (Cyberien94)

Pourquoi faut-il que, même à gauche, des ministres se mêlent du contenu des manuels scolaires ? En quoi Najat Vallaud-Belkacem est-elle légitime pour affirmer que l’homosexualité de Rimbaud explique une grande partie de son œuvre ?

Après les députés de droite qui souhaitaient que l’on supprime le mot « genre » des manuels de sciences, confondant au passage sexe et sexualité, la ministre aux Droits des femmes vient mélanger le politiquement correct à la littérature, dans un entretien accordé à Têtu :

« Aujourd’hui, ces manuels s’obstinent à passer sous silence l’orientation LGBT (lesbien, gay, bi et trans) de certains personnages historiques ou auteurs, même quand elle explique une grande partie de leur œuvre comme Rimbaud. »

Caroline de Haas, génie de NVB ?

Ce n’est pas à la ministre que s’en prend l’édito de RageMag, mais à une jeune femme qu’on a beaucoup entendue au moment de l’affaire DSK : Caroline de Haas, porte-parole et cofondatrice de Osez le féminisme. Elle est aujourd’hui conseillère de Vallaud-Belkacem, son « pas très malin génie » :

« Caroline de Haas était militante “féministe”. C’est un job. Elle était, depuis l’évaporation de Ni putes ni soumises, le visage et la voix des femmes outragées, des femmes martyrisées, mais des femmes libérées. »

Passons sur sa grande opération de com’ « Osez le clito » d’avant sa vie de conseillère. Et venons-en à Verlaine, Proust ou Mauriac. Caroline de Haas aurait soufflé à la ministre l’idée de faire figurer dans les manuels scolaires l’orientation sexuelle de nos « grands auteurs ».

Cela fait-il de la conseillère le pendant « homophile » de Christian Vanneste ? Selon l’éditorialiste, elle remplit le rôle nécessaire de « nouvel(le) obsédé(e) du sexe entre personnes de même sexe ».

« Quand le droitard [Christian Vanneste, ndlr] perturbé affirmait [que] “l’homosexualité [était] un comportement culturel, acquis, de l’ordre du réflexe [que l’on pouvait] parfaitement inhiber ou rééduquer”, Caroline de Haas, affublée de son masque de Najat, souhaite réécrire les manuels scolaires, et convertir Rimbaud et Verlaine au “LGBTisme” de stricte obédience. »

Normaliser, et ne pas normer

La vindicte de l’auteur (qui signe « A.S. ») ne doit pas faire oublier le fond de son propos :

« S’agit-il de nier que de nombreux écrivains, poètes, artistes, avaient une attirance pour leur propre sexe ? Non. De nier, lorsque c’est le cas, l’influence qu’ont eu ces relations sur leurs œuvres ? Non.

Simplement, il faut normaliser, et pas normer. Ne pas ranger dans des cases des auteurs, comme Proust ou Montherlant, qui ne l’auraient pas souhaité…

On peut, et on doit, raconter l’histoire d’amour entre Verlaine et Rimbaud. On ne peut pas, et on ne doit pas, les enfermer dans une catégorie “ identitaire ” qui, à l’époque n’existait pas. »

Il y a mille et une façons de lutter contre l’homophobie à l’école et pallier l’absence de représentations ou de modèles historiques de l’homosexualité, sans passer par une instrumentalisation des auteurs (et des professeurs censés en parler). Donner à lire des ouvrages où deux filles ou deux garçons s’aiment, par exemple.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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  • The Corpse Grinders
    The Corpse Grinders
    Cannibale Furax
    • Posté à 14h01 le 03/11/2012
    • 183627
      Cannibale Furax

    J’suis prof et quasiment jamais les élèves n’abordent la sexualité des auteurs lus.
    Polémique ridicule, l’école a d’autres soucis.

    • ESTEVE
      • Posté à 16h10 le 03/11/2012
      • Internaute 23620

      Sans doute, cette polémique est risible. Néanmoins, il est difficile d’expliquer comment Verlaine a écrit « Sagesse », son retour au catholicisme et sa tentative de renouer avec sa femme, etc. sans expliquer qu’il s’était retrouvé en prison après avoir tiré un coup de feu sur Rimbaud au cours d’une crise de jalousie... C’est peut-être anecdotique, mais à moins de censurer cette histoire, un prof de Lettres est bien obligé d’en parler.

