Témoignage 14/02/2012 à 12h49

Je suis pansexuel, j'aime les hommes, les femmes, les trans, etc.

Christophe Madrolle | Artiste pansexuel


Christophe Madrolle (DR)

J’aime tout le monde. Je suis donc pansexuel.

Je fais partie de cette génération qui accepte mal qu’on lui impose des frontières ; géographiques, sociales ou plus intimes.

Au collège, je suis tombé amoureux de Sylviane, de Claire, d’Aymeric, de Marie, de Nicolas, d’Emilie et même de mon professeur d’histoire-géo. Et je ne suis sorti avec personne. Probablement trop moche, ou trop seul.

Making of

A la fin du mois de janvier, Christophe Madrolle nous a écrit un e-mail. Il voulait nous présenter « son nouveau clip, “Le Point G”. Un clip pour... les pansexuels. » Les « pan quoi ? » avons-nous demandé ? Christophe a accepté de nous éclairer, de nous raconter son histoire et sa perception de la sexualité. R.G.

Mais ce que je retiens de cette période, c’est que je n’ai jamais cherché à appartenir à une communauté. A savoir si j’étais gay, ou bi, ou hétéro. Je m’en fichais.

Les choses ont commencé à évoluer vers 17 ans, lors de mes premières embrassades avec Magalie. Et Joris ! J’ai enchaîné les histoires de cœur et les breaks sentimentaux pour savoir qui j’étais. J’aime les filles ? Oui ! J’aime les garçons ? Aussi ! Et tout un tas de questions : dois-je choisir ? Suis-je bi ? Ou juste homo ? Est-ce provisoire ? Est-ce normal ? Une torture mentale quand on ne sait pas.

Dire que j’étais bi ? L’idée ne me plaisait pas

Je me suis alors réfugié dans la musique et j’ai commencé à écrire. Cette recherche d’identité, ce mal-être a duré plusieurs années. Il s’exprimait plus ou moins par période. Ça allait mieux quand j’en parlais dans mes textes.

Quand on me demandait où je me situais sexuellement, je ne disais pas que j’étais bi. L’idée ne me plaisait pas, car cette catégorie me semblait exclure certaines personnes.

Je ne me suis pas autoproclamé pansexuel pour faire parler de moi. Il est vrai qu’il y a un an de cela, je ne savais même pas que ce terme existait. Je l’ai découvert par hasard sur Internet en participant à un forum de discussions sur la sexualité. Ce jour-là, j’ai été heureux. J’ai trouvé ce terme beau et je me suis intégralement reconnu là-dedans.

Le premier trans qui a fait battre mon cœur...

La pansexualité se traduit par une attirance sexuelle et sentimentale, sans considération pour le genre ou le sexe. C’est une définition standard. Mais c’est moi ça !

Le sexe de l’autre n’a pas d’importance, car j’ai du plaisir quel qu’il soit. Ce n’est pas parce qu’une femme n’est pas « 100% féminine » qu’elle ne m’attire pas, ce n’est pas parce qu’un homme n’est pas « 100% masculin » qu’il ne m’attire pas.

Je n’ai jamais couché avec quelqu’un qui a un sexe masculin et une poitrine de femme, mais ça ne me dérangerait pas. Je sais que beaucoup de gens seraient dégoûtés par cette idée, moi, au contraire, je trouve que cela peut-être excitant. Je ne me focalise pas là-dessus.

Il y aussi plein d’autres choses qui entrent en compte : le look, les idées, les goûts. Quand on est pansexuel, on prend surtout en compte la personnalité de celui ou celle que l’on rencontre.

Le premier transsexuel à avoir fait battre mon cœur s’appelait Fragile. Il animait des soirées karaoké sur Tours. Je lui ai chanté « Aimé déjà » de Lara Fabian, et il m’a regardé avec des yeux… qui en disaient long ! Il n’a jamais su qu’il m’avait séduit. Ça fait cinq ans.

On peut être pansexuel et fidèle

Depuis, je suis sorti avec d’autres. J’ai toujours admiré ce côté indompté que dégagent les transsexuels et les travestis. Ce sont souvent de vrais artistes affirmés, drôles, et avec du caractère. Et puis c’est courageux de faire ce choix. Si j’avais souhaité être une femme, je ne sais pas si j’aurais eu le courage d’aller jusqu’au bout de mon idée. Je suis très admiratif de ça.

