Cerveaux roses et bleus 16/06/2012 à 12h45

Hommes-femmes : pour Vidal, aucune différence dans le cerveau n’est innée

Renée Greusard | Journaliste Rue89

Une personne s'apprête à manger un cerveau rose, puis bleu (Tristen West/Flickr/CC)

Une personne s’apprête à manger un cerveau rose, puis bleu

Photo : Tristen West/Flickr/CC. Montage : Leonardo da Cerdan.

Les hommes et les femmes ont-ils le même cerveau ? L’interview que nous avons publiée de Susan Pinker, le 10 juin, a fait débat aussi bien parmi vous, riverains, que dans la rédaction de Rue89.

Psychologue et chroniqueuse – au quotidien canadien The Globe and Mail –, Pinker évoque notamment des différences entre les cerveaux des hommes et ceux des femmes. « Des différences subtiles dans l’architecture neuronale et la connectivité cérébrale. »

Catherine Vidal, neurobiologiste et auteure de « Hommes, femmes : avons-nous le même cerveau ? » a accepté de réagir à cette interview.

Rue89 : Qu’avez-vous pensé des propos de Susan Pinker dans l’interview publiée sur Rue89 sur les différences hommes-femmes ?


Catherine Vidal (DR)

Catherine Vidal : Susan Pinker fait référence à des travaux en IRM qui s’intéressent au fonctionnement du cerveau, chez les hommes et chez les femmes. Citer ces travaux de façon extrêmement peu explicative et peu détaillée pose problème sur le plan de la réalité scientifique.

Il faut voir que quand on fait une expérience en IRM, le nombre de sujets est toujours faible. Il n’y a souvent qu’une vingtaine de personnes testées, parce que ce sont des expériences qui coûtent cher à mettre en œuvre, et qu’on ne va pas passer 150 personnes dans la machine.

La notion d’échantillon est donc très importante. On ne peut pas, à partir de vingt personnes, généraliser à toute l’humanité. Il faut de la rigueur scientifique.

Ensuite, les tests en IRM posent aussi souvent problème, ils sont très éloignés de la réalité. On prend les personnes, on les met dans une machine IRM. Vous êtes immobile, la machine fait un bruit de mitraillette et on vous demande de faire une tâche de calcul mental, par exemple.

Vous avez un exemple de ce problème de méthodologie ?

Il y a un très bel exemple. C’est celui justement dont parle aussi Susan Pinker sur le langage. Il y a eu une expérience sur cette fonction qui a montré que les hommes activent un hémisphère et les femmes, deux.

Cette expérience a été publiée en 1995, c’est-à-dire il y a longtemps. On était juste au début de l’IRM. Depuis, de nombreux chercheurs ont tenté de reproduire ces expériences.

En sciences, on fait ce qu’on appelle des métaanalyses, des études qui rassemblent tous les travaux qui ont été faits en IRM sur les aires du langage, avec des hommes et des femmes.

La métaanalyse de référence sur ce sujet a été publiée en 2009, elle portait sur 2 000 hommes et femmes testés. On s’est aperçu alors que statistiquement parlant, il n’y a pas de différences dans la répartition des aires du langage dans le cerveau.

Ainsi, quand on utilise un échantillon important, les différences qu’on avait pu voir sur un petit échantillon se trouvent gommées. Et par ailleurs, sur le langage, sur 10 000 expériences faites en dix ans, il n’y a que 2,5% des travaux qui montrent des différences entre les sexes.

Ces résultats s’expliquent par le fait que nous avons tous et toutes des cerveaux différents. C’est bien ce que montrent les expériences en IRM : les différences entre les personnes d’un même sexe sont plus importantes que les différences entre les sexes.

Où en est la recherche sur le cerveau ?

A l’heure actuelle, un des grands problèmes, c’est de comprendre la relation entre la structure du cerveau et son fonctionnement. Il y a ce cas assez exemplaire d’un patient qui est allé consulter à l’hôpital de la Timone, en 2007. Il est venu à cause d’une légère faiblesse à la jambe. On lui a fait passer un IRM et on s’est rendu compte que son crâne était rempli de liquide. Son cerveau était réduit à une mince couche collée sur les parois du crâne.

Il se trouve qu’à la naissance, cet homme souffrait d’hydrocéphalie. Dans ces cas-là, les médecins le voient tout de suite et ils installent un drain pour évacuer le liquide. Là, le drain s’est bouché et au cours des années, la pression du liquide a refoulé le cerveau sur les parois du crâne.


Présentation du cerveau du patient de l’hôpital de la Timone (Catherine Vidal)

Quelles sont les implications de ce cas ?

C’est un très bel exemple de ce qu’on appelle la plasticité du cerveau qui montre aussi la difficulté de faire des relations entre structure et fonction. Comment un tel cerveau peut-il fonctionner aussi bien ? Cette personne était tout à fait normale, c’est simplement à ses 44 ans, alors qu’elle avait une vie ordinaire, qu’on s’est rendu compte que son cerveau avait cette forme invraisemblable.

Nous, neurobiologistes, vivons une révolution conceptuelle dans la façon dont on conçoit le cerveau avec cette plasticité cérébrale. Cette révolution vient de l’imagerie qui nous permet de faire des études chez l’humain. Avant, on n’avait que des cerveaux dans du formol ou des données cliniques. C’était limité.

Aujourd’hui, même si on ne peut pas faire dire trop de choses à l’IRM – comme je vous l’ai dit, il faut de la rigueur scientifique –, on a une vision complètement différente du cerveau.

Qu’on voit des différences entre les cerveaux des hommes et des femmes, pourquoi pas ? Mais qu’est-ce que cela signifie sur le plan des fonctions ?

Qu’englobe-t-on dans cette notion de plasticité du cerveau ?

On sait que le cerveau se modifie en permanence en fonction des apprentissages et de nos expériences de la vie. Des zones peuvent s’épaissir, se rétrécir. Rien n’est jamais immuable. A tous les moments de la vie, on peut développer des nouveaux talents, de nouveaux traits dans nos personnalités.

Dès qu’on stimule le cerveau, il peut se modifier donc ?

Un cerveau ne peut se construire qu’en interaction avec l’environnement. Notre cerveau, à la naissance, n’est pas achevé. Seuls 10% de nos 100 milliards de neurones sont connectés entre eux. Le reste va se connecter en fonction du développement de l’enfant. Sans interaction avec l’environnement, le cerveau ne se fabrique pas.

Un exemple de cette plasticité ?

Il y a le fameux test de rotation mentale d’un objet en trois dimensions. Souvent, statistiquement, les hommes sont meilleurs dans ce test. Mais il faut nuancer. Les différences de capacités dans ce test, on les observe à l’adolescence et pas avant. De plus, quand on fait faire le test pendant une semaine, les scores s’égalisent : à la fin, hommes et femmes progressent au même rythme.

Il y a des expériences encore plus jolies autour de ce test. Si on décide de le faire passer dans une classe et qu’avant le test, le professeur annonce que c’est un test de géométrie, les garçons le réussissent mieux. En revanche, quand le professeur annonce un test de dessin, les filles le réussissent mieux.

On voit bien ici l’importance du contexte dans lequel s’effectue une expérience (les psychologues le savent bien). Les filles ont intériorisé le stéréotype selon lequel elles sont moins bonnes en maths. Elles ont moins confiance en elles et, du coup, vont moins bien réussir.

Dans le sens inverse, on sait que les hommes sont moins bons dans les tests de langage, mais avec de l’entraînement, les scores s’égalisent.

Quand on connaît l’avancée de ces connaissances, le discours présenté par Susan Pinker ne tient pas. Ce qu’elle défend, ce sont des idées qui datent d’il y a cinquante ans. Or, depuis cinquante ans, on a fait des progrès gigantesques.

Susan Pinker parle aussi du rôle déterminant des hormones, et notamment des ocytocines.

L’idée que nos comportements puissent être régis de façon inconsciente par des hormones, c’est-à-dire à notre insu, date aussi d’il y a environ cinquante ans. A cette époque, beaucoup d’études ont été faites pour essayer de comprendre l’action des hormones sexuelles, elles ont notamment mené à la pilule.