      • The Corpse Grinders
        The Corpse Grinders répond à ESTEVE
        Cannibale Furax
        • Posté à 19h48 le 03/11/2012
        • 183627
          Cannibale Furax

        Il ne s’agit pas de s’empêcher d’en parler, ça m’arrive aussi, mais de la façon dont on nous imposerait une vision politiquement correcte derrière une appellation anachronique.
        De surcroît, c’est vouloir s’immiscer encore une fois dans le boulot des enseignants sous un prétexte futile. Ils ont des comptes à rendre, certes mais pas aux différents lobbies, de droite comme de gauche.

    • Coucoucestremoi89
      Coucoucestremoi89 répond à The Corpse Grinders
      Resistant a la censure 89
      • Posté à 16h50 le 03/11/2012
      • Internaute 194620
        Resistant a la censure 89

      Tu devrais suivre les idées géniales de Najatte, et expliquer les poésies salaces de nos géniaux poètes. Et leurs belles histoires. Selon Najatte, des modèles de vie. Car l’hétérosexualité est à ranger au placard, une identité de droite voire d’extrême droite, petit bourgeoise et inégalitaire !

      • The Corpse Grinders
        The Corpse Grinders répond à Coucoucestremoi89
        Cannibale Furax
        • Posté à 16h58 le 03/11/2012
        • 183627
          Cannibale Furax

        Vous avez raison de me tutoyer lorsque vous déposez délicatemment vos étrons derrière moi. Je suis bel et bien seul.
        Moi. C’est pourquoi je vous vouvoie, pas par politesse, ça risque pas.

        Et rendez-nous Autist !

         
        • Boutauvent
          Boutauvent répond à The Corpse Grinders
          Testeur de temps libre
          • Posté à 00h30 le 04/11/2012
          • Internaute 45018
            Testeur de temps libre

          Qu’est-ce que c’est pénible, (risible si ce n’était pas pathétique) ces @pseudos (et même ceux qui signent de leur identité) qui revendiquent d’être vouvoyés...
          Tant qu’à parler de « polémique ridicule », celle-ci se trouve fort à propos.
          Au risque de lui déplaire, je rappelle au citoyen professeur que le vouvoiement constitue l’une des « restaurations » qui ont expurgé la république de son essence « égalitariste » et il est d’autant plus malvenu sur un forum participatif que ce qui le rend possible nous provient d’une « ethnosociété » anglophone qui ne distingue pas le « tu » du « vous ».
          Pour ma part, je suis plus interpellé par le « j’suis prof » que par le tutoiement qui lui répond, à fortiori quand il est question de littérature.

        1 autres commentaires
    • lambertine
      lambertine répond à The Corpse Grinders
      Nulle part... ou ailleurs
      • Posté à 13h53 le 04/11/2012
      • Internaute 91509
        Nulle part... ou ailleurs

      A partir du moment où l’on enseigne la biographie des auteurs, je ne vois pas pourquoi leur sexualité (particulièrement si elle est considérée comme déviante pour l’époque) devrait être passée sous silence.

    • Radiotox
      • Posté à 20h08 le 05/11/2012
      • Internaute 151254

      Non à peine.

      Je me rappelle toutes les heures où je mourrais d’ennui en cours de littérature à disserter sur l’amour « interdit » qui animait gueux Tartampion envers Dame Pétaouchnok, ou encore muse Gros-nibards source d’inspiration inépuisable de poèmes merdiques.
      Et sans parler de toutes les histoires de mariage à la con dans les pièces de théâtre impossible à lire sans un Bac+8 en littérature.

      A part ça, ça ne parlait pas de sexualité effectivement.

    • Listéria
      Listéria répond à The Corpse Grinders
      particulier
      • Posté à 22h03 le 06/11/2012
      • 180828
        particulier

      N’empêche c’est la même ministre qui a censuré un dictionnaire fait par des gamins au prétexte qu’il n’était pas assez conformiste.

