Existrans : pour en finir avec les stérilisations de transsexuels

A Existrans, la manif des trans, à Paris le 10 octobre 2009 (Sœur Rose).

A chaque début d'automne, tradition immuable dans la vie des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence depuis treize ans, a lieu L'Existrans. Samedi 10 octobre, 2000 personnes (selon les organisateurs), des trans et ceux qui les soutiennent, se sont rassemblés pour cette marche de Jourdain à République qui entend rendre visible une communauté trop souvent réduite au silence.

Une communauté que l'on ne voit pas parce qu'on ne veut pas la voir, parce qu'elle n'est pas aussi sulfureuse que certains le voudraient, et parce qu'en fin de compte ce ne sont que des êtres humains. C'est sûr, cela surprend, ce mélange de genres, d'âges et de vies. Tous sont touchants, beaux, troublants et terriblement mauvais genre.

C'est ainsi que nous sommes allées rejoindre ces gens merveilleux devant l'église Saint-Jean-Baptiste de Belleville. D'ailleurs, il y avait un mariage et la tête que faisait la mariée valait son pesant de cacahuètes.

A Existrans, la manif des trans, à Paris le 10 octobre 2009 (Sœur Rose).

Au départ de la marche, les gens se cherchent, se retrouvent, s'embrassent, parfois venus de loin. Pour certains, c'est une des rares sorties sans peur ni honte. L'ambiance est bon enfant. Bon enfant mais remplie de colère, de rage. Une colère violente contre un Etat qui fait surtout des promesses. Une rage contre un monde médical transphobe qui considère d'un air supérieur les trans comme des « malades mentaux », se permettant toutes les aberrations possible et imaginables.

Je croise d'abord Véra, 39 ans. Mariée depuis plus de dix ans et avec deux enfants de 7 et 11 ans :

« Cela fait plusieurs années que je viens. D'habitude, je viens en famille. C'est important d'être présents tous ensemble, de montrer que l'on reste mobilisé. Même si Bachelot parle de ne plus nous considérer comme des malades mentales, il faut continuer à se battre. Il faut être visible ! »

Depuis qu'elle a déménagé en Bretagne, Véra vit enfin au grand jour. « Même le curé, qui est mon voisin, m'apprécie… » Avant de rajouter dans un éclat de rire : « Bon, il ne m'a pas encore vue en jupe. »

Un autre éclat de rire, et la voilà qui repart vers ses copines, ces hommes qui ont, un jour, décidé de vivre enfin leur vie dans le corps.

A Existrans, la manif des trans, à Paris le 10 octobre 2009 (Sœur Rose).

Samuel, un FtM (« female to male ») militant de 23 ans, raconte ces questions qui reviennent sans cesse :

« On nous demande si on aime le rose, quelle est notre pointure de chaussures. »

Des questions fondamentales… La plus violente des questions ? Elle revient tout le temps, dans la bouche de tout le monde :

« Et sinon, c'est quoi ton nom d'avant ? C'est quoi ton vrai nom ? »

Comme si tout ce qui était construit n'était que du vent. Au cours de la marche, je rencontre Eric, trans FtM, cuisinier. Il est en plein changement de papiers. Ce fier gaillard de 22 ans doit prouver par tout un tas de paperasseries que oui, c'est bien un garçon qui vit en garçon et qui se comporte comme un vrai garçon.

S'il est là aujourd'hui, c'est pour lutter contre la stérilisation forcée. Car pour pouvoir avoir des papiers avec votre prénom et votre genre « de choix », il faut impérativement passer par des opérations qui peuvent s'avérer dangereuses :

« Cet été, j'ai dû me faire enlever l'utérus et les ovaires, être stérile, pour pouvoir avoir des papiers. C'est une opération qui est lourde, dont je n'avais pas besoin, et qui m'a rendu malade. Mais même si c'est mauvais pour ma santé et dangereux, c'est obligatoire pour l'Etat français. »

Si Eric semble bien dans sa peau, ce ne fût pas toujours le cas.

« Au tout début, quand tu n'as pas encore les hormones, ni rien, et que tu veux t'affirmer en tant que mec, on te rit au nez et là, c'est vraiment dur. »

La revendication de la marche est donc, outre de rappeler à Roselyne Bachelot sa promesse de dépsychatrisation, d'en finir avec l'obligation de stérilisation. C'est vrai qu'un homme enceint, ça ferait tellement désordre dans le paysage…

A Existrans, la manif des trans, à Paris le 10 octobre 2009 (Sœur Rose).

