Pour/Contre 28/07/2012 à 11h12

Pour ou contre l’abolition de la prostitution ?

Renée Greusard | Journaliste Rue89

Depuis que Najat Vallaud-Belkacem s’est prononcée en faveur de l’abolition de la prostitution, elle a rouvert un vieux débat clivant. De ceux qui peuvent faire se fâcher deux féministes.

Tout est parti d’une phrase de la ministre du Droit des femmes, lâchée le 24 juin dernier dans Le Journal du dimanche :

« Je souhaite que la prostitution disparaisse. »

Et de quelques autres propos polémiques :

« La question n’est pas de savoir si nous voulons abolir la prostitution – la réponse est oui – mais de nous donner les moyens de le faire. »

Depuis, la garde des Sceaux Christiane Taubira s’est démarquée, et la question ne serait pas priotaire pour le gouvernement.

En attendant son éventuelle soumission aux parlementaires, nous avons demandé à une abolitionniste et une non-abolitionniste d’exprimer leurs idées sur le sujet.

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Pour

Sandrine Goldschmidt est journaliste, féministe, militante au Mouvement du nid.

  • Abolir la prostitution, c’est un projet de société progressiste

« Vouloir l’abolition du système prostitueur c’est très simple : c’est demander que la société dans laquelle nous vivons affirme haut et fort qu’il n’y a aucun être humain qui puisse être exclu du droit fondamental de pouvoir dire “non” à un acte sexuel non-désiré. »

  • C’est prendre en compte des personnes abandonnées par la société depuis des millénaires

« Vouloir l’abolition du système prostitueur, c’est prendre enfin en compte l’existence de personnes en situation de prostitution, abandonnées par la société depuis des millénaires. »

  • C’est mettre fin à un système marchand violent
« Aujourd’hui, le système prostitueur permet à des hommes maîtres de réseaux de trafics de disposer d’êtres humains, de femmes et d’enfants principalement, d’exercer de la violence sur ces personnes, et de les utiliser comme si elles étaient des marchandises sources de profits sans fin (troisième commerce mondial).
Il permet à des proxénètes qui exploitent et violentent des être humains de s’enrichir.
Enfin, il offre la liberté à des hommes de payer pour acheter le consentement de femmes. Pour dire les choses clairement, il offre à des hommes la possibilité de payer pour acheter l’impunité d’un viol. »
  • Etre abolitioniste, c’est être opposé aux lois du patriarcat et du marché
« Vouloir abolir ce système entre sans doute en contradiction avec les lois du patriarcat et du marché. Et la prostitution ne disparaîtra pas d’un coup de baguette magique. Ce n’est pas parce que l’on pénalisera le client d’une amende qu’il n’y aura plus de clients (comme criminaliser le viol ne l’a pas fait disparaître, mais est-ce une raison pour ne pas le criminaliser ?).
Mais l’achat d’un acte sexuel reconnu comme un délit, le client ne pourra plus prétendre ne pas savoir qu’il paie pour le consentement d’une femme, donc qu’il le viole.
Il y a un moment où la société, si elle veut que chacun-e de ses citoyen-ne-s ait les mêmes droits, la même liberté, le même accès à la justice, doit dire ce qui est juste, et protéger tous ses membres de la violence. »
  • La prostitution libre est le fait d’une minorité
« On ne peut envisager de donner la liberté à quelques individu-e-s qui ne représentent nul autre qu’eux mêmes et d’en priver par là-même l’immense majorité de celles et ceux qui sont pris-e-s dans ce système prostitueur, souvent suite à des violences subies depuis l’enfance.
Pour réussir, il faut qu’une loi d’abolition du système prostitueur ne fasse pas dans la demi-mesure : responsabiliser les clients, abolir le délit de racolage, mais encore mettre le paquet sur l’éducation – dès le plus jeune âge – à la véritable liberté sexuelle, dans le respect de la dignité de l’autre.
Il faut enfin mettre des moyens considérables dans une politique d’accompagnement des personnes prostituées qui doivent se voir proposer des alternatives de vie dignes et durables, affirmant leur droit de ne pas subir de violences par nécessité économique. »
2

Contre

Morgane Merteuil, secrétaire générale du Syndicat du travail sexuel (Strass) se présente comme une « pute féministe et militante pute » sur son compte Twitter.

  • L’abolition, c’est un discours moralisateur

« “L’abolition de la prostitution est une étape vers l’égalité femmes-hommes ”, nous serine-t-on depuis un moment, et notamment depuis qu’ont convergé vers un même paternalisme catholiques réactionnaires et féministes autoritaires.