Il y a eu aussi des études qui montraient que chez les rats, l’ocytocine avait un rôle dans les soins de la mère au petit. On ne peut pas extrapoler ces résultats chez l’humain. Si on veut dire que l’ocytocine a un rôle dans l’empathie ou encore « l’instinct maternel », il faut pouvoir faire de l’expérimentation.

Le problème, c’est qu’il n’en existe aucune qui soit possible. On ne va pas, chez une femme qui vient d’avoir un bébé, faire une ponction dans son liquide cérébral pour regarder le taux d’ocytocines qui y existe et observer si elle s’occupe bien de son bébé...

Susan Pinker parle de sprays d’ocytocine...

On utilise des sprays parce que l’ocytocine, dès qu’on l’injecte dans le sang, elle est tout de suite dégradée. On fait donc sniffer de l’ocytocine en spray nasal aux gens en se disant qu’elle va se dissoudre dans la muqueuse nasale et peut-être avoir une chance d’atteindre la circulation du cerveau. Mais tout ça, ce ne sont que des hypothèses.

Alors pour mesurer l’empathie, imaginez : on met vingt personnes dans la machine IRM, on leur montre des photos avec des visages gracieux et d’autres plus hargneux. On leur demande si elles ont trouvé les personnes sympathiques ou pas, puis on leur fait sniffer l’ocytocine et là, on s’aperçoit qu’elles ont plus de sympathie.

On est dans des cadres expérimentaux qui sont complètement artificiels par rapport à la vraie vie.

Mais est-ce que les hormones peuvent déterminer des comportements durablement ?

Certains laissent croire qu’on aurait des pulsions impossibles à réprimer. Par exemple, pour « l’instinct maternel », la femme forcément, biologiquement, serait plus attentive à son bébé.

Ce qu’il faut bien réaliser, c’est que chez l’humain, aucun instinct ne s’exprime à l’état brut. Tous les comportements qu’on qualifie d’« instinctifs » sont contrôlés par la culture.

Si on prend par exemple la faim et la soif, qui sont extrêmement programmées, il y a beaucoup d’hormones qui interviennent dans leurs processus de déclenchement. Or, l’être humain est capable de faire une grève de la faim. Il est capable de court-circuiter complètement cette programmation instinctive.

Et si on a faim, ce n’est pas non plus pour ça qu’on va voler une pomme à l’étalage.

Mais si les animaux sont gouvernés par leurs hormones, pourquoi n’est-ce pas le cas des humains ?

Parce que justement, l’être humain a un cerveau unique en son genre, avec un cortex cérébral qui s’est tellement développé qu’il a dû se plisser pour tenir dans la boîte crânienne.

Avec les moyens informatiques actuels, on est capable de déplier virtuellement ce cortex cérébral. Et on se rend compte alors qu’il fait une surface de 2 m2 sur 3 mm d’épaisseur. C’est dix fois plus que chez le singe.

C’est cette extension du cortex cérébral qui, d’après les spécialistes de l’évolution, a permis l’émergence des fonctions cognitives propres à l’homme : le langage, la conscience de soi, aller au-delà du réel, se projeter dans l’avenir, tout ce qui nous confère notre liberté.

L’être humain fonctionne d’abord par des stratégies intelligentes, basées sur des représentations mentales et elles ne sont absolument pas déterminées par les hormones.

Est-ce qu’il a un consensus sur ces questions ?

Neuroéthique contre neurosexisme

En réaction au neurosexisme, un groupe de scientifiques (sociologues, anthropologues, neurobiologistes, etc.) veut s’inscrire dans la neuroéthique. Ils viennent donc de constituer un réseau international, le « Neurogendering network ».

Son but est d’analyser comment les travaux sur les hommes et les femmes sont transmis par les scientifiques, et comment ces travaux sont repris dans les médias. Le réseau tiendra son congrès à Vienne en septembre 2012.

On ne peut pas imaginer qu’il puisse exister une pratique scientifique qui ne soit pas influencée par le contexte social et culturel, ou par certaines idéologies.

Les scientifiques, ce ne sont pas des personnes en blouse blanche enfermées dans leur laboratoire et influencées par rien.

La notion de science doit toujours se comprendre dans un environnement, à un moment donné. On ne peut pas échapper à ça, il faut simplement en avoir conscience et quand il y a des débats, essayer de faire la part des choses.

Aujourd’hui, il y a davantage de travaux sur ces questions-là et il y a des débats. C’est très bien, c’est grâce aux débats qu’on progresse. Néanmoins, il y a aussi un regain des idées du déterminisme biologique.

Dire : « Je vois des différences dans les aires du langage entre les hommes et les femmes, ce qui explique que les femmes sont plus bavardes » n’est pas anodin. Il y a un fossé entre la réalité de l’expérience en IRM et l’interprétation qui en est faite. Il y a des dérives.

Infos pratiques
« Hommes, femmes : avons-nous le même cerveau ? »
de Catherine Vidal
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  • pierrejcallard
    pierrejcallard répond à valentiane
    http://www.nouvellesociete.org
    • Posté à 15h56 le 18/06/2012
    • Internaute 3366
      http://www.nouvellesociete.org

    @ V.

    Ce qui m’interpelle et que j’appelle le déni, concernant cette question - comme tous les autres débats qui tournent autour de prises de positions émotives - c’est la propension chez ceux qui en débatent à modifier le point en litige pour qu’il colle à la réponse qu’ils ont en tête.

    Il est absolument clair et indiscuté que toute différence innée d’aptitudes entre les sexes doit découler de son chromosome X. puisque, PAR DEFINITION, c’est l’existence de ce chromosome qui distingue un homme d’une femme !

    Ce qu’on cherche, ce sont les éléments, parmi ceux qui découlent de l’existence du susdit chromosome, qui peuvent rendre plus ou moins facile l’exécution de certaines tâches physiques ou mentales. C’est ce qu’on veut dire quand on parle d’aptitudes. Il y a intérêt à déceler ces différences, car elle permettent d’optimiser la complémentarité des tâches.

    Or il est tabou aujourd’hui de vouloir le faire. On renvoie tout à la « culture », ce qui est triste, car on reste avec les évidences - qu’on tente même de nier ! - mais on ne peut pas chercher plus loin, sous menace d’ostracisme.

    Il saute au yeux qu’un homme moyen est plus grand et plus musclé et donc plus fort qu’une femme moyenne. c’est un fait qui a eu un impact déterminant sur la relation homme-femme et l’évolution des civilisations . Le scotomiser parce qu’aujourd’hui on peut parfois COMPENSER cette différence n’est pas du domaine de la pensée logique.

    D’autre part, la femme jouit d’une plus grande longévité. Etudier cette question pourrait augmenter la longévité des hommes comme des femmes. Au lieu d« y mettre l’attention nécessaire, on cherche à expliquer l’écart par les modes de vie...

    La plupart des différences de comportement et donc de réalisations entre homme et femmes sont inexpliquées... parce qu’on ne VEUT pas accepter qu’elle découlent directement ou indirectement du petit X dont nous parlions.

    Je trouve ça dommage, mais je n’irai pas me pendre au grenier. Tôt ou tard on cessera les enfantillages et on ira voir ça de plus près.

    Je vais maintenant passer à autre chose. Je vous remercie pour cette discussion et je vous souhaite d’écrire une immortelle symphonie... Conduire un char d’assaut, je sais que vous le pourriez : -))

    Lien’inquisition/|Le Nobel et l’Inquisition]

    Pierre JC Allard

    • valentiane
      valentiane répond à pierrejcallard
      pendant ce temps les chinois...
      • Posté à 18h04 le 19/06/2012
      • 183102
        pendant ce temps les chinois...

      CETTE REPONSE n’EST PAS POUR LE VIEUX PierreJCaillard !

      Les remarques de PJC relèvent de siècles passés et ne pointent que deux ou trois différences hommes femmes PHYSIQUES inintéressantes ! PJC parlait d’APTITUDES MENTALES !