Photo : à Existrans, la manif des trans, à Paris le 10 octobre 2009 (Sœur Rose).

10 commentaires sélectionnés

Portrait de Biaise

De Biaise

(étudiante et salariée) | 11H03 | 12/10/2009 | Permalien

@ Bardamu et à beaucoup d'autre qui se posent cette question :

1° Ca n'est pas un trouble mental, seulement notre société nous impose une vision bipolaire du genre qui pousse à la révolte toute personne un tant soit peu décalée, avec une personnalité forte et qui souhaite vivre son identité différemment que selon les codes déjà imposés.

2°La logique trans veut qu'il n'existe pas 2 sexes opposés l'un à l'autre mais un spectre large comprenant une multitude de sexes, extrêmes ou androgynes.

3°Chacun devrait pouvoir disposer de son corps tel qu'il le souhaite. Et si un jour j'ai envie qu'on m'appelle Monsieur, et bien on m'appellera Monsieur, je ne vois pas qui ça pourrait heurter et en quoi ceci est dérangeant pour le monde qui m'entoure.

4°Mon identité m'appartient, l'Etat n'est là que pour l'officialiser sur papiers pour des raisons pratiques, pas pour décider à ma place.

J''ai essayé d'être organisée et concise car je sais que ce sont des notions difficiles à appréhender pour qui ne s'y est pas initié.

Ensuite, je voudrais faire une remarque à l'auteur de l'article : n'aurait-ce pas été une excellente occasion de traiter le sujet des intersexués, qui ne sont pas des trans mais des personnes nées avec une ambivalence sexuelles physique et dont les droits sont bafoués ? On va même jusqu'à les opérer de force durant leur petite enfance !
Ils étaient présents à l'exitrans mais sont invisibles dans l'article.

Sinon pour le reste, le sujet des trans est bien traité avec la diversité qu'il mérite.

Portrait de Rodyone

De Rodyone

salarié | 12H32 | 12/10/2009 | Permalien

Bonjour je ne vous cache pas que je suis novice dans ce type de débat, où il est assez difficile de bien comprendre les tenants et aboutissants de cette question.

Pour m'éclaircir les idées pouvez vous me renseignez sur les questions suivantes :

C'est quoi exactement la transidentité ?
Je croyais qu'être transsexuel c'était de se sentir « mentalement » d'un autre sexe que celui biologique. Il me semblais logique alors que le transsexuel cherche à faire correspondre son « Moi » mental avec son « Moi » Physique. En ce sens une opération chirurgical, et oui malheureusement mutilante (pas facile de « corriger » dame nature).
A la lecture de l'article je constate que certains transsexuel souhaite être les deux (si je résume) donc dans ce sens quelle est leur ressentir « mentale » sur ce qu'il sont ? Pourquoi se sentir homme avec un corps de femme si on se sent aussi femme et que l'on souhaite conserver ce corps ?
N'est ce pas dans ce cas plus un problème de codification sociale des sexes qui pose un problème ?
Pourquois donc demander à être socialement reconnus d'un autre sexe, si on se considère des deux ? en faite la carte d'identité ne fait pas l'identité, ce n'est qu'un papier… Et oui cela ramène a la question psychologique des choses…

Pouvez vous m'éclairer ?

Portrait de Jean-Baptiste

De Jean-Baptiste

Projets entre marketing, éditorial ... | 22H33 | 13/10/2009 | Permalien

J'ai eu un amant FTM à Londres.

Au royaume uni la réassignantion de sexe se fait par une série d'opérations. Unes des premières sont d'enlever l'appareil reproducteur féminin et les seins (sauf erreur de ma part c'est nécessaire pour commencer la téstostérone et éviter des cancers).

Cet ami a du bataillé pour obtenir que ces besoins soient respectés et sensations préservées.

Il avait à la fois une verge et un vagin et un clitoris reconstruits.

Les médecins ne voulaient pas rendre sa verge érectible s'il ne renonçait pas à son reste de vagin. Il me semble qu'il y a quelque chose du symbolique la-dessous.

