Tribune 23/08/2012 à 10h39

Ce que propose l’Eglise catholique comble ma sexualité

Natalia Trouiller | Journaliste

Lu sur le site Chrétiens de gauche, un billet de René Poujol : « Sexualité : et Dieu vit que cela était bon. » L’ancien rédacteur en chef du journal Pèlerin publie un billet que je vous invite à lire sur la responsabilité, selon lui immense, de l’Eglise catholique dans la durable fâcherie de bon nombre de chrétiens avec l’institution catholique.

Je voudrais ici apporter mes propres réflexions sur le sujet, à la lumière de mon expérience personnelle.

« Fâchés avec Dieu pour des questions de braguette... » La formule est belle et saisissante. Par leur obsession du contrôle du sexe, les prêtres, « ayant fait, pour eux-mêmes, le choix du célibat… donc de la continence » auraient provoqué la rupture de loyaux catholiques avec Dieu.

Ce fut parfois vrai, dans des endroits où l’Eglise n’était guère séparée de l’Etat et abusait de son rôle.

Je pense en particulier au Québec où, pendant longtemps, il n’a pas été possible de devenir infirmière sans être religieuse, et où certains confesseurs fliquaient les femmes mariées qui n’étaient pas enceintes à nouveau dans un délai d’un an après la naissance du dernier – ce qui explique les immenses familles québécoises de la génération de nos grands-parents, où les fratries de 12 ou 18 personnes n’étaient pas rares.

Convaincue avant de devenir croyante

Mais aujourd’hui ? A qui l’Eglise catholique impose-t-elle quoi que ce soit ? Voit-on des prêtres en soutanes à l’entrée des églises vérifier les cahiers de confession des fidèles ? L’Eglise propose une morale qui ne vaut le coup que parce qu’elle nous enracine profondément dans le Christ. Vouloir suivre cette morale sans être vissé à Jésus-Christ, c’est de la névrose.

Je suis toujours assez peinée de voir le grand argument laïcard de « l’Eglise-qui-serait-déconnectée-du-réel ou arc-boutée-sur-des-positions-d’un-autre-âge » repris par des croyants sincères, qui plus est lorsqu’ils ont la stature intellectuelle d’un René Poujol.

A titre personnel, j’ai été convaincue par les arguments de l’Eglise... avant même de savoir que l’Eglise avait de tels arguments, et avant même de devenir croyante.

Le choix de la chasteté dans le mariage

Sur le mariage, d’abord. Pour paraphraser votre texte, cher René, j’ai fait pour moi-même le choix du mariage catholique... donc de la chasteté dans le mariage. Pas plus que quiconque n’a obligé les prêtres, un revolver sur la tempe, à prononcer leurs vœux, je n’ai subi de pression familiale, sociale ou pire, religieuse, pour me marier à l’église.

Simplement, en tombant amoureuse de mon futur mari, j’ai su que je voulais le must pour nous deux : un lien indissoluble, jusqu’à ce que la mort nous sépare, dont le Christ serait le centre, et qui serait l’image de l’union indissoluble du Christ avec son Eglise. Un truc qui a plus de gueule que quoi que ce soit d’autre. Je voulais le meilleur.

Au début, mon mari, qui était agnostique, se serait fort bien contenté d’un concubinage sans mariage, même civil. Mais pour moi, malgré tout l’amour que j’avais pour lui (et que j’ai toujours), les choses étaient claires : si tu m’aimes, tu m’épouses.

Parce que tu n’es pas mon « copain », ni mon « ami », ni mon « compagnon ». Tu es mon mari et nous sommes une seule chair. Et je ne vois guère en ce qui me concerne comment on peut prétendre aimer une personne plus que tout et ne pas vouloir faire une seule chair devant Dieu, qui seul peut diviniser cette chair.

Ce que je veux pour moi, c’est le meilleur

Je ne vois pas comment on peut dire que l’on fait une seule chair si les enfants qui naissent de cette chair unie ne portent pas le même nom que leurs deux parents. Oui, deux personnes qui vivent ensemble sans être mariées, en s’aimant et en étant fidèles l’une à l’autre, c’est bien. Mais moi, le bien ne m’intéresse pas. Ce que je veux pour moi, c’est le meilleur.

Et tout au long du chemin qui nous a conduits au mariage civil, puis religieux, j’ai été en cohérence avec moi-même : je n’ai pas communié. Je n’en tire aucune gloire, parce que ce n’est guère glorieux de se retrouver à vivre, même si on sait que ce n’est que pour un temps, sans l’union intime avec le Christ à cause de son péché.

Même si ces années de ’’faim eucharistique’’ ont été source de choses extraordinaires – j’y reviendrai peut-être dans un autre billet, là n’est pas la question.

Femme, amante, et mère de ses enfants

Comme pour tous les couples, la question de la fertilité s’est posée rapidement, et donc de la régulation des naissances. J’ai pris la pilule, comme beaucoup de femmes, pendant des années, avant de rencontrer mon époux.

Sans vraiment savoir pourquoi, il m’a été impossible de la prendre avec lui. Non que je sois irresponsable, ni que je veuille une famille à la québécoise, ni que je pense que mon rôle de femme est de procréer.

On en revient simplement à la très haute idée de l’amour, et donc de la sexualité, que nous propose l’Eglise : si nous nous aimons vraiment, aimons-nous dans toutes nos dimensions.

Ne nous approchons pas du corps l’un de l’autre si nous n’aimons pas nos corps sexués et les conséquences de la rencontre aimante de deux corps fertiles. Je ne me segmente pas pour celui que j’aime : je suis son amante, sa femme et la mère de ses enfants, et je ne m’ampute pas quand je me donne à lui.

J’aime que nous nous retenions

Les quelques rapports protégés que nous avons eus au début m’ont laissé le goût amer de la rencontre incomplète. Et je précise, là encore, que ce n’est pas chose facile : nous avons cette chance qui se transforme parfois en épreuve d’avoir une fertilité implacable, d’avoir des enfants dès la première union à chaque fois, et que notre dernière, que nous aimons plus que tout, n’était pas attendue.

Mais j’aime que, dans mes périodes de fertilité mensuelles, nous nous retenions, parce que c’est aussi se donner par amour que de différer une union : là encore l’Eglise n’a rien inventé, chacun sait que le désir vient de l’attente.

