06/07/2011 à 09h59

Les « polyamoureux », ces « indignés » de la monogamie

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89


Un roi et ses deux reines (Marthe Poulain).

Françoise Simpère, journaliste et auteure de romans, notamment érotiques, est tombée dans le « polyamour » par hasard, dans les années 70. Elle en est devenue la théoricienne, avec son livre « Aimer plusieurs hommes », publié en 2002 et republié après augmentation en 2009 (éditions Autres mondes), et le « Guide des amours plurielles pour une écologie amoureuse » (Pocket).

Joueuse, cette croqueuse d'hommes et mordue de la vie a inventé le terme de « lutinage », un art d'apprendre à aimer au pluriel qui est aussi une invitation à s'aimer soi-même. Elle n'est pas à la tête du « mouvement » du polyamour, qui se développe notamment sur Internet, mais reste sa meilleure communicante.

Rue89 : Comment êtes-vous venue au polyamour  ?

Françoise Simpère : C'était deux ans avant mon mariage, il y a 35 ans. Lorsque mon mari a été tenté par une autre, j'ai réalisé que je n'étais pas jalouse. J'ai trouvé logique qu'il puisse avoir d'autres élans et n'ai pas pensé une seconde que ça pourrait changer l'amour qu'il avait pour moi.

J'ai été élevée dans une famille classique, monogame. Quand j'ai eu ma première relation hors-mariage, par pur désir, je me suis dit : « Qu'est ce qui m'arrive ? » Et en même temps j'étais ravie.

Depuis, c'est devenu naturel : si on rencontre quelqu'un qu'on trouve intelligent, pour lequel on a de l'affectivité, ça peut arriver aussi qu'on ait du désir. Pourquoi mettre une barrière ? Il ne faut pas sous-estimer le sexe – les relations qu'on a avec quelqu'un avec qui on ne fait pas l'amour ne pourront jamais être les mêmes qu'avec quelqu'un avec qui on fait l'amour ; ni le surestimer – quand une relation dure, le sexe passe au second plan.

Qu'est-ce que l'amour pluriel ?

C'est le fait d'aimer de façon affective, sexuelle et intellectuelle plusieurs personnes à la fois. Ce sont des relations apaisées et égalitaires. Un «  pluri  », on peut lui sauter au cou sans qu'il baisse son pantalon ni que sa copine vienne vous écorcher.

Est-ce un mouvement large dans notre société ?

Quand j'ai écrit « Aimer plusieurs hommes », j'ai reçu énormément de courriers de gens tentés par ce mode de vie. Je vois de plus en plus de jeunes concernés maintenant. Je suis ravie de ne plus être la seule porte-parole de ce mouvement, car je saturais un peu.

Pour moi, le « pluriamour » est une réponse dans la vie privée à ce qui se passe dans la vie publique. J'aimerais que les valeurs véhiculées par les « pluriamoureux », l'écoute, l'échange, la tolérance, remplacent celles de cette société capitaliste dure et possessive.

Vous dites que l'idée selon laquelle si on va voir ailleurs, c'est qu'on n'aime plus son partenaire, est à la fois «  périlleuse et sexiste  ». Pourquoi ?

Un couple solide est un couple qui partage un projet de vie. Mais ne pas avoir envie d'aller voir ailleurs est terrifiant, ça veut dire que le jour où je rencontre quelqu'un, je ferme mon regard, mes oreilles. C'est l'amour aveugle !

Personne ne peut tout vous apporter, et moi je suis ravie de pouvoir déléguer certaines missions à d'autres. Par exemple, beaucoup d'hommes ont besoin viscéralement qu'on les brosse dans le sens du poil, et je ne sais pas le faire.

Néanmoins, comment ne pas faire souffrir l'autre ?

Ça n'est jamais facile car ça va à l'encontre des valeurs dominantes de la société. Parfois, on n'assume pas, alors on arrête. Moi je suis restée avec mon mari même si j'ai parfois eu envie de le fuir. Cependant, il y a des choses que j'ai envie de vivre avec certains hommes et pas avec d'autres, pourquoi blesser les uns en racontant ce que je fais avec les autres ?

Et comment assumer face à la société ?

D'abord, on n'a pas besoin de raconter sa sexualité à tout le monde. Moi je ne l'ai pas cachée car je suis journaliste et j'avais envie de faire connaître ce mode de vie.