Abolition de la prostitution !” nous rabâche-t-on sans cesse avec l’air d’auto-satisfaction propre à celles et ceux persuadés d’être du côté du bien, de par l’écho qu’entretient ce refrain avec l’abolition de l’esclavage, ou de la peine de mort.

Sauf que, dans ces deux cas, il s’agissait de supprimer des lois qui autorisaient non une pratique consentie par des partenaire majeurEs, mais la privation des droits les plus fondamentaux de la personne, esclave ou condamnée à mort. »

  • Non, 90% des prostituées ne sont pas des esclaves

« Il existe en effet des situations d’esclavagisme dans le secteur de la prostitution, mais ces situations, le droit commun permet déjà de les condamner.

De plus, l’esclavagisme est loin de concerner 90% des prostituéEs comme nous le répètent sans jamais aucune preuve les abolitionnistes.

Amalgamer ainsi les deux est le signe d’une profonde méconnaissance du sujet : les termes “ prostituéEs ”, ou “ travailleurSEs du sexe ”, n’impliquent pas en eux-mêmes la violation de nos droits fondamentaux. »

  • Ce qu’il faut abolir, ce sont les lois liberticides

« Quand nos droits fondamentaux sont bafoués, c’est justement à cause des lois qui, parce qu’elles répondent à la volonté de faire disparaître notre activité professionnelle, les entravent.

Ce n’est pas le fait d’échanger des services sexuels contre de l’argent qui nous prive de notre liberté, mais bien toutes les lois issues de l’idéologie abolitionniste. Elles nous interdisent de proposer explicitement nos services, de partager un lieu de travail, etc. »

  • Les abolitionnistes ont un discours de division des femmes

« De la même manière, ce n’est pas la prostitution qui nuit à l’égalité femmes-hommes. Ce qui a toujours fait la force du patriarcat et, au-delà, de tout pouvoir, c’est la division – division entre les femmes et les hommes, et division des femmes entre elles.

Ce n’est qu’en s’unissant que les femmes pourront mettre à mal ce système qui les réduit à ce que les hommes veulent qu’elles soient.

Or, l’idéologie abolitionniste repose justement sur cette division des femmes : en refusant de nous considérer comme des travailleurSEs méritant l’égal respect de leurs droits, ces discours entretiennent l’idée que certaines femmes ne seraient pas “ comme les autres ” et, du fait de leur activité, ne sauraient être considérées comme dignes et responsables.

Refuser cette égalité de droits, c’est donc entretenir la division mère/putain, au lieu de se battre pour que soit garanti le respect de toute femme, qu’elle soit mère, putain, les deux ou ni l’une ni l’autre.

Par l’entretien de cette division entre les femmes, les abolitionnistes semblent donc moins se soucier de mettre à mal le patriarcat que de se donner les moyens de régner sur les femmes. »

Aller plus loin
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  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable absolument
    • Posté à 11h31 le 28/07/2012
    • Internaute 53186
      inconsolable absolument


    Petit salaud, extrait de Vers le sud

    Il semble que cet article ne concerne que la prostitution féminine et la clientèle masculine.

    Peut-être que la question a besoin, de perspectives plus larges, pour être abordée dans sa réalité.

    • licia
      licia répond à Anastaze
      de-ci de-là
      • Posté à 23h08 le 28/07/2012
      • Internaute 118601
        de-ci de-là

      Parceque c’est la prostitution féminine qui est la plus visible.Je crois qu’en ce qui concerne la prostitution masculine, le libre choix est plus aisé.
      Ca n’est pas louer son corps qui est répréhensible, mais que quelqu’un vous oblige à le faire.
      Et cela, n’est pas tolérable.
      Et autrement, qu’elle est votre perception de cette réalité ?

      • Rouxel
        Rouxel répond à licia
        Chercheur
        • Posté à 02h03 le 29/07/2012
        • Expert 164957
          Chercheur

        Vous avez parfaitement raison. Mais combien d’hommes n’épousent-ils pas une femme pour sa richesse, leur fait des enfants, et comble de l’horreur, vont même dire qu’ils l’aime ? N’est-ce pas aussi de la prostitution aggravée ? Et lorsque la femme est consciente de la duperie, s’en accomode plutôt que de crier au viol, et même continue de réclamer du sexe de la part de son mari prostitué (et donc malade et/ou victime) ne devient-elle pas une horrible « prostitutrice » ? Et multi-récidiviste, par-dessus le marché.