Et ce que me propose l’Eglise en matière de régulation des naissances, à savoir l’observation minutieuse de mon cycle, nous comble bien plus que l’arsenal médical que mon gynécologue s’obstine toujours à nous proposer, tremblant de peur de se voir coller un procès à chaque visite parce que je serais « encore » enceinte :

« Bon, vous faites ce que vous voulez (merci) mais on est d’accord : je vous fais quand même une ordonnance, hein ! »

J’aime que mon mari soit à l’écoute du rythme naturel de mon corps. J’aime qu’il ne considère pas que les enfants soient une maladie contre laquelle il faudrait prendre des médicaments. J’aime qu’il m’aime avec ma fertilité parce que cette fertilité fait partie de ce que je suis, et qu’il m’aime comme je suis tout entière.

Non à la sexualité contrôlée par le toubib

Et je précise que ce point de vue n’est pas spécialement catho : je connais beaucoup de femmes qui perdent toute libido quand la vasectomie de leur conjoint, même décidée en couple, les prive de la dimension fertilisante de l’acte sexuel, sans pourtant qu’elles veuillent d’enfants.

Des femmes qui n’aiment pas la contraception, qui la voient non pas comme une libération, mais comme un esclavage, qui plus est un esclavage au corps médical.

Aujourd’hui, toutes les femmes qui utilisent la contraception voient leur sexualité contrôlée par un toubib. De leurs premières règles jusqu’à la ménopause, les voici contraintes de raconter leur intimité à des docteurs.

Est-ce vraiment cela, la liberté ?

Est-ce vraiment être libre que de s’amputer d’une partie de soi-même pour correspondre au désir d’un homme qui veut bien jouir de ou avec vous, mais sans penser aux conséquences ?

Je n’en suis vraiment pas certaine. Et ne croyez pas que je sois multimillionnaire et que j’aie les moyens d’élever une équipe de foot.

Je crois que la masturbation frustre

Sur la sexualité, René Poujol écrit encore ceci :

« Je vais au bout de ma pensée. Je trouve aujourd’hui pareillement insensées : la diabolisation sans nuance de la masturbation et la condamnation morale des relations sexuelles pré-maritales dans nos pays où l’on se marie en moyenne à l’âge de 30 ans, alors que la maturité sexuelle des jeunes n’a jamais été aussi précoce ; insensées tout autant la prohibition des méthodes de contraception dites artificielles et l’obligation morale faite aux personnes homosexuelles de vivre leur vie durant dans la continence.

Car il n’est de sexualité ’’contre nature’’ que pour autant que l’on maintient le principe selon lequel la sexualité doit rester, pour tous, potentiellement ouverte à sa finalité de reproduction, même si ce n’est pas la seule. »

La question de la masturbation m’interpelle. Parce qu’un certain discours glorifie la masturbation comme nécessaire à la fin de la frustration.

Je crois profondément que c’est tout le contraire, que la masturbation génère la frustration. Que plus on se masturbe, plus on est frustré. Que jamais, jamais la masturbation ne nous rapproche de l’Autre.

La masturbation ne rend pas heureux

L’Eglise, qui veut nous proposer ce qui existe de meilleur et faire de nous des hommes et des femmes épanouis et heureux, nous dit que la masturbation peut nous satisfaire, mais ne peut pas nous rendre heureux.

Ma propre expérience et celle de beaucoup d’autres montrent que c’est vrai. Je vous renvoie là au témoignage sur la masturbation de mon ami Philippe Arino, qui a ces mots saisissants lorsqu’il évoque la masturbation :

’’Que dit la masturbation ? Rien ne sert de la définir comme un « vice » si on n’explique pas en quoi elle est moralement condamnable.

A mon sens, elle dit :

  • une relation à soi-même consumériste (quand on se masturbe, on se place en principale source de son propre plaisir : on se goûte soi-même, on jouit de soi, on s’offre sa petite gâterie, on ne le fait pas au grand jour parce que c’est un acte qui ne se partage pas et qui est par essence autocentré).
  • Elle dit une relation bestiale (la masturbation est une activité que nous, êtres humains, partageons avec nos amies les bêtes), une relation imaginaire et narcissique (pendant la masturbation, les fantasmes l’emportent sur le réel, les images de nos magazines et des films pornos défilent dans notre tête pour se substituer au monde ambiant),
  • une relation égocentrique, par défaut et ratée (honnêtement, si on pouvait faire l’amour avec une autre personne que soi-même, une personne qu’on aime vraiment et qui nous plaît, on le ferait),
  • une relation adolescente (quand on a une pratique sexuelle qui se limite à la masturbation, on a l’impression qu’on n’arrive pas à passer à l’étape supérieure, à accéder à une manière d’aimer plus adulte),
  • une relation compulsive (la masturbation, cet ébranlement nerveux physique, soulage sans guérir),
  • une relation blessée et névrotique (voire pathologique : il existe un lien – non-causal – entre masturbation et psychiatrie dont il faut parler : la masturbation, quand elle se systématise, induit/illustre des troubles psychiques et affectifs réels – je pense à certaines personnes handicapées, à des graves accidentés, ainsi qu’à certains criminels passés à la postérité, qui se masturbent souvent – ; cette réalité est cachée, car celui qui s’adonne à cette pratique est à la fois sa propre victime et son propre agresseur : l’attouchement de ses parties génitales vient d’une seule personne – lui-même – et procure du plaisir mais de manière forcée ; c’est en quelque sorte de l’auto-viol.).

En somme, la masturbation, une fois passé le bon moment de l’orgasme d’une minute trente, est une sexualité de l’échec, qui dit un non-amour faisant parfois violence.

L’amour avec un grand A

Si l’Eglise dit que la sexualité hors-mariage est ’’contre-nature’’, c’est qu’elle croit – et je le crois avec elle – que la nature de l’homme, de tout homme, catholique ou non, est d’accéder au divin. Que ce divin, c’est l’Amour avec un grand A.

Les chemins qu’elle propose, continence en Christ ou mariage en Christ, et non continence ou mariage tout court, sont basés sur l’observation très fine de ce qu’est l’humain, et sur l’aspiration ontologique de cet humain à être toujours plus et mieux en vérité que ce qu’il est à l’instant « t ».

Tous, sur ce chemin de sainteté (appelons les choses par leur nom : l’Eglise n’a que faire d’avoir de bons catholiques, elle veut fabriquer des saints), nous tâtonnons, nous trébuchons, nous nous relevons, avant la prochaine chute où Dieu nous tirera pour nous relever et marcher plus loin.