    • Listéria
      Listéria répond à The Corpse Grinders
      particulier
      • Posté à 22h03 le 06/11/2012
      • 180828
        particulier

      N’empêche c’est la même ministre qui a censuré un dictionnaire fait par des gamins au prétexte qu’il n’était pas assez conformiste.

  • la choukette
    la choukette
    libre penseur si possible
    • Posté à 14h15 le 03/11/2012
    • Internaute 90914
      libre penseur si possible

    a trop vouloir tout sexualiser c’est l’innocence de nos enfants que nous désintégrons.

    mais ça nos politiques s’en contrefoutent ce qu’il faut c’est des consommateurs et qu’ils le soient le plus vite possible.

    • Albedo
      Albedo répond à la choukette
      • Posté à 17h06 le 03/11/2012
      • Internaute 7121

      Vous partez du postulat que « sexualiser » c’est détruire une sorte d’innocence...

      Il n’y a quasiment pas un conte traditionnel qui ne soit « sexualisé », càd qui parle d’amour entre deux personnes (en général un prince très charmant et une princesse un peu cruche).

      Je ne trouve pas que parler d’amour détruise quoi que ce soit.

      • la choukette
        la choukette répond à Albedo
        libre penseur si possible
        • Posté à 17h16 le 03/11/2012
        • Internaute 90914
          libre penseur si possible

        le sexe et l’amour c’est pas tout à fait la même chose,

        il est question de sexualité (d’orientation sexuelle en fait) ici pas d’amour.

         
        • Albedo
          Albedo répond à la choukette
          • Posté à 17h43 le 03/11/2012
          • Internaute 7121

          Les enfants savent que les adultes baisent. Ils le savaient déjà avant l’arrivée d’internet. Il n’y a aucune innocence à détruire.

          Par ailleurs, parler d’enfants est limite, je ne pense pas qu’on enseigne Rimbaud à des gamins.

          • ricoanticoco
            ricoanticoco répond à Albedo
            autoentreprenant
            • Posté à 22h41 le 03/11/2012
            • Internaute 194068
              autoentreprenant

            Les enfants de quel âge ? ?

            • Albedo
              Albedo répond à ricoanticoco
              • Posté à 23h16 le 03/11/2012
              • Internaute 7121

              A l’âge où ils savent parler et échanger des infos dans la cour de récré.

        • Adirelle
          Adirelle répond à la choukette
          Informaticien
          • Posté à 02h24 le 04/11/2012
          • Internaute 194265
            Informaticien

          Mais ne parle-t-on pas justement d’amour entre Verlaine et Rimbaud ?

        4 autres commentaires
  • LÉON.777
    LÉON.777
    Artiste
    • Posté à 14h29 le 03/11/2012
    • Internaute 194575
      Artiste

    Si ça explique une oeuvre pourquoi pas.

    Sinon, aucun interet.

  • Gaston le roux
    Gaston le roux
    ami des bêtes
    • Posté à 14h31 le 03/11/2012
    • Internaute 120601
      ami des bêtes

    « Caroline de Haas aurait soufflé à la ministre l’idée de faire figurer dans les manuels scolaires l’orientation sexuelle de nos “ grands auteurs ”. »

    Sans déconner, ça n’est plus interdit de discriminer quelqu’un en fonction de ses affinités sexuelles ?

    Bientôt une obligation de mettre dans nos CV d’embauche notre orientation ?

    Quand à Rimbaud, ou Montaigne, les deux profs que j’ai eu au lycée nous l’ont dit, pourtant ce n’était pas dans le manuel du lycée, et ça n’a pas provoqué de réactions de la part de mes camarades de l’époque.
    De là à dire que c’est leur orientation sexuelle qui a fait leur talent.... c’est n’importe quoi.

    • Crepitus
      Crepitus répond à Gaston le roux
      Retraité
      • Posté à 15h08 le 03/11/2012
      • Internaute 85789
        Retraité

      Peut-être serait-il intéressant de parler du cercle qui se réunissait autour de Gassendi, Théophile de Viaud, Cyrano de Bergerac, ainsi que beaucoup d’autres et même le jeune Molière. Groupe bien connu pour son homosexualité. Incidemment ceci expliquerait peut-être les relations un peu troubles entre Molière et le jeune Baron.

