14/01/2010 à 16h52

Genrimages, un site pour en finir avec les filles en rose



Le site de Genrimages

Ce 14 janvier est lancée la promotion du site www.genrimages.org. Un travail dans les écoles sur les stéréotypes de genres qui n'est visiblement pas du goût du FN. Via un communiqué inepte, le parti s'insurge contre le financement du projet par la région :

« [Elle] tente par des biais aussi lâches d'atteindre l'esprit des enfants et des adolescents déjà suffisamment dépourvus de repères. »

Ha ! (Excusez-moi, je pouffe).

Le projet du site répond à la demande des enseignants

Impulsé par le centre audiovisuel Simone de Beauvoir, Genrimages se veut une boîte à outils mise à disposition des enseignants, proposant ateliers et contenus autour des stéréotypes de genres. Le projet répond à la demande des enseignants.

Nicole Fernandez-Ferrer, déléguée générale du centre, raconte à Rue69 la genèse de ce projet :

« Au départ, le centre proposait des ateliers scolaires dans les collèges et les lycées sur les droits des femmes ou les représentations des genres. C'était adossé au programme “Lycéens et cinéma”, et ça nous permettait, lors des ateliers, de caser quelques notions sur les genres ou le féminisme.

Suite à ça, ce sont les profs qui nous ont demandé si on ne pouvait pas monter des ateliers spécifiques sur les genres. »

Qu'à cela ne tienne : financé par la région Ile-de-France, le projet Genrimages est lancé. Il s'agit de mettre en ligne des ressources (propositions d'ateliers, de vidéos en ligne), dont les professeurs peuvent se servir simplement. Par exemple, une grille propose de noter les caractéristiques des personnages présentés à l'écran. De quoi se rendre compte que les stéréotypes sont bien ancrés.

« Au début du siècle la couleur des garçon était plutôt le rose »

Laetitia Puertes, qui anime parfois ces ateliers, m'explique comment ça se passe :

« On laisse les élèves faire l'analyse eux-mêmes, et ils y parviennent fort bien. Après on peut amener des éléments pour questionner certains stéréotypes.

Par exemple, si le rose paraît au départ impensable pour les habits d'un garçon, on peut pointer la mode du rose pour hommes de ces dernières années, les maillots de rugby du stade français.

Ou leur dire qu'au début du siècle, la couleur des garçons était plutôt le rose/rouge pour le côté sanguin, et le bleu de la Vierge pour les filles. »

Prof et élèves discutent de sexisme... devant Koh-Lanta

Le site sera ensuite enrichi des expériences des enseignants. Entre deux séances, les élèves vont être amenés à porter un regard plus critique sur les images qu'ils consomment :

« On démarre la deuxième séance à partir de ce qu'ils ont vu durant la semaine. Il est arrivé que les trois-quarts de la classe, ainsi que la prof, aient vu l'épisode de Koh-Lanta et la scène de la préparation du repas était très caractéristique : les hommes vont pêcher, font le feu, les femmes font la cuisine. Ca peut être intéressant de travailler à partir de quelque chose que tout le monde a vu. »

Les garçons se rendent compte qu'eux aussi sont enfermés dans des clichés

Comment est-ce que ces séances sont perçues par les élèves ?

« Les garçons se sentent parfois stigmatisés, mais en montrant des stéréotypes sur les garçons (jouer au foot, ne pas pleurer, ...), ils se rendent compte qu'eux aussi sont enfermés dans des clichés. On peut aussi faire un parallèle entre sexisme et racisme, qui leur est plus proche alors que le sexisme est peut-être plus difficile à appréhender. »

Est-ce que, comme ce professeur, on peut parler d'une situation qui se dégrade pour les filles ? Selon Sophie Laurent, responsable du projet Genrimages :

« Pour ce qui est des chiffres sur les violences faites aux filles, ils sont en augmentation mais n'est-ce pas simplement dû au fait qu'ils sont plus signalés ?