Et que Dieu bénisse son Eglise de proposer ce chemin de sainteté à tous, et de ne pas vouloir le réserver à une élite.

Ce texte a été initialement publié sur le blog de l’auteur

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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  • Lysan
    • Posté à 11h13 le 23/08/2012
    • Internaute 191641

    Moi les témoignages des catholiques avec leurs références incessantes à Dieu/au christ ça me met mal à l’aise : « une seule chair devant Dieu », « union intime avec le Christ »... C’est un ménage à trois c’est ça ? ! !
    Ah ah ah mais vous nous auriez caché vos penchants libertins et exhibitionnistes petits coquins : p

  • Rouzzf
    Rouzzf
    informaticien
    • Posté à 11h17 le 23/08/2012
    • Internaute 187588
      informaticien

    Un texte très persuasif, mais pas très convainquant. Comme à chaque fois avec la religion, on fait appel à vos sentiments, jamais à votre raison.

    De plus, il y a un certains nombre de choses presque malsaines dans ce texte...

    Cette volonté du « meilleur » alors que sur tous les points soulevés, ce qui est « le meilleur » est très très subjectif... C’est le meilleur pour vous (peut-être) mais ce n’est pas une loi universelle.

    On précise que la masturbation ne rend pas heureux, mais j’attends qu’on me prouve que l’abstinence et la frustration rendent heureux. Et puis toute personne a des troubles effectifs et psychologiques, vos longs paragraphes ne prouvent pas grand chose.
    Et on finit même sur le summum de la mauvaise foi, l’auto-viol. C’est difficile de se masturber sans à l’encontre se sa propre volonté, non ?

    Mais si vous êtes heureuse, tant mieux pour vous. Personnellement, pour avoir eu droit à beaucoup de catéchisme et à beaucoup d’années en école catholique, je suis toujours aussi ébahi que les gens continuent d’utiliser leur ressenti comme raisonnement.

    Tout ce que je peux espérer c’est que vous saurez éduquer vos enfants pour qu’ils fassent leur choix (ce qui a quand même l’air mal parti, si vous prenez le temps d’écrire ça sur le net, vous devez en parler suffisamment pour les influencer considérablement).

  • Rebel Yell
    Rebel Yell
    Je pose une question.
    • Posté à 11h17 le 23/08/2012
    • Internaute 127333
      Je pose une question.

    Quelques petites réflexions :

    ʹʹJe crois que la masturbation frustre.ʹʹ
    Le mieux pour se faire réellement une idée, c’est d’essayer, mais sans penser que c’est ʹʹbienʹʹ ou ʹʹmalʹʹ, juste pour ressentir les effets.

    ʹʹQue jamais, jamais la masturbation ne nous rapproche de l’Autre.ʹʹ
    Là vous parlez de la masturbation en solitaire (oserais-je en ʹʹloucedéʹʹ ?), mais il n’y a pas que ça.

    ʹʹLa masturbation ne rend pas heureux.ʹʹ
    Pas plus que la sexualité à deux, en couple marié ou ailleurs. Le bonheur est un concept bien trop vaste pour être mis en balance seulement avec sexualité.

  • Natalia Trouiller
    Natalia Trouiller répond à Lysan
    Auteur(e) de l'article Journaliste
    • Posté à 11h37 le 23/08/2012
    • Internaute 191624
      Journaliste

    Vous avez tout à fait raison : c’est bel et bien un mariage à trois !
    Et vous dites là (désolée) ce que disent bien des prêtres aux gens qui demandent le mariage catho.
    Si je parle du Christ, ce n’est pas parce que je souhaite vous mettre mal à l’aise. C’est parce que à mon sens, la morale chrétienne de la sexualité ne tient que si l’on croit en Jésus-Christ. Je le répète : sans foi au Christ, s’enfermer dans un discours auquel on ne croit pas, c’est de la névrose pure. Si vous, vous pensez en conscience que votre sexualité telle que vous la pratiquez vous rend pleinement, complètement et dans tous les aspects de votre personne profondément heureux, j’en suis très sincèrement ravie pour vous ! Et je vous le dis sans ironie aucune.

  • armelh
    armelh
    soigneur et jardinier
    • Posté à 11h44 le 23/08/2012
    • Internaute 191643
      soigneur et jardinier

    L’ouverture d’esprit des commentateurs sur Rue89, c’est quelque chose, quand-même.
    Dès que ça ne correspond pas à ses idées, dès qu’on sort du doux ronronnement d’un discours qui irait gentiment dans le sens de la majorité des lecteurs, brossant dans le sens du poil, rassurant et habituel,
    dès qu’on ronmpt avec les convenances,
    voilà qu’ils cherchent tous à tout prix à insulter, blesser, et rejeter violemment,
    en évitant surtout de comprendre (« prendre en compte une opinion différente de la mienne ? ah, beurk et vade retro ! »).

    « C’est faux parce que ça ne me plaît pas » et à part ça je vais reprocher à l’auteur de prendre son ressenti pour une preuve. hihi.
    (« j’ai pas lu mais c’est nul » est assez fort dans son genre, aussi)

    Avec tout ça, on voit qu’on n’a pas encore trop évolué depuis l’époque bénie des colonies : celui qui ne pense pas comme moi et vit différemment est forcément un barbare obscurantiste qu’il faut souhaiter voir se taire ou disparaître, tout juste bon à exister quelque part loin de ma vue.

    C’est finalement très petit-bourgeois, Rue89.

    Ce qu’on se demande, rationnellement et avec un esprit un minimum scientifique, c’est comment on peut arriver à commenter et critiquer un texte si on n’a pas d’abord pris le temps de le lire et de le comprendre.
    Or, visiblement, quasiment personne n’a fait cet effort - reprocher à l’auteur de se corire meilleure que les autres parce qu’elle dit vouloir le meilleur pour elle,
    c’est tout de même un petit peu ne même pas savoir lire le français, quand-même.