        Voilà qui rééquilibre le différentiel de visibilité que vous évoquez. En effet, il me semble que les femmes sont beaucoup plus habiles que les hommes lorsqu’elles se marient par vénalité (où sont-ce les hommes qui sont plus naïfs...), et que la vraie nature du contrat est ainsi moins visible dans ce cas pourtant très commun.

      • Anastaze
        Anastaze répond à licia
        inconsolable absolument
        • Posté à 12h46 le 29/07/2012
        • Internaute 53186
          inconsolable absolument

        C’est pour ça que j’ai mis un extrait de « Vers le sud ». La prostitution ou l’émigration, la question du « libre choix » est singulièrement restreinte.

        La prostitution est étroitement liée au contexte économique. Pour celui ou celle qui s’y livre volontairement, toute règlementation est une atteinte à sa liberté, pour l’immense majorité des autres c’est une atteinte à leur vie... y compris pour ceux et celles qui dépendent du marché des tour-operators... ou des étudiants.

        Voilà ma perception de la réalité.

        Quant au proxénétisme il est déjà interdit depuis longtemps, vous retardez d’une bataille.

         
        • licia
          licia répond à Anastaze
          de-ci de-là
          • Posté à 22h12 le 29/07/2012
          • Internaute 118601
            de-ci de-là

          Quant au proxénétisme il est déjà interdit depuis longtemps, vous retardez d’une bataille.

          Pourquoi cette remarque acerbe ?
          Croyez vous que parceque c’est hors la loi, que cela n’existe pas ?
          Il est au contraire bien présent vous le savez, et c’est justement en asseyant de l’éradiquer qu’il faudrait commencer.
          La prostitution n’est liée a aucun contexte économique, elle existe depuis toujours, elle existe de par la libido exacerbé et la nature propre des hommes.

          • Anastaze
            Anastaze répond à licia
            inconsolable absolument
            • Posté à 22h50 le 29/07/2012
            • Internaute 53186
              inconsolable absolument

            Ma remarque est acerbe parce qu’on ne peut pas éternellement refaire le même combat. La législation sur le proxénétisme est une chose établie, DSK ou Dédé la Saumure, attestent qu’elle est appliquée.

            La question qui est posée est celle de l’interdiction de la prostitution.

            Votre remarque concernant « la libido exacerbé et la nature propre des hommes » indique que vous n’avez pas très bien compris le principe de la prostitution et que vous la confondez avec le viol ou le crime sexuel.

            L’idée est simple, il s’agit d’acheter, le temps d’une personne (un homme ou une femme) pour avoir un rapport sexuel, mais pas obligatoirement, toutes les formes de relations entre humains sont possibles. Ça peut aller du coït à la simple conversation... ou prendre le thé avec une geisha. Dans ce contrat passé entre deux individus, il y a un client ou une cliente et le ou la prostituée. C’est bien une transaction commerciale qui obéit aux lois des marchés, donc qui dépend du contexte économique.

            • licia
              licia répond à Anastaze
              de-ci de-là
              • Posté à 23h01 le 29/07/2012
              • Internaute 118601
                de-ci de-là

              Je suis encore sur internet, donc je vais vous répondre Anastaze
              Je n’ai rien contre la prostitution si elle est librement consentie par la fille ou le garçon.
              Chacune et chacun ont parfaitement le droit de louer leur corps contre rémunération.
              Mais si la libido des hommes n’était pas ce quelle est, il n’y en aurait pas.
              Je sais très bien qu’a un certain niveau de relation, il n’est parfois même pas question de baiser, la présence et la conversation suffit au plaisir du loueur.
              Pour moi dans votre précédent message, le contexte économique actuel difficile faisait référence à une solution de survivre en offrant son corps contre rétribution.
              Il y a plusieurs niveaux dans la prostitution, le pire est évidemment le trottoir. Mais au niveau le plus haut les filles qui le font, assument tres bien. Gagner beaucoup d’argent facilement est le moteur, mais il faut être belle, intelligente et savoir être justement au niveau, ouvrir les cuisses ne suffit pas.
              Mais vous avez raison, cela n’est qu’une transaction commerciale.
              Seriez vous connaisseur ?
               ; -))

              • Anastaze
                Anastaze répond à licia
                inconsolable absolument
                • Posté à 23h17 le 29/07/2012
                • Internaute 53186
                  inconsolable absolument

                Je suis un connaisseur « a contrario ».

                En réalité le principe de la prostitution me fait horreur. J’ai longtemps cherché pourquoi. Je crois que j’ai trouvé... j’adore la solitude.

