30/07/2009 à 18h34

Le SM, une déviation sexuelle pour exorciser nos souffrances

Alexandre Gamberra | Ecrivain et universitaire

En me fondant sur mon vécu, je me permettrai de formuler deux ou trois hypothèses sur le sadomasochisme.

Cette déviation sexuelle -ce terme n’est pas, sous ma plume, péjoratif : j’en use pour circonscrire la nécessité de certain(e)s d’entre nous de théâtraliser la sexualité et de la jouer, par le truchement d’objets détournés par le désir de leur destination habituelle- touche des individus qui, lors de leur structuration psychique, ont été particulièrement blessés.

Attention, je ne soutiens pas que nous avons tou(te)s été traumatisé(e)s, violé(e)s, battu(e)s, « incesté(e)s » dans l’enfance !

Je pense simplement que la lutte au terme de laquelle nous avons fini par nous construire a été si rude que nous en conservons des souffrances que nous exorcisons dans le secret de l’alcôve.

Un amour SM où l’autre me délivre d’un puissant sentiment de culpabilité

Je ne veux pas tout réduire à l’Œdipe et à la castration mais, dans mon cas, l’absence du père conjointe à l’image d’une mère déniant sa maternité ont possiblement modelé et façonné ma sensibilité, si bien que le sujet abandonnique que je suis cherche à refermer symboliquement ses plaies dans un amour SM où l’autre, par son abandon sans réserve (mais pas sans limite), le délivre d’un puissant sentiment de culpabilité envers ses géniteurs.

Ma compagne « asservie » me renvoie probablement ma propre image sur un mode cathartique.

De surcroît, je suis persuadé que mon (le) SM restitue, métaphoriquement, le fond de violence et de criminalité constitutif des sexualités humaines. Evidemment, je suis un sadien (pas un sadique ! , je le répète) de stricte obédience (et aussi un freudien !) : désirer un individu, c’est toujours l’intégrer et l’assujettir à son propre désir.

Il ne peut en être autrement (tous les praticiens et cliniciens vous l’expliqueront). L’autre aiguise par conséquent terriblement mes sens chaque fois qu’il se love dans ce que je perçois être « la vérité » de mes désirs.

Le rituel SM, son dress code et sa langue, m’est de plus en plus superflu

Quant aux fantasmes, on ne les « réalise » jamais. On s’en approche sans parvenir à les vivre. Aussi évoluent-ils et se réorganisent-ils au fil des mois et des expériences. Ceux qui en cette période de mon existence m’habitent entretiennent une parenté avec ceux qui me hantaient lorsque j’avais 20 ans, mais ils sont différents, plus complexes et transgressifs.

Je conclurai sur une remarque personnelle. Le rituel SM, son dress code et sa langue, que j’endosse (comme « tout le monde ») à l’occasion de soirées publiques ou de sessions privées, m’est de plus en plus superflu : quand je suis en cuir, je ne me sens pas plus dominant que lorsque je porte un costume et une cravate (j’étais ravi, en été 2004, d’être admis à l’intérieur d’un club SM berlinois alors que j’étais entièrement vêtu de blanc...).

Bref, ce n’est pas la garde-robe qui (me) fait (le) maître.

Fini la « progression éducative » pour faire de ma compagne une « soumise parfaite »

En outre, avec ma compagne, je ne m’enferme plus dans une « progression éducative » qui viserait à faire d’elle une « parfaite soumise », en l’occurrence un faire-valoir, dans un milieu qui, n’échappant pas au narcissisme social ambiant, est friand de faire correspondre au degré de soumission de l’une l’excellence supposée en domination de l’autre : je mentirai si je feignais de n’avoir aucunement cédé par le passé à ce travers mimétique ; avec la femme que j’aime, ces « concours » sont maintenant vains.

Ce qui m’importe, c’est la confiance qu’elle m’accorde et la possibilité qu’elle a ou non de consentir aux situations dans lesquelles je souhaite l’entraîner et qu’elle induit. Le « oui » dont elle me gratifie me comble, et je peux en rester là, le vécu étant secondaire, ce qui « parlera » à celles et à ceux qui ont appris que la réalité est fort éloignée des rêves qu’on a nourris et de ce qu’on a imaginé.

Mon SM tend à ne plus reproduire un scénario convenu mais à se déployer en s’autorisant et en s’alimentant de l’amour du couple constitué avec cette femme qui m’a choisi pour l’aider à mieux discerner qui elle est, et des fantasmes qui sont les nôtres.