    Cela dit, y en a au moins un qui a compris :
    « “ une seule chair devant Dieu ”, “ union intime avec le Christ ”... C’est un ménage à trois c’est ça ? ! ! “
    Et bien, mais, oui ; il serait peut-être temps de comprendre à quel point la morale catholique est subversive - et les lecteurs de Rue89, désespérément conformistes. : -)

  • Natalia Trouiller
    Natalia Trouiller répond à Mamz
    Auteur(e) de l'article Journaliste
    • Posté à 11h50 le 23/08/2012
    • Internaute 191624
      Journaliste

    Vous faites allusion là au péché d’Onan, personnage de la Bible. Mais la « condamnation » de la masturbation ne se place pas pour l’Eglise catholique dans une perspective reproductionniste. Elle se place dans le fait que oui, la branlette peut rendre celui qui s’y adonne satisfait, soulagé l’espace d’un instant, etc. Mais comme l’écrit Philippe dans le billet que je cite à la fin du mien, qui peut dire qu’il est plus heureux en tête à tête avec lui-même qu’avec un autre qu’il aime ? C’est cela que dit l’Eglise, rien de plus.

  • Mon-Al
    Mon-Al
    roturière : -)
    • Posté à 11h53 le 23/08/2012
    • Internaute 24219
      roturière : -)

    Après lecture attentive, je remarque une seule chose : vous ne parlez que de vous, de votre sexualité, de vos croyances ; mais votre mari, qu’en dit-il ? Il vous aime suffisamment pour passer par vos diktats, mais un jour peut-être en aura-t-il assez ? Car c’est lourd ce que vous lui imposez. Vous dites qu’il était agnostique et qu’il se serait bien contenté d’une union (ou pas) normale. Mais qu’il est passé sous vos fourches caudines parce qu’il vous voulait ... Tant mieux pour vous. Pourvu que ça dure !

  • huutaa
    huutaa
    Même pas avec des pincettes.
    • Posté à 11h54 le 23/08/2012
    • 183774
      Même pas avec des pincettes.

    .

  • Lionel06
    Lionel06
    Dessoucheur
    • Posté à 12h09 le 23/08/2012
    • Internaute 30683
      Dessoucheur

    « [Le goût] est ce qui fait que l’on a ce que l’on aime parce qu’on aime ce que l’on a, c’est-à-dire les propriétés qu’on se voit attribuer en fait dans les distributions et assigner en droit dans les classements. »

    (P. Bourdieu, La Distinction, Minuit, Paris, 1979, p.195)

  • Mamz
    Mamz répond à Natalia Trouiller
    Etudiante
    • Posté à 12h35 le 23/08/2012
    • Internaute 50318
      Etudiante

    Donc l’église ne sait pas qu’aujourd’hui la masturbation est incluse dans les relations de couple ? Le faire avec la personne que j’aime est évidemment plus sympa que toute seule, mais c’est plutôt une évidence qu’une vérité sacrée.

    A vrai dire je préfèrerai que l’Église catholique ai vraiment une perspective reproductionniste sur le sujet, parce que celle ci trouve encore des fondements valables dans l’Histoire. Là vous me dites que la masturbation est moralement condamnable parce que l’Eglise, qui est dirigée par des gens qui ne connaissent pas l’amour avec un grand A puisqu’ils se vouent à dieu (deux sortes d’amour bien différents on en convient), cette Eglise vous dis de manière coercitive ce qui est et ce qui n’est pas autorisé avec la personne que vous aimez. La il n’y a aucun fondement valable, juste un ordre a suivre aveuglément, fourni avec un argumentaire défaillant, qu’il faut suivre sans quoi on ne pourra être « heureux ». C’est en effet ce que dit l’Église, et rien de plus.

    Si j’ai beaucoup d’estime pour la valeur des textes sacrés, et notamment la Bible qui est riche d’enseignements si on se donne la peine de ne pas tout prendre au pied de la lettre, j’assimile aujourd’hui l’Église catholique (et les Églises en général) aux marchands du temple. Des escrocs (tout du moins les chefs de file). La Bible est emplie de messages d’amour, de compréhension, de tolérance, qui sont exceptionnels. L’Église ne fait que promouvoir ce qui l’arrange et ce qui lui permet de garder le contrôle, il n’est question ici que de pouvoir et d’argent, le grand cirque du Vatican n’en est que l’exemple le plus flagrant.

  • Corellien
    Corellien répond à Natalia Trouiller
    Mutin
    • Posté à 12h39 le 23/08/2012
    • 185166
      Mutin

    Donc pour vous un couple homo, un couple stérile ou un couple se rencontrant trop tard pour avoir des enfants « ne permet pas la totalité de la rencontre » ?
    Le véritable amour c’est quand le papa peut mettre sa petite graine dans la fleur de la maman ?

  • Féline
    Féline
    fée
    • Posté à 13h17 le 23/08/2012
    • Internaute 111221
      fée

    Merci pour votre texte.

    Cela fait du bien de constater qu’il y a encore des gens qui vivent leur sexualité hors du conformisme imposé par la pression sociale de notre époque.

    Malheureusement, comme vous pouvez le constater en lisant la majorité des commentaires, avouer que l’on refuse le conformisme entraine toujours les mêmes réactions : condamnations éthiques, quolibets, et accusations de prosélytisme.

    Mais bon, avouons que cette vérité se vérifie quelque soit la nature du conformisme d’une époque, que ce conformisme se fonde sur le catholicisme comme dans le passé ou qu’il se fonde sur l’idée d’un monde d’où serait absent toute transcendance comme aujourd’hui.

    Quoi qu’il en soit, et pour revenir à votre texte, pour une catholique comme moi qui cède tant aux péchés, cela fait chaud au cœur de croiser une coreligionnaire qui s’épanouit en leur absence. ; -)

  • pipo64200
    pipo64200
    Etudiante, diantre!
    • Posté à 14h05 le 23/08/2012
    • 176261
      Etudiante, diantre!

    Je comprends tout à fait votre article, vos sentiments etc.

    Mais je ne peux m’empêcher, pardonnez-moi, d’être gênée par les mots que vous employez tout au long de votre article. Pour vous, le meilleur, c’est un couple marié devant Dieu, qui accepte sa fertilité etc. J’aime envisager que le meilleur peut être différent pour chacun. Pour moi, le meilleur, c’est pas d’enfant donc pilule tant que je ne suis pas diplômée et embauchée, et pas de mariage tant que je suis si jeune... Le meilleur actuellement, c’est mon union libre comme on dit, le bonheur de le retrouver le soir, de vivre dans le péché (et je suis croyante).