                • licia
                  licia répond à Anastaze
                  de-ci de-là
                  • Posté à 10h40 le 30/07/2012
                  • Internaute 118601
                    de-ci de-là

                  Le coït en solitaire donc ?
                   : -)))
                  Je vous taquine.
                  bonne journée

                  • Anastaze
                    Anastaze répond à licia
                    inconsolable absolument
                    • Posté à 12h15 le 30/07/2012
                    • Internaute 53186
                      inconsolable absolument

                    Pour ça aussi, j’aime être seul dans la foule.

          • In me we trust
            In me we trust répond à licia
            A 5 voix contre 2 nous ne (...)
            • Posté à 02h32 le 30/07/2012
            • Internaute 187608
              A 5 voix contre 2 nous ne (...)

            « elle existe depuis toujours, elle existe de par la libido exacerbé et la nature propre des hommes. »

            Alors là, bravo !

            La même remarque sur les femmes : on hurlerait à la misogynie.

            Par contre, on peut « taper » sur les hommes, personne ne va s’en offusquer.

            Cela démontre une fois de plus la misandrie rampante chez les féministes !

            La misogynie est socialement inacceptable ; la misandrie elle, est socialement acceptable de toute évidence...

            Vous venez nous bassiner avec l’égalité homme/femme ? Commencez-donc à l’appliquez à vous-même !

            • margot
              margot répond à In me we trust
              Ne peut plus poster, ne voit (...)
              • Posté à 10h44 le 30/07/2012
              • Internaute 10060
                Ne peut plus poster, ne voit (...)

              ého, ce sont les hommes eux-mêmes qui serinent à qui mieux mieux qu’ils ont « des besoins irrépressibles » pour lesquels *il faut* leur fournir de la chair fraîche, hein !

              • In me we trust
                In me we trust répond à margot
                A 5 voix contre 2 nous ne (...)
                • Posté à 10h59 le 30/07/2012
                • Internaute 187608
                  A 5 voix contre 2 nous ne (...)

                Mais bien sûr, ce sont TOUS les hommes qui disent cela...

                Ce que je dénonçait ci-dessus - mais cela semble vous échapper - c’est la généralisation faite par Licia.

                La même chose sur les femmes, vous seriez la 1ère à hurler au scandale. Là c’est sur les hommes donc je ne suis pas étonné que vous souteniez les propos de Licia.

                Ce qui tend bien à démontrer que les féministes font 2 poids 2 mesures selon que la généralisation touche les femmes ou bien les hommes.

                Et après ça vient demander l’égalité...

                • margot
                  margot répond à In me we trust
                  Ne peut plus poster, ne voit (...)
                  • Posté à 11h20 le 30/07/2012
                  • Internaute 10060
                    Ne peut plus poster, ne voit (...)

                  Je crois avoir suffisemment et à de nombreuses reprises montré ici que je ne mettais pas tous les hommes dans le même sac pour ne pas avoir encore à me justifier !
                  Je dis que dans les argumentaires pour la défense de la prostitution, cet argument est régulièrement brandi comme justification ultime, alors qu’il est tout bonnement faux (on n’a jamais vu de couille exploser pour cause de retenue, à ma connaissance, et les clients des prostitué-e-s ne sont pas tous manchots).
                  C’est vraiment n’importe quoi, votre réponse.

        10 autres commentaires
      • emiboot
        emiboot répond à licia
        Mammifère
        • Posté à 21h10 le 29/07/2012
        • Internaute 81944
          Mammifère

        Et celles des enfants ?

         
        • licia
          licia répond à emiboot
          de-ci de-là
          • Posté à 22h15 le 29/07/2012
          • Internaute 118601
            de-ci de-là

          A priori elle n’existe pas en France.
          pas loin, il est vrai.
          L’article de Renée Greusard n’évoquait que celle d’adultes

          • emiboot
            emiboot répond à licia
            Mammifère
            • Posté à 23h05 le 29/07/2012
            • Internaute 81944
              Mammifère

            « A priori elle n’existe pas en France. »
            Ben tient.

        2 autres commentaires
  • jino83
    • Posté à 11h38 le 28/07/2012
    • 159282

    Choisir un pour un contre juste comme ça , c’est un peu inutile .
    Faudrait peu être un jour ce penché sur le problème qui pousse des gens a vendre leur corps , le manque d’argent .
    Pouvoir vivre dignement même sans travail ça pousserait peut être moins de femmes sur le trottoir , non ?
    Et dignement c’est pas vivre dans la misère ou quelque chose de très très proche .

    Après si malgré un niveau de vie correct assuré une personne veut vendre son corps pour ce payer des fringues de luxe , je trouve pas ça très correct moralement mais j’en ais rien a foutre c’est pas mon cul .

