L'oeuf vibrant Ondine « L'impression d'être assise sur une machine à laver »
Trois IVG sur quatre concernent des femmes sous contraception
Le nombre d'avortements pratiqués reste stable malgré un taux de contraception très élevé. Les méthodes sont-elles efficaces ?

La France enregistre chaque année 200 000 avortements, indique un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas). Un chiffre qui reste stable d'année en année. Au point, note le rapport, qu'« on estime que 40% des femmes en France auront recours à l'avortement au cours de leur vie ».
Paradoxalement, le pays n'arrive pas à faire baisser le nombre d'IVG, alors que c'est un des pays où le taux de contraception est le plus élevé (« moins de 5% des femmes déclarent ne pas utiliser de contraception alors qu'elles ont une activité sexuelle et ne souhaitent pas être enceintes »).
Dans ces conditions, « le niveau des échecs contraceptifs est préoccupant » déplore l'Igas dans son « Evaluation des politiques de prévention des grossesses non désirées ». Trois avortements sur quatre sont réalisés sur des femmes qui étaient sous contraception, avec, « dans 42% des cas, une contraception qui reposait sur une méthode médicale, théoriquement très efficace (pilule ou stérilet) ».
« Emploi parfait » ou « emploi typique »
D'abord, être sous contraceptif, c'est « du déclaratif » (les personnes interrogées ne disent pas forcément la vérité aux enquêteurs).
Ensuite, il y a les méthodes employées : de la méthode Ogino à l'implant dans le bras, les résultats de taux de grossesse, c'est-à-dire le pourcentage de femmes enceintes dans la première année d'utilisation, sont différents.
Enfin, il y a la pratique. Quand on mesure la probabilité de grossesse, les études distinguent les taux « avec emploi parfait » des taux « avec emploi typique ». La pilule, qui réclame une régularité dans sa prise, a par exemple plus de chance de ne pas avoir un emploi correct que le stérilet.
Pilule : 92% d'oubli !
Philippe Descamps, responsable de la communication au Collège national des gynécologues et obstétriciens français et chef de service de gynécologie obstétrique du CHU d'Angers, explique :
« Pour la pilule, le taux de grossesse est de 8%, c'est-à-dire que sur 100 femmes qui la prennent, 8 tombent enceinte [sur une année d'utilisation, ndlr]. Pour le stérilet, on tombe à 0,6%.
Mais il n'y a pas de quoi faire un plaidoyer contre la pilule, qui a une efficacité scientifique certaine si elle est prise correctement. Le nombre de grossesses est lié à la mauvaise observance : oubli, décalage dans la prise horaire… »
L'Igas cite effectivement une étude menée dans trois départements indiquant que « 92% des utilisatrices de contraception orale avaient oublié de prendre leur pilule entre une et cinq fois dans les six mois précédant l'enquête ».
« Parcours affectifs et sexuels ont changé »
Le rapport sur l'IVG déplore ainsi le « schéma du “tout pilule” ». En France, cette méthode représente « près de 60% de la couverture contraceptive, une situation sans équivalent à l'étranger ».
Or, « les parcours affectifs et sexuels ont évolué ». La contraception orale quotidienne est adaptée au « schéma d'une sexualité prévisible et régulière dans le cadre d'une relation de couple stable » alors que, depuis les années 70, les moeurs ont changé. Les contraintes de la pilule sont mal adaptées aux relations épisodiques ou irrégulières.
Présidente de l'Agence française pour la contraception, le docteur Elisabeth Aubeny note que ce chiffre de 70% de femmes sous contraceptifs parmi les IVG est stable depuis des années. Elle l'explique par un manque d'information sur les différentes méthodes de contraception possible :
« Le choix doit être fait en fonction du mode de vie, de la sexualité ou encore de la réaction aux hormones. Sinon, le taux d'échec augmente. »
A la publication du rapport de l'Igas ce 2 février, Roselyne Bachelot a promis d'améliorer l'information sur la contraception et l'IVG et de « mettre le paquet » en milieu scolaire.
Photo : des pilules (Candy/Flickr)
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De hoshiko
01H05 | 03/02/2010 |
Rectification: la stérilisation volontaire est légale depuis la loi de 2001 (celle qui a permis aux mineures d'avoir accès gratuitement à la "pilule du lendemain").
Voir le très bon site de Martin Winckler http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=830&var_recherche=vase... (d'ailleurs pour tout ce qui touche à la contraception).
De dodu
"Ecoute , écoute, écoute..." | 01H12 | 03/02/2010 |
J'ai un peu de mal à comprendre, la pilule dans les années 70, c'était la contraception des femmes qui voulaient être "libres", que ce soit au sein d'un couple ,au cours de relations miultiples ou irrégulières. Il n'y a pas besoin d'être grand clerc pour prendre une pilule à intervalle régulier, qu'il y ait rapports ou non .
Quant au préservatif, c'est un complément obligatoire qui devrait être dans le sac de toutes, avec la brosse à dent et le démaquillant.
De sobriquet
Courageux anonyme | 01H43 | 03/02/2010 |
Pour ce que j'ai pu constater, il n'est pas toujours facile de prendre la pilule régulièrement quand on a un train de vie... déréglé.