En tout cas, ce n'est pas forcément pour les filles ou pour les garçons que ça se dégrade, mais pour les relations entre eux.

On se parle avec de plus en plus de violence, même entre filles, et dans les relations amoureuses, on se prend, on se jette sans ménagement. Avec ces ateliers, on essaye de créer un dialogue. »

Un monde hypersexualisé mais sexiste

On observe aujourd'hui un paradoxe, selon elle :

« Il y a une hypersexualisation des ados et pré-ados : salons de beauté pour les 6-8 ans, escarpins léopard pour les petites filles... Pour autant, une fille qui multipliera les relations est toujours considérée plus négativement qu'un garçon qui ferait la même chose. »

Une initiative qui ne nie pas les différences entre hommes et femmes, mais qui permet d'apprendre à décrypter les images et se rendre compte des caractéristiques genrées qu'elles imposent.

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  • Jambalaya
    Jambalaya
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    • Posté à 17h32 le 14/01/2010
    • Internaute
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    « Prof et élèves discutent de sexisme… devant Koh-Lanta »

    Tout le grotesque de ce genre d'opérations résumé en une simple phrase. Il ne me semble pas que le but de l'école soit d'endoctriner les enfants avec les dernières idéologies à la mode :
    - féminisme
    - lutte contre l'homophobie
    - antiracisme

    etc... etc...

    Le but de l'école c'est de fournir aux élèves les moyens de réfléchir par eux-mêmes, d'acquérir un savoir à même de développer leur jugement, de devenir un sujet autonome. Leur livrer clé en main la dernière démagogie à la mode ne me semble pas rentrer dans ce cadre... mais bon si cela répond à une « demande » des professeurs, n'est-ce pas...

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h45 le 14/01/2010
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    escarpins léopard pour les petites filles
    J'appelle pas ça de l'hypersexualisation, mais de l'hyper mauvais gout.

    Et porter du rose ça craint, pas parce que ça fait gonzesse, mais parce que ça fait toulousaing ! : D
    Ou pire, rugbyman ! : D

    Et forcer des élèves à regarder la télé réalité, c'est une honte, c'est un crime, cela devrait être puni par la loi ! On s'en fout que c'est sexiste, y'a mille fois plus grave, car c'est surtout extrêmement con !

    Enfin la meilleure façon d'expliquer aux mioches qu'il faut pas jouer au macho, c'est de leur dire que s'ils font ça ils ne pourront jamais se taper des meufs dignes de ce nom et devront se contenter des truffes. Et c'est bien connu que les truffes se trouvent avec un groin : D

    Et ne pas pleurer n'est pas un cliché, mais de la préservation. Pleurer c'est afficher sa faiblesse, afficher sa faiblesse c'est attirer les prédateurs et donc risquer sa peau. Pleurer c'est comme chier, ça se fait dans l'intimité.

    Et j'ai rigolé en matant le site, j'ai vu qu'on y parlait des jeux vidéos...
    Quoi, il y a du sexisme et des clichés dans les jeux vidéos ? Mais non, c'est de la calomnie : D
    Des fois je me demandent si ce n'est pas par simplicité que les graphistes affublent tous les persos féminins de 95C, même les prêtresse de 60 balais...
    Mais franchement, même en tant que bite sur patte qui joue depuis 25 ans, parfois ça me consterne.
    Dans pratiquement tous les JDR, lorsqu'on fout son perso presque à poil, dans ses pudiques sous vêtements, les femmes sont vêtues de quelque chose plus près du string que de la culotte de grand-mère. Autant dans GTA ça se comprend, une strip-teaseuse en burka c'est pas top, mais quand il s'agit d'une naine découpant du dragon par paquet de quinze, je vois pas trop l'intérêt du côté érotique (surtout avec une naine : D).