    Je suis croyante, et je n’ai pas fait peut-être votre cheminement, mais je vis ma foi de façon tout à fait différente, elle se manifeste chez moi moins dans ces pratiques que dans mon coeur - je ne dis pas qu’elle n’est pas dans votre coeur attention.

    Je n’aime pas trop donc avoir l’impression que le croyant qui ne vit pas comme vous, dans une relation à trois -époux, épouse, Christ-, n’est pas un vrai croyant. Chacun sa foi.

    Enfin, pour ce qui est de la contraception, ne pas en utiliser une est un choix comme un autre. Mais parler de s’amputer quand on se protège, j’ai vraiment du mal à lire ces mots. Ce n’est pas parce qu’une femme se protège que son conjoint ne pense pas aux conséquences et se contente de jouir d’elle...surtout que les protections efficaces à 100% ne courent pas les rues. L’amour, un seul mot et tant d’histoires différentes...chacun la sienne, et il faut du respect pour tous. Oui, je respecte vos choix, la force de vos convictions religieuses.

    Alors, je suis persuadée que tout cela n’était pas votre volonté, et que vous avez simplement voulu exposer vos choix, mais la formulation généralisante a parfois été gênante.

    Bien cordialement :)

  • thierry reboud
    • Posté à 15h17 le 23/08/2012
    • Internaute 20923

    La lecture de ce texte me laisse la même impression d’exotisme que lorsque je lis un texte islamiste, ou de n’importe quelle obédience qui entend régir la vie des personnes.

    Si cela vous convient, pas de problème. Je ne vois pas pourquoi j’irais vous chercher des poux dans la tête sous prétexte que je n’entends pas vivre à votre manière. J’ai le même type d’indifférence face à vos choix que face à celui (à condition que c’en soit véritablement un) d’une femme habillée en niqab. Pour autant que vous ne cherchiez pas à imposer vos vues à quiconque, je demeure dans le scrupuleux respect de votre liberté individuelle, quoi que je pense de l’usage que vous faites de votre liberté.

    Ce qui me contrarie, c’est lorsque l’église de Rome condamne certaines pratiques qu’elle refuse pour elle et pour les siens. Si c’est bien pour vous, je veux bien trouver très bien que les catholiques conséquents soient hétérosexuels, ne se masturbent pas, ne forniquent pas en-dehors des liens sacrés du mariage, et tout ce que vous voudrez.

    Mais pouvez-vous me dire quelle est la légitimité de votre église à prétendre interdire le mariage aux homosexuels qui ne sont pas catholiques ? Quelle est la légitimité de votre église à condamner certains projets de lois sur la place publique ? Qu’elle les condamne dans le cercle de ses sectateurs, très bien, parfait... mais quelle est sa légitimité à refuser des évolutions qu’une société de moins en moins catholique (dieu merci ! ) semble par ailleurs avoir massivement acceptées ?

    Là, nous ne sommes plus dans le cadre de votre liberté individuelle. Nous sommes dans le cas où votre église prétend entraver la liberté individuelle d’autrui, et en particulier de ceux et celles qui ne se reconnaissent pas en elle. Ce qui me paraît autrement problématique.

  • Hulk Martel
    Hulk Martel
    Educateur Specialise
    • Posté à 16h14 le 23/08/2012
    • Internaute 191658
      Educateur Specialise

    « Et ce que me propose l’Eglise en matière de régulation des naissances, à savoir l’observation minutieuse de mon cycle, “

    On reconnaît bien là l’hypocrisie de l’Église catholique. La doctrine officielle est que l’acte de chair a pour but la procréation, et que dès lors qu’il n’a pas ce but, il est indigne et un péché. D’où l’interdiction des méthodes de contraception à base de préservatif, de pilules, ou autres interventions médicales.
    En revanche, ‘observer son cycle’, pour pouvoir consommer l’acte de chair sans risquer la procréation, c’est la solution hypocrite qu’a trouvée l’Église pour ne pas se couper totalement de ses fidèles, qui ne peuvent pas assumer quinze enfants ni l’abstinence. Et les fidèles trouvent ça bien pratique, même si les plus éclairés d’entre eux comprennent bien que c’est contraire à la doctrine, ils sont bien contents d’en profiter, et puisque c’est validé par le Vatican, ma foi, c’est comme les bonnes vieilles indulgences : si après leur mort Dieu leur en fait le reproche, ils pensent que le certificat du curé vaudra sauf-conduit.

    Chère madame, tout ce que vous dites est certainement très sincère, mais tout cela bute sur cette incohérence qui met à bas tout l’édifice. L’observation minutieuse de votre cycle devrait vous conduire à ne consommer l’acte que pendant vos périodes de fertilité, si vous vouliez être respectueuse de la doctrine de l’Église.

    Ce qui vous sauve pour le Paradis, c’est que sur ce point, la doctrine de l’Église n’est certainement pas celle du Christ, rien dans les Évangiles n’indique qu’il ait professé une morale sexuelle aussi contraignante et contraire à la nature humaine. C’est une invention de Saint-Paul et de quelques pères de l’Église qui avaient quelques problèmes personnels sur ce sujet.

    Donc allez-y, mais la réalité, c’est qu’en observant minutieusement vos cycles à fins de contraception, vous êtes une hérétique à la doctrine catholique, en cela que vous vous rapprochez du message originel du Christ.

    Mais ne craignez rien, l’Église a appris à être coulante avec les hérétiques.

  • Mouss
    Mouss
    arrive à survivre...
    • Posté à 18h00 le 23/08/2012
    • Internaute 3348
      arrive à survivre...

    Bonjour,
    Personnellement, je ne jugerai pas (j’essaierai !) vos croyances ni la façon dont vous vivez votre foi. Personnellement, quatre phrases m’ont interpellé :

    1 -« Est-ce vraiment être libre que de s’amputer d’une partie de soi-même pour correspondre au désir d’un homme qui veut bien jouir de ou avec vous, mais sans penser aux conséquences ? “
    J’ai envie de vous retourner la question : ‘Est-ce vraiment être libre que de dépendre de son corps pour profiter de sa sexualité quand bon lui semble ?’ Pour moi, la véritable liberté est là, vous ne dépendez en aucun cas d’un homme ! Car, vous pouvez toujours dire ‘non’ à votre mari (ou compagnon, ou ami, ou ce que vous voulez) quand vous le voulez et sans y être contrainte par votre corps.