    • Albedo
      Albedo répond à Gaston le roux
      • Posté à 17h09 le 03/11/2012
      • Internaute 7121

      Je ne pense pas que qui ce soit suggère qu’une orientation sexuelle fait le talent. Par contre c’est un élément décisif dans la construction identitaire d’une personne et donc quand on prend le parti de parler de la vie d’un auteur pour éclairer son oeuvre c’est un élément à reprendre.

      • Gaston le roux
        Gaston le roux répond à Albedo
        ami des bêtes
        • Posté à 17h24 le 03/11/2012
        • Internaute 120601
          ami des bêtes

        Oui pourquoi pas.
        Mais je le répète, de mon temps (1999) nos profs nous parlaient de l’homosexualité de Rimbaud avec Verlaine, et de Montaigne avec la boétie, et sans que ce soit FORCEMENT dans un manuel...
        C’était à la discrétion des profs, et bon... ben... dans l’éducation national, voilà quoi, je ne vous fait pas un dessin :)
        Mais si ça peut permettre de comprendre certaines oeuvres pourquoi pas.

         
        • Albedo
          Albedo répond à Gaston le roux
          • Posté à 17h48 le 03/11/2012
          • Internaute 7121

          L’avantage de la présence dans un manuel est de rendre impossible à des profs pudibonds de le passer sous silence j’imagine. Ma prof parlait « d’amitié » entre eux deux... et je n’avais rien capté de ce que ça recouvrait. Un peu comme on présentait encore récemment Saint-Laurent comme « l’ami » de Bergé...

          • Adirelle
            Adirelle répond à Albedo
            Informaticien
            • Posté à 02h15 le 04/11/2012
            • Internaute 194265
              Informaticien

            Curieusement, ma prof parlait également « d’amitié » mais curieusement, cette explication ne rentrait pas dans le cadre...

            • Albedo
              Albedo répond à Adirelle
              • Posté à 09h06 le 04/11/2012
              • Internaute 7121

              J’étais un peu con-con ou bien la prof le camouflait vraiment très bien : D

        3 autres commentaires
    • Boutauvent
      Boutauvent répond à Gaston le roux
      Testeur de temps libre
      • Posté à 01h27 le 04/11/2012
      • Internaute 45018
        Testeur de temps libre

      Je ne suis pas sûr qu’indiquer les orientations sexuelles de quiconque soit équivalent de le « discriminer » ! ? !
      Il est évident que si l’orientation sexuelle de certains auteurs est de peu de poids dans leur talent, on ne peut pas en dire autant de leur inspiration... qu’ils se sont évertués à écrire avec un talent plus aigu qu’ils l’ont probablement développé en conséquence.
      Quand un des débats dont fait l’objet ce qu’on appelle pompeusement « l’éducation nationale » (qui n’a pas plus de rapport avec l’éducation qu’avec la nation) est constitué par la présumée absence de l’enseignement de l’histoire, je ne suis pas choqué qu’un professeur de littérature (oh pardon : ça n’existe pas en France !) mette les textes d’un auteur face au miroir des réalités politiques et sociologiques de son époque.
      Je ne crois pas pour autant qu’il appartient à un(e) ministre d’affirmer ce qu’il est nécessaire/indispensable de préciser quand on enseigne la littérature (ah, oui, c’est vrai : ça n’existe pas en France !).
      Je suis assez généreux pour supposer qu’un « enseignant de la langue française » (à qui il est d’autant moins demandé d’enseigner la littérature que celle-ci pourrait être le fruit merveilleux d’une langue étrangère...ce qui fait qu’on parvient à « étudier » la traduction des auteurs russes mais pas le texte original) saurait, sans directive(s) ministérielle(s), situer un auteur ou l’un de ses textes dans son contexte historique et sociologique.
      Pour autant que je me souvienne, ils ont le droit de le faire pour La Fontaine,
      pour Molière, pour les encyclopédistes (etc.)... mais, si j’ai bien compris, il dépendrait d’un arrêté ministériel qu’un enseignant ait le droit (et/ou le devoir) de souligner qu’un auteur était (ou non) homosexuel pour contextualiser un de ses textes ? ! ?
      Une fois encore, je conseillerai à tous les parents qui le peuvent de ne plus envoyer leurs enfants à l’école si leur désir le plus cher est de les instruire.
      Une heure sur Arte vaut largement un trimestre de scolarisation (garderie pour ados en système scolaire), surtout que c’est souvent interactif !

