01/03/2010 à 13h59

L'arrivée de la 3D fait saliver l'industrie du film porno



Deux hommes découvrent un film pornographique en 3D au « salon du X » à Las Vegas, à la mi-janvier 2010 (Steve Marcus/Reuters).

La télévision en 3D stéréoscopique débarquera avant l'été 2010. Au même titre que le sport et les films d'action, l'industrie pornographique entend bien profiter de l'occasion pour offrir de nouvelles sensations fortes au téléspectateur.

Trois réalisateurs étrangers à ce secteur affirment vouloir réaliser le premier film érotique en trois dimensions ». Et pas des moindres, puisqu'il s'agit de Gaspar Noé (« Irréversible »), Tinto Brass (auteur du « Caligula » de 1979, pour un probable remake) et de... Quentin Tarantino, qui en parle depuis près de trois ans.

Mais l'industrie ne les a pas attendus pour franchir le cap. En kiosque ce mois-ci, le dernier Marc Dorcel est « en 3D ». Dans un communiqué du producteur, on apprend ses ambitions : « Devancer les possibilités médias de son époque »...

Pourtant, il ne s'agit que d'une « vieille 3D », obtenue à partir d'anaglyphes. La technique est utilisée à la télévision depuis le début des années 80. Le DVD est d'ailleurs vendu avec ses bonnes vieilles lunettes en carton.

Une première offre de vidéo à la demande

Le filtre bleu et rouge, c'est bel et bien terminé : le nouveau standard de la 3D demandera un téléviseur spécifique, ainsi que des lunettes alimentées par batterie.

A la mi-janvier, la société « Bad Girls in 3D » a ouvert le bal lors d'un « salon du X » à Las Vegas. Elle a présenté un pack à 4 000 dollars incluant un téléviseur spécifique et une offre de vidéo à la demande.

Pas de scène pornographique à l'écran lors de la démonstration, règlement du salon oblige, mais une jeune fille aux déhanchements lascifs. Chloé Albanesius, une journaliste de PC Magazine, a assisté à la démonstration. Elle n'a pas eu franchement l'impression que l'actrice se trouvait au milieu de la pièce :

« L'image ne “jaillit” pas vraiment vers le spectateur. Les effets jouent plutôt sur la profondeur, un peu comme si on était en train de scruter à travers une fenêtre dans un peep-show... »

Le premier long-métrage sera français

Tom Sridix promet que son film utilise cette technique de façon bien plus immersive. Ce réalisateur français vient d'achever le tournage du tout premier long-métrage X en 3D stéréoscopique, prenant de vitesse les projets américains en cours de réalisation.

« Shortcuts 3D » devrait sortir dans le commerce d'ici deux semaines. D'abord proposé dans une version anaglyphe, il sera ensuite disponible en « vraie » 3D, pour coïncider avec la sortie des premiers téléviseurs dédiés.

Le nouveau matériel a apporté son lot de contrariétés pendant le tournage :

« Ce qui m'a gêné, c'est la lourdeur du matériel. Il n'est pas encore fabriqué en série, et on a dû fabriquer un prototype à partir de plans. On s'est retrouvé avec une caméra d'une bonne quinzaine de kilos...

Du coup, il faut oublier le tournage caméra à l'épaule. J'ai dû travailler en plans fixes, mais je pense qu'on s'en est bien sorti. »

Armé d'un autofinancement de 100 000 euros correspondant aux plus grosses productions du secteur (dont 40 000 euros pour la fabrication de la caméra), Tom Sridix attend maintenant la réaction du public. Mais s'il y a une chose dont il est sûr désormais, c'est de l'enthousiasme de l'industrie X pour cette nouvelle technique :

« C'était mon premier long-métrage, je ne pensais donc pas attirer autant de gens. J'ai d'abord contacté l'actrice Flo d'Esterel, qui m'a présenté à Sébastien Barriot, Hot d'Or du meilleur acteur 2009. Angell Summers, meilleure actrice, a bientôt suivi.

Le bouche-à-oreille a continué, et je me suis retrouvé avec un casting de cinq nominés aux Hot d'Or, dont deux lauréats... Apparemment, le passage à la 3D était attendu par pas mal de monde. »

L'industrie du X férue de nouvelles technologies

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que l'industrie pornographique marque son empressement à s'emparer d'une nouvelle technologie.