    2- Et de là dire que ‘ toutes les femmes qui utilisent la contraception voient leur sexualité contrôlée par un toubib.’ est, de mon point de vue complètement faux ! Leur procréation ou leur fertilité est contrôlée par elles-mêmes en premier lieu et aidées d’un médecin ! Il ne s’agit en aucun cas qu’un médecin contrôle leur sexualité ! Elles font encore bien ce qu’elles veulent de leurs corps !

    3 - ‘Je ne vois pas comment on peut dire que l’on fait une seule chair si les enfants qui naissent de cette chair unie ne portent pas le même nom que leurs deux parents.
    Vous pouvez très bien être une seule chair et porter deux noms différents ! Le nom patronymique n’est qu’un artifice de registre civil. De plus, dans les pays hispanophones, les femmes gardent leurs noms de jeune fille ! Même mariée à l’église ! Et vous pouvez être mariée civilement seulement et changer de nom.... Donc réduire la fusion entre deux êtres par le simple fait de porter le même nom est particulièrement réducteur je trouve....

    4 -une relation blessée et névrotique (voire pathologique : il existe un lien – non-causal – entre masturbation et psychiatrie dont il faut parler : la masturbation, quand elle se systématise, induit/illustre des troubles psychiques et affectifs réels – je pense à certaines personnes handicapées, à des graves accidentés, ainsi qu’à certains criminels passés à la postérité, qui se masturbent souvent – ; cette réalité est cachée, car celui qui s’adonne à cette pratique est à la fois sa propre victime et son propre agresseur : l’attouchement de ses parties génitales vient d’une seule personne – lui-même – et procure du plaisir mais de manière forcée ; c’est en quelque sorte de l’auto-viol.’ Ramener la masturbation à un auto-viol et à un diagnostic de névrose et de psychopathe, je trouve cela très réducteur. Ce n’est pas parce que des grands criminels (sic ! quelles sont les sources ?) se masturbent qu’il faut en tirer une généralité... Personnellement, je me sens tout à fait sain d’esprit.... jijijijij. Et le viol est une relation forcée (dit dans un autre commentaire), il ne me semble pas qu’une personne se force à se masturber....

    Pour conclure, c’est votre vision des choses qui me gêne (et que je retrouve dans la doctrine de l’Eglise), c’est que la femme est dissoute dans sa relation à l’homme qu’elle épouse. Vous dîtes que vous existez en tant que amante, femme et mère de ses enfants. J’ai envie de dire qu’au travers de la description de votre relation à la sexualité, que vous ne vivez qu’à travers votre mari .
    J’espère sincèrement que vous trouvez votre bonheur au travers de ce type de relation, mais personnellement, il est hors de question de l’appliquer à mon cas. Je suis marié, heureux de cela, nous vivons notre sexualité comme bon nous semble, avec la pilule.

  • LittleLouise
    LittleLouise
    SNAFU
    • Posté à 20h38 le 23/08/2012
    • Internaute 140631
      SNAFU

    J’ai lu votre texte avec grand intérêt, et je dois avouer que je suis assez impressionnée par votre foi. J’ai reçu une éducation catholique pendant le primaire (baptisée à 10 ans à ma demande) avec une merveilleuse animatrice qui est devenue par la suite une excellente amie de ma mère et une « presque tatie » qui n’a jamais pris ombrage de mon désintéressement total de la chose religieuse. Mais depuis, les gens sûrs de l’existence de ce dieu qui, j’en suis persuadée, les épaule grandement ont une certaine admiration de ma part.
    Il y a un point sur lequel nos opinions divergent et sur lequel je m’estime en légitimité de réagir, car contrairement aux autres, vous y parlez de moi (et de beaucoup d’autres, mais de moi aussi). C’est le sujet de la contraception.
    Je n’envisage pas ma vie amoureuse et sexuelle sans une contraception, et pourtant, je ne me sens pas aliénée le moins du monde, ni à mon médecin, ni à mon anneau, ni à qui ou quoi que ce soit. Bien au contraire. Je fais peut-être partie des chanceuses qui ont un médecin à la Martin Winckler (d’ailleurs, si vous cherchez une lecture, je vous conseille Le choeur des femmes), mais en aucun cas je ne me sens tenue en esclavage.
    Quand j’ai demandé, pour la première fois, une contraception à mon médecin, voilà ce qu’il m’a répondu : « d’accord, il y a plein de moyens différents, on va voir celui que tu préfères » et il m’a fait une ordonnance pour un an. Je ne suis pas amputée de moi-même, loin de là, puisqu’il suffirait que je retire mon anneau et que j’attende quelque jours pour pouvoir tomber enceinte.
    De même, je prends pas de contraception pour correspondre aux désirs d’un homme. Je prends une contraception pour ne pas tomber enceinte, pour ne pas avoir d’enfant à un moment où, encore étudiante, engagée dans divers sports en compétition et pas vraiment sûre d’où est-ce que je serai dans 6 mois, cet enfant, bien que parfaitement adorable et réussi foutrait ma vie en l’air. Un enfant n’est pas une maladie, loin de là. Désiré et attendu (ou parfois même arrivé par surprise), il est une merveilleuse source de bonheur, je le constate à longueur de temps.
    Je dispose librement de mon corps et mon médecin m’y aide. Ma sexualité est d’autant plus satisfaisante que ma contraception est sûre et efficace, et je peux sauter sur mon cher et tendre à n’importe quel moment (ou presque, parce qu’on est à 800 bornes l’un de l’autre) sans me poser de question. Mère ou amante ? Amante, sans hésiter. Oui, je jouis sans penser aux conséquences, parce qu’on me donne les moyens de jouir sans qu’il n’y ait de conséquences, et ça ne me rend pas moins heureuse, au contraire ;)

  • Z
    Z
    • Posté à 09h36 le 24/08/2012
    • Internaute 2534

    Ce qu’il y a d’agréable dans votre témoignage, c’est qu’au moins vous êtes cohérente. Vous avez décidé que l’Eglise catholique détenait la vérité au sujet de la religion et de Dieu, et donc vous vous conformez à ses dogmes.
    Pas comme tous ces gens qui se disent croyants mais non pratiquants, ou croyants mais juste quand ça les arrange et pas quand le Vatican dit des choses qui leur déplaisent. Dans ce cas, en quoi croient-ils, et pourquoi s’identifient-ils comme catholiques plutôt qu’autre chose ?