  • sergio2
    • Posté à 14h38 le 03/11/2012
    • 178745

    Dans la proposition de N Vallaud-Belkacem, il y a quelque chose de profondément dérangeant, : des personnages qui n’ont jamais affiché leur homosexualité, homosexualité qui n’a aucune importance dans leur oeuvre ou leur vie se verraient, par un outing post-mortem, convoqués et utilisés dans un combat.
    Quel combat au fait ? Celui qui résume chacun de nous à « son orientation sexuelle » ?

    • ricoanticoco
      ricoanticoco répond à sergio2
      autoentreprenant
      • Posté à 22h44 le 03/11/2012
      • Internaute 194068
        autoentreprenant

      Il faut en effet fabriquer des icônes à toutes les minorités existantes sur le territoire français, ce pays devient fou !

      • Radiotox
        Radiotox répond à ricoanticoco
        • Posté à 21h25 le 06/11/2012
        • Internaute 151254

        Entre fabriquer des icones, et ne pas passer sous silence des éléments « génants » pour la bienséance de la sainte éducation de nos chérubins, il y a une différence.

        Tout le monde se cantonne à dire « Non, moi je n’ai rien contre les homosexuels », et pourtant en parler comme si réellement c’était quelque chose de pas important, bizarrement ça pose problème.

        Quand vous parlez de minorité, c’est comme si vous imaginiez qu’en France il y a une « communauté » au sens propre du terme « d’homosexuels » qui vivent entre eux, qui parlent une langue, et qui ont leur propre monnaie. Vous ignorez sans doute que la plupart sont totalement intégrés à la société, qu’il ont un travail, et qu’il payent des impôts comme (presque) tout le monde.
        La plupart des homosexuels ne se sentent pas appartenir à une minorité (terme rabaissant au passage), mais vivent leur vie comme tout le monde, à l’exception qu’il se sentent victimes d’une injustice que l’on leur à fait dès la naissance.

        Donc en parler, éviter de passer sous silence le fait que certains auteurs étaient homosexuels est justement une manière de décloisonner, de sortir la « minorité » homosexuel de son milieu, et de l’intégrer, comme si de rien n’était à la société, et à la vie de tous les jours.

    • moranophobe
      moranophobe répond à sergio2
      (honnete homme)
      • Posté à 18h36 le 04/11/2012
      • Internaute 158057
        (honnete homme)

      pas d’accord

      on ne peut parler d’outing post mortem
      on n’oute que les personnes vivantes ou recemment décédées
      (similairement voir que les archives d’eta civil sont librement accssibles sous reserve d’un delai de 70 ou 100ans ? ?

      dire qu’on « outerait “ montaigne en revelant son homosexualité (que j’ignorais par ailleurs), c’est en fait reveler un pb avec sa conception de l’homosexualité(homophobie latente ? ?)

      bien au contraire c’est pour moi et même si ça ne sert pas forcement la comprehension de son oeuvre rendre hommage a cet auteur et a la réalité de ce qu’il fut

      a propos je rends ainsi plus bas hommage a alan turing... ;

      apres, bien sûr, il y a sûrement une maniére de faire plus ou moins adaptée

  • Saul
    Saul
    visiteur
    • Posté à 16h49 le 03/11/2012
    • 173990
      visiteur

    « Pourquoi faut-il que, même à gauche, des ministres se mêlent du contenu des manuels scolaires ? “

    pour masquer leur impuissance sur le cours des événements.
    on brasse du vent et on se donne une image que l’on croit de ‘gauche’ sans que ça ne coute grand chose...