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  • LienRag
    • Posté à 19h15 le 30/07/2009
    • Internaute 34767

    Votre discours est assez solide, mais j’aimerais vous demander, vu l’importance que vous reconnaissez aux traumatismes constitutifs de la personnalité érotique des pratiquants SM, quelle place vous accordez à la notion de guérison ?
    Si on peut guérir du SM, cela doit-il être un but ?
    Et cela est-il compatible avec l’institutionnalisation sociale et économique de cette pratique ?

    • Alexandre Gamberra
      Alexandre Gamberra répond à LienRag
      Auteur(e) de l'article Ecrivain et universitaire
      • Posté à 11h43 le 01/08/2009
      • Expert 85747
        Ecrivain et universitaire

      Bonjour,

      Vous me mettez dans l’embarras. Car j’ai conçu ce texte, écrit à la demande de Camille, comme un simple témoignage. Je suis toujours irrité quand, dans le « milieu », j’entends et/ou lis de grandes « théories » sur cette sexualité et surtout sur la façon idoine de la vivre.

      Guérir ? Mais de quoi ? de la vie ?

      Le sm n’est pas du tout une thérapie. Mais une manière dêtre dans son corps et sa personnalité. C’est une sexualité. Permettez-moi une image : une personne a une plaie ; celle-ci guérit ; il n’empêche que l’individu gardera une cicatrice, lointain souvenir de sa blessure. je crois que, pour moi, je sm « fonctionne » ainsi. Et i me semble que dans mon couple il en est de même : elle et moi sommes de plus en plus proches l’un de l’autre, dans la mise en théâtre de nos blessures.

      Je ne sais pas si je réponds à votre question. J’ouvre juste une piste.

      Cordialement, Alexandre Gamberra

      • LienRag
        • Posté à 14h47 le 03/08/2009
        • Internaute 34767

        Cette piste est intéressante, mais pas close sur elle-même comme certains de vos partisans veulent le faire croire.
        D’ailleurs, ce qui me pose problème n’est pas vos pratiques sexuelles (chacun fait ce qu’il veut est n’est responsable que devant sa conscience) mais votre pratiques amoureuse, qui est elle par essence sociale.
        Et certes, une pratique amoureuse n’est pas indépendante du désir sexuel qui la sous-tend (et donc de ses modalités) mais théoriser sur la légitimité de pratiques amoureuses relativement asociales au nom de la liberté d’exploration de soi me paraît plus qu’ambigu, et ressemble à une rationalisation de problèmes que vous n’avez pas réglés (*).

        En fait, à la première lecture je n’avais pas compris qu’il s’agissait de l’histoire de Tristars, dont l’extrait que j’avais lu je ne sais où vous montre complétement dépassé et peu glorieux. Vous dites d’ailleurs dans une interview avoir terminé cet épisode en recourant à la camisole chimique, ce qui signifie que vous avez refusés d’aller jusqu’au bout de vous même, de vous affronter (et par ailleurs que vous avez oublié Freud...). Mis bout-à-bout, cela provoque chez moi (peut-être à tort ?) une certaine méfiance quand à l’honnêteté de votre discours ; pour être clair, je ne vous accuse pas de mentir à vos lecteurs, mais je me demande si vous ne vous mentez pas à vous-même.
        Et puis, si vous avez oublié Freud, le risque existe que vous ayez aussi oublié Marx. Dans une réflexion sur une pratique impliquant maîtres et esclaves, ce serait assez gênant...

        J’espère néanmoins que vous excuserez le caractère un peu confus de ce post.

        (*) Je sais que je m’approche dangereusement de la psychologie de comptoir ici, mais faire oeuvre à partir de votre expérience intime implique de laisser le lecteur prendre comme matière également la part de cette expérience que vous livrez, y compris la part que vous livrez sans en être conscient.

  • virginie78
    virginie78
    Éteignez votre TV et apprenez à (...)
    • Posté à 09h55 le 31/07/2009
    • Internaute 25883
      Éteignez votre TV et apprenez à (...)

    Bonjour,

    Merci pour votre article.

    Vous associez le SM à une thérapie, si je vous ai bien compris. Outils pour exorciser vos souffrances.

