16/05/2010 à 12h16

Femidom : le préservatif féminin n'a de féminin que le nom

Camille | Mauvais genre


Un préservatif féminin

« Camille, vous voudriez parler du préservatif féminin ? On lance une campagne : il coûte trop cher et c’est plus facile de trouver une seringue pour se piquer qu’un préservatif féminin », m’a écrit l’adorable Francesca de Aides.

Dans un élan d’enthousiasme, je lui ai répondu : « Euh bof, à ma connaissance, seuls les hommes l’utilisent. »

J’ai réalisé à ce moment-là que peut-être que tout le monde ne savait pas pourquoi le préservatif féminin était si pratique pour les hommes et pourquoi il portait aussi mal son nom. Bref, qu’il valait peut-être la peine d’être défendu, qu’il soit utile aux hommes, aux femmes ou aux autres.

Car l’essentiel pour la protection comme pour la contraception, c’est d’avoir le choix. Après plusieurs longues discussions avec Francesca et quelques amis, j’ai finalement décidé d’écrire cet article.

Le Femidom, plus pratique que les préservatifs masculins

Petite description tout d’abord pour ceux qui ne connaîtraient pas la chose : il s’agit d’un préservatif large, comportant deux anneaux, un qui viendra se placer au fond du vagin, l’autre à l’extérieur du sexe. Allez donc voir ces schémas qui valent mieux qu’un long discours.

Les hommes étant relativement pudiques dès qu’il s’agit de leur pénis, je n’ai eu aucun témoignage complet sur la taille. Pourtant, les hommes qui préfèrent le préservatif féminin sont souvent ceux que l’on qualifie de « bien équipés » car « c’est plus facile de rentrer dans un Femidom que dans un préservatif classique, même king size » m’avait dit un ami qui ne sait même pas que je suis Camille (et qui ne se reconnaîtra pas j’espère).

Parmi les hommes dont je savais qu’ils avaient testé le Femidom et dont je peux parler facilement : l’inénarrable Stéphane Rose, qui donne régulièrement de sa personne pour Rue69 et dont vous pourrez retrouver le témoignage intégral, en compagnie de tous les témoignages qui ont servi à cet article. Il nous explique pourquoi le Femidom est à conseiller aux hommes sensibles (du gland) :

« Les hommes sensibles du gland risquent de débander lors de la simple pose du préservatif, et ils sont plus nombreux qu’on ne le pense, même avec des nanas prétendument expertes qui la jouent “tu vas voir chéri je vais te le mettre avec ma bouche tu vas kiffer... Ben pourquoi tu débandes ?”.

Avec un préservatif féminin, tu pénètres ta copine exactement comme tu le ferais sans capote. Une fois à l’intérieur, il reste bien sûr le contact du préservatif sur le gland, qui peut s’avérer pénible, mais au moins s’épargne-t-on le désagrément de la pose. »

Du nitrile à la place du latex

En fait, comme me l’avait expliqué Francesca, à Aides, le préservatif féminin fait l’objet de nombreuses discussions dans les groupes d’homosexuels masculins... mon amie sœur Rose ne va pas dire le contraire : les gays adorent l’utiliser.

« Pour les mecs, il suffit d’enlever l’anneau amovible qui se trouve dans le préservatif et de s’en servir comme d’un préservatif masculin. L’avantage c’est qu’on est moins serré. Et comme c’est du nitrile (et pas du latex), il va prendre la température du corps et il va se faire oublier.

De plus le nitrile est largement moins allergène que le latex ! On peut aussi prendre l’anneau pour le mettre en cockring. Ce qui est un peu le cadeau bonus. »

Le cockring, pour ceux qui ne savent pas, c’est un petit accessoire permettant de serrer le pénis au niveau des testicules et qui maintient une érection de plus gros calibre... Ou comment utiliser son préservatif comme un sex-toy.

Pour les femmes aussi, le Femidom peut avoir plusieurs atouts, en plus de leur permettre de prendre l’initiative de la protection. Cyrielle en a fait son compagnon de sortie et nous explique pourquoi :

« Vu sa taille, on peut le mettre plus facilement sur le sexe de l’homme : pas besoin de le dérouler ni de chercher un sens... Il suffit de le poser et de guider comme naturellement le sexe ainsi vêtu vers l’orifice désiré.