  • sergio2
    • Posté à 14h37 le 03/11/2012
    • 178745

    Deux propositions complémentaires que je soumets au ministre :
    - inscription de « l’orientation sexuelle » sur les documents d’identité, ainsi que dans l’annuaire du téléphone et sur les uniformes des gendarmes.
    - mention dans les manuels scolaires de l’obésité de types comme Balzac (les gros sont souvent mal acceptés, il faut combattre cette discrimination).

    • Shire djavoon
      Shire djavoon répond à sergio2
      ایرونی
      • Posté à 17h23 le 03/11/2012
      • Internaute 106204
        ایرونی

      Oui, et le gros Louis XVIII aussi !

      • Lucius Sergius
        Lucius Sergius répond à Shire djavoon
        Citoyen
        • Posté à 01h47 le 04/11/2012
        • Internaute 28239
          Citoyen

        Les petits aussi. C’est argneux les petits. Ce devrait être mentionné pour expliquer leurs actes.
        Quitte à faire dans le n’importe quoi, il faut aussi signaler les personnages historiques à forte poitrine. Autant pour provoquer de l’intérêt scolaire chez les ados mâles et hétéros, qui en manquent souvent, que pour donner des explications psychologiques.
        Mouarf. Alors, elle était bonne Catherine de Médicis ?

    • lambertine
      lambertine répond à sergio2
      Nulle part... ou ailleurs
      • Posté à 13h56 le 04/11/2012
      • Internaute 91509
        Nulle part... ou ailleurs

      A l’époque de Balzac, ils étaient très bien acceptés.

  • thierry reboud
    • Posté à 14h37 le 03/11/2012
    • Internaute 20923

    Si c’est un cours d’éducation sexuelle, pas de problème. S’il s’agit d’un cours de littérature, qui est tout de même le domaine où Rimbaud est le mieux connu, hormis pour le poème Le Coeur supplicié (et encore, ça se discute), je ne vois pas bien l’intérêt d’étudier les histoires de petites culottes de Rimbaud.

    Sauf à retomber dans le biographisme un peu niais qui a causé et qui cause encore tant de dégâts aux études littéraires.

    Au passage et puisqu’il est question d’histoire littéraire, parler de son orientation LGBT est, dans le meilleur des cas, un redoutable anachronisme. Du simple point de vue épistémologique, c’est déjà un désastre.

    • Crepitus
      Crepitus répond à thierry reboud
      Retraité
      • Posté à 15h11 le 03/11/2012
      • Internaute 85789
        Retraité

      Il ne faut pas oublier le Sonnet du trou du cul, même si son attribution est discutée. En tous cas, si ma mémoire est bonne il fait partie de l’Album Zutique.

      • thierry reboud
        • Posté à 15h18 le 03/11/2012
        • Internaute 20923

        Et comment : -) !

        Mais concernant l’Album zutique, c’est un peu une oeuvre collective... et surtout pas du tout étudiée dans les collèges et les lycées (ce qu’on peut du reste déplorer, mais c’est une autre question).

    • soutenable lourdeur du néant
      • Posté à 15h15 le 03/11/2012
      • Internaute 134590

      Je suppose donc que lorsque Sartre analyse Baudelaire à travers sa sexualité, il fait donc preuve d’un « biographisme un peu niais qui a causé et qui cause encore tant de dégâts aux études littéraires. »

      La sexualité, comme toute pulsion, est un fort élément de la construction l’identité d’une personne et d’une dámrche artistique.

      Impossible de vraiment comprendre Foucault sans connaître son histoire sexuelle, impossible d’étudier Rousseau sans en faire autant.

      Bref. Vous faites preuve, au choix, de méconnaissance sur les fameuses études littéraires que vous vouez aux Gémonies, ou bien de beaucoup de mauvaise foi.

      Affirmer sans sourciller que la sexualité d’un artiste n’entre pas en compte dans son art, pour vous paraphraser, « Du simple point de vue épistémologique, c’est déjà un désastre ».

      Du point de vue artistique, psychologique, cognitif et logique aussi, d ; ailleurs.

