13/08/2009 à 20h07

« Relax, Take it Easy » de Mika, éloge méconnu de la sodomie ?

Camille | Mauvais genre

Découvrez la playlist Relax - Mika avec Mika

Ça commence par un dialogue privé avec une riveraine. On épiloguait sur des trucs pas drôles. Et c’est là qu’elle m’a dit, en reprenant les paroles du tube de Mika :

« Relax, take it easy... D’ailleurs, toi qui as l’esprit au moins aussi tordu que moi, tu ne trouves pas que cette chanson est une ode à la sodomie ? Si si, lis les paroles, je te ferais une explication de texte si tu veux. »

J’ai trouvé sa traduction et ses commentaires amusants, et j’ai pensé que ça vous relaxerait pendant que je suis en vacances...

« Took a ride to the end of the line
Where no one ever goes
Ended up on a broken train with nobody I know
But the pain and the longing’s the same
Where the dying
Now I’m lost and I’m screaming for help. »

« J’ai pris à droite à la fin de la ligne [si on entend “took a right” et pas “took a ride”, ndlr]
Là où personne n’est jamais allé
Ça avait fini dans un train cassé avec des inconnus
Mais la douleur et les regrets sont les mêmes
Là où il y a la mort
Maintenant je suis perdu et je crie au secours. »

L’analyse de soeur Rose : ici, il commence à semer le doute. Il parle visiblement de son dépucelage, de sa première fois. Des sensations inconnues, un truc étrange, qui fait mal mais qui fait aussi du bien. D’où les regrets.

Ne parle-t-on pas de petite mort pour parler d’orgasme ? Et cette sensation, quand tout est fini, d’être tout seul, de ne plus savoir où l’on en est ? Après ce premier passage à l’acte, on perd souvent pied.

« Relax, take it easy
For there is nothing that we can do.
Relax, take it easy
Blame it on me or blame it on you. »

« Relaxe-toi, prends-le bien
Parce qu’il n’y a rien que nous ne puissions faire
Relaxe-toi, prends-le bien
On m’accuse ou on t’accuse »

L’analyse de soeur Rose  : ce refrain, qu’il hurle, c’est souvent ce que l’on pourrait se dire. Que tout va bien se passer. C’est un refrain, c’est fédérateur. Il y exprime le sentiment de bien-être qui surgit, ce côté « toi et moi contre le reste du monde », comme le chantait Jimmy Sommerville.

« It’s as if I’m scared.
It’s as if I’m terrified.
It’s as if I scared.
It’s as if I’m playing with fire.
Scared.
It’s as if I’m terrified.
Are you scared ?
Are we playing with fire ? »

« C’est comme si j’étais effrayé
C’est comme si j’étais terrifié
C’est comme si j’effrayais
C’est comme si je jouais avec le feu
Effrayé
C’est comme si j’étais terrifié
Es-tu effrayé ?
Sommes-nous en train de jouer avec le feu ? »

L’analyse de soeur Rose  : oui, cela fait peur, effraie. Comme sauter à l’élastique, comme s’envoyer en l’air.

« Relax
There is an answer to the darkest times.
It’s clear we don’t understand but the last thing on my mind
Is to leave you.
I believe that we’re in this together.
Don’t scream - there are so many roads left. »

« Relax
Il y a une solution aux époques les plus noires
C’est sûr que nous ne comprenons pas mais la dernière chose que j’ai en tête
C’est de te quitter
Je crois que nous sommes ensemble dedans
Ne crie pas
Il nous reste tellement de chemins »

L’analyse de soeur Rose  : ici, il confirme le refrain, il est heureux et amoureux. C’est criant. Il découvre avec son amoureux toutes les possibilités de l’amour entre homme (actif et passif). « Nous sommes ensemble dedans » et je ne te parle même pas du très clair « Il nous reste tellement de chemins »

Convaincus ?

Précision le 14/8 à 9h12. Une longue enquête a permis d’identifier la riveraine qui a édifié Camille. Il s’agit de Soeur Rose de la Foi de ta Mère, ci-devant « Fesseuse d’Anges, Gardienne des Muses Belles zé Putes, Protectrice des Sans-voix et des Aphones, Dite le Mégaphone du Couvent, Aka The Skinny Monkey Bitch, membre du Couvent de Paname, Ordre de la Perpétuelle Indulgence », que vous avez déjà pu croiser sur Rue69.

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  • ludik_nonal
    ludik_nonal
    Sans Emploi
    • Posté à 20h34 le 13/08/2009
    • Internaute 70232
      Sans Emploi

    Pas bête... Ca se tient..
    Mais ... Pourquoi changer « took a ride » ( chevaucher !) par « took a right »
    Je me souviens de mon étonnement à 15 ans apprenant que Freddy Mercury etait gay... Another one by the dust « ... » I want it all « .. Et je trouve encore aujourd’hui des personnes qui n’ont jamais fait le rapprochement..
    Mais c’est une culture , d’avoir l’esprit placé ou il faut ; +)

    Bonne route
    Arnaud

  • tooptoop
    • Posté à 22h05 le 13/08/2009
    • Internaute 630

    A mon avis la chanson est sans doute une allusion à la sodomie, mais surtout au précédent « Relax » de Frankie Goes To Hollywood. A l’époque (1984) les paroles de la chanson et surtout le clip, qui montre une scène de sexe dans une backroom gay furent jugés obscènes, ce qui n’empêcha pas la chanson de se classer 1er dans les charts anglais. Les paroles « when you want to come » (quand tu veux jouir) sont sans ambiguïté, le clip encore moins :

  • dy
    dy
    • Posté à 22h08 le 13/08/2009
    • Internaute 47181

    C’est vraiment un très très très beau texte.
    Votre analyse est troublante et juste.
    Merci Camille.

    PS : je pense néanmoins que Mika a un peu pompé Frankie (ce qui n’enlève rien à son talent).

  • brothe
    brothe
    chercheur Postdoc
    • Posté à 22h29 le 13/08/2009
    • Expert 53510
      chercheur Postdoc

    Hello

    J’ai des petites remarques et tout :

    - Pour la premiere phrase, il faudrait plutot traduire par « je suis alle au bout (de la ligne) » ou « j’ai pris a droite jusqu’au bout... », en anglais il y a « to » et non « at »

    - C’est clair qu’on peut lire le texte commen on veux... c’est meme le principe d’une allusion.

    - Ok pour l’allusion a la sodomie, mais pourquoi entre homme ? Peut etre pour la reference a Frankie, peut etre pour le « on t’accuse et on m’accuse », l’homosexualite etant souvent un delit. Mais ca fait leger.

    Pour continuer la serie, je propose « ma petite entreprise » comme ode a la masturbation (c’est pas une blague ! ! !)