25/11/2009 à 12h57

Boutin prête à rouvrir les maisons closes... sur le papier



Voilà qui est inattendu. C'est la pensée qui m'est venue à l'esprit lundi matin après avoir entendu l'interview de Christine Boutin sur France Info.

Inattendu de l'entendre justifier sa prise de position pour la réouverture des maisons closes. Au départ, il y a une interview accordée un numéro spécial porno du magazine L'Optimum :

« Sur ce sujet, on est trop souvent manichéen. Certains stigmatisent la prosittution, d'autres estiment qu'il s'agit d'un travail et que ceux et celles qui l'exercent doivent déclarer un salaire et cotiser à la Sécu.

Faut-il rouvrir les maisons closes ? Après tout, s'il s'agit de mieux suivre les prostituées sur le plan sanitaire et de mieux les protéger au niveau de la sécurié, pourquoi pas. Cela ne me choque pas. »

Fermées suite au vote de la loi Marthe Richard, votée en 1946, leur réouverture fait régulièrement débat. La loi de 2003 sur le racolage passif a précarisé les conditions de travail des prostitué(e)s, et Christine Boutin semble le reconnaître.

« Plutôt qu'interdire, il faut éduquer les gens »

Dans le reste de l'entretien accordé à Yves Derai, celle qui s'est fait connaître en s'opposant au Pacs à l'Assemblée, n'hésite pas à se montrer plutôt libérale, notamment en ce qui concerne les films pornographiques :

« Sur le fond, je suis contre la censure. On se donne bonne conscience, mais finalement la liberté est encore plus stimulée quand il y a barrage. Dans ces années 70-80, on a cru qu'en surtaxant la diffusion de ces films en salle, on allait stopper leur expansion.

Quelle vanité ! Aujoud'hui, les films pornographiques pénètrent chez les gens sons aucun filtre via la Toile. Plutôt qu'interdire, il faut éduquer les gens afin qu'ils exercent leur responsablité. »

Mais interrogée sur France Info à propos de cette interview, l'ex-ministre du Logement est moins explicite :

« Le problème des maisons closes pose toujours un problème. Il n'y a jamais une très bonne réponse à ça (...) La France devrait prendre la tête de la lutte contre la traite des femmes.

Est-ce que c'est une bonne réponse, les maisons closes ? Certainement pas. Mais la situation actuelle n'est pas satisfaisante non plus. » (Ecouter le son)

Audio file

2009_11_22_boutin_maison_close.mp3

« C'est une réaction simpliste que de vouloir rouvrir les maisons closes »

Christine Boutin s'émeut à cette occasion de la condition des prostituées femmes :

 »Si j'ai pris cette position, qui a été un peu rapide,
c'est que je m'interroge beaucoup sur la façon dont on traite les
femmes et aussi l'état sanitaire d'un certain nombre de pratiques
 ».

Interviewée par Rue69, Cadyne, secrétaire générale du Syndicat du travail sexuel (Strass), il faut prendre cette déclaration avec des pincettes :

« Connaissant le personnage, c'est vrai que c'est surprenant. Mais c'est une réaction simpliste que de vouloir rouvrir les maisons closes, pour qui n'a pas vraiment étudié le sujet. Maintenant, je serais curieuse de voir ce qu'elle pourrait proposer. »

« Des lieux où le travail sexuel pourrait être libre »

Le Strass n'est pas pour la réouverture des maisons closes, et préfèrerait des « maisons ouvertes » :

« Nous sommes pour la libéralisation du travail sexuel, et pas pour la “réglementarisation”. Des lieux où le travail sexuel pourrait être libre, sans forcément un contrôle du gouvernement. »

Reste qu'après le Grenelle du cul, Christine Boutin se fait remarquer sur le sujet des maisons closes. Pour sa prochaine sortie, elle va finir par renommer sa formation, le Parti chrétien-démocrate (PCD) en « Parti complètement décadent » ?

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  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 13h08 le 25/11/2009
    • Internaute
      Roboticien utopiste

    Content de voir que même une idéologue trouve indéfendable la position actuelle. Mais si Boutin revient là dessus, qui reste-t-il encore pour défendre le statu-quo ? Pourquoi rien ne bouge ?

  • Spiripotain
    Spiripotain
    promeneur écoutant
    • Posté à 13h26 le 25/11/2009
    • Internaute
      promeneur écoutant

    Pourquoi pas des maisons closes-coopératives ? Plus de maquereaux, un partage équitable des revenus, une sécurité contre les flics et les serial-killers, l'autogestion, voilà une bonne solution, non ?

  • Lady Principia
    • Posté à 14h14 le 25/11/2009

    Hé ho les gens ! On est en pleine campagne électorale, vous avez oublié ? ... Nulle part dans tou ça il n'est question d'un accès aux droits égaux (sociaux et humains) des putes.

    Intox que tout ce buzz. Je pense que Boutin et le Nid sont en train de nous la jouer une fois de plus à la « bon flic vs. méchant flic ». Celles qui trinqueront sont les putes, comme toujours. Elles n'ont pas besoin de susucres ni d'aumône conscendantemais de vrais droits.

  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 14h59 le 25/11/2009
    • Internaute
      Aboyeur

    Encore plus surprenant est l'origine de la fermeture des maisons closes :

    Lien

    Où l'on voit que l'objectif n'est aucunement une vague idée erronée de ce que pourrait être la santé publique, ni même une idée liée à l'ordre moral, mais juste une bassesse politique.

  • reflexions
    reflexions répond à doublevue
    • Posté à 15h38 le 25/11/2009

    Juste dire haut ce que beaucoup pensent tout bas :

    La réalité c'est que ces messieurs ont souvent beaucoup plus envie que ces dames !
    La prostitution sauve bien des couples !
    Elle permet à de nombreux maris de rester avec leur femme qu'ils aiment mais qui ne veulent plus, avec le temps, leur faire un gros calin, d'aller voir ailleurs juste sexuellement...
    L'abstinence dans un couple est finalement très fréquente...Faudrait-il alors se séparer dès ce moment qd bien même on adore sa femme et ses enfants ? Grand débat...

    Toujours est-il que les maisons closes existent en Suisse et que celà ne pose pas de problèmes, c'est le mieux pour la sécurité, l'hygiène, les droits au chômage, de changer de métier, des impôts comme tout le monde etc...Et c'est par pour autant que tous les messieurs s'y précipitent que celà rassure les dames...

  • Maîtresse Gilda
    • Posté à 17h20 le 25/11/2009

    Lien

    Notre position est sans équivoque, les bordels d'avant 1946 et bosser pour unE patronnE qui imposerait les conditions, les horaires ou les clients : c'est NON !

    Le contrôle de l'Etat sur des TravailleuSEs du sexe enfermées et cachées dans des maisons closes, c'est NON !

    Nous ne voulons pas être parquées : nous voulons des Droits !

    Ce qui nous permettrait de travailler, pourquoi pas, dans des lieux partagés, ouverts et autogérés