Il a préféré garder son clitoris et les sensations plutôt que de risquer une opération supplémentaire.

EDIT aprés discution avec lui le 12

Portrait de Toby E

De Toby E

17H23 | 12/10/2009 | Permalien

Pour ceux qui ne connaissent rien à l'intersexualité : « Le choeur des femmes » (http://www.pol-editeur.fr/catalogue/fichelivre.asp ? Clef=6290), roman de l'excellent Martin Winckler paru en septembre 2009.
NB : livre construit autour du rapport soignant/soigné recommandé à tous ceux qui risquent d'avoir à faire à un médecin, c.à d. à tout le monde.

Portrait de solene

De solene

vagabonde | 17H37 | 12/10/2009 | Permalien

bonjour rodyone, et merci pour votre interet, et vos questions plutot que votre jugement, dans ce debat « nouveau pour vous ».

quelques elements de reponse, j espere que d autres riverain-e-s completeront.
- parfois ce qui est important c'est d etre reconnu-e dans le GENRE social de son choix, donc « passer pour » quand on est habille-e, sur le papier, etc. mais la chirurgie - pas seulement de reassignation, mais les operations chirurgicales en general - c'est lourd, dangereux, etc, et tout le monde ne ressent pas le besoin d en passer par la. ou alors par exemple un FtM peut vouloir se faire faire un torse, mais ne pas vouloir toucher a ses organes genitaux puisque l'operation est lourde, les possibilites de resultats restreintes, etc. et le parcours medical pour arriver jusque la pas accessible a tou-te-s…

-« etre les deux » - vous touchez dans le mille ! le probleme c'est souvent pas tant de « naitre dans le mauvais sexe » mais bien qu'il y ait une « codification sociale des sexes » comme vous dites. oui, de nombreuses personnes ne se reconnaissent pas dans cette binarite obligatoire, et se sentent autre chose, ni l'un ni l'autre, ou un peu des deux… celles et ceux qui sont dans un parcours trans en font partie, d'autres choisissent de rester dans leur sexe assigné a la naissance mais ne s'y sentent pas bien a 100%…

-les papiers - oui, pour vous, ou pour moi, qui vivons dans le genre qui nous a ete donne a la naissance, « ce n'est qu'un papier ». mais quand un garcon se voit constamment repondre « mais c'est pas votre carte d identite ca, c'est celle de votre soeur/petite-copine ! » ou appelé « madame » avec son ancien prenom dans une salle d'attente, qu'on lui refuse donc au quotidien de payer par cheque, de retirer de l'argent, de l'appeler comme il veut s'appeler, etc… ca devient tres vite beaucoup plus que « juste un papier »… et c'est tres vite l'horreur. si ca vous interesse, il est facile de trouver des temoignages la-dessus sur internet.

voila ! j'espere que ca vous a un peu eclairé !

Portrait de sanlucar

De sanlucar

18H11 | 12/10/2009 | Permalien

non je reste homo, et je dois dire que sur le plan sexuel ce n'est plus trop ça entre nous, évidemment, puisqu'elle est une femme hétéro… mais nous le vivons bien, d'autant que nos attentes sur ce plan ne sont plus ce qu'elles étaient au départ, et comme nous sommes un couple libre, nous nous autorisons mutuellement d'éventuelles excursions extra-conjugales… je reste ce que je suis, c'est certain, mais notre relation est ancienne et solide, nous nous aimons, nous sommes bien ensemble et avons besoin d'être présents l'un à l'autre… je découvre que je peux être amoureux d'elle, qui est femme, ce qui me semblait impossible il y a encore quelques mois et notre couple en a été un peu déstabilisé pendant plusieurs mois… mais ce que je vis avec elle sentimentalement, je ne peux pas, en tant qu'homo, le vivre avec une autre femme… c'est une expérience humaine incroyablement enrichissante et pour tout vous dire, j'en suis tout émerveillé…

Portrait de Camille Hérin

De Camille Hérin

Dilettante | 18H42 | 12/10/2009 | Permalien

Une pétition en ligne ici :
Ni hommes, ni femmes : le binarisme nous rend malades !
http://www.genrespluriels.be/Petition-Ni-hommes-ni-femmes-le