      • thierry reboud
        • Posté à 15h26 le 03/11/2012
        • Internaute 20923

        L’exemple que vous choisissez est très intéressant parce que, justement, Sartre me paraît constituer à peu près ce qu’on peut faire de pire en matière d’études littéraires. Plus emblématique encore que ce qu’il a pu raconter sur Baudelaire, son Idiot de le famille est plus un livre sur Sartre lui-même qu’un livre sur Flaubert.

        Comme je vous réponds un peu plus bas, lorsque la sexualité est un élémént indispensable à la compréhension de l’oeuvre, je ne vois aucune bonne raison de la passer sous silence. S’il s’agit de psychanalyser l’auteur, bon, pourquoi pas... mais ce n’est plus une étude littéraire.

        Dans toute votre réponse, vous mettez en fait l’accent sur les auteurs au détriment des oeuvres : vous faites précisément du biographisme (qu’en effet, je le confesse, je tiens en piètre estime), ce qui est très bien quand on fait une biographie mais c’est à peu près tout. La biographie, c’est de l’histoire, éventuellement de l’histoire littéraire quand le sujet est un écrivain. L’étude des oeuvres littéraires n’est pas de l’histoire, même s’il arrive dans certains cas (assez fréquents d’ailleurs) que le recours à l’histoire soit utile à la compréhension de l’oeuvre.

        Oh, et à propos : ce ne sont pas les études littéraires que je voue aux gémonies, mais la compulsion biographiste.

         
        • soutenable lourdeur du néant
          • Posté à 15h35 le 03/11/2012
          • Internaute 134590

          Bon. Pas de bol, z’aimez pas J-P :

          En revanche, expliquer les études sur la folie, ainsi que l’ensemble de l’oeuvre de foucault sur la norme, la définition de la norme et celle de l’anormal, tout ça sans prendre en compte son homosexualité et le séjour en HP qu’elle lui a valu...

          Thierry Reboud, vous m’accusez de ce que je déteste le plus : l’anoecdotisme. Ce n’est pourtant pas ce que je montrais.

          Les éléments biographiques ne sont inutiles que lorsqu’ils sont invoqués sans participer à la compréhension de l’oeuvre.
          Ils sont analytiques lorsqu’ils le font.

          Ou alors, il va falloir revoir le fait que Freud ait définit l’hystérie sur la base de sa misogynie et que son rapport au sexe, à l’argent et à leurs interrelations soit définitivement fonction du fait qu’il soit d’abord et avant tout un bourgeois.

          Il ne s’agit pas là de se contenter de dire : Rimbaud était gay, génial », mais de bien montrer comment ce fait a énormément contribué à faire de lui... Rimbaud.

          • thierry reboud
            • Posté à 15h47 le 03/11/2012
            • Internaute 20923

            Je ne suis pas revenu sur Foucault parce que je suis parfaitement d’accord avec vous : en effet, dans son cas, la connaissance de sa sexualité me paraît tout à fait pertinente pour comprendre sinon sa pensée (mais sa pensée aussi, à bien y réfléchir), du moins la manière dont elle a contribué à l’orienter vers ses objets d’étude.

            Sur Freud, je passe mon tour : je ne sais à peu près rien sur lui, donc je vous crois sur parole.

            Dans le cas de Rimbaud, c’est assez différent : ce n’est pas qu’il soit génial (ou pas) qui est intéressant. S’il est génial, c’est que ses oeuvres le sont. Ses oeuvres sont-elles intelligibles sans connaître la nature de sa sexualité ? Je le crois. La connaissance de sa sexualité apporte-t-elle quoi que ce soit à la compréhension de ses oeuvres ? Je ne le crois pas. La connaissance apporte-t-elle quoi que ce soit à la connaissance de la biographie de Rimbaud ? Oui, à l’évidence.

            Ce n’est pas forcément de l’anecdotisme, c’est de l’histoire. C’est d’ailleurs respectable... mais ce n’est pas une étude de son oeuvre.

            Toute la question, en fait, c’est de savoir si on parle de littérature stricto sensu ou d’histoire littéraire.