A un moment, je me suis demandé si c'est moi qui étais folle ou les autres. Je suis allée voir un psy qui en six mois m'a fait comprendre que j'étais comme ça et les gens pensent ce qu'ils veulent de moi.

Le polyamour peut-il faire durer le couple ?

Je crois que oui car beaucoup de gens divorcent lorsqu'ils font une autre rencontre, alors qu'ils aiment encore leur partenaire officiel. Je leur dis : ne faites rien avant un an, le temps que la passion hormonale soit passée. Quand des hommes veulent quitter leur femme pour moi, je leur dis  : « Doucement, on en reparle dans six mois. » Aucun n'a divorcé.

Je connais des femmes qui ont des enfants avec deux hommes, des hommes qui vivent seuls et à qui ça fait plaisir que d'autres hommes s'occupent de leur amoureuse... Il faut accepter qu'on n'est pas unique.

Le polyamour est-il universellement partagé selon vous ?

Je pense qu'on est faits pour aimer plusieurs personnes. Jamais personne n'a su me répondre à la question :

« Pourquoi serait-il mieux de n'en aimer qu'une seule ? »

Le pluriamour est libertaire, anarchiste et révolutionnaire, au sens où il s'agit d'organiser soi-même sa vie, en faisant super attention à l'autre. J'ai rencontré quelques pluri chez les « indignés », preuve qu'on se retrouve dans une contestation du monde.

Quand je suis à des « cafés poly » je me dis que si les gens en couple monogames s'interrogeaient autant sur le lien qu'ils ont avec leur époux, il n'y aurait pas de divorce.

Le sexe est-il différent chez les polyamoureux ?

Le pluri dédramatise les relations sexuelles en général. Il est moins frustré et moins obsédé. En payant dans un club échangiste, le couple monogame achète le droit de coucher avec d'autres devant son partenaire. Moi je n'aurais pas forcément envie que tout le monde me voie jouir avec tout le monde !

Nous, les pluri, vivons la sexualité comme un jeu formidable. Il y a des délires sexuels qu'on a envie de faire avec certains, et puis on est contents de rentrer à la maison. Avoir plusieurs amoureux, c'est avoir plusieurs sexualités avec chacun, découvrir des choses de soi. Moi je suis plus dans le registre de l'amitié amoureuse que dans la passion charnelle et dévastatrice. Je peux avoir des amants depuis plus de vingt ans que je ne vois que deux fois par an.

Pensez-vous qu'on est tous des polyamoureux qui s'ignorent mais que la morale nous empêche de franchir le cap ?

Le pluri peut être monogame de temps à autre, contrairement au monogame pour qui il n'y a qu'un seul modèle possible. On peut vivre tout selon les périodes de la vie. C'est beaucoup une question d'acceptation sociale. Dans les années 60, les divorcés ont été mis à l'index... comme les pluri aujourd'hui. Mais dans cinq ou dix ans, si le monde change comme je l'espère, ce ne sera plus hors-norme.

Comment sait-on qu'on est poly ou pas ?

On se sonde, on essaie, ce n'est pas un chemin facile, mais quand on voit les gens qui y sont arrivés, qu'on les voit apaisés, sereins, joyeux, sensuels, ça donne envie.

Maintenant c'est la monogamie qui me semble bizarre, je me demande pourquoi on impose ça alors que ça ne marche pas dans un cas sur deux.

Les pluri se fréquentent-ils entre eux, et que disent-ils aux monogames ?

D'abord, on ne peut vivre qu'entre soi, car on est ultra-minoritaires, je ne sais pas, peut-être 2% de la population. On fréquente beaucoup de monogames et de gens qui sont dans l'adultère et préfèrent ne pas le dire.

Parfois, on se fait un dîner entre pluri, c'est très bisounours et ça ne finit pas du tout en partouze, il y a une pudeur, surtout chez les jeunes. Quand certaines me disent « ne touchez pas à mon mari », je leur réponds de ne pas s'inquiéter, j'emprunte mais je rends toujours les maris.

Comment vos filles acceptent-elles votre mode de vie ?