Portrait de nat49

De nat49

... | 07H10 | 13/10/2009 | Permalien

Je ne suis pas plus au courant de ce sujet que ça, mais ça ne m'empêche pas de réfléchir et de fait de trouver vos revendications absolument légitimes. Je réponds seulement pour réagir à des commentaires odieux qui vous renvoient à la question psychiatrique ou de choix individuels à assumer ou encore à votre communautarisme. Dès l'instant ou il existe un protocole médical (très lourd) et irréversible (stérilisation) cela signifie qu'il y a une position politique et sociale sur le problème de la transexualité, et à partir de là un espace où les personnes concernées devraient faire valoir leurs besoins et leurs droits. Pour ce faire et militer en ce sens il est normal de s'organiser et comme dans toutes les luttes, de s'organiser entre personnes sensibles au problème et concernées (ou il y a communautarisme partout). Le fait qu'il y ait des manifestations permet une prise de conscience globale, courage à vous. Existe-il une pétition française à signer ? Je me pose aussi la question soulevée sur la pétition belge concernant l'accès libre aux hormones sans préalables psy. Je suis d'accord mais il me semble qu'un suivi médical est nécessaire, la prise d'hormones ne peut sans doute pas se faire sans risques (prise de sang, contrôle sur l'état physique et contre-indications) ?

Portrait de Soeur Rose

De Soeur Rose (auteur)

Bonne Soeur MiliTante Hurlante Aima... | 15H17 | 13/10/2009 | Permalien

Cher Altermedia,
je réponds sous le nom de soeur Rose car visiblement vos différentes réponses mettent en doute ses propos.
Effectivement certaines soeurs sont catholiques et je suis personnellement un ancien religieux (je pense que 2 ans de juvénat, 4 de petit séminaire et 1 an de vie monastique peuvent être considéré comme une formation justifiant mes propos).
Effectivement les Soeurs sont excommuniées comme d'ailleurs tous les homosexuels qui assument publiquement leur sexualité (puisqu'ils sont considérés comme des « pécheurs publiques »)
Votre argumentaire tourne essentiellement autour d'une prétendue caricature de l'église Catholique.
Vous nous voyez désolées que certains catholiques le ressentent comme tel mais ce n'est nullement notre but.
Les soeurs de St Vincent de Paul ont elles mêmes puisés dans les costumes civils de leur époque et vous n'iriez pas les accusés d'avoir parodier quoique ce soit.
Nous nous sommes inspirées de leurs cornettes dans le même esprit.
Nous ne sommes pas des religieuses, nous sommes des Soeurs pour le service de tous ceux qui se reconnaissent dans nos valeurs. Nous portons une costume qui marque notre appartenance à un groupe et nous permets une véritable visibilité.
Je n'ai jamais rencontré personne qui nous ai confondu avec des religieuses chrétiennes.
Cette acharnement à vous considérer comme des victimes est insultant pour les véritables martyrs de la foi à travers le monde.
C'est un phénomène assez récurent dans les groupes en perte d'influence et en crise identitaire comme c'est le cas pour l'Eglise catholique en occident. Une sorte de réflexe de crispation que nous comprenons bien volontiers quand il ne devient pas violent ou injurieux, ce qui est malheureusement souvent le cas.
Les Eglises dans leur grande majorité exercent une véritable violence sur les personnes homosexuelles de façon directe ou par un travail d'influence (doit-on vous rappeler que le Vatican s'oppose depuis des années à la dépénalisation de l'homosexualité ? )
S'opposer au discours de l'Eglise Catholique ne relève pas de la cathophobie mais de la liberté de penser.
Utiliser un costume d'inspiration chrétienne pour effectuer un travail (visiblement ce mot vous dérange mais je peux vous assurer que presque 100 heures de bénévolat par mois représente un véritable travail) que ces Eglises désapprouvent n'implique pas que nous ne respections pas les croyances des membres de ces églises.
Bon et puis, sérieusement, les catholiques pratiquants représentent moins de 3% de la population et il faut bien reconnaître qu'on a largement assez de travail à faire pour ne pas avoir de temps à perdre à caricaturer l'Eglise. A mon grand désespoir, certains de mes frères et soeurs catholiques se débrouillent très bien sans nous !
Je ne répondrais même pas à votre argument sur les juifs et les musulmans, je m'étonne juste que vous vous lanciez dans un concours (pourquoi eux et pas nous). Désolé les soeurs sont nées aux Etats-Unis et en Californie, la culture chrétienne y est prédominante, nos premières soeurs y ont donc puisée leur inspiration.
Puisque vous parler de Charité, et bien tentez de voir plus loin que les apparences, « ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ».
Je me suis engagée, en rentrant chez les Soeurs, « au combat social dans l'illumination spirituelle » (In Serment d'Allégeance des Soeurs) ce qui implique le respect de la foi de chacun, de la mienne propre.
Vous ne regardez que la forme et pas le fond, ça me rappelle vaguement une situation entre le Christ et les « bons cathos » de son époque… des pharisiens disait-on ? ?
Que la Lumière pailletée des Soeurs soit vôtre.
Comme disait Barbara, nous sommes et resterons « des p'tites soeurs d'amour »
Soeur Mystrah, dite la Mystic