            • soutenable lourdeur du néant
              • Posté à 15h51 le 03/11/2012
              • Internaute 134590

              oula, me faites pas confiance sur freud... tout ce que je « sais » de lui, je le sais par une copine psychologue qui le tient en sainte horreur. Un portrait à charge, j’en ai bien peur... héhéhé.

              sur le reste, je vous avouerais en bonne amoureuse de la phénoménologie et de la complexité, que j’ai bien moins de facilités que vous à dissocier la production artistique de la psyché de son auteur et les études littéraire de l’histoire de la littérature !

               ; -)))

              • thierry reboud
                • Posté à 16h40 le 03/11/2012
                • Internaute 20923

                Peut-être que vous lisez la littérature en philosophe (et ce n’est pas une insulte  ; -) ! ) et que je préfère la lire avec des lunettes littéraires.

                • soutenable lourdeur du néant
                  • Posté à 16h58 le 03/11/2012
                  • Internaute 134590

                  effectivement, votre distinction est excellente.

                  Pour autant, je ne la firmulerais pas comme ça : pour moi, on peut lire une oeuvre avec des lunettes d’analyses ou avec des lunettes de lecteurs.

                  Et lorsque je suis lectrice, je lis l’oeuvre... pour l’oeuvre. Heuresuement pour moi, c’est ce qui m’a fait découvrir, par exemple, le voyage au bout de la nuit (un bijou).

                  Mais lorsqu’on analyse, alors je pars du principe qu’on ne doit (et qu’on ne peut) fermer ou refuser des pistes de compr´hension a priori.

                  En revanche, lorsqu’on les mobilise, on se doit de les justifier...

                  On ne parle pas de la sexualité d’un artiste de manière gratuite, faut que ça soit pertinent...

                  Et je ne connais pas assez Rimbaud pour le savoir...

          • Shire djavoon
            • Posté à 17h57 le 03/11/2012
            • Internaute 106204
              ایرونی

            Reconnaissez que le danger, qu’il soit de porter son attention sur la sexualité ou sur n’importe qu’elle autre facette de l’auteur, est d’expliquer l’originalité et le génie artistiques par une anormalité (au sens étymologique) sociale.
            Bientôt, on en sera à préférer dans tous les domaines d’études du secondaire, Sade, Céline, Sartre et Rimbaud d’abord pour leur singularité biographique et, ensuite pour leur talent, comme un alibi de leur extra-ordinaire. Bref, la société de la peoplisation à tous les niveaux.
            Kant, probablement le plus grand contributeur à la philosophie occidentale n’a pas eu une vie bien passionnante. Et que dire de Gracq, le dernier de nos écrivains classiques, dont le seul fait d’arme médiatique fut de refuser effrontément le Goncourt. Mais la préférence contemporaine va plus volontiers à une sous-littérature qui ne passera pas l’épreuve du temps.

            • soutenable lourdeur du néant
              • Posté à 12h55 le 04/11/2012
              • Internaute 134590

              « Reconnaissez que le danger, qu’il soit de porter son attention sur la sexualité ou sur n’importe qu’elle autre facette de l’auteur, est d’expliquer l’originalité et le génie artistiques par une anormalité (au sens étymologique) sociale. »

              Oui. L’art et la création ne trouvent généralement pas leur origine dans ce qui est normatif en nous, mais bien dans le reste. Il est idéologique et assez faux de voir là un danger. Chaque humain est fait de normes,mais aussi de créativité. Il n’est pas dangeureux, voire mème plutôt le contraire, de vouloir examiner la créativité de la personne pour comprendre son oeuvre.

              À ce titre, le débat Chomsky-Foucault de 1971 (ou 73, je sais `plus) est extrêmement intéressant, notamment en première partie.

              PS : le discours « ah, les auteurs d’aujourd’hui, ça ne vaut pas... » est un sophisme. Pas une justification.

        9 autres commentaires
      • Blandine Grosjean
        Blandine Grosjean répond à soutenable lourdeur du néant
        Auteur(e) de l'article Rédactrice en chef Rue89
        • Posté à 16h53 le 03/11/2012
          éditeur
        • Journaliste 89094
          Rédactrice en chef

        En tous cas, merci à vous (et quelques autres) pour la qualité de vos commentaires, qui enrichissent et mettent du baume à l’esprit de retour de congés.

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