Elles ont été élevées là-dedans, elles ont compris intuitivement. La peur des enfants n'est pas qu'on ait plusieurs amoureux mais que leurs parents divorcent. Si elles sont monogames, elles savent que le prince charmant est une illusion, et ça les arme dans la vie. Je remarque qu'elles sont fidèles à leurs ex, ce que je trouve plutôt bien.

Sur le Net, il y a des réseaux de rencontres de polyamoureux ?

Polyamour.info est un forum et pas un site de rencontres, mais il est probable que quelques relations s'y sont nouées, c'est normal. J'ai entendu parler de sites de rencontres où les gens s'affirment « open », mais je ne les connais pas.

Les réseaux sociaux ont surtout permis aux pluri de se sentir moins seuls, et de découvrir qu'ils ne sont pas des monstres.

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  • Dieu-Chien Cyborg
    Dieu-Chien Cyborg
    Herault Transhumaniste
    • Posté à 12h05 le 06/07/2011
      rédacteur
    • Expert
      Herault Transhumaniste

    La monogamie est un résidu, un reliquat de la puissance religieuse.
    Parmi les choses qui me dégoutent au plus haut point à l'heure actuelle, se trouve justement cette défense insensée et bec et ongles de la monogamie. Les gens ne savent même pas pourquoi ils défendent ce vieux concept, car quand on leur demandent, à peu prés tous « aimeraient bien pouvoir aller voir ailleurs »... ben ils peuvent, rien ne les en empêche... si ce n'est eux même.
    A partir du moment ou les choses sont clairement définis, ou tout le monde est au courant des faits, il n'y a pas specialement de raison de préférer la monogamie à un autre type de relations.
    Je pense même qu'un couple monogame a long terme est sans doute la pire des relations qui puissent exister, c'est un peu comme rater sa vie, et souvent finir par détester l'autre.
    Ce qui me dégoute encore plus c'est quand je vois le nombre de couples qui s'autodétruisent à cause d'histoires « d'infidélité » qui ne seraient pas arrivés si l'on arrêtais de sacraliser les relations 1-to-1-only.
    D'ailleurs, pourquoi parler de fidélité, est ce être un traitre que de ne pas accorder de sentiments qu'a une seule et unique personne ?
    Bref, vive le polyamour, vive la liberté sentimentale, vive la liberté sexuelle. Vive les relations libres !

  • Atlantis
    Atlantis
    Etudiant apolitique
    • Posté à 12h30 le 06/07/2011
    • Internaute
      Etudiant apolitique

    Je dois etre vieux con. Mais le « polyamour », (en clair, aller baiser à droite et gauche), dans le cadre d'un couple, ça existe depuis toujours. Au moins depuis l'invention de l'union homme femme. Et franchement, à part une minorité de gens particulièrement tolérants et/ou détachés (voire naifs), il y aura toujours un sentiment naturel de jalousie.
    Après, je me fous du point de vue moral, c'est entre adultes consentants. Par contre, l'espèce de coté branchouille rebelle (nous, on est polyamoureux, des gros constestataires, « tennnntttionnnn, tremble, système capitalisto-patriarcal » est un peu ridicule. Ce n'est pas en baisant, fusse de manière innovante, que l'on change la société.

  • Françoise Simpère
    Françoise Simpère répond à Asshole Parade
    journaliste, écrivain
    • Posté à 12h46 le 06/07/2011
    • Journaliste
      journaliste, écrivain

    Pas d'accord avec cette idée de « normatif », j'ai dit au contraire que les pluriamoureux vivent aussi des périodes de monogamie, de doutes, voire de solitude. Simplement, ils ne déclarent pas qu'un seul modèle est possible, ils cherchent, ils écoutent, ils essaient... et il faut, contrairement à ce quji a été dit plus haut, ne pas avoir un ego démesuré : accepter de n'être pas l'Unique de quelqu'un, c'est justement avoir un ego à la fois serein (j'existe même s'il en aime d'autres) et modeste (je ne suis pas la seule femme aimable du monde). Mais je ne pousserai jamais quelqu'un à devenir pluri s'il n'en est pas convaincu, c'est un choix qui demande mûre réflexion.

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 12h57 le 06/07/2011
    • Internaute
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    En réponse à la première question , Françoise Simpère précise d'emblée qu'elle ne s'est pas sentie jalouse lorsque son « homme » lutinait avec d'autres femmes.
    C'est là , tout le « noeud » de cette possibilité de polyamour.
    Cette putain de jalousie qui balaie les intentions les plus louables et libres.