Plus solide, il risquera moins de se déchirer et nous laissera entre les jambes tout le nectar des deux jouissances comme s’il n’avait pas existé... Et c’est magique, après vingt ans de préservatif masculin, lorsque l’on ressent à nouveau la semence de l’amour se perdre entre nos cuisses. »

« L’impression de baiser avec un cyborg sexuel »

Je ne vais quand même pas nier qu’il y a des inconvénients. Surtout côté esthétique, le préservatif qui sort du vagin avec son anneau, c’est pas hyper sex. N’est-ce pas Stéphane ?

« Tu as un peu l’impression de baiser avec un cyborg sexuel dont on aurait bâclé les finitions. En même temps, une bite encapotée, c’est laid aussi, hein. »

Là je suis d’accord : qui a dit qu’un pénis encapoté c’était plus joli qu’un vagin encapoté ? C’est juste qu’on a peut-être plus l’habitude d’en voir, c’est tout.

Alors pourquoi le Femidom reste-t-il si confidentiel ? Un élément de réponse : un seul producteur au monde, et un prix aux alentours de 2,50 euros l’unité ? Tout de suite, ça freine les ardeurs.

C’est pourquoi Aides milite pour que ce préservatif devienne plus accessible. Et si cela offre de nouvelles façons de se protéger au plus grand nombre, on aurait tort de ne pas les soutenir.

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  • Shix
    Shix
    Madteam since 2010
    • Posté à 14h34 le 16/05/2010
    • Internaute 7815
      Madteam since 2010

    Utilisé une fois par conscience professionnelle ^^ (je travaille dans al prévention santé), c’est marrant ! Mais à n’utiliser qu’avec celles qui sont très à l’aise avec leur corps bien qu’au final je pense que son utilisation sera même plus simple que le préservatif masculin ! Par contre niveau lubrifiant, ils en mettent la dose (je compte plus les paquets de mouchoirs lors des démonstration !)

  • lally
    lally
    professeur
    • Posté à 14h40 le 16/05/2010
    • Expert 51226
      professeur

    J’ai testé plusieurs fois le fémidom. Pas évident à installer la première fois mais c’est possible de le faire bien avant l’acte, au sortir de la douche par exemple et de le poser comme on met un tampon. Une fois en place, ça ne gêne en rien ni les mouvements ni on ne le sent en soi. C’est pratique, confortable aussi pour l’homme. Pas simplement si le partenaire a un pénis un peu large mais aussi lorsqu’ayant dépassé la cinquantaine, l’érection n’est plus aussi constante.
    Le fémidom a donc tendance à rassurer les messieurs qui débandent facilement.
    Et aussi les femmes qui ont peur habituellement que le préservatif masculin par les frottements répétés du latex échauffe et irrite leur vagin.

    Maintenant le fémidom maintient la responsabilité sexuelle - du moins pour les hétéros- encore et toujours sur les épaules des femmes (à croire que les hommes sont incapables de prendre leurs responsabilités et d’adopter une quelconque contraception) et ça franchement ça a tendance à profondément m’agacer.
    Ca reste cher.
    Peu sexy.
    Donc ça ne peut qu’être d’un usage ponctuel.

    J’avais pas pensé à l’usage cockring. Mais bon, ça ne concerne que les rapports homos puisqu’il y a nécessité dans une relation hétéro de garder les deux anneaux du fémidom.
    Après, rien n’empêche pour les hommes qui veulent tester un cokring, d’en acheter un vrai en cuir avec boutons pressions (possibilité de régler le cockring pour qu’il soit juste serré ce qu’il faut sans faire mal). Ils peuvent trouver ça facilement dans des boutiques spécialisées qui en vendent par correspondance sous pli discret. Un cockring permet de maintenir une érection de bonne qualité sans pour autant bloquer l’éjaculation (sauf si c’est trop serré) et si monsieur a tendance à être éjaculateur précoce, ça permet à madame de pouvoir jouir puisque le cockring ralentit la montée éjaculatoire de leur partenaire.
    Ou bien de pouvoir faire durer l’acte plus longtemps.