      TAILLE : la taille féminine a un rapport direct avec le fait qu’elle doit porter un poids tres lourd dans son ventre plusieurs fois dans sa vie ? Quand nous serons capables de développer des foetus in vitro, cela n’aura plus aucun intérêt ;

      D’ailleurs cela est déjà en train de changer : n’avez vous pas remarqué la poussée impressionnante des filles d’aujourd’hui ? 1m90, 2m00, ... Allez au supermarché, cela va vous frapper. (mon compagnon faisait 1m85 c’est facile pour moi d’évaluer quand ces demoiselles le dépassent d’une demie ou d’une tête).

      On peut supposer que l’espèce est en train de s’adapter à une diminution sans précédent des grossesses, entre autres...

      LA MUSCULATURE :
      n’a aucune utilité de nos jours dans le travail ; Les machines font tout. Monte charge, grue, diable...

      LONGEVITE : Et puis ?
      La meilleure longévité dans notre pays est localisée dans le sud-ouest. Explication : la culture. (nourriture santé des populations du sud).

      Renseignez-vous sur les dernières avancées scientifiques sur le sujet de la « longévité féminine ». Meilleurs soins apportés au corps, + d’attention sur la nourriture, + d’exercice physique (ménage, courses donc poids à porter, enfants à porter et balader etc.). Bref, encore la culture.

      Et toujours pas une seule différence notoire sur les aptitudes mentales ... D’ailleurs les femmes en ont-elles seulement une ?

      Le découvreur de la zone du langage disait :
      « Il n’existe pas de femme intelligente. Les femmes intelligentes sont des monstres de la nature. »
      J’ai bien dit : le découvreur de la zone du langage.
      Bon, il est mort. Tout le monde meurt, et la jeunesse a heureusement d’autres expériences du monde et de la vie que les PJC...
      (Je ne savais pas que les PJC existaient encore, je viens de le découvrir via Rue89, youpi !)

  • jeune archaÏque
    jeune archaÏque répond à valentiane
    nostalgique davenir
    • Posté à 15h33 le 17/06/2012
    • 184043
      nostalgique davenir

    A l’inverse, j’ai beaucoup de caractéristiques « féminines ». J’étais mauvais en maths à l’école, je n’ai pas le permis de conduire, c’est pas mon truc de lire des cartes, j’ai une grosse mémoire et je retiens les noms de rue pour me repérer, j’ai une bonne qualité de synthèse et de l’empathie pour autrui.
    Une vraie gonzesse quoi !
    Quoi de mieux pour conserver le patriarcat que de justifier des différences culturelles par les sacro-saintes génétique et neurobiologie dont les spécialistes de connaissent pas le quart, c’est vous dire ce qu’en connaissent ceux qui tiennent des discours naturalisant sur les différences hommes-femmes.

     
    • valentiane
      valentiane répond à jeune archaÏque
      pendant ce temps les chinois...
      • Posté à 18h51 le 17/06/2012
      • 183102
        pendant ce temps les chinois...

      @ jeune archaique :
      De quoi discuter avec ceux qui trimballent les bons vieux clichés qui les arrangent :

      - sur le permis de conduire, les filles le réussissent mieux que les garçons.
      On nous sortira qu’elles sont + disciplinées, et blablabla, les clichés ne manquent pas là aussi. (les filles « disciplinées », ça m’a toujours fait rire !) Ou alors que les moniteurs et les inspecteurs sont + indulgents. (sauf que c’est souvent des monitrices et des inspectrices.)

      - sur les maths elles rattrapent, on est presque à 50-50 et gageons que les filles vont là aussi dépasser les garçons dans peu de temps. Pour autant, inutile de verser dans l’ânerie inverse :
      * Anerie 1 : les filles sont moins bonnes que les garçons en maths
      * (dépassement des filles)
      * Anerie 2 : les filles sont meilleures que les garçons en maths (parce qu’elles sont plus disciplinées)(c’est en général l’explication merveilleuse qu’on nous fourgue.)

      Les filles ont dépassé les garçons dans beaucoup de domaines d’études récemment. Bon.
      80% des lauréats au concours de la magistrature sont des femmes. (80% des détenus sont des hommes, 80% des criminels sont des hommes... Donc dans notre société, les femmes jugent les hommes et c’est récent.)

      Les médecins en sont à une proportion de 50-50 au concours tres difficile (et matheux, tiens !) de fin de 1ere année. Il y a 30 ans on devait en être à 10-90...
      Les femmes ingénieures sont de + en + nbreuses, les jeunes femmes cheffes de (gros) chantier font l’objet d’enquetes qui paraissent dans des magazines très sérieux.
      Ce n’est pas encore l’avalanche de filles cheffes de chantier (maths donc) mais on y viendra.

      Bref, les filles investissent les maths sans vergogne, contrairement à celles de ma génération. Ma mère (78 ans) était prof de maths agrégée, son père (très haut niveau d’études) lui en a beaucoup voulu et lui a prédit méchamment que « personne ne voudrait d’elle pour l’épouser. » (c’est l’Etat qui a pris en charge la totalité de ses études).

      En chine les grutiers de chantiers exceptionnels sont des grutières. (perchées à des hauteurs impressionnantes). Les chefs nous expliquent : les femmes « sont plus précises, moins d’accidents. » Soit.
      « naturellement » + précises ? C’est + simple de le croire, mais je préfère me demander ce qui fait que ces femmes sont si précises (ou peut-etre même la plupart des femmes du monde ?)
      On ne tardera pas à trouver une réponse dans leur éducation, dans les attentes sociales, et aussi dans les exigences et les modèles familiaux.

      Sur la lecture des cartes, je me demande d’où vient ce mythe : toutes les filles autour de moi depuis mon adolescence sont des lectrices de cartes sans problème : ma mère en voiture à côté de mon père, moi et mes copines en randonnées en montagne etc. Vois pas d’où ça sort et j’attends toujours de rencontrer une handicapée de la carte...
      (en revanche les Espagnols, au secours, et c’est culturel : pas vraiment des campeurs chevronnés ni des randonneurs ultra les types. C’était dans les années 90, je suppose que les jeunes ne sont plus ces handicapés de la nature que j’ai connus...)

      pour l’explication de ce mythe, j’ai une vague hypothèse : à l’étranger on ne manque pas de remarquer tout ce que toutes les sociétés ont pu développer d’ingéniosités pour empêcher les femmes de partir (voir ailleurs).

      En chine on a les pieds bandés (faites-vous la belle sans les pieds vous verrez)
      Au Mali, surprise, des villageoises sont privées de souliers (de type tongs) alors qu’elles passent leurs journées à monter et descendre des pentes de pierres bouillantes de chaleur, 40 litres d’eau sur la tête et un bébé dans le dos. Une femme nous explique : c’est un tabou. Les femmes n’ont pas le droit de porter des chaussures (un mythe local explique le bien fondé du tabou).
      Traduire : pas le droit de partir. Barrez-vous dans la brousse pieds-nus...
      Un jour une Américaine arrive dans le village. Chaussée, évidemment ; Ecarquillement d’yeux. Depuis, les femmes portent des souliers, et une femme du village raconte son histoire aux autres villageoises dans des réunions que les Américaines organisent pour les émanciper.

      Dans de nbreux pays : les vêtements. Une femme est identifiable de loin, elle porte un véritable drapeau en guise de vêtement, on sait à qui elle appartient. Comme les vaches avec leurs clarines et les moutons avec leurs tatouages.

      En France, on lui octroie comme dans le code musulman la moitié de la valeur masculine. (totalité de ses revenus au cours de la vie : 53% des revenus masculins. Un chiffre qu’on n’entend jamais. On entend seulement parler des différences salariales (20 à 30%).
      De sorte qu’une femme française ne peut pas se débrouiller seule. A moins d’accepter des conditions de vie très difficiles voire épouvantables (à la retraite en particulier) Débrouillez-vous avec un mini smic tout en élevant 1 ou 2 enfants. Débrouillez vous avec 600 euros de retraite.