    Par contre la personne qui ce prononce contre l’abolition et carrément de mauvaise foi là , « Non, 90% des prostituées ne sont pas des esclaves “
    Ah oui non c’est pas 90% mais plus dans les 95% ou plus encore , c’est plutôt ça .

  • Le Yéti
    Le Yéti
    voyageur à domicile
    • Posté à 11h58 le 28/07/2012
    • Internaute 6095
      voyageur à domicile

    Abolir la prostitution ! ! ! Le gris moralisme judéo-chrétien est de retour. Qu’il essaie de se teinter de rose socialiste ne le rend pas plus acceptable.
    On n’abolit pas la prostitution. Tout au plus, on la déplace. Des maisons closes vers les rues, des rues vers les bois ou les caravanes sordides. Bref, des irresponsables comme cette malheureuse Vallaud-Belkacem contribuent à la précariser au nom du respect des femmes ! Quelle bêtise crasse, quelle hypocrisie !
    Il n’y a qu’un moyen de contenir et réguler la prostitution : accorder le droit du travail à ceux qui exercent ce métier comme un autre (oui, oui, comme un autre).

    • momo la salade
      momo la salade répond à Le Yéti
      foutus
      • Posté à 12h29 le 28/07/2012
      • Internaute 110276
        foutus

      c vrai que vous valez votre pesant de cacahuètes

      • Atila59
        Atila59 répond à momo la salade
        Néophyte
        • Posté à 14h42 le 28/07/2012
        • Internaute 167942
          Néophyte

        Dire « Naze » c’est facile, dire en quoi ses propos sont naze demandent plus de raisonnement
        Personnellement je plussois ces propos la preuve étant toutes ses femmes prostitués qui contestaient ce « droit » qui leur était offerte celui de les faire disparaitre
        C’est la confrontation entre une idéologie encré et une réalité non admise

         
        • momo la salade
          momo la salade répond à Atila59
          foutus
          • Posté à 18h18 le 28/07/2012
          • Internaute 110276
            foutus

          plus sois plus sois tout est dit

        • Np237
          Np237 répond à Atila59
          Sarcasme malsain
          • Posté à 13h56 le 30/07/2012
          • Internaute 61165
            Sarcasme malsain

          Mais si c’est un travail « comme les autres », qu’on peut « choisir librement », il va falloir organiser la filière. Il faut des formations, par exemple !

          Vous enverriez vos enfants dans un CAP de technicien du plaisir corporel ?

          Si on veut s’extraire totalement des proxénètes tout en maintenant la prostitution légale, il faut rouvrir des maisons closes gérées par l’état (c’est la position de la majorité des partisans de la légalisation). Il faut donc un concours pour recruter ces nouveaux fonctionnaires ! Alors, sur quels critères allons-nous les recruter, tiens ? Je suis curieux de le savoir…

        2 autres commentaires
    • Iv
      Iv répond à Le Yéti
      Roboticien utopiste
      • Posté à 12h46 le 28/07/2012
      • Internaute 39192
        Roboticien utopiste

      La question qui m’a fait douter de la position « legalisation », que j’ai longtemps tenue, était la question suivante : une prostituée qui refuse une personne avec laquelle elle ne souhaite pas exercer ses talents, est-elle dans son droit ? Si oui, n’est ce pas une autorisation à la discrimination (« ah non, moi je fais pas les noirs ») ? Si non, n’est ce pas comme dénoncé plus haut, un achat d’impunité de viol ?

      Je n’ai pas encore vu de réponse satisfaisante à ce problème. D’ici là je réserve mon opinion.

      Et j’aimerais bien trouver une source fiable concernant ce qui est, finalement, la pomme de discorde : est ce que les travailleurs du sexe libre sont une minorité ou une majorité du mouvement ?

      • Atila59
        Atila59 répond à Iv
        Néophyte
        • Posté à 14h47 le 28/07/2012
        • Internaute 167942
          Néophyte

        Une femme propose un peut de plaisir à un client pour moi il doit y avoir consentement des deux parties
        votre cas est le même de savoir si vous êtes prêt à avoir des rapport avec n’importe qui (Noir, Blanc, grand, petit...)
        Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une personne et non d’une marchandise alors peut-être que le fait de ne pas vouloir avoir des rapports avec une personne de couleur c’est du racisme maintenant si vous étiez raciste devriez-vous être condamné parce que vous préférez les femmes blanches...