    Comme dirait , feu Colombo, avec ma femme, nous étions partis sur les mêmes intentions ...enfin , surtout moi !

    Il ne nous a pas été possible de tenir sur la durée de cette manière.
    Elle était jalouse, triste et finalement moi aussi.
    Là n'étant pas le but recherché, car avant tout il s'agit de ne pas se blesser, de se faire souffrir, il a fallu réviser le deal.

    Mais le bat blesse encore plus le jour où les galipettes « extérieures » se transforme vraiment en polyamour !
    Car si le terme me semble plus être devenu un cache sexe pour libertinage consenti, être « amoureux » de plusieurs personnes en même temps, me semble impossible à gérer.
    Ce fut là aussi mon cas, et à ma proposition de vivre à trois, la réponse de mon épouse fut très rapide.
    Après un fou rire, accompagné d'un : « C'est vraiment une idée de mec , çà ! » , elle me somma dans l'instant de choisir.

    J'ai morflé sérieux , mais par amour , j'ai renoncé à un autre amour.
    C'est trop injuuuste ! ! !

    Aujourd'hui je suis un libertin assumé, avec comme devise « Oui à la brosse à dent, non à la valise », jusqu'à la prochaine...jalousie ?

  • Françoise Simpère
    Françoise Simpère répond à Atlantis
    journaliste, écrivain
    • Posté à 13h20 le 06/07/2011
    • Journaliste
      journaliste, écrivain

    En baisant, non. En aimant, oui. Je suis surprise que plusieurs com » parlent de consommer, de consumérisme à propos des pluriamoureux. Si vous avez plusieurs amis ou plusieurs enfants, dites vous que vous faites du consumérisme ? Non, vous les aimez, c'est tout. Les pluriamoureux, pareil. Ils ne consomment pas leurs partenaires de vie, ils les aiment, c'est tout. Et souvent très longtemps.

  • Samuel_A
    Samuel_A
    Expat'
    • Posté à 15h15 le 06/07/2011
    • Internaute
      Expat'

    L'existence du polyamour ne m'étonne pas et je ne trouve pas ça malsain du tout. Je n'émet aucun jugement moral et je vois ça même plutôt d'un bon œil.
    Il ne me parait absolument pas « anormal » de ressentir de l'affection mêlé de désir pour quelqu'un d'autre que son partenaire du moment. C'est un sentiment que je connais.

    En revanche, je me demande quel équilibre est possible avec ce mode de vie. Je veux dire, si une personne a plusieurs « couples », à moins d'être instinctivement extrêmement bien organisé et d'avoir un mode de désir particulièrement « homogène », il y en a forcément un ou plusieurs qui se retrouve un peu sur la touche.

    Comment éviter que dans un couple de polyamoureux, l'un soit nettement plus poly que l'autre, et que l'autre se retrouve donc un peu seul ?
    Comment éviter que lorsqu'une des deux personne est vraiment trop poly, son mari ou sa femme ne ressente le sentiment amer de n'être plus rien d'autre que « un bon copain » / « une bonne copine » alors que lui-même/elle-même est encore hyper amoureux de son/sa partenaire ?

    Bref, je comprends bien l'idée du polyamour et je trouve ça très séduisant, mais je dois dire (et pour avoir connu un couple de polyamoureux pour lequel l'équilibre n'allait pas toujours de soi) que je me demande jusqu'où le concept est viable à long terme.

  • Paradigm can be dangerous
    • Posté à 15h41 le 06/07/2011

    L'interview était sur le point d'être intéressante.

    Mais, malheureusement, encore une fois, il fallait que l'interviewée fasse preuve d'absence de discernement au nom d'une sacro-sainte « ouverture d'esprit ».

    Je ne vais pas porter de jugement de valeur sur le polyamour, l'intéressée a l'air d'être très épanouie au sein de ce mode de vie. Il y a quand même un énorme biais de raisonnement que je souhaite juste éclaircir, et qui prouve un certain snobisme de la rébellion. Je cite :

    « Le pluriamour est libertaire, anarchiste et révolutionnaire, au sens où il s'agit d'organiser soi-même sa vie, en faisant super attention à l'autre. J'ai rencontré quelques pluri chez les “ indignés ”, preuve qu'on se retrouve dans une contestation du monde. »

    L'argument est à la fois arrogant et snob.