      Quant à l’empathie, c’est culturel aussi. C’est un sentiment moderne. Le moyen age ne devait pas trop le connaitre. En chine vous verrez des gens regarder des scènes d’accidents sans bouger et en rigolant.
      En fait c’est qu’ils ne peuvent pas prendre en charge un secours : ça LEUR couterait de l’argent (qu’ils n’ont pas). Et ils rient parce qu’ils sont génés. Ce sont pourtant des hyper sensibles qui pleurent facilement. Leur culture leur permet ça. Mais ils pleurent essentiellement sur eux-mêmes (ils ont de quoi).

      Bref, je pourrais en faire des km comme ça.
      Même nos gènes ne déterminent pas grand chose puisqu’on apprend qu’ils se modifient ou apparaissent au cours de l’existence !
      La nature est du côté des dieux et c’est pour cela qu’on veut y croire : on est encore un peu archaïques, avec une pensée magique qui s’accroche.
      La culture nous renvoie à notre intelligence propre, et là... ben ça devient fatiguant, faut réfléchir, tout ça...

    1 autres commentaires
  • valentiane
    valentiane répond à Yvon le Zébulon
    pendant ce temps les chinois...
    • Posté à 16h44 le 16/06/2012
    • 183102
      pendant ce temps les chinois...

    Ah oui, je ne m’appelle pas Renée.
    Et quand je montre à mon compagnon les inverventions masculines dans votre genre, toujours teintées d’humour, c’est lui qui me fait remarquer que les hommes cachent leur misogynie derrière les paravents « humour », « provoc évidente » etc.

    Ps : je suis cliente, en revanche, des blagues de blondes ou misogynes, et je prends même les blagues racistes, les blagues belges et les blagues de juifs. Non-non, c’est pas une plaisanterie, je vous jure que je suis cliente !

    D’où : Renée (ou moi) a RAISON de montrer comment elles perçoit ce que vous dites derrière votre paravent « humour et provoc »...

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à valentiane
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 16h57 le 16/06/2012
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      «  j’ai jamais raté un créneau de ma vie  »

      Je ne parle pas de créneaux, ça relève du gag permanent.
      Je parle de représentation spatiale et de « flair » dans l’orientation.

      Mais comme vous le dites vous-même, chez vous, tout le monde est XY.
      Vous êtes donc une sorte d’exception qui confirme le constat usuel.

      Et puis si je fais dans le gag ou l’humour, ce n’est pas un paravent.
      C’est simplement ma nature : J’aime mieux rire que geindre ou chialer.
       ; -)

       
      • soutenable lourdeur du néant
        • Posté à 17h25 le 16/06/2012
        • Internaute 134590

        « Mais comme vous le dites vous-même, chez vous, tout le monde est XY. »

        Sa mère est « XY » ? ? ? Vous devriez rtourner en cours de bio de 3e, vous...

        Les racistes aussi, aiment beaucoup faire dans l’humour... parce que bon, « je suis pas raciste, mais les arabes, quand même, c’est... dans les gènes, quoi, c’est des beaux parleurs, d’ailleurs, ils sont tous commerçants : du coup, je ne fais jamais confiance à un arabe ».
        Quel humour ! ! ! !

        « J’aime mieux rire que geindre ou chialer »
        En quoi la condition féminine vous ferait-elle « geindre ou chialer » ? Le fait d’être un bout en train (et tant mieux ! ! ! ! ! !) implique-t-il automatiquement que vous dussiez être misogyne ?

        Désolée de vous sauter sur le rable comme ça, mais venant d’un mec pas trop débile comme vous, c’est vraiment pathétique : vous avez pas le cerveau d’un troll, merde, servez vous en ! ! ! !

        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à soutenable lourdeur du néant
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 18h01 le 16/06/2012
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          Voici une image ▲ pour vous dérider un peu !

          [ En quoi la condition féminine vous ferait-elle « geindre ou chialer » ?

          Qui a dit que la condition féminine fait geindre ou chialer ?
          - Vous !

          Parce que moi j’ai juste dit que je préférais prendre les choses avec humour et dérision (auto-dérision souvent) et il semblerait bien que ça soit vous qui ayiez un problème avec « votre condition féminine » personnelle : ...et là, personnellement, je n’y puis rien !

          • soutenable lourdeur du néant
            • Posté à 18h42 le 16/06/2012
            • Internaute 134590

            « il semblerait bien que ça soit vous qui ayiez un problème avec “ votre condition féminine ” personnelle : ...et là, personnellement, je n’y puis rien ! “

            Attaque ad nominem et médicalisation de son interlocuteur... Vous ne pensez pas comme moi, vous êtes donc malade : c’est le fameux couplet des juifs anti sionistes forcément adeptes de la ‘haine de soi’.

            Les féministes sont forcément des filles frustrées qui ont pas réussi...

            Les noirs militants sont des jaloux qui veulent coucher avec des blanches...

            Vous me prenez vraiment pour une buse ou vous ètes juste franchement bêta... ou vous le faites exprès ?

            Ou vous vous ètes fait mordre par le schtroumpf Soral ?

            • Yvon le Zébulon
              Yvon le Zébulon répond à soutenable lourdeur du néant
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
              • Posté à 18h50 le 16/06/2012
              • Internaute 65781
                L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

              « Vous me prenez vraiment pour une buse ou vous ètes juste franchement bêta...  »

              Je vous prend juste tel que vous vous définissez vous-même :
              Comme une « lourdeur du néant » (soutenable ? ... c’est à voir)

              • soutenable lourdeur du néant
                • Posté à 19h03 le 16/06/2012
                • Internaute 134590

                Super...

                Voilà qui achève ma tentative de discussion (les attaques personnelles, ça va un moment) et termine de vous discréditer.

                Les gros beaufs de gauche usent décidément des mêmes ficelles sophistiques que leurs équivalents de droite...

                Ben. Pas brillant.

                PS : parlons du désespoir des carcans sexués... chez Kundera, justement, dont l’insoutenable légèreté de l’être traite précisément-

          • Noélie Buisson-Descombes
            Noélie Buisson-Descombes répond à Yvon le Zébulon
            Militante débutante, (...)
            • Posté à 18h40 le 16/06/2012
            • Internaute 167514
              Militante débutante, (...)

            Je ne suis pas à la place de Valentiane ou SLDN mais sachez que « notre » condition féminine n’est pas forcément si personnelle que cela. J’ai passé mon enfance jusqu’à l’âge de 9-10 ans à corriger les dames de service qui pensaient que j’étais un garçon et à faire semblant de perdre les trucs roses qu’on m’offrait (je me souviens d’une fois où ma marraine m’a offert de m’emmener dans un magasin pour acheter le jouet de mon choix, qui s’est porté sur une épée en plastique, et après moult parlementations elle a insisté pour que j’achète aussi autre chose car elle avait honte.)
            Entre 11 et 13 ans de garçon manqué je deviens « femme pirate » et suis de plus en plus seule car bizarre. À partir de 13 ans, ayant un comportement sexuel de garçon (hétéro mais pas prude) je suis vue comme une fille facile. En première terminale on me demande de faire semblant de travailler pour ne pas rendre les autres jaloux(ses)... je vérifie auprès des autres bons élèves qui ne font pas grand-chose : rien de tel. Evidemment ce sont des garçons.
            Ce n’est qu’à l’âge adulte que je me suis libérée, mais ce n’est pas moi qui avais un problème avec ma condition féminine !

            • Yvon le Zébulon
              Yvon le Zébulon répond à Noélie Buisson-Descombes
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
              • Posté à 19h31 le 16/06/2012
              • Internaute 65781
                L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

              « Ce n’est qu’à l’âge adulte que je me suis libérée, mais ce n’est pas moi qui avais un problème avec ma condition féminine !  »

              Quand les parents cesseront d’acheter systématiquement (comme jouets) des dinettes et des poupées barbie aux filles - voire des mini fers à repasser - et des armes ou des camions de pompier ou de police aux garçons, on parlera moins de condition féminine ou de condition masculine.

              Dans le mot « condition », moi je lis surtout « conditionnement à ».
              Laisser la liberté de choix dès l’enfance est émancipatoire, et toute contrainte qui serait mal acceptée par l’enfant, doit être exclue.
              - C’est donc à l’éducation parentale que nous devons ces concepts.