En conséquence, quand on a un foyer, ça va. Mais quand on est balottée par l'existence, entre petits boulots, relations plus ou moins stables, projets éphémères, coups de folie, ... Ça demande bien plus de vigilance. Et quand on est chahutée ainsi, cette vigilance fait plus facilement défaut.
Ben oui, beaucoup de gens n'ont pas la chance d'être des lumières.
En conséquence, si l'on veut réduire le nombre d'IVG, il faut aussi éduquer hors de l'école, et donner davantage de moyens aux femmes d'avoir une existence stable.
De Lapin agile
Apprenti sorcier | 06H45 | 03/02/2010 |
Une petite précision sur le taux de grossesse sous pilule : "pour la pilule, le taux de grossesse est de 8%, c'est-à-dire que sur 100 femmes qui la prennent, 8 tombent enceinte" => c'est à rapporter sur une année d'utilisation (indice de Pearl), vous avez dû tronquer un bout de l'intervention.
L'étude citée par l'IGAS pour avancer le chiffre de 92% d'oubli de pilule (dans les 6 mois précédents) est surtout intéressante sur ce point quand on regarde ce qu'elle raconte d'un peu plus près: "42% de ces oublis se sont produits lors de la première semaine pour les utilisatrices de pilules avec intervalle libre, dont 18% le jour de la reprise" et "en cas d'oubli, un tiers des utilisatrices disent "ne rien faire de particulier", 39% lisent la notice qui accompagne la contraception, 28% demandent l'avis d'un tiers, et 14% arrêtent la pilule suite à l'oubli".
Pour rappel, oublier sa pilule comporte un risque essentiellement en début de plaquette s'il sagit d'un traitement discontinu (arrêt de prise ou avec comprimés placebo), surtout si la fenêtre thérapeutique est de 7 jours (moins de souci avec 4 jours) ; en dehors de cette première semaine de reprise, un oubli est nettement moins problématique (je parle des pilules œstro-progestatives, ici).
D'où l'intérêt de retirer du marché toutes les plaquettes discontinues, comme ça, plus de question à se poser sur la date de reprise.
Mais surtout, pourquoi arrêter la pilule en cas d'oubli, là je ne comprends pas : c'est pas dans cette population qu'on retrouve davantage de grossesses non désirées, par hasard ?
Les chiffres remontent à 2001, y a rien de plus récent ??? De plus, seules des patientes suivies par des gynéco ont été interrogées, en majorité citadines et en couple. Quid du suivi par les généralistes ?
De poppa
qui?dam-un pékin | 08H05 | 03/02/2010 |
"92% des utilisatrices de contraception orale avaient oublié de prendre leur pilule entre une et cinq fois dans les six mois précédant l'enquête ».
Téléphone portable : 58 millions fin 2008.
La fonction alarme est bien adaptée à la prise régulière de la pilule.
Non ?
"Oublié" ne serait-ce pas un euphémisme ?
La psychologie pluss en cause que la mémoire, il me semble.
Le stérilet est à promouvoir au-près des femmes comme au-près des gynécologues.
De Reb
Prof de lettres | 08H06 | 03/02/2010 |
Non. Je renvoie à Martin Winckler cité plus haut (martinwinckler;com), notamment à cette page: http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=393
et/ou à son livre "Contraception mode d'emploi".
Le stérilet n'est pas réservé aux femmes ayant eu des enfants, ne rend pas stérile et ne donne pas d'infections. Il faut arrêter avec ces idées reçues et commencer peut-être par ne plus appeler "stérilet" ce mode de contraception avec toutes les connotations négatives que ça a. On lui donne le nom de D.I.U. (dispositif intra-utérin) et cette méthode a bien évolué depuis les années 70 (je renvoie à l'article de Winckler).
Si les médecins ne le proposent pas aux jeunes filles cela peut-être pour diverses raisons liées à leur pratique et à leur propre point de vue sur le sujet. Il y a un autre facteur: le D.I.U. type Mirena (hormonal) supprime les règles et sa pose peut-être délicate car il faut passer le col de l'utérus. Ce qui, pour une jeune fille, peut éventuellement être troublant.
De Lictor
informaticien | 09H11 | 03/02/2010 |
Le problème avec la pilule n'est pas que l'oubli! Par exemple, vomir ou avoir une diarrhée peut invalider la prise de la pilule. Il y a également pas mal de médicaments qui peuvent en diminuer ou éliminer l'efficacité.
De plus, peu de femmes connaissent la procédure à suivre en cas d'oubli, comme par exemple de supprimer la pause entre les deux plaquettes.
D'ailleurs, le problème vient en grande partie de choix marketing! La pause entre les deux plaquettes sert à rassurer en donnant des pseudo-règles qui ne servent à rien. Mais du coup, ce creux dans l'exposition hormonale donne une zone de faiblesse : le moindre oubli à proximité peut déclencher une ovulation. Pire : quand on est enceinte sous pilule, on continu à avoir de petits saignements lors des "règles" - on peut donc ignorer complètement sa grossesse...