         
        • Iv
          Iv répond à Atila59
          Roboticien utopiste
          • Posté à 15h01 le 28/07/2012
          • Internaute 39192
            Roboticien utopiste

          Si on légalise la profession, on dit que c’est un service rendu. Appelez cela de la marchandisation si vous voulez, l’idée de la légalisation est que c’est un travail rémunéré guère plus objectificateur que coiffeur ou chauffeur de taxi.

          Un taxi qui refuse les noirs ou les moches, c’est condamnable. Quid d’une prostituée qui fait de même ?

          • Chérimimie
            Chérimimie répond à Iv
            bacchante
            • Posté à 01h17 le 29/07/2012
            • Internaute 148166
              bacchante

            Le motif pour lequel le client serait refusé n’a aucune importance. Un avocat peut refuser un dossier, par exemple.

            • Iv
              Iv répond à Chérimimie
              Roboticien utopiste
              • Posté à 11h06 le 29/07/2012
              • Internaute 39192
                Roboticien utopiste

              Ah pardon. En Droit Français la discrimination est interdite. Refuser une fois un noir, ça passe, mais le faire systématiquement, c’est pénalement répréhensible dans le cadre d’une fourniture de service.

              • Chérimimie
                Chérimimie répond à Iv
                bacchante
                • Posté à 11h31 le 29/07/2012
                • Internaute 148166
                  bacchante

                Bien entendu, mais il y a aussi des spécialités. Je veux dire qu’un(e) professionnel(le) peu parfaitement juger qu’il n’est pas compétent pour telle ou telle affaire, et diriger son client vers une autre personne.

        4 autres commentaires
      • emiboot
        emiboot répond à Iv
        Mammifère
        • Posté à 21h20 le 29/07/2012
        • Internaute 81944
          Mammifère

        La prostitution est légale, mais c’est une activité qui n’est ni reconnue par les instances, ni statutaire, ni relevant des chambres de commerce (du coup). Et quand bien même, les règles commerçantes ou service font qu’on peut refuser un client (c’est encadré, mais possible).

        Quand à l’achat du viol vs transaction de service, ça me semble encore un peu manichéen. J’écouterais plutôt les prostituées syndiquée comme des victimes, mais peut être n’y a-t-il pas d’opinion à avoir sinon : forcé(e) ou consentant(e) ? Dans un cas c’est du pénal, dans l’autre c’est légal.

        La pomme de discorde est simple : est-ce qu’en temps que personne adulte et ’éclairée’, dans le cas où on est libre de contrainte particulières, j’ai le droit ou non de faire commerce de mon cul librement, ou non ? Les abolitionnistes disent non : puisqu’une majorité de ces transactions n’est pas consentantes, toutes doivent être interdites.
        Les syndiqué(e)s ont l’air de dire que si on commençait par leur reconnaitre un statut et des droits, il serait plus simple de mettre fin aux situations de ’viol organisé’ et de se protéger.

    • Bonnequestion
      Bonnequestion répond à Le Yéti
       ?
      • Posté à 14h05 le 28/07/2012
      • Internaute 64815
         ?

      Appliquer le droit du travail à la prostitution, c’est :
      - instaurer une formation (tout métier nécessite une formation)
      - instaurer un âge légal pour exercer cette profession (18 ans avec apprentissage à partir de 16 ans ?)
      - définir ce que serait une faute professionnelle (refus de client ? d’une certaine pratique ? non satisfaction du « client » ?)
      - proposer des offres d’emploi de prostitution à Pôle emploi, qui ne pourrait être refusée
      - présenter ce métier et les formations qui y mènent aux collégiens et lycéens

      Demandez aux syndicats, qui ont lutté pour dégager le travail de la sphère de l’intimité et pour que les femmes ne soient plus corvéables sexuellement dans le monde du travail, ce qu’ils en pensent.
      Il n’y a pas de doute, le libéralisme a gagné puisque même les gens de gauche considèrent le contrat de travail comme le summum de l’émancipation...

      • Atila59
        Atila59 répond à Bonnequestion
        Néophyte
        • Posté à 14h54 le 28/07/2012
        • Internaute 167942
          Néophyte