    1/ En quoi le fait d'organiser sa vie, en faisant attention aux autres nourrit un projet libertaire ? Ce genre de précepte tient plus du proverbe chinois abstrait que de la ligne politique anarchisante. A ce moment là, je peux dire « qu'être un mec sympa » constitue un front anarcho-stirnerien. Bref, à côté de la plaque selon moi.

    2/ En quoi les indignés de place de la bastille sont-ils les représentants de la contestation du monde ? Par quelle supercherie d'ordre esthétique croient-ils remplacer la lutte des classes ? Les « indignés » sont bien mignons, mais ils luttent conter la difficulté de la vie, faute de pouvoir correctement mimer les vrais indignés du monde arabe d'il y a quelques mois, où les morts jonchent les indicibles espoirs de liberté contre des tyrans. En France, on n'a pas de tyran, mais on veut s'« indigner ». Du coup, on s'attaque à la monogamie, tyrannosaure dépassé, réactionnaire et beauf, qui doit être remplacé par les grandes vertus du multi-amour...

    Ce genre de contestation est bien sympa dès qu'il ne se prend pas au sérieux ; mais à partir du moment où il prétend changer le monde, on peut se poser des questions sur la nature de l'anticonformisme des gens, ultra-rebelles pour des sujets secondaires, mais ultra-consentants pour le reste des dysfonctionnements du système...

    Quand on y ajoute le mélange des genres et le manque de rigueur des propos cités, on a envie de relativiser : que vient faire la société capitaliste dans tout ce bazar ? Surtout que ce concept de polyamour, par son essence consumériste (« j'emprunte votre mari ») est parfaitement soluble dans une société capitaliste où tout est objet.

    Par ailleurs, dès que l'on affuble de « sexiste » celui qui souhaiterait relativiser les bienfaits de La Grande Vague Libératrice du Polyamour, on n'est pas loin du point Godwin.

    Muray, reviens, ils sont devenus fous !

  • Jaimz
    Jaimz
    ingénieur
    • Posté à 17h19 le 06/07/2011
    • Internaute
      ingénieur

    Intéressant, je fais un rapide parallèle avec l'article Lien, dernier paragraphe sur la JALOUSIE.
    Ayant vécu des expériences échangistes, polygames et aussi monogames, j'ai pu analyser mes ressentis et les réactions d'autrui, construire et m'épanouir.
    Difficile ensuite de critiquer quand on a vécu de façon violente la possession, la jalousie, difficile aussi de nier que ces périodes se complètent et m'ont enrichi.
    J'ai constaté surtout que j'étais victime de frustrations adolescentes, quand la timidité, le physique, le manque de confiance m'empêchaient d'exprimer pleinement ma sexualité.
    Il en ressort un besoin de posséder, protéger l'acquis physique (sans aucune considération pour la/le partenaire), un égoïsme fort et aveuglément légitimé.
    Je me suis découvert gourmand de sensation, de rencontre, d'érotisme, plus que de plaisir.
    J'aime relater mes aventures, ouvrir les yeux des plus jeunes et me rendre compte des bonnes et mauvaises choses que j'ai fait.
    Il n'y a pas de règle universelle et je pense que de nombreuses personnes ne sauront jamais vraiment s'ils étaient monogames, polygames, homo ou hétéro, car chaque personnalité peut être plus forte que le genre et la norme, et vous attirer pour votre plus grand bonheur.
    (Après des années de bisexualité, je suis actuellement en couple hétéro stable, je me sens bien avec elle, je ne peux pas dire qu'il en sera de même dans 10 ans, j'en sais rien).

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h39 le 06/07/2011
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    Une des étrangetés de cette société à la con, c'est qu'il est acceptable d'avoir plusieurs potes mais pas plusieurs meufs.
    Surtout qu'on peut être bien plus infidèle en passant tout son temps avec « juste » un ami, sans aucune relation sexuelle et délaisser totalement sa femme.