    Passé ce constat, puisque je ne pars absolument pas du même postulat que vous, et puisqu’en fait je suis athée (ou au mieux agnostique), je suis en total désaccord avec la plupart de vos propos.

    Quand vous écrivez « Aujourd’hui, toutes les femmes qui utilisent la contraception voient leur sexualité contrôlée par un toubib », ça me laisse pantois. Ces femmes voient leur fertilité contrôlée par un toubib, pas leur sexualité. Libre à vous de réduire votre sexualité à votre fertilité, mais n’est-ce pas cela qui est précisément « bestial » (plutôt que par exemple la masturbation) ? Ce qui nous différencie des bêtes, n’est-ce pas justement, entre autres, la possibilité de rechercher le plaisir pour le plaisir, notamment à travers la sexualité ? Ce sont les bêtes qui ont des relations sexuelles uniquement dans le but de se reproduire (mis à part quelques rares exceptions). Bien sûr, le concept de fertilité, le « fantasme de l’ensemencement », trouvent parfois naturellement leur place dans la sexualité (y compris chez les homosexuels), mais ce n’est pas la seule dimension possible.

  • The_black_swan
    The_black_swan
    Mauvais cygne
    • Posté à 10h51 le 24/08/2012
    • Internaute 162765
      Mauvais cygne

    J’avoue ne pas avoir lu tout le texte. J’ai beaucoup de mal avec les pro-catho ou pro-religion tout court d’ailleurs.
    J’ai déjà essayé de les comprendre car j’aime réussir à comprendre les gens qui ne me ressemblent pas, à me mettre à leur place. Mais avec les croyants j’ai un peu laissé tomber. On est trop différent car j’aime trop le fait de ne pas croire en un dieu. Je me sens libérée et épanouie pour ça.

    Donc je me permets de commenter juste un passage de ce texte qui est censé me décrire (ou décrire celles qui ont un moyen de contraception) et que je réfute complètement :
    « Aujourd’hui, toutes les femmes qui utilisent la contraception voient leur sexualité contrôlée par un toubib. »
    Ma sexualité n’est contrôlée par aucun toubib. Ma fertilité/fécondité l’est, en effet. C’est complètement différent. Si ma sexualité était contrôlée par un toubib j’aurais eu droit à des discours du style « Ah vous ne voulez pas d’enfant ? Bon et bien il y a la contraception oui, mais sinon je vous conseille de pratiquer la fellation ou la sodomie, c’est efficace à 100% et ça varie les plaisirs ! ». Là oui, le toubib s’occuperait de ma sexualité et je n’adhérerais pas.
    De plus, ma fertilité est contrôlée par moi même puisque c’est mon choix. Personne ne m’a rien imposé. D’ailleurs j’en ai eu marre de prendre la pillule, j’ai peur que ça ait des effets négatifs sur mon corps, alors j’ai choisi la capote avec mon mari. C’est donc bien un choix et j’ai même pas besoin de toubib.

    « De leurs premières règles jusqu’à la ménopause, les voici contraintes de raconter leur intimité à des docteurs »
    De raconter mon intimité ? ? Je n’ai jamais dit à un docteur combien de mecs je m’envoyais ni les pratiques sexuelles qui étaient les miennes. La seule fois où j’ai du rentrer dans ce genre de détail, c’était pour un test du VIH et autres MST. Le docteur avait besoin de se rendre compte des risques que j’avais pris.
    Mais aux différents gynécos que j’ai vu dans ma vie, je n’ai jamais rien dit de mes pratiques ou de mes partenaires.
    Je ne consulte pas de psy, mais je pense que ceux-ci entrent bien plus dans l’intimité des gens que les gynécos, au passage. Et je ne parle pas forcément de sexualité.

    C’est pour ça que je n’ai pas été plus loin dans ma lecture de ce texte. Vous racontez VOTRE point de vu -que j’ai beaucoup de mal à comprendre il est vrai- mais je vois que vous ne comprenez rien du tout non plus à NOTRE point de vu. De ce fait, la discussion ou le débat n’est pas vraiment possible. C’est comme essayer de parler avec quelqu’un dont on ne paratge pas le même langage. On va faire quelques gesticulation et puis ça ne mènera à rien.

  • Autist Reading.
    Autist Reading. répond à Panoramix777
    Rue89 = Opus Dei
    • Posté à 11h35 le 24/08/2012
    • Internaute 191687
      Rue89 = Opus Dei

    Vous avez une vision totalement erronées de ce que nous sommes, ce qui fait que vos principes sont erronées, et fatalement votre action néfaste.

    La fécondité est une possibilité, pas une obligation.

    Et encore, bien vous disiez que la nature nous veut fécond, ses petits bras musclés ne suffisent pas toujours à accomplir sa volonté.
    Plein de gens sont stériles.
    (D’ailleurs, les condamnez-vous à l’abstinence ?)

    Bref, c’est bien tenté de remplacer dieu par la nature, seulement la nature n’a pas de volonté.

    Sinon, quand on voit comment l’anus ou la bouche s’adaptent merveilleusement au pénis, on pourrait en conclure que la nature a décidé en réunion plénière que nous ferions des fellations et qu’on jouerait à la sodomie.

    Et mes amitiés à l’abbé Grosjean.

  • cpaclass
    cpaclass
    humaniste modéré
    • Posté à 12h09 le 24/08/2012
    • Internaute 191599
      humaniste modéré

    TIens, un témoignage honnète de ce qu’est la sexualité chrétienne sans les préjugés et les raccourcis habituels, sur Rue 89 ! les bras m’en tombent.
    Félicitations à l’auteur d’avoir su expliquer de grandes et belles choses avec des mots simples.
    Par contre, après faut se taper les commentaires, pétris de bétise confite, de haines cuites et recuites, d’ignorance autosatisfaite, c’est pas de la tarte (sans mauvais jeux de mots)
    J’avais jamais très bien compris ce que signifiait la phrase de l’évangile « ne jetez pas des perles aux pourceaux » (Math. Ch7v6). J’ai lu les commentaires et là c’est bon, maintenant j’ai tout compris...
    Bon courage à toi Natalia, que la grâce de Dieu t’accompagne tout au long de ta vie...

  • A déménagé le 16.01.2013
    • Posté à 16h03 le 24/08/2012
    • Internaute 191715

    D’après le lien indiqué, l’auteur n’écrit pas dans TradiNews, mais dans La Vie, un hebdo proche du christianisme social et qui appartient désormais au groupe Le Monde.