Mon quotidien sentimental, c’est donc de me promener en regardant ceux qui attirent mon attention. Je me retourne sur une belle poitrine, de jolies fesses, un torse musclé, un regard aguicheur. Je passe des soirées à côtoyer les filles, les garçons, les travestis, les transsexuels.

Pour moi, le désir et l’excitation sont différents avec chacun, et ça va plus loin qu’une simple différence de pratique ou de pénétration. Du moment que la personne est séduisante, et que le feeling est là, c’est simple ! Tellement simple d’aimer tout le monde !

Etre pansexuel ne signifie pas pour autant que l’on s’autorise tout et n’importe quoi. On peut être pansexuel et vouloir être fidèle. Et ne pas tenir compte du sexe ne veut pas dire non plus qu’il n’y a aucune limite. L’âge par exemple.

Si tout le monde était pansexuel...

Aujourd’hui, je me sens fier d’être pansexuel ! Fier d’en parler et fier de l’être. Je me sens riche et inspiré. Il faut être mature pour assumer ça.

Je n’ai d’ailleurs pas fait de « coming out », je n’en ai pas eu besoin car tout le monde sait que je suis pansexuel. Mes amis ont écouté mes morceaux, ils ont vite compris. Les gens en parlent bien sûr, mais d’une manière assez réservée. Et j’apprécie.

Je ne suis pas militant ou prosélyte, mais si tout le monde était pansexuel, il y aurait moins de conflit. A être pansexuel, on devient compréhensif, conciliant car on apprend à harmoniser nos désirs avec nos partenaires. On devient donc le partenaire idéal et le parfait conjoint.

Aller plus loin
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  • Sethtes
    Sethtes
    Mega Culpa
    • Posté à 13h04 le 14/02/2012
    • Internaute 86642
      Mega Culpa

    Tout allait bien, votre article était intéressant et refraîchissant. Jusqu’à ce moment précis...

    « A être pansexuel, on devient compréhensif, conciliant car on apprend à harmoniser nos désirs avec nos partenaires. On devient donc le partenaire idéal et le parfait conjoint. »

    Vous prônez un discours ouvert, libre et accueillant. Là, on tombe dans un angélisme moral assez difficile à supporter et qui vient parler « d’idéal et de perfection ». C’est très présomptueux et surtout complètement décalé de la réalité de vouloir se décrire comme le « partenaire idéal et le parfait conjoint ».

    Un couple, de quelle nature qu’il soit, n’est jamais et SURTOUT pas composé de partenaires idéaux et parfaits. Les imperfections sont justement une des sources de désir et de plaisir dans une relation. Si vous tendez à toute forme de perfection, vous en oubliez ce qui fait l’homme : le manque, l’imperfection, la « non-finitude ».

    Dommage. J’étais plutôt emballé au début.

  • islands
    islands
    Ilien
    • Posté à 13h36 le 14/02/2012
    • Internaute 151030
      Ilien

    C’est une tribune qui contient un nombre incalculable de « je », « moi » : assez typique du nombriliste. Ce qui compte : c’est mon bonheur, ma satisfaction, mon plaisir, les limites des autres m’importent peu tant que je suis content, « moi ».
    L’etat du monde, de la planete, des autres... bof, je me focalise sur « mon » plaisir, de preference sexuel.
    C’est bien.
    Continuez ainsi, et ayez si possible une vie heureuse.
    Pour moi ce qui compte, ce sont les autres. J’ai deja resolu mon bonheur, maintenant je m’attache a celui des autres. Chacun son truc, bonne route a vous !

  • barbouille
    barbouille
    surfeuse
    • Posté à 13h45 le 14/02/2012
    • Internaute 62861
      surfeuse

    ah pansexuel c’est avoir bon appétit sans regarder le contenu de l’assiette, du moment que ca se mange.

  • super_lapin
    super_lapin
    couillon de la classe moyenne
    • Posté à 13h53 le 14/02/2012
    • Internaute 135884
      couillon de la classe moyenne

    En attendant, on aura tous appris un nouveau mot aujourd’hui !