Portrait de snoopygirl

De snoopygirl

Passante | 15H35 | 13/10/2009 | Permalien

Je vois que le débat est pour le moins animé… En tout cas, merci pour cet article qui présente plutôt bien la marche et la question du transsexualisme.

Je me permet d'écrire quelques mots en tant que compagne d'une transsexuelle. je ne connais pas tout sur la question, loin de là, mais je peux tout de même éclaircir certains points. Tout d'abord, je précise que je suis en couple avec une fille sympa, mignonne, bien dans sa peau, bref une fille comme beaucoup d'autres. Elle est parfaitement insérée socialement et s'entend bien avec sa famille. De toute façon, il est presque impossible de voir qu'elle est d'origine trans si on ne le sait pas. Je précise cela, car avant elle, je ne connaissais rien au sujet, et j'avais des trans l'image un peu caricaturale qui est généralement véhiculée par les médias, donc je comprends très bien l'étonnement de certains lecteurs.

Il existe plusieurs demandes trans : pour schématiser, la demande transsexuelle et la demande transgenre.

Les transsexuels, MtF (homme vers femme) et FtM (femme vers homme), cherchent à mettre pleinement en conformité leur sexe psychique et leur sexe physique. Certes, on peut parler d'un problème « psychique ». Néanmoins, on ne peut pas « guérir » par une psychanalyse. La seule solution, à l'heure actuelle, est de mettre le « corps » en conformité avec « l'esprit ». Cependant, c'est en effet un parcours du combattant. Normalement, tout commence par 2 ans de suivi psy, pendant lequel on doit faire un « test de vie réelle » c'est à dire vivre dans son sexe d'arrivée sans aucune modification corporelle (ni hormone, ni opération). Vous pensez bien que cela relève de l'impossible : tout le monde ne verra qu'un homme ou une femme déguisé. Ceci fragilise les personnes, qui doivent subir moqueries et insultes… Ensuite, hormones, pour ceux qui ont tenu, et opérations, puis changement d'état civil (ce qui n'est pas garanti).
Pour obtenir ce changement d'état civil, à l'heure actuelle, il faut : être stérile, être divorcé si on a été marié, et ne pas avoir d'enfant à charge (c'est le conjoint qui en prend seule charge). Il faut aussi normalement subir une triple expertise, chère et humiliante, mais sur ce point la situation dépend complètement suivant les TGI. Pout les MtF, il faut avoir fait l'opération du bas (vaginoplastie) (et interdiction de garder quelques spermatozoides dans un frigo), et pour les ftM il faut avoir subi une ablation des trompes. Hors, ceci n'est pas nécessaire. Ce point fait d'autant plus débat qu'actuellement on n'est pas capable de réaliser une phalloplastie (créer un pénis) fonctionnelle (érectile - ou même juste sensible). En plus les tentatives ont de fâcheuses tendances a se transformer en chaise roulante… Donc oui, vous pouvez considérer qu'il restent « entre les deux sexes » (mais ils ne vont pas apprécier), mais ils n'ont guère le choix !

La demande transgenre, liée au mouvement queer américain est différente. Là, ce sont ceux qui revendiquent une continuité entre les deux sexes, et remettent en cause la bipolarité du genre. Ils ne veulent pas forcément changer d'état civil d'ailleurs. Ce sont des théories intéressantes, mais je laisse à ceux qui connaissent de commenter, je ne les connait pas très bien.

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