              Eduquer son enfant ne signifie pas lui imposer de suivre un rail !
              ( Un rail qui reflète souvent la « frustration » de l’un des parents )

            • valentiane
              valentiane répond à Noélie Buisson-Descombes
              pendant ce temps les chinois...
              • Posté à 19h06 le 16/06/2012
              • 183102
                pendant ce temps les chinois...

              Ben oui : c’est l’environnement, comme l’explique la scientifique (et tente de le montrer aussi).
              La société, l’éducation etc. nous fabrique. Et puis nous-même, nos choix, évidemment. Mais c’est un subtil mélange de l’influence sociale et de l’influence familiale, qui ne concordent pas forcément. Vous évoquez surtout votre opposition à la société. Je crois que toutes les filles un peu « forte tête » ont connu l’isolement, que ce soit en société ou au sein de la famille.

              Les anciens discours sur les différences hommes-femmes sont en train de tomber un par un, tout doucement (chez nous). Mais c’est encore difficile pour la plupart d’entre nous et je sais que c’est encore + dur pour les femmes que pour les hommes.

              Pourquoi ? Je n’en suis pas sûre mais il me semble que c’est parce que les femmes sentent bien qu’elles ont encore besoin de protection : elles sont loin d’être (vraiment) indépendantes, leurs revenus ne le leur permettent pas, surtout quand on sait qu’elles élèvent les enfants seules pour bcp d’entre elles, et que le danger (de se retrouver seule et donc sans revenus suffisants) est toujours là pour les autres.

              Alors elles s’accrochent aux clichés fabriqués dans le but de contrôler tout le monde, elles en particulier. L’émancipation générale c’est pas pour demain la veille !

            • valentiane
              valentiane répond à Noélie Buisson-Descombes
              pendant ce temps les chinois...
              • Posté à 19h06 le 16/06/2012
              • 183102
                pendant ce temps les chinois...

              Ben oui : c’est l’environnement, comme l’explique la scientifique (et tente de le montrer aussi).
              La société, l’éducation etc. nous fabrique. Et puis nous-même, nos choix, évidemment. Mais c’est un subtil mélange de l’influence sociale et de l’influence familiale, qui ne concordent pas forcément. Vous évoquez surtout votre opposition à la société. Je crois que toutes les filles un peu « forte tête » ont connu l’isolement, que ce soit en société ou au sein de la famille.

              Les anciens discours sur les différences hommes-femmes sont en train de tomber un par un, tout doucement (chez nous). Mais c’est encore difficile pour la plupart d’entre nous et je sais que c’est encore + dur pour les femmes que pour les hommes.

              Pourquoi ? Je n’en suis pas sûre mais il me semble que c’est parce que les femmes sentent bien qu’elles ont encore besoin de protection : elles sont loin d’être (vraiment) indépendantes, leurs revenus ne le leur permettent pas, surtout quand on sait qu’elles élèvent les enfants seules pour bcp d’entre elles, et que le danger (de se retrouver seule et donc sans revenus suffisants) est toujours là pour les autres.

              Alors elles s’accrochent aux clichés fabriqués dans le but de contrôler tout le monde, elles en particulier. L’émancipation générale c’est pas pour demain la veille !

              • Yvon le Zébulon
                Yvon le Zébulon répond à valentiane
                L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
                • Posté à 19h48 le 16/06/2012
                • Internaute 65781
                  L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

                « L’émancipation générale c’est pas pour demain la veille !  »

                Peut-être que finalement, vous vous trompez sur ce point.

                Je constate, ne serais-ce qu’au travers de l’éducation qui est donnée à mes petits enfants par les parents, qu’il y a beaucoup moins d’obstruction à la révélation des caractères naturels des enfants. On respecte leurs goûts et leur choix, et on leur demande ce qu’ils aiment, sans leur imposer quoi que ce soit en terme de jouets par exemple.

                Je crois que l’époque de la dinette à la petite fille et du char d’assaut au petit garçon est en passe de devenir un souvenir.

                Lorsqu’on les laisse évoluer à leur rythme, les enfants se montrent particulièrement précoces et intéressés sur tout sujet.
                - Seuls les « gros mots » semblent à ce jour être interdits...
                ....car pour ça, ils auront le temps d’apprendre en autodidactes.

                La « disponibilité » affective et éducative des parents est essentielle, car les enfants sont toujours très curieux, avides de savoir, et on doit être en mesure de répondre à leurs questions

                Pour mon propre enfant, je n’ai pas été à la hauteur de l’exigence, et du coup, il élève ses propres enfants en leur offrant tout ce que lui même n’a pas réussi à obtenir de moi.
                - Hélas pour mon fiston, et je fais ici amende honnorable !

            • margot
              margot répond à Noélie Buisson-Descombes
              Ne peut plus poster, ne voit (...)
              • Posté à 00h26 le 17/06/2012
              • Internaute 10060
                Ne peut plus poster, ne voit (...)

              BRAVO ! Merci ! !

      • valentiane
        valentiane répond à Yvon le Zébulon
        pendant ce temps les chinois...
        • Posté à 18h44 le 16/06/2012
        • 183102
          pendant ce temps les chinois...

        Le flair, comme vous dites, est du niveau du créneau.

        Pour ma part j’ai le sens de l’orientation. J’ai vécu dans des pays étrangers et des villes où bien des Français n’auraient pas survécu 24h, sans carte (secrets militaires) sans plans, sans noms de rue. Je suis nulle à repérer des boulangeries, comme vous dites, sur le chemin, à moins de le décider pour pouvoir retrouver mon chemin au retour.
        J’ai le goût de l’errance à pied et en voiture et je ne crois pas du tout que ce soit un truc animal du genre flair canin. C’est l’éducation.

        1) Les activités habituelles de l’enfance : les colos de l’époque, les randonnées en montagne, cueillette de champignons, le ski à l’époque où les pistes n’étaient pas si balisées et où maman n’attendait pas ses gosses, démerdez-vous... etc.
        Je n’ai jamais eu de problème avec l’espace et c’est sans doute aussi parce que ce sens était valorisé dans ma famille où on n’avait pas le droit de faire les neuneus pleurnicheurs. Ca forme.

        Je ne sais pas si vous avez connu des Espagnols dans les années 80, 90 : leur société semblait divisée en 2 catégories : les urbains et les ruraux. Les urbains n’avaient pas la moindre notion de la paire de chaussures qu’il fallait mettre pour marcher en montagne, et ils n’avaient jamais monté de tente de leur vie (ni même vu sans doute). Leur flair ? Mouaaha. Kézako ? Pour une femme de la montagne comme moi, de quoi devenir dingo avec ces messieurs (un groupe d’amis, d’ailleurs que des hommes.

        A la télé vous entendez souvent ces histoires de sens de l’orientation masculin. Alors il faut m’expliquer pourquoi les hommes que je crois ne l’ont pas, et pourquoi je l’ai.
        Je ne crois qu’à l’éducation, à l’expérience, à la vie, à l’environnement pour faire de nous ce que nous sommes. Ce que nous explique cette scientifique plus haut.

        Même cette histoire de langage est débile : les femmes auraient le langage + développé + vite.
        Il se trouve que la personne qui leur parle probablement le + est leur mère, et que leur mère se trouve être du même sexe qu’elle. Les mères s’identifient probablement + facilement qu’avec leurs petits garçons, on peut parier qu’elles parlent + aux petites filles bébés. Encore l’environnement.
        Si la charge des bébés revenaient aux pères, on peut parier aussi que les petits garçons intégreraient le langage + rapidement que leurs soeurs.

        Votre histoire « d’exception qui confirme la règle » est un truc d’école primaire. Un truc mnémotechnique pour apprendre des règles de grammaire. N’en faites pas une règle universelle par pitié.

        Par ailleurs je connais trop de monde ici et ailleurs, à l’étranger, pour ne pas avoir remarqué que tout le monde est non pas XY (car le XY détermine seulement l’appareil génital) et donc non pas « homme-femme » mais humain, comme moi, qui ne suis pas une exception, et comme vous.