  • NEMROD34.
    NEMROD34.
    Tue des chats, mange des enfants
    • Posté à 14h04 le 14/02/2012
    • Internaute 159387
      Tue des chats, mange des enfants

    « Je fais partie de cette génération qui accepte mal qu’on lui impose des frontières ; géographiques, sociales ou plus intimes. »

    Je ne vois pas le rapport avec la sexualité, je suis plutôt libre mais hétéro, personne ne me pose cette « frontière » elle est simplement là, un corps masculin ne m’inspire pas, c’est tout. Dois-je me forcer ?
    Et comment dire ça alors que toi même tu te colles une étiquette ?

    « Je ne suis pas militant ou prosélyte, mais si tout le monde était pansexuel, il y aurait moins de conflit. »

    Si , tu l’es, ce n’est pas un mal mais tu l’es.

  • toff de aix
    toff de aix
    vaguement tranquille
    • Posté à 14h20 le 14/02/2012
    • Internaute 115770
      vaguement tranquille

    c’est marrant mais le gars dit « je n’ai jamais cherché à appartenir à une communauté. A savoir si j’étais gay, ou bi, ou hétéro. “

    et pourtant en se disant ‘pansexuel’ il se place d’office dans une nouvelle catégorie. comme quoi le besoin d’appartenance à une communauté, quelle qu’elle soit, est toujours très fort. Qu’on le dise ou non, qu’on l’affirme ou non, ou même qu’on en dise le contraire.

    De toutes façons arrête de te cacher, Bryan Molko, on t’a reconnu ! ;)

  • Jerome_B
    Jerome_B répond à islands
    • Posté à 15h03 le 14/02/2012
    • Expert 81512

    Vous soulevez une question intéressante mais que vous ne résolvez pas pour autant.
    Un certain nombre de philosophes, par exemple, considèrent que la recherche individuelle du bonheur pour soi est une excellente approche pour accéder in fine au bonheur pour tous. Ce qui n’est pas mon opinion mais bon .....
    Premièrement, qu’est-ce que le bonheur ? Selon, moi, il s’agit de la somme des plaisirs ....
    Je ne crois pas condamnable de chercher le bonheur pour soi même à condition, effectivement, que celui-ci ne crée pas en retour, mathématiquement, plus de désagréments pour les autres qu’il n’a produit de plaisir pour soi même ... l’idéal étant le plaisir procuré à soi qui profite ou, au minimum, ne nuit pas aux autres ......
    En ce sens, je ne crois pas que le plaisir de ce jeune homme nuise à qui que ce soit ......

  • resume
    resume
    Délinquant sexuel
    • Posté à 15h16 le 14/02/2012
    • Internaute 107899
      Délinquant sexuel

    C’est un témoignage intéressant, je suis également pansexuel mais personnellement je définis le terme de façon légèrement différente, même si cela se rejoint au final.

    Pour moi la pansexualité est la négation du genre sexuel, c’est à dire que l’on regroupe toute les sexualités dans une seule et même définition, un seul et même grand sac, et on enlève toute barrière entre-elles. En ce sens ça permet de considérer sa sexualité comme n’ayant pas de limite si ce n’est la considération et le respect de l’autre, et redéfinie totalement ce qu’est la sexualité.

    C’est une façon de désacraliser la sexualité, de la séparer totalement de son rôle reproducteur, et d’ouvrir la sexualité à absolument tout les individus. Moi aujourd’hui je suis en couple avec un garçon et nous avons la même définition de la sexualité, et j’ai remarqué que ça apportait une véritable quiétude sexuel dans notre relation.

    Par contre, dans les faits, on se rends compte que culturellement, si ça passe sans trop problèmes avec les garçons, une très large majorité des filles ont beaucoup de mal avec cette définition et pour ma part, même si je me définie comme pansexuel, dans les faits ma sexualité n’est que homosexuelle.

  • cousinmachin
    cousinmachin
    humaniste misanthrope
    • Posté à 19h24 le 14/02/2012
    • Internaute 166102
      humaniste misanthrope

    Je suis très content pour vous (sincèrement).

    Je n’en ai absolument rien à secouer (sincèrement).