Elle a souvent été désignée comme le fossoyeur du support vidéo Betamax. Au début des années 80, elle avait choisi de commercialiser ses œuvres sur cassettes VHS, le support concurrent. Les consommateurs ont fait leur choix, rapidement suivis par Hollywood.

De même, la naissance du Minitel rose aurait démocratisé l'usage de la machine, peu après l'apparition des premiers services de messagerie « conviviale ».

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  • clement_m-
    • Posté à 15h16 le 01/03/2010

    Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que l'industrie pornographique marque son empressement à s'emparer d'une nouvelle technologie.
    Un contre-exemple a été l'apparition des formats Haute Définition : Lien

  • Ahem
    Ahem
    Étudiant
    • Posté à 15h20 le 01/03/2010
    • Internaute
      Étudiant

    Ça prouve que tous les secteurs de la production cinématographique préfèrent se tourner vers ce gadget qu'est la 3D plutôt que de travailler ou de renouveler leurs scénarios, direction d'acteurs, idées de mise en scène et esthétiques, etc. C'est pas une bonne nouvelle.

    Je connais extrêmement mal le cinéma porno et l'idée que je m'en fais est peut-être fondée sur une succession de clichés, mais je ne le vois que comme une succession de scènes ridicules, dépourvues de tout réalisme et insérées dans une trame indigente. Parvenir à faire un film dans lequel opère vraiment ce que les anglophones appellent « the suspension of disbelief », qui n'apparaisse pas aussi « estampillé porno » selon l'image caricaturale qu'on en a tous et que je viens de réemployer, ça me semblerait vraiment intéressant.

    Mais penser que le seul horizon cinématographique du cinéma porno, c'est la 3D, ça ne me semble pas aller dans cette direction.

  • Lictor
    Lictor répond à acteon54
    • Posté à 15h26 le 01/03/2010

    Pour quoi faire ? ? ? Le porno n'est pas du cinéma ! D'ailleurs, l'engouement du public pour le pro-am et le gonzo montre bien que les goûts ne vont pas forcément vers des productions scénarisées...

    Après, il reste encore du scénario :
    - soit sur des productions très haut de gamme, comme Pirates 2
    - soit sur des films « arty », comme c'est le cas avec la mode du alt-porn ou certains films queer.
    Mais dans tous les cas, ça reste du marché de niche.

    Pour le reste, l'idée d'avoir réalisateurs et scénaristes, c'est une persistance de l'idée que le porno est un genre cinématographique. A part le média (caméra et projection ou affichage sur écran), le lien n'est pourtant pas évident ! Déjà du simple fait qu'on demande peut de compétences d'« actrices » aux actrices...
    Pour moi, la classification correcte, ça serait plutôt la performance : l'aspect physique est important, la performance physique aussi.

    Ce qui manque au porno, ce n'est donc pas des scénaristes ou réalisateurs, ils n'auraient de toute façon pas grand chose à apporter. Mais bien les gens qui permettent de valoriser la performance : des chorégraphes (comme pour la danse ou les films de kung-fu), des éclairagistes, des gens au décors, des costumiers (par exemple une actrice comme Stoya, qui travaille surtout dans le alt-porn, conçoit et fabrique également intégralement ses costumes)...

  • Désinscrit le 15-6
    • Posté à 16h33 le 01/03/2010

    Un ecran 3d haute résolution avec des images érotiques, pornographiques

    Un vibromasseur avec liaison HDMI sanglé sur le sexe et relié au lecteur. Le volume sensoriel à fond ...

    Un verre de Cocaphrodisiaque aux effets légèrement hallucinogènes.

    Le clavier de contrôle sur le coté

    Allongée sur un divan massant, la porte fermée à clef

    seule

    HAaaa quel beau futur nous attend.

    J'ai vraiment hâte de connaitre l'écran sensoriel qui se plug dans mon cortex.
    Ca évitera toutes ces interfaces.
    Puis ca évite de draguer des mecs, ca évite les maladies, ca évite de sortir de chez soi

    Bref c'est ECOLOGIQUE