        Les humains sont d’une extraordinaire diversité, ce qui déplait aux civilisations qui aiment les boites, les tiroirs, les catégories bien définies et l’ordre, mais la nature (la vie) est + finaude que nos civilisations. La preuve : les civilisations finissent toujours pas mourir, inadaptées. Tandis que la vie perdure, s’adapte...

        Moi aussi j’aime bien rigoler, mais ce n’est pas « ma nature » : c’est une adaptation, là aussi. Tout le monde sait quelle est la fonction de l’humour. Non ?

        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à valentiane
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 19h05 le 16/06/2012
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          Votre commentaire m’a séduit.
          Il m’a même presque convaincu que je vais un peu trop loin.
           ; -)))

          La mysoginie est simplement une belle connerie,
          mais on ne peut pas rigoler franco si on n’en sort pas une.

          On a même le droit de rigoler de sa propre connerie.

      14 autres commentaires
  • soutenable lourdeur du néant
    • Posté à 17h10 le 16/06/2012
    • Internaute 134590

    « il est certain que la femme possède d’une intelligence plus mémorielle que les hommes - qui sont plus géographiquement cadrés - et qui ont par exemple moins tendance à s’égarer en bagnole, faute de carte crédible. »

    CERTAIN ? ? ? ? BEn mon cochon... Sources, svp ?

    « La femme se souviendra qu’il faut tourner à droite après une “ boutique de ”, alors que l’homme se fie davantage à son instinc magnétique pour garder le nord.

    Une femme ne sait jamais quel chemin prendre en voiture (par exemple)...
    ...mais elle sait “ qu’il ne fallait surtout pas passer par là ” - c’est tout ! “

    Et ben... quand on pensais que vous aviez touché le fond, on vous surprend en train de creuser encore.

    Comme quoi, de bons ‘gauchistes’, si sûrs de leur humanisme et de leur respect de tous les humains, noirs, femmes, gros et maigres, peuvent souvent ètre es machistes de la pire espèce.

    Vos commentaires ne me font pas souvent bondir, mais celui ci rattrape tous les autres. Alors, pour faire dans la pédagogie basique (vu où vous en êtes...), on va remplacer ‘femme’ par ‘noir’, dans votre texte, et le mettre au goût du jour :

    ‘Le Noir se souviendra qu’il faut tourner à droite après un bananier, alors que le Blanc se fie davantage à son instinc magnétique pour garder le nord, (d’où il vient, comme l Père Noël et la fille de la chanson de Dylan).

    Un Noir ne sait jamais quel chemin prendre en voiture (par exemple, mais ça marche aussi avec le taxi brousse)...
    ...mais Il sait qu’il ne fallait surtout pas passer par là ’ - c’est tout ! Ils sont tellement instinctifs, ces petits animaux là... Et ils ont le rythme dans la peau ! ! !

    Par contre, les arabes lisent très bien les cartes... c’est d’ailleurs pour cela qu’il faut se méfier... ils ont l’intelligence mauvaise, pas comme nos amis blackos qui sont de grands enfants.

    BRAVO, YVON LE ZEMMOURION ! ! ! !

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à soutenable lourdeur du néant
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 17h29 le 16/06/2012
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Question itinéraire, je taquine souvent ma propre épouse sur le sujet.

      Pour les créneaux, demandez simplement aux moniteurs auto-école.
      Pour le reste, hors quelques cas, la femme semble avoir peur au volant.
      ...et conduire avec la peur de croiser une bagnole, c’est pas bon !

      Quant à vos comparaisons avec les blacks et leurs taxi-brousse...
      ...je ne vois pas trop ce que cela vient faire dans ce débat là.

       
      • soutenable lourdeur du néant
        • Posté à 17h40 le 16/06/2012
        • Internaute 134590

        « Quant à vos comparaisons avec les blacks et leurs taxi-brousse...
        ...je ne vois pas trop ce que cela vient faire dans ce débat là. »

        Ben c’est bien ça le problème. Vous ne voyez pas que le sexisme est un racisme. C’est vraiment inquiétant, parce qu’en plus, vous n’êtes pas le seul... la majorité de mes potes français sont comme vous, c’est bien pour ça que je vous pourris en toute amitié ! ! !

        Merde les gars, ouvrez les yeux ! ! ! ! !

        Vous ne comprenez pas ce qu’il y a de problématique à aller expliquer à quelqu’un comment il doit penser, ressentir, vouloir, agir, aspirer, aimer, concevoir, travailler, parler, etc... en fonction de son sexe ?
        Vous rendez-vous compte que c’est EXACTEMENT le même raisonnement qui pousse à dire que les Noirs sont doués pour le sport et ont le rythme dans la peau, les chinois sont « génétiquement » travailleurs et se contentent de peu, les juifs sont radins, etc...

        Merde, vous voyez pas ou vous ne VOULEZ pas voir ? ? ?

        PS : « la femme semble avoir peur au volant »

        LE juif semble aimer l’argent
        LE noir semble être affectueux
        LE jaune semble être travailleur
        LE gros est un paresseux
        LE maigre ne sait pas s’amuser
        LA blonde est conne
        LE petit est hargneux...

        On continue ? Vous avez l’air d’être doué...

        Oh, et PPS : les femmes payent moins cher d’assurance. Ça doit être car elles conduisent moins bien. Logique.

      • soutenable lourdeur du néant
        • Posté à 17h44 le 16/06/2012
        • Internaute 134590

        Encore PS : avez vous fait un sondage auprès des moniteurs d’auto-école ?

        Encore un petit pour la route : Je suis géographe... et j’ai fait des sports de pilotage pendant 10 ans... Je vais chercher ce soir, d’après votre raisonnement, je devrais me découvrir un braquemard caché...

        C’est mon doux, qui va tirer un gueule de 3 pieds de long...

      • Le Syndicat
        Le Syndicat répond à Yvon le Zébulon
        [Vieux con]
        • Posté à 20h25 le 16/06/2012
        • Internaute 157392
          [Vieux con]

        Les auto-école et leurs moniteurs sont souvent limités coté neurones !
        A la question :
        Apprenez vous à vos élèves les techniques de freinage
        Réponse :
        Non, cela nous coûterai beaucoup trop cher en plaquettes.

        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à Le Syndicat
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 21h04 le 16/06/2012
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          « Les auto-école et leurs moniteurs sont souvent
          limités coté neurones !
           »

          En tout cas, les moniteurs (et monitrices) d’auto-école ne sont pas plus cons que les flics qui s’octroient le droit de sanctionner notre façon de conduire en se basant sur un « manuel », faute de pouvoir apprécier d’eux-même la réalité du terrain : Seul détail > Ils sont habilités pour ça !

          ...assermentés, devrais-je dire, mais on se demande pourquoi.

          Comme disait Coluche, le Képi nuit au fonctionnement du cerveau

      4 autres commentaires
    • valentiane
      valentiane répond à soutenable lourdeur du néant
      pendant ce temps les chinois...
      • Posté à 19h36 le 16/06/2012
      • 183102
        pendant ce temps les chinois...

      « Le Noir se souviendra qu’il faut tourner à droite après un bananier, alors que le Blanc se fie davantage à son instinc magnétique pour garder le nord, (d’où il vient, comme l Père Noël et la fille de la chanson de Dylan).

      La femme rit + à l’humour d’un soutenable qu’à celui d’un zébulon ! Comme quoi... (nan, rien.)

  • jino83
    • Posté à 00h45 le 17/06/2012
    • 159282

    La première chose qui m’est venue a l’esprit avec votre dessin , c’est borloo en train de pisser dans le réservoir pour faire le plein : -)

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à jino83
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 09h14 le 17/06/2012
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Juste pour les 24 h du Mans,... voilà qui tombe à pic !
       ; -))

  • idobox
    idobox
    Doctorant
    • Posté à 13h27 le 16/06/2012
    • Internaute 187575
      Doctorant

    Il est important de rappeler qu’en tant qu’humains, notre comportement n’est pas déterminé par quelques hormones. Statistiquement, la différence entre individus est plus importante qu’entre sexes ou ethnies.
    Mais on ne peut pas dire que ça ne joue pas, ou qu’il n’y a pas de différence entre hommes et femmes. Les détenus ont en moyenne un taux de testostérone plus élevé que le reste de la population, et ce taux baisse chez les papas. La testostérone influence notre comportement, comme tout un tas d’autre substances, même si elle ne le détermine pas.

