Art cultemporain : Boris Hoppek, les baby dolls, la robe et le vagin
Je ne cours pas souvent les galeries d'art contemporain, mais quand Alexandre m'a conseillé de passer faire un tour dans sa galerie en me parlant « d'une installation, d'une robe, d'un vagin... », il a su piquer ma curiosité.
C'est dans la galerie Since que je rencontre donc Boris Hoppek pour une exposition d'oeuvres photographiques agrémentée de cette fameuse installation. L'artiste, mondialement connu pour les Baby Dolls qu'on a pu voir dans une campagne de pub pour un constructeur automobile allemand, est présent en cette soirée de vernissage et ne veut parler qu'à « des gens qui écrivent sur le sexe ». Ca tombe bien, je rapplique.
D'abord, la robe. Une vieille robe de mariée, suspendue au plafond, sous laquelle on a bien sûr envie de passer. Une fois dessous, on découvre une photo d'une femme « vue de dessous », fesses roses et lèvres pulpeuses en gros plan.
« Les gens pensent encore souvent que les organes génitaux, c'est sale. D'ailleurs dans mes livres d'école, sur les figures représentant des corps humains, les parties génitales étaient enlevées, ça me frustrait beaucoup. J'ai représenté ici un sexe féminin très nu, rasé, ça n'a pas l'air sale non ? »
En effet. Seule la robe est sale. Elle change à chaque exposition. « A Hambourg ce n'était pas une robe, c'était un grand rideau circulaire suspendu au plafond. Les gens entraient, finissaient par regarder en l'air : certains riaient, d'autres partaient en courant. Ici, je voulais une robe de french cancan, mais je n'ai pas trouvé. »
Les photographies exposées sont un mélange de ses Baby Dolls et d'un travail plus récent sur la nudité. Pas d'hommes, que des femmes, souvent tatouées, nues ou presque.
« Je ne suis pas doué pour socialiser, c'est déjà une étape pour moi que de travailler avec quelqu'un que je photographie. Peut-être qu'à la prochaine étape je photographierai des hommes ? »
Apparemment, il a plus de facilité à appréhender les femmes que les hommes, lui qui est « presque 100% hétéro ».
Sur certaines photos, le modèle cache son sexe... à l'aide d'une sorte de gros sexe poilu en plastique, un espèce de « super-sexe ». Une autre aspire une tétine dans la bouche, le cercle de caoutchouc qui couvre ses lèvres et son air absent ne sont pas sans évoquer une poupée gonflable.
« J'ai voulu jouer avec l'image de la fille-sex-toy, en rajouter dans la caricature » explique-t-il. Lorsque je lui demande si c'est la vision qu'il a de la femme ou si c'est une façon de dénoncer les choses politiquement parlant, il est embarrassé. « C'est de l'art », esquive-t-il. Puis, devant mon insistance : « je ne sais pas vraiment, j'ai été contacté par une industrie de sex-toys pour en créer un, peut-être que c'est de là que mon idée vient ».
Sur une autre photo, une femme très tatouée est attachée par des sangles.
« C'est une actrice porno barcelonaise. C'est elle qui voulait que je l'attache, et elle me demandait de serrer de plus en plus fort. Je me suis dit qu'il fallait faire sacrément confiance à la personne qui vous attache. »
Un artiste qui se découvre dans ce qu'il fait et ce qu'on lui propose ? Nous en resterons là, avec nos interrogations sur ces femmes-poupées, femmes-sex-toys, femmes-anonymes, femmes dont il cache et expose le sexe... Si vous y allez, c'est jusqu'au 24 décembre au 211 rue Saint Maur à Paris. Dites-nous ce que vous en pensez.
- Sur Rue89« On s'intéresse au porno, mais pas pour réfléchir à son utilité sociale »
- Sur Rue89Chez Hugh « Playboy » Hefner, l'homme qui s'étouffe avec un sextoy
- Sur borishoppek.deLe site web de Boris Hoppek
- Sur upian.comLe site de la galerie Since
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Moi, ce qui me court sur le haricot ou la vulve, comme vous voudrez, c'est de constater toujours et encore que la représentation du sexe renvoie, même chez les artistes contemporains, au sex-toy, à la femme objet, poupée gonflable ou sadifiée, l'inverse n'étant pas non plus ce que je recherche, voir l'homme dans la même posture ne m'intéresse pas.
je voudrais qu'on renouvelle le genre, qu'on sorte du sado-maso ou de l'instrumentalisation des femmes en art, est-ce possible, dites, une fois, qu'un artiste aille au-delà de Bataille et de Sade ?
J'en ai peu d'exemple, peut-être une fois, à la galerie Air de Paris, sur le mur de La Planck, cet homme après l'orgasme, de Santiago Reyes, un dessin mural qui n'a pas besoin du bazar-sex en tous genres, que l'artiste a dessiné après une nuit d'amour avec son modèle, tous deux enfermés dans la galerie..
Ou bien le sexe doit-il toujours être pris dans cette aporie que je trouve avec le temps un peu beaucoup répétitive et pour tout dire très marketing, si j'en juge par le porno-chic de nos Galeries commerciales ou autres sites roses ?
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