Sur NRJ12, chaîne pour ados, c’est cool de faire actrice porno
Je suis tombé mardi soir en zappant sur un programme de la chaîne NRJ12. Ce reportage de « Tellement vrai » avait pour titre : « Les secrets du “sex business” aux Etats-Unis ». C’était la rediffusion d’une émission produite en 2010 par Reservoir Prod, la boîte de feu Jean-Luc Delarue.
On y voyait notamment une jeune Française débarquant à Los Angeles pour démarrer une carrière d’actrice porno [il s’agit de Jessie Volt, ndlr]. Elle était heureuse, allait tourner son premier film avec une actrice confirmée, et des scènes formidables d’orgie autour d’une magnifique piscine.
Parmi les autres personnages de cette histoire idyllique, une jeune femme diplômée d’une des prestigieuses universités américaines, ravie de participer à cette formidable industrie du cinéma pornographique.
La formidable industrie du porno
Entendons-nous bien : je ne suis pas un puritain, ni un activiste d’une quelconque ligue liée à un quelconque dieu. J’aime faire l’amour et je le fais pour que ma compagne et moi y prenions plaisir. Mais là, en regardant cette émission (pas jusqu’au bout), j’ai été choqué.
Pas par les images des corps nus dont le « film », en bon sujet racoleur qu’il était, usait abondamment. Mais parce qu’il faisait l’apologie du cinéma porno, et présentait la profession d’actrice comme un métier anodin, dans lequel on peut s’épanouir lorsque l’on est une jeune femme.
J’ai lu récemment un livre de Chris Hedges, « L’Empire de l’illusion ». Cet auteur, prix Pulitzer, ancien correspondant de guerre au New York Times, y parle entre autres des dérives de la société américaine en matière de représentation de la réalité. Avec un chapitre sur la sexualité et l’industrie du cinéma porno.
L’histoire finit souvent mal
Ce passage du livre est très dur, il donne une image que je pense assez bien documentée de la situation. La place de la femme dans la pornographie est absolument dramatique.
Elle est rabaissée, humiliée, violentée et souvent violée, une sorte d’esclave du sexe, et l’histoire, pour ces actrices (et ces acteurs, d’ailleurs) finit généralement mal.
Avec ce texte en tête, j’étais très mal en regardant ce truc. Je me suis dit que la bêtise (et le mot est faible) n’avait vraiment aucune limite – ce dont je me doutais un peu.
NRJ12 est une chaîne pour ados
NRJ12 est une chaîne pour ados, une époque où l’on construit sa vie, où l’on passe du temps devant la télé pour beaucoup. Je pense que montrer ce genre de choses est grave. A un moment, je me suis demandé si ce « reportage » était vrai, tellement il semblait mis en scène.
Ses « auteurs » sont absolument inconscients de ce qu’ils font, ils ne réfléchissent sûrement pas aux conséquences de leurs actes. Ou alors, ils en sont conscients et c’est d’autant plus grave !
On pourra me rétorquer que c’est du second degré, que cette émission passe en troisième partie de soirée... Même si cela ne touchait qu’une personne, pourquoi traiter de cette façon un sujet aussi délicat ?
La réalité est vraiment toute autre, crue et inquiétante, avec son lot de malheurs et de peines. Je suis un partisan de la liberté, en amour comme en tout d’ailleurs, et absolument contre la censure.
Mais quand je tombe sur un machin comme celui de mardi, je suis consterné.
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étudiant en histoire
étudiant en histoire
Pour tout vous dire, j’étais tombé sur ce reportage il y a au moins un an avec ma copine. On avait eu la même réaction que vous, la même consternation, mais pas le même courage vous quand il s’agit d’écrire ce qui vous a choqué. Je trouve ça d’autant plus choquant si ce reportage est passé plusieurs fois sur la même chaîne.
Ce reportage m’avait beaucoup marqué, il y mettait en avant que pour réussir facilement dans la société américaine, il fallait coucher sans poser de question.
J’ajouterai une chose quand à ce reportage, une chose positive qu’il a provoqué chez moi. Il m’a d’une certaine façon fait franchir une étape de plus dans ma défection de la TV en général. Les programme y sont de plus en plus racoleurs ou ennuyant (au choix). Il n’y a qu’à voir les clips qui passent sur ces chaînes pour ados : les femmes y sont présentées comme des objets sexuels ni plus ni moins. Voilà avec quoi nos frères et soeurs, enfants et voisins grandissent : un retour grandissant de l’image de la femme comme simple objet sexuel ne demandant qu’à être consommé.
Une solution peut être ? reprendre le contrôle de ce qui passe à la TV, ou alors arrêter de la regarder !




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