    Enfin les tenants de cette aberration se punissent tout seul, vu qu'ils passent leur temps à se prendre la tête, à s'engueuler et tout ça pour finir par divorcer puis déprimer d'être tout seul.
    Le divorce et l'infidélité, c'est génial, rien de mieux qu'une meuf toute dégouté de se faire plaquer ou énervé que son mec la trompe, bien souvent elles ont besoin qu'un inconnu les rassure sur leurs charmes... et du coup cet inconnu que je suis profite bien de la situation : D

    Mais bon, à mes yeux la femme officielle, c'est celle avec qui je couche sans capote. Donc si je commence à en avoir plusieurs et elles à avoir plusieurs mecs, ça risque de compliquer les choses et ne plus avoir de sens en tant que concept à part, car ça revient à être libertin et avoir des partenaires réguliers.

    Quoi que de la façon doit je vois les choses, la polygamie ça implique vie de couple, vie de famille, les gosses, le foyer, bref le format papa-maman mais à plus de deux.

    Alors que le libertinage serait plutôt une vie de célibataire, plusieurs partenaires sexuels ou même pour les diverses activités que l'on pratique, mais seul chez soi la plupart du temps, seul dans sa vie. Le noyau dur des relations sociales se faisant auprès d'une bande, d'une meute et non pas d'une famille au sens génétique.

  • The_black_swan
    The_black_swan
    Mauvais cygne
    • Posté à 10h16 le 07/07/2011
    • Internaute
      Mauvais cygne

    Comme beaucoup l'ont dit, pour que ce système fonctionne il ne faut pas être jaloux du tout. Sauf que la jalousie est naturelle pour l'homme, du moins la plupart des gens l'ont à plus ou moins grosse dose.

    Je sais qu'on peut aimer plusieurs personnes. Je l'ai vécu il y a quelques années. J'étais en couple mais j'ai cédé à la tentation. J'ai eu plusieurs aventures et mon copain n'était pas au courant. Et puis je suis tombée amoureuse d'une de ces personnes. J'aimais toujours mon copain et c'est là que j'ai compris qu'on pouvait aimer plusieurs personnes en même temps. Et oui, après tout, on aime tous ses enfants et pas qu'un seul. Alors pourquoi ce serait différent pour les relations de couple ?

    Mon copain est lui du genre monogame à mort ! Il est très exclusif et jaloux. J'ai fini par lui dire que je voyais quelqu'un d'autre mais que je l'aimais toujours.
    Évidemment, il m'a demandé de choisir et vu ce que je lui avais fait, j'ai décidé de le quitter. Mais très vite je me suis rendue compte que je ne pouvais pas vivre sans lui, qu'il était l'homme de ma vie... malgré mon penchant pour le « pluri ». Il m'a reprise, m'a pardonnée mais je sais qu'il souffre toujours de cette histoire.

    Et en y réfléchissant, j'ai compris que moi même j'étais jalouse et que je ne supporterais pas qu'il aille voir ailleurs comme je l'ai fait. Ça m'a étonnée puisque moi même j'ai le coeur plus volage. Alors pourquoi je m'accorderais quelque chose que je lui refuserais ?
    De ces réflexions, il m'est apparu que je pouvais aimer plusieurs personnes, mais que j'aimais aussi être la seule et l'unique pour mon compagnon. J'aime le fait qu'il ne voit que moi, que je lui sois indispensable.

    Je déteste le principe de faire quelque chose que je ne supporterais pas de la part de l'autre alors je ne le fais plus. Oui, j'ai choisi de rester monogame. Non, ça n'a rien à voir avec le sacro-saint principe imposé par notre société. Ça vient de ce que l'on est humain, avec nos faiblesses. Nous pouvons avoir le coeur volage, mais être en même temps jaloux et possessif. Pour ceux qui ressentent les 2, il faut faire un choix.

    Alors oui, je me frustre constamment. Oui, quand je vois un beau mec, je laisse s'envoler mon imagination et ne fais rien. Oui, je m'interdit même de sympathiser avec certains hommes avec lesquels je sens que ça pourrait « déraper ». Et tous les jours, je me demande si mon envie de séduire et d'être séduite est bien enfermée et ligotée au fin fond de moi même.

    Et ben vous savez quoi ? Je suis quand même plus heureuse maintenant que je ne l'ai jamais été. Je suis maintenant mariée à cet homme qui était fait pour moi. Nous avons une petite fille et j'aime plus que tout ma vie. J'accepte de bonne grâce toute cette frustration pour mon bonheur actuel.