        Franchement...
        « - proposer des offres d’emploi de prostitution à Pôle emploi, qui ne pourrait être refusée
        - présenter ce métier et les formations qui y mènent aux collégiens et lycéens
        instaurer une formation (tout métier nécessite une formation)
        - instaurer un âge légal pour exercer cette profession (18 ans avec apprentissage à partir de 16 ans ?) »
        c’est du grand n’importe quoi
        On ne vas pas faire de l’apprentissage dessus, qu’il y est un âge légale HEUREUSEMENT, il ne manquerai plus que ça
        quand à rendre se métier Obligatoire il faut arrêter
        Dans la réalité à pole emploi, vous ne pouvez pas refuser de prendre un métier correspondant à votre formation et que vous rechercher, à moins de vouloir devenir Prostitué, personne ne vous obligera à le devenir. Je suis au chômage et PERSONNE ne m’a obligé à faire des métiers auquel je n’étais pas formé. proposé Oui, mais pas obligé
        En cas de problème vous pouvez vous retourner contre le conseillé indélicat, les tribunaux ça existe et celui administratif est GRATUIT

         
        • Bonnequestion
          Bonnequestion répond à Atila59
           ?
          • Posté à 15h31 le 28/07/2012
          • Internaute 64815
             ?

          Pourquoi on ne ferait pas d’apprentissage si c’est un métier comme un autre ? Pourquoi on ne ferait pas de formation si c’est un métier comme un autre ?

          • DikéJu
            DikéJu répond à Bonnequestion
            Dodue la Morue, entrepreneuse
            • Posté à 09h13 le 29/07/2012
            • Internaute 188622
              Dodue la Morue, entrepreneuse

            Parce qu’une adolescente vierge vaut bien plus qu’une femme de 35 ans usée...

            • margot
              margot répond à DikéJu
              Ne peut plus poster, ne voit (...)
              • Posté à 10h46 le 30/07/2012
              • Internaute 10060
                Ne peut plus poster, ne voit (...)

              Sur le marché des connards, sans doute.

        3 autres commentaires
      • Chérimimie
        Chérimimie répond à Bonnequestion
        bacchante
        • Posté à 01h09 le 29/07/2012
        • Internaute 148166
          bacchante

        C’est idiot, il existe des personnes qui ont pour profession d’être voyante extralucide, et qui gagnent leur vie de cette façon. Sans parler des psychanalystes. Pas besoin de collèges ni de formation pour ces métiers. On ne voit pas trop pourquoi on serait plus exigeant avec les travailleurs sexuels.

    • Bonnequestion
      Bonnequestion répond à Le Yéti
       ?
      • Posté à 13h09 le 28/07/2012
      • Internaute 64815
         ?

      Par ailleurs, croire que la réglementation est un moyen de contenir et réguler la prostitution relève du préjugé. L’expérience, en France comme à l’étranger, a montré au contraire que partout où une politique réglementariste a été mise en place (en France avant 1946, aux Pays-Bas, en Allemagne, etc.), la prostitution a explosé, et la prostitution clandestine a progressé. Je vous invite à lire cet article qui fait bien le point là-dessus, et aussi sur l’idée que la prostitution est un « métier comme un autre »...
      Lien

      • Caliente
        Caliente répond à Bonnequestion
        ?
        • Posté à 14h35 le 29/07/2012
        • Internaute 190558
          ?

        Soyons réalistes : puisqu’on n’arrive déjà pas à l’encadrer, abolissons-là.

        C’est l’histoire du perchiste qui n’arrivait pas à passer la barre de un mètre et qui, le torse gonflé d’optimisme, décidait de tenter sa chance à cinquante.

    • a déménagé le 29.04.2013
      • Posté à 13h16 le 28/07/2012
      • Internaute 9564

      Et aussi combattre férocement le proxénétisme (« et s’en donner les moyens »).

    • DiaboloSatanas
      DiaboloSatanas répond à Le Yéti
      Fou du volant
      • Posté à 16h34 le 28/07/2012
      • Internaute 79165
        Fou du volant

      -bonjour madame , je viens pour contenir et réguler ..
      -Simone, il est pour toi celui la. Il demande des trucs bizarres..

    • tpmtp
      tpmtp répond à Le Yéti
      libre
      • Posté à 11h56 le 31/07/2012
      • Internaute 91555
        libre

      demander aux hommes « pour » ou « contre » l’abolition de la prostitution
      c est comme demander aux dealers si ils sont d accord pour la depenalisation du canabis en France

  • Mon-Al
    Mon-Al
    roturière : -)
    • Posté à 12h17 le 28/07/2012
    • Internaute 24219
      roturière : -)

    Vœu pieux !

    Depuis la nuit des temps, le sexe a été un monnaie d’échange : que ce soit pour un steak de mammouth, pour un château ou pour un simple billet, la prostitution est éternelle. Penser le contraire est utopique.

    • Bonnequestion
      Bonnequestion répond à Mon-Al
       ?
      • Posté à 14h01 le 28/07/2012
      • Internaute 64815
         ?