    TradiNews ne fait que CITER son article publié dans La Vie. C’est donc particulièrement malhonnête de suggérer sur cette base que l’auteur est une journaliste tradi.

    Comme souvent, la malveillance s’allie avec la bêtise pour indiquer un lien qui fait pschitt

  • Mokuren
    • Posté à 16h39 le 24/08/2012
    • Journaliste 160407

    @ l’auteure : Tout d’abord, même si je vais vous contredire, je tiens à dire que je trouve cet article courageux car ce que vous défendez n’est vraiment pas dans l’air du temps. Et vous le défendez sans haine envers ceux qui ne partagent pas vos convictions.

    Cela dit, votre acharnement sur la masturbation m’interpelle et je vais répondre exclusivement sur ce point.
    Donc je vais être cash : savez-vous vraiment ce qu’est la masturbation ? L’avez-vous vraiment pratiquée ? Je veux dire pas du bout des doigts, pas une ou deux fois quand vous étiez gamine, pas seulement pendant 1mns30... L’avez-vous vraiment travaillée, expérimentée ? Etes-vous sûre d’en avoir exploré toutes les ressources ?
    Savez-vous à quel point cette pratique, si elle est vraiment poussée et réalisée sans tabou, est utile pour se connaître soi-même, pour développer son imaginaire sexuel, et ainsi être capable de tirer le meilleur d’une relation à deux ?
    Je vais m’aventurer sur un terrain miné (car je ne peux pas me mettre à la place d’un homme) mais j’affirmerais même qu’en termes de connaissance de soi, elle est encore plus utile, voire vitale, pour les femmes que pour les hommes. Et ce pour plusieurs raisons :
    - Nous sommes moins bien informées sur notre propre corps, et notamment notre anatomie génitale, que les hommes.
    - Nous tendons à culpabiliser davantage de notre sexualité dès lors qu’elle s’inscrit dans la recherche du plaisir uniquement. La masturbation permet de se déculpabiliser dans la recherche du plaisir.

    Si la masturbation masculine a été à peu près acceptée, est souvent présentée comme sujette aux blagues bienveillantes, la masturbation féminine, elle, a toujours mauvaise presse. En effet, dans l’inconscient collectif, le plaisir féminin est considéré comme le « côté obscur » de la sexualité. Il n’est tolérable que lorsqu’il est soumis au bon vouloir d’un homme. Et la religion est loin d’être innocente là-dedans !

    Si j’avais un conseil, ce serait de vous y remettre. Je ne dis pas cela pour être condescendante ni pour me moquer. Je dis ça sérieusement. Explorez davantage la question, vous serez surprise. Et votre mari vous en sera reconnaissant.
    Et vous n’allez pas devenir folle !
    En effet, je me permets tout de même de me moquer d’un paragraphe : le laïus sur le côté pathologique de la masturbation, comme quoi ça rendrait fou ou ce serait le symptôme de graves troubles psychiques. Là j’ai vraiment ri un bon coup. Je ne croyais pas lire des choses comme ça à notre époque. Vous n’avez pas l’impression que ce discours est en retard de plusieurs siècles, non seulement sur le plan idéologique mais médical et scientifique ? Franchement, je respecte vos convictions religieuses, mais sur ce point, redescendez sur Terre.

  • marmana
    marmana
    Etudiante au chomage partiel
    • Posté à 18h53 le 24/08/2012
    • 182652
      Etudiante au chomage partiel

    Je comprends bien votre démarche et votre désir d’une sexualité plus spirituelle et mystique !
    Cependant quelques questions me taraudent l’esprit :

    Au yeux de l’église et de vous même (excusez moi peut-être de la simplicité voir le simplisme de la question ; je ne suis pas catholique) n’est-il pas préférable de favoriser la qualité que la quantité ? C’est à dire que le fait de prendre le risque d’avoir plusieurs enfants (alors que l’on y est peut-être pas psychologiquement et physiquement préparé) ne vous prédisposerait pas à être une mère éventuellement peu présente pour une relation exclusive entre l’enfant et sa mère, à éventuellement avoir du mal à gérer (avec votre époux) votre quotidien, d’avoir éventuellement en core plus de mal à gérer la transition mère/épouse/femme qu’une famille « normale »
    De ce fait, l’église ne devrait -elle pas considérer que le fait de vouloir prendre une contraception pour ainsi privilégier une éducation sereine et complète (et pourquoi pas religieuse) pour ses enfants ? Parce que je ne pense pas que celà puisse être contradictoire.

    LA sexualité c’est ce qui différencie l’homme de l’animal dans le sens ou elle n’est pas exclusivement reproductrice. De ce fait la contraception existe depuis la nuit des temps et le coït interrompu n’est pas non-plus une exception. Ainsit je pense que Dieu nous a offert cette capacité d’éprouver du plaisir et qu’il serait dommage de s’en priver pour laisser place à une inquiétude répétitive que peut être l’attente d’un cycle voir d’une grossesse non-désirer et qui compromettrait l’amour entre vous et cet enfant

  • Saba
    • Posté à 23h39 le 24/08/2012
    • Internaute 9356

    la phrase qui me choque le plus dans ce texte :
     » SI l’Eglise dit que la sexualité hors mariage est « contre-nature » c’est qu’elle croit que la nature de l’homme , de tout homme , catholique ou non est d’accéder au divin »
    La nature de tout homme dites vous est d’accéder au divin , mais quel divin ? Le divin version musulmane ? version animiste ? je ne suis pas sûre que votre catholicisme qui semble exclure tout doute , accepterait d’autres religions comme des visions aussi justes du divin. et j’y vois en filigrane les certitudes qui ont toujours mené les religions vers l’excommunication quand ce n’était pas la suppression pure et simple de tous ceux qui ne percevaient pas le divin comme eux.
    J’ai été élevée par une famille catholique, dans des écoles catholiques et j’ai pu juger de la grande hypocrisie de ce monde (exemple : la propriétaire de la plus grande partie du village , à la messe tous les jours et qui portait plainte contre une famille pauvre qui ramassait du bois mort dans sa forêt ...) On m’a rabaché que seul le catholicisme était la vraie religion, lorsque je me suis rendu compte que toutes les religions avaient cette prétention d’être la seule « vraie », j’ai très vite basculé dans l’agnostisme.... Et je m’en porte trés bien...

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