    L’usage du cockring commence un petit peu à se démocratiser.
    Longtemps il ne fut l’apanage que des hommes homosexuels et de quelques libertins hétéros.

    Pour ce qui est du fémidom, c’est le préservatif le plus utilisé dans les pays pauvres où les hommes rechignent à utiliser un préservatif masculin (considèrent que c’est déshonorant et trop contraignant) et que les femmes craignent sida et grossesse non désirée sans avoir accès à la pilule ou à d’autres méthodes contraceptives.

    Moins utilisé dans nos pays riches, il reste un moyen de contraception occasionnelle sympa. Pas très sexy, mais sans doute plus rassurant pour un couple hétéro qu’une pilule potentiellement oubliée ou encore le risque que le préservatif masculin reste au fond du vagin du fait d’un pénis qui a tendance à débander si encapoté.

  • sevinilud
    sevinilud
    GAULOIS
    • Posté à 16h36 le 16/05/2010
    • Internaute 27066
      GAULOIS

    merci à rue 89 pour l’idée (que je vais transmettre immédiatement à british pétroléum) d’un préservatif féminin géant à enfiler ( !) sur la fuite de pétrole au large des states.

  • Europeae29
    Europeae29
    Jurisconsulte
    • Posté à 18h58 le 16/05/2010
    • Internaute 114913
      Jurisconsulte

    Bonjour,

    Il me semble qu’un point a échappé à la sagacité de l’auteur. Même si l’égalité juridique entre l’Homme et la Femme a été établi en 1789, il semblerait que le législateur moderne a oublié l’égalité Homme et Femme en matière fiscale.

    Ainsi commence un arrêté ministériel : » Par décision ministérielle applicable à compter du 15 décembre 1988, le taux de 5,5 % de la taxe sur la valeur ajoutée est étendu aux opérations d’achat, d’importation, d’acquisition intracommunautaire, de vente, de livraison, de commission, de courtage ou de façon portant sur les préservatifs masculins en caoutchouc (Produits conformes à la norme française homologuée : NF - EN 600 - mars 1996).

    Le taux de 5,5 % s’applique en France continentale et dans les départements de la Corse. Il est de 2,10 % dans les départements de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Réunion.

    Ce taux s’applique quel que soit le lieu de vente des préservatifs. »

    En attendant pour le préservatif féminin le taux de 19.60 % est de droit.

    Courtoisement.

    Europeae29

  • salmacis
    • Posté à 09h18 le 17/05/2010
    • Internaute 8619

    La première fois que j’ai vu un un female condom, c’était lors d’une journée d’information du planning familial organisée par deux lycéennes dans un village proche de chez moi.
    Ma plus jeune fille et moi avons été les seules visiteuses avec la journaliste locale, ce qui nous a donné le temps de nous faire expliquer un tas de choses que nous ne savions pas.
    Le préservatif féminin, vanté par les formatrices du planning m’avait alors semblé fort attrayant ... c’est à la maison que ça s’est gâté.
    Passé le premier fou rire devant cette « usine à gaz » dont l’aspect invite à tout sauf à l’érotisme, la mise en place de l’objet a été l’occasion d’une franche rigolade qui s’est terminée par un échec et une débandaison de mon conjoint.
    J’en ai gardé un dans ma table de chevet, un peu comme un collector mais je me suis bien gardée de ressortir ce « tue l’amour » pour nous.
    Toutefois, ce n’est pas parce que cela ne nous convient pas que d’autres ne peuvent pas l’essayer et l’adopter, hein ? !

  • barbouille
    barbouille répond à Waphy
    surfeuse
    • Posté à 10h21 le 17/05/2010
    • Internaute 62861
      surfeuse

    l’odeur du préservatif masculin.. j’ose vous raconter.

    Rolalala Il y avait une marque sentait le poisson. Vraiment, vraiment. Tellement bien qu’un de mes chats s’est tapé la capote posée délicatement sur le sol, seul le noeud dépassait de la gueule de l’animal. Le préservatif n’a pas résisté et le chat a eu longtemps un beau poil luisant. Le plus drôle c’est pendant notre sieste crapuleuse, nous nous demandions ce qui faisait smiak smiak smiak...