  • sfio
    sfio
    Peintre
    • Posté à 12h18 le 07/07/2011
    • Internaute
      Peintre

    C'est une formule de vie particulièrement humaniste qui semblerait idéale dans un monde ou la société serait tournée vers plus d'échanges, de partages, de tolérance, de liberté, sans propriété privée ou juste ce qu'il faut pour exister sans priver son voisin d'être libre de jouir sans entrave… plus d'ordre, ni de pouvoir, ni de possession… ha oui vraiment une formule idéale, égalitaire, aimer, désirer ds l'harmonie sans limite ! qu'est-ce que c'est beau tout ça ! mais on en est vraiment loin très très très loin ! ! ! ! il faut arrêter de rêver ! ! ! ce monde n'est malheureusement pas pour nous en tout cas pas pour tout de suite et peut-être jamais il ne verra le jour, la plupart des hommes sont bien trop tournés vers leurs intérêts personnels, individuels et se foutent du collectif, ce qu'il veulent c'est le pouvoir, posséder pour dominer ! c'est le cerveau reptilien, l'animalité qui hante l'humanité, le plus grand ennemi de l'homme… qui n'est pas près d'être vaincu ! ! . Comment dépasser tout ça et vivre amoureusement à contre-courant, comme des hommes et non comme des animaux ? j'ai essayé mais c'est très compliqué cette histoire de partage des sentiments et de la sexualité avec plusieurs partenaires… tout le monde ne dit pas tout et souvent on souffre en silence en devinant ce qui se passe avec qui est son partenaire, ds quels bras, ne va t-il pas au final partir avec quelqu'un d'autre, aimer un autre plus que moi ? … c'est bien joli tout ça mais ceux qui sont polyamoureux sont un peu en couple avant tout…ou est vraiment la liberté ? ? si être polyamoureux veut dire vivre avec quelqu'un, en couple avec tout le monde, y'a quelque chose d'un peu contradictoire…non ? vivent-ils ds le même espace ou séparément… ? sinon ça peut-être très dur à vivre ds certaines situations…non ? salut chérie ça va ? ce soir je vais chez Paul. Ha d'accord et tu rentres ? non non je baise avec lui on se voit demain ? heu oui ok moi ça tombe bien je vois Karine ce soir et figure toi moi aussi je passe la nuit avec elle ! et pas d'enfants je suppose…(moi j'en veux pas c'est pas un problème mais pour les autres whahouuuu ça doit être chaud ! ! ). Enfin tout ça pour dire que même si on est pas jaloux à un moment donné ça coince, ça fait mal, ça crée des dommages collatéraux considérables… mais avec le tps peut-être qu'on s'habitue à la souffrance ça doit peut-être ça la solution… ou alors un miracle rencontrer les bonnes personnes (1 à 2%) avec qui on a de bons fellings, que l'on va aimer, qui partagent ces idées de polyamour et sont prêtent… autant chercher des aiguilles ds des bottes de foins ! !

  • DiaboloSatanas
    DiaboloSatanas répond à Cosette
    • Posté à 14h40 le 07/07/2011

    Rien n'est simple . Tout se complique.

  • Paul Durke
    Paul Durke
    Étudiant en Droit
    • Posté à 16h34 le 08/07/2011
    • Internaute
      Étudiant en Droit

    J'aimerais en savoir plus sur les enfants et la façon dont ils ont géré et assimilé ce mode de vie. La monogamie s'est « imposé » (le terme me semble un peu excessif) je crois/pense à cause de raison sociétales/culturelles et environnementales particulière sans que cela soit une « imposition » un diktat immament, ça c'est fait, c'est resté et c'est devenu une norme. De même que la polygamie matriarcale ou patriarcale dans certaines régions.

    Le « polyamour » semble quelque chose de franchement neuf (quoique je crois me souvenir de texte d'anthropologue décrivant ce type de mode de vie en « commun » chez des indigènes Papous ou Amazonien).

    Bref, ses filles ont-elles adopté ce genre de mode vie ou ont-elles cherché au contraire de la stabilité ? Je pense que la question se fait surtout au niveau des attente de chacun dans un couple plus qu'autre chose. Certains divorce sont « fondés » d'autres trouvent leur base surtout dans l'égocentrisme du/des marié(e)s, refusant les aménagements/concessions que ce lien suppose.

    Mais ça reste mon point de vue : ) !