      Pendant ce temps-là, au XIXe siècle :

      « Depuis la nuit des temps, des êtres humains ont appartenu à d’autres et ont été vendus, et utilisés comme force de travail gratuite. L’esclavage est éternel. Penser le contraire est utopique. »

      • Autodéfense_Intellectuelle
        • Posté à 11h05 le 29/07/2012
        • Internaute 87535
          ingénieur

        Si l’esclavage a disparu en droit, il n’a pas disparu dans les faits, il a pris simplement des formes plus perverses, mais n’a pas diminué en proportion.
        Pour résoudre un problème de façon efficace, il n’y a pas trente-six solutions : il faut trouver la racine du mal et l’arracher. Sinon ça repousse, et souvent plus vigoureusement.
        Des causes racines, j’en vois deux : l’argent et la concentration de pouvoir/richesse. Ces deux maux peuvent être traités, progressivement ou brutalement (mais je ne crois pas en la méthode brutale), par l’instauration d’un véritable système démocratique (c’est-à-dire sans rien à voir avec notre système électoral pseudo-représentatif). L’argent n’est plus nécessaire aujourd’hui, il est même techniquement dépassé par la révolution de l’information. Le problème c’est que l’homme est fondamentalement conservateur, et qu’il ne change de modèle que contraint et forcé. Malheureusement, ceux qui ont le pouvoir de forcer le changement, sont aussi les seuls qui ont intérêt au statu quo, vu qu’ils vivent de l’exploitation de leurs semblables.

      • Caliente
        Caliente répond à Bonnequestion
        ?
        • Posté à 14h39 le 29/07/2012
        • Internaute 190558
          ?

        Il a toujours existé des sociétés uniquement composées d’hommes libres.

        Il n’y a jamais eu de société sans prostitution.

         
        • margot
          margot répond à Caliente
          Ne peut plus poster, ne voit (...)
          • Posté à 11h59 le 30/07/2012
          • Internaute 10060
            Ne peut plus poster, ne voit (...)

          « Il n’y a jamais eu de société sans prostitution. »

          faux, idée reçue.

          • Moby Dick37
            Moby Dick37 répond à margot
            Se jouer des tempêtes ...
            • Posté à 12h53 le 30/07/2012
            • Internaute 114534
              Se jouer des tempêtes ...

            Euh , ça manque de sources précises , un bon chercheur se doit de donner les références des études sur lesquelles il s’appuie pour affirmer comme juste telle ou telle hypothèse.

            • margot
              margot répond à Moby Dick37
              Ne peut plus poster, ne voit (...)
              • Posté à 14h24 le 30/07/2012
              • Internaute 10060
                Ne peut plus poster, ne voit (...)

              Ce n’est qu’un abstract, l’ISBN vous permet de retrouver le livre, et par conséquent certainement ses sources en fin d’ouvrage

        3 autres commentaires
    • Deamon7
      Deamon7 répond à Mon-Al
      Petit agité
      • Posté à 06h42 le 29/07/2012
      • 49273
        Petit agité

      ...pour un resto, quelques verre en boîte ou la promesse que « je te rappelle ».

  • Philippe Leclercq
    Philippe Leclercq
    dilettante
    • Posté à 12h29 le 28/07/2012
    • Internaute 64790
      dilettante

    Il y a une considération plus générale qui doit mener avec la plus vive détermination à défendre la prostitution : le plaisir.
    On ne peut plus fumer, c’est mal. On ne peut plus manger, c’est mal. Si l’on écoute les bas-bleu, bientôt, on ne pourra plus se faire tutoyer la membrane : c’est mal.

    Les moralisateurs - car il se trouve des hommes abolitionnistes ! - sont sans doute les premiers à recourir aux services des hétaïres : l’occasion fait souvent le larron...

    Les mêmes nous expliquent doctement que ces pauvres filles « vendent leur corps » : et alors ? Ils ne osnt pas nombreux, dans nos usines, dans nos bureaux, ceux qui vendent leur corps pour une poignée de fèves ?
    Ah, mais non, eux, ils ne vendent pas leur cul, mais leur travail, répondront les mêmes moralisateurs.
    Et alors ? Le cul, c’est plus sacré que les bras ou le cerveau ? Sans doute pr référence au sacrum...

    Si l’on veut à toutes fins rappeler au secours de la morale les « millénaires » passés, eh bien, qu’on redonne aux prostituées le rang qui était le leur dans l’antiquité, par exemple...
    Et qu’on brûle en place publique des portraits en pied de Marthe Richard, qui ne ferma les bordels que parce que son âge lui interdisait d’y figurer.

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