    Mais le summum c'est quand même les couvertures des livres des années 70. A chaque fois que l'illustrateur colle une femme sur la couverture, c'est une bombe sexuelle à moitié dénudée, avec un décolleté énorme et une paire de fesses remarquablement peu cachée par un bout de tissu.
    Je sais bien que le cul fait vendre, mais quand ça n'a rien de rien à voir avec le roman, je trouve que c'est abuser grave de grave. C'est même tellement ridicule que si j'avais quelque chose à foutre de l'opinion des autres, j'aurais presque honte que les gens puisse voir la couverture du bouquin que je lis dans le métro.

    Le pire c'est qu'en plus les romans ne sont pas spécialement sexistes, car même si certains personnages le sont il y a toujours une contre-partie féminine pour remettre les poings sur les I.
    Enfin, dans les bons romans, parce qu'à la même époque la SF était truffée de romans à deux balles - qui remplissent les armoires de mon père et donc que j'ai lu - qui peuvent carrément être qualifié de macho, avec l'homme beau fort musclé qui sauvent l'ingénu qui rêve de lui sauter au paf.

    Quoi que si on poursuit bien plus loin dans le passé, c'est carrément toute la littérature qui est comme ça. Les héroïnes chez Jules Verne sont assez rares et bien souvent des archétypes féminins, même si ça reste très courtois.
    Et que dire des contes et légendes où l'on ne voit jamais une princesse sauver un prince...

    Mais par chance de nos jours pour remonter le niveau nous avons Poppy Z. Brite, la reine de la dysphorie de genre qui n'arrive pas à avoir autre chose que des héros gay ou bi : D

  • Ryuu
    Ryuu
    Informaticien parisien
    • Posté à 17h53 le 14/01/2010
    • Internaute
      Informaticien parisien

    Sinon, pour les anglophones (j'ignore s'il existe un équivalent francais de ce gouffre a temps), il existe tvtropes.org, c'est un site qui liste les « tropes » (terme difficilement traduisible, qui signifie en gros « cliché scénaristique »). Les catégories « always male » et « always female » listent les stéréotypes les plus évident, mais les autres catégories permettent de faire des recherches très interressantes sur les stéréotypes en tout genre...

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 17h56 le 14/01/2010
    • Internaute
      oiseau

    Je crois savoir que dans le girond du FN, il y a un mouvement qui se dit « féministe » et qui prône le retour des femmes aux foyer, etc... c'est à dire ce que les autres féministes dénoncent.

    Il est alors évident que présenter l'aspect genré d'une image, c'est questionner la légitimité de l'image genrée. C'est bien alors le contraire de ce que propose la vision FN : une image normale, non discutable et à adopter dans la plus stricte conformité.

    Pourtant, se conformer à une image genrée, à un stéréotype, à un genre, ce n'est pas forcément facile. Un certain nombre d'individus (et ici, des jeunes) souffrent de ce décalage ou de la hiérarchie propre au genre sans parvenir toujours à mettre un sens à cette souffrance. Leur donner la possibilité de mettre du sens, et même d'enlever la légitimité à cette pression du genre, c'est leur donner la possibilité de gérer cette souffrance et de moins souffrir. Ce n'est pas négligeable quand on sait qu'un grand nombre d » ados ont parfois des idées suicidaires ou violentes.

  • amonhumbleavis
    amonhumbleavis répond à Jambalaya
    2012, toujours pas de voisins, (...)
    • Posté à 18h10 le 14/01/2010
    • Internaute
      2012, toujours pas de voisins, (...)

    idéologies à la mode ? Non mais ce qu'il ne faut pas lire ;

    Ce n'est pas du féminisme c'est la promotion de l'égalité des genres
    Proposer à des élèves de prendre du recul et les insiter à la critique de l'ausiovisuel qui est un média terriblement puissant car « avaler tout rond » sans besoin de réfléchir ou de faire un effort, si ça ce n'est pas dans le rôle de l'école !