    • Gérard Manhut Aussichot
      • Posté à 13h48 le 16/06/2012
      • Internaute 167544

       ? ? ? ? ? ? ?

    • valentiane
      valentiane répond à idobox
      pendant ce temps les chinois...
      • Posté à 19h50 le 16/06/2012
      • 183102
        pendant ce temps les chinois...

      « Les détenus ont en moyenne un taux de testostérone plus élevé que le reste de la population, et ce taux baisse chez les papas. La testostérone influence notre comportement, “blabla... Dites-vous.

      C’est pas la peine d‘’aller relever le taux de testostérone des taulards, vous n’avez qu’à me demander, je le sais qu’il est élevé ;
      Idem élevé chez les soldats en opération.

      A votre avis pourquoi ?
      Sont tous nés avec un taux de T. maximum les taulards et les soldats en opération ?
      Et les papas sont tous nés avec un taux minimum ?

      Ce n’est pas la testostérone qui INFLUENCE notre comportement, c’est l’environnement.

      Donc votre ex. 1 : la taule.
      Environnement angoissant et dangereux. Il faut y faire sa place, se défendre des agressions et être prêt à se montrer + agressif que les autres, pour se protéger (se faire respecter).
      C’est la taule qui INFLUENCE le comportement de ces taulards, et cet environnement DEMANDE’” à la testostérone d’augmenter son taux pour que l’individu soit prêt à réagir de façon adaptée dans le contexte dangereux et hostile de la prison.

      C’est la même chose sur les champs de conflit guerriers : le taux de testostérone augmente considérablement, y compris chez les papas les + doux habituellement. Ils doivent se rendre prêts à tuer, massacrer, ils violent en passant... et le tout sans état d’âme. La testostérone permet cela, parait-il (en taux élevé).

      Votre ex 2 :
      les papas. Ben ils sont cools chez eux et leur fonction est de protéger la maisonnée, notamment le petiot. La maison est confortable, bien décorée par madame, des fleurettes par-ci, du rose par-là... Bref, un environnement propre à rassurer tout le monde.
      Le cerveau fait baisser le taux de testostérone afin que monsieur ne se mette pas à bondir sur madame ou ses gosses pour les éventrer et soit en condition de les choyer et de les protéger.

      Prenez un de ces papas et mettez-le en taule. Ou mieux : balancez-le subitement sur un front quelconque bien craignos... C’est que ce papa va changer du tout au tout ! Pas le même homme ? Si, le même homme. Dans un environnement différent, c’est tout.

  • Stèles
    Stèles
    Vive les sanibroyeurs !
    • Posté à 14h08 le 16/06/2012
    • Internaute 168092
      Vive les sanibroyeurs !

    Hume proposait la description suivante de la « nature humaine » : nous avons des tendances dans un hypothétique état de nature, et nous construisons à partir de là la société, nos valeurs (justice, morale) et même le moi.

    Ces tendances (aussi élémentaires que de s’accoupler) nous déterminent donc en un sens et pourtant ne nous déterminent pas tout court : nous avons tendance à vivre en société, mais c’est nous qui faisons quelque chose de ces tendances dans la société où nous vivons.

    La culture est donc une construction et en même temps un fait de nature. Notre identité est forcement construite, mais c’est une tendance naturelle.

    Bien que Hume n’avait pas accès bien sûr aux connaissances exposées ici sur le cerveau, je pense qu’il y verrait une confirmation de sa thèse : la nature du cerveau, c’est d’être plastique, le biologique nous déterminerait donc à être changeants, et non à posséder telle ou telle identité. La nature de ce que nous sommes, c’est de ne pas avoir de nature à proprement parler, et pourtant cela ne veut pas dire que nous ne nous efforçons pas à être quelque chose, au contraire.

    • soutenable lourdeur du néant
      • Posté à 14h14 le 16/06/2012
      • Internaute 134590

      Et c’est là qu’une petite nuance, vite abordée, mène aux pires interprétations...

      1. ces « tendances » (on parlera d’instincts, non ?) Sont en fait limités à nos fonctions biologiques les plus strictes. De plus, il n’existe aucune relation causale entre ces instincts et les comportements humains. Relation, oui, mais pas causale, obligatoire, arithmétique.

      2. Ces « tendances » ne sont pas sexuées. Nous avons tous et toutes les mêmes : se nourir, se reproduire, être protégé des dangers, vivre en société.
      Il serait parfaitement abusif, puisqu’on ne l’a jamais prouvé, d’affirmer l’existence d’instincts différents chez les mâles et les femelles.
      QUe les sociétés, humaines comme animales, sexualisent ces instincts et produisent des réactions différentes chez les sujets, pourquoi pas... of course !

      Avez vous une référence de Hume ? Depuis ma terminale que j’avais pas entendu ce nom, mais je ne m’en souviens que du bon...

      • Stèles
        Stèles répond à soutenable lourdeur du néant
        Vive les sanibroyeurs !
        • Posté à 14h23 le 16/06/2012
        • Internaute 168092
          Vive les sanibroyeurs !

        J’avoue ne pas comprendre le sens de votre message.

        Le point 1 correspond à ce que dit Hume, puisque celui-ci nie la certitude de la relation causale, et c’est ce qui l’amène à expliquer par des tendances (et non des instincts, ce sont plutôt des dispositions qui peuvent se manifester sous différentes formes) les comportements humains. Je ne pense qu’il y ait de déterminisme biologique chez Hume.

        Du coup, c’est compatible avec le point 2 : les tendances de Hume ne sont pas des lois de notre nature qui fonderaient mécaniquement par exemple nos valeurs, nos préférences, etc. L’originalité de Hume, en tout cas, pour l’époque, c’est de rejeter l’idée d’une nature humaine, mais aussi l’opposition nature/culture ou encore les déterminations nécessaires de la dernière par la première.

        Pour les références, vous avez tout le Traité de la nature humaine.

         
        • soutenable lourdeur du néant
          • Posté à 14h30 le 16/06/2012
          • Internaute 134590

          euh... j’étais d’accord avec vous, je soulignais le maillon un peu délicat du raisonnement à partir duquel on pouvait tricoter le beau sophisme dont les misogynes font un usage constant...

          Car c’est le raisonnement que vous résumez ici qui est toujours la base logique qui est récupérée et faussée pour justifier les pires différentialismes.

          Il me semble aussi important de présenter ce raisonnement que de souligner les points qui, s’ils ne sont pas clairement précisés, peuvent être corrompus.

          Merci pour la ref, je vais à la biblio de ce pas.

          • Stèles
            Stèles répond à soutenable lourdeur du néant
            Vive les sanibroyeurs !
            • Posté à 15h34 le 16/06/2012
            • Internaute 168092
              Vive les sanibroyeurs !

            Je comprends. D’ailleurs, Hume n’échappe pas lui-même à une justification de certaines différences sociales ; si mes souvenirs sont bons, il y a par exemple l’opposition riches/pauvres qui ne lui fait pas vraiment honneur...

            Sa méthode, qui est surtout dans le Livre I, est la partie la plus intéressante ; la suite qui consiste à mettre en œuvre son projet est parfois moins audacieuse que le projet lui-même. Mais il y a d’excellentes choses, comme les passages sur le moi auxquels j’ai fait allusion et qui peuvent servir à déconstruire la notion d’identité.

        3 autres commentaires
    • valentiane
      valentiane répond à Stèles
      pendant ce temps les chinois...
      • Posté à 20h25 le 16/06/2012
      • 183102
        pendant ce temps les chinois...

      « Hume proposait la description suivante de la “ nature humaine ” : nous avons des tendances dans un hypothétique état de nature, et nous construisons à partir de là la société, nos valeurs (justice, morale) et même le moi. »

      Je gage que ce Hume n’avait guère voyagé. Ou il aurait remarqué l’incroyable diversité humaine et sociale à travers la petite planète.
      Les rôles qui sont masculins ici sont féminins ailleurs et vice versa.
      Les qualités qui sont masculines ici sont féminines ailleurs et vice versa.
      De même la morale : ce qui est bien ici est mal ailleurs et vice versa. (on s’expose à de droles de situation en voyageant, et on juge rapidement les autres selon nos codes.)
      Si le monde est de + en + le même partout, c’est la télé, c’est l’amérique, c’est le capitalisme, c’est internet, c’est ce que vous voulez, mais c’est en aucun cas la nature.

      « Ces tendances (aussi élémentaires que de s’accoupler) “
      Non : l’accouplement n’est pas ‘élémentaire’ chez l’homme.

      Voyez : dans l’immense Chine ils envoient des expositions itinérantes pour montrer aux couples mariés ce qu’il faut faire et comment. Il y en a bcp qui ne savent pas, alors ils ne font pas d’enfants... Une société reculée privée de modèles (porno, prostitution, transmission orale des parents, visualisation de la chose d’une manière ou d’une autre...)

      Quant à l’allaitement, il n’est pas instinctif non plus. La preuve : bien que sachant quelles parties de mon anatomie je devais utiliser pour cela et ce que faisait le bébé dans quelle position, je ne savais pas comment faire (tres jeune, télé qui ne montre jamais ces choses, autrefois et maman qui n’a jamais rien dit). Il a fallu me le montrer. Eh oui.
      Dans les sociétés d’autrefois, on voyait les femmes allaiter autour de soi, plus maintenant. On voit des gens donner le biberon. Or, c’est comme pour la traite des vaches, il y a une technique.

      Comme quoi les croyances... L’instinct, chez l’humain : je me demande s’il en reste un seul ! Nous sommes devenus 100% produits culturels. Et d’ailleurs si vous vous installez à l’étranger pour un long séjour, vous vous en rendrez compte tout de suite.

      ‘la nature du cerveau, c’est d’être plastique, le biologique nous déterminerait donc à être changeants, et non à posséder telle ou telle identité.

      Absolument : la preuve, voyez Carla Bruni, sa transformation après avoir épousé Sarkozy, et surtout intégré le sérail des bourgeoises qu’elle n’avait pas trop fréquentées jusque là !

      Une autre preuve : lorsque vous vivez parmi les Martiens, dans des sociétés extrêmement différentes de la vôtre, votre cerveau reprend tout de zéro. C’est très sensible dans les pays vraiment différents : le cerveau se branche d’abord sur la reconnaissance des visages féminins (très différents de ceux de votre mère, votre gd-mère et votre prof de maths), une fois qu’ils sont bien intégrés le cerveau passe au corps masculin (tellement rien à voir avec celui de votre père etc.) Etc.

      A la fin vous rentrez chez vous presque martien. Même le corps a changé, la pousse des cheveux, la silhouette...
      Il y a des pays dont on ne revient pas : ils modifient profondément et jusqu’à vous rendre étrange(r) chez vous. Voire dépressifs, incapables de se réadapter à un ancien modèle alors que le cerveau a engrangé tant de données nouvelles, trop puissantes pour être évacuées.

      J’aimerais savoir ce que Hume appelait un fait de nature’ dans la culture.
      Des exemples auraient permis de voir à quoi il pensait précisément.

  • soutenable lourdeur du néant
    • Posté à 14h09 le 16/06/2012
    • Internaute 134590

    où l’on comprend que les neurosciences sont encore à leurs premiers pas, tâtonnement, explorations et questionnement.

    Merci Renée Greusard madame Vidal, de remettre un peu de raison dans cette fureur de différencialisme biologique. Merci aussi de remettre un peu de rigueur dans ce déferlement de pseudo-sciences.

    À lire, partager, faire lire (et faire re-re-re-re-lire aux minus habens machistes qu’on se coltine tous un jour ou l’autre)

  • nemotyrannus
    nemotyrannus
    en personne
    • Posté à 14h10 le 16/06/2012
    • Internaute 157157
      en personne

    Enfin un article avec une personne du milieu et pas un idéologue quelconque.

    Il me semble évident qu’un cerveau qui vit dans tel milieu se développera différemment que celui étant dans un autre milieu .

    Par contre c’est très intéressant lorsqu’elle parle des hommes et des autres animaux , elle semble elle même parler d’ une sorte de déterminisme biologique (« on réagit pas comme eux car notre cerveau est différent ») alors qu’elle les combat.Peut-être un petit sursaut d’égo d’Homo Sapiens.
    Elle a pas tout à fait tort non plus car on ne développe pas forcément une conscience de soi PARCE QUE l’on est humain , ça aide c’est sûr mais ne détermine pas obligatoirement.il faut savoir que le contexte,l’exterieur en gros les conditions dans lesquelles on grandit jouent beaucoup sur ce point. Et vivent le contact avec les autres.

    De même qu’on développe les caractéristiques de notre espèce (pas physiques,hein), la conscience de soi par exemple , en étant au contact de nos semblables , il est normal de se demander si ne fréquenter que des gens du même sexe durant l’enfance ou des gens croyant que tel comportement est propre à tel sexe , par exemple les parents , ne modèle pas notre cerveau là aussi .

    Quelqu’un parlait de la testostérone , des hormones ...etc ,ça aide mais n’est pas si caractéristique ni représentatif.

    Et ce que l’on croit « normal et naturel » ne l’est pas tant que ça.
    En chamboulant un peu les choses , les valeurs et les besoins de notre société on pourrait , peut-être ,je dis ça comme ça,arriver à ce que ce soient les filles qui développent le plus de testostérone.

    Dur dur ces questions.

  • Brachamul
    Brachamul
    Multi-Taskeur
    • Posté à 14h16 le 16/06/2012
    • Internaute 94825
      Multi-Taskeur

    Very intéressant. J’aimerai plus d’interview de ce niveau dans Rue89 !

  • miakhi
    miakhi
    ni frigide ni barjot
    • Posté à 14h32 le 16/06/2012
    • Internaute 168781
      ni frigide ni barjot

    Alors évidemment, après tout ça... parler d’une différence entre les ’races’...
    On voit bien que c’est un parti-pris idéologique qui ne repose sur rien de scientifique.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 14h36 le 16/06/2012
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Les hommes et les femmes ont-ils le même cerveau ? »

    ► Absolument,
    sauf les femmes.

  • Loup de Nissac
    Loup de Nissac
    Nietzschopathe
    • Posté à 14h43 le 16/06/2012
    • Internaute 130344
      Nietzschopathe

    Mme Catherine Vidal.......je vous aime ! ! ! ! !

  • Deamon7
    Deamon7
    Petit agité
    • Posté à 15h00 le 16/06/2012
    • 49273
      Petit agité

    Ouais, ben c’est bien gentil tout ça...on en reparlera quand il faudra porter quelque chose de lourd.

    • Pili pili
      Pili pili répond à Deamon7
      Piment d'oisif
      • Posté à 15h25 le 16/06/2012
      • Internaute 188535
        Piment d'oisif

      ..et ouvrir des huitres avec deux verres dans le nez.

      • Le Gaspésien
        • Posté à 16h46 le 16/06/2012
        • Internaute 119587

        moi, chu un homme mais non.
        Ouvrir les huitres même à jeun, c’est pas les huitres que j’ouvre mais ma main gauche

         
        • soutenable lourdeur du néant
          • Posté à 17h12 le 16/06/2012
          • Internaute 134590

          OULAAAAAAAA mon pauvre monsieur, vous devez avoir un chromosome Y corrompu par les féministes qui oeuvrent dans les maternités ! ! ! ar tout le monde le sait, le gène des huîtres est entre celui du foot et celui du poil dans la main, sur le chromosome Y ! ! !

           ; -))

          Le bonjour en Gaspésie... Là-bas aussi, l’été arrive enfin ?

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