    Pour ma part, les petites expériences SM que j’ai pu vivre ont mis en lumière contrastante, des vécus passés, dans un lointain passé, presque oublié car presque banalisé n’ayant eu de repère pour les qualifier.
    En réalisant ces actes SM, je réalisais en même temps le décalage, l’anormalité, le mensonge dans lesquels on m’avait fait vivre.

    Ce révélateur a été comme un coup de fouet dans la gueule, mais aujourd’hui, je comprends mieux et sais mieux où je vais .

    Pour résumer je dirai que cette expérience a fait l’effet d’une psychomagie pour redessiner une histoire passée et mieux comprendre le présent.

    Cela dit, aujourd’hui, je n’ai pas du tout envie de vivre d’autres expérience SM même si lire votre témoignage me fascine quelque part.

    • Alexandre Gamberra
      Alexandre Gamberra répond à virginie78
      Auteur(e) de l'article Ecrivain et universitaire
      • Posté à 11h52 le 01/08/2009
      • Expert 85747
        Ecrivain et universitaire

      Bonjour.

      Il faudrait discuter de vive voix. Et bien établir le « lieu » de notre échange : j ne suis pas un psy ni un « spécialiste ». je m’efforc d’avoir une oreille, certes, mais d’abord pour ma vie, et pour moi.

      Je crois compendre ce que vous évoquez. Il est possible que vos « petites » expériences vous aient permis de prendre conscience d’autres événements, essentiels, enfouis, occultés, « métabolisés ». Et cett incursion, positive, puisqu’elle a vous a enseigné des choses importantes sur vous, vous « a suffi ».

      Pourquoi devriez-vous « persister » dans le sm, si ce nest pas votre « voie », votre sexualité ? Pourquoi forcer son assiette psychologique ? Même par amour pour un-e autre, ne cédez pas à cette faiblesse...

      Quant à mon témoignage, que dire ? Il ne s’agit ni de pub ni de promotion. J’écris, oui. Je veux me consacrer de plus en plus à la littérature. Pas à la littérature sm ni à l’écriture érotique. Je veux me consacrer à la littérature. Dan mes livre, il y a du sexe, parfois du sm, mais d’abord mes textes sont ECRITS. - L’accueil réservé à mon premier récit par des ami-e-s écrivain-es en qui j’ai confiance m’autorise à énoncer ce point de vue.

      On peut vivre avec des fantasmes sans passer à l’acte. On peut vivre aussi avec des fascinations. Elle et moi, pour des raisons liées à notre structuration psychique, nous vivons dans notre intimité le sm.

      Je vous souhaite le meilleur, dans vtre vie.
      Alexandre Gamberra

  • SB68
    • Posté à 16h47 le 31/07/2009
    • Internaute 24192

    Bah, les coups et les douleurs, ça ne se discute pas !

    • Alexandre Gamberra
      Alexandre Gamberra répond à SB68
      Auteur(e) de l'article Ecrivain et universitaire
      • Posté à 11h53 le 01/08/2009
      • Expert 85747
        Ecrivain et universitaire

      Alors ne les dscutons pas.

      Excellente journée,

      Alexandre Gamberra

  • lally
    lally
    professeur
    • Posté à 20h35 le 31/07/2009
    • Expert 51226
      professeur

    Je suis assez d’accord avec l’auteur quand il établit une relation entre la pratique SM et une construction personnelle difficile et en souffrance.
    J’ai pu remarquer cela également.

    Par contre si le SM peut permettre d’exprimer d’une certaine façon la douleur du passé et de la « positiver », l’effet thérapeutique à la fois de révélation et d’affranchissement ne dispense pas, pour aller mieux, d’un vrai travail de reconstruction avec une psychothérapie ou une analyse.

    Car le SM peut aussi générer une forme de fuite tout en donnant l’impression de traiter la problématique initiale. Ce qui ne fait que cristalliser le problème et non le résoudre. Bref ne pas compter sur la pratique SM pour éliminer son mal-être profond. Si ça peut marcher un temps ou en partie, ça ne sera que transitoire.

    Ce qui n’est pas dit mais je pense que l’auteur doit le constater tant dans sa pratique que dans celle des personnes qu’il côtoie, c’est que la pratique SM est le plus souvent une pratique temporaire et également accessoire.

    • Alexandre Gamberra
      Alexandre Gamberra répond à lally
      Auteur(e) de l'article Ecrivain et universitaire
      • Posté à 12h01 le 01/08/2009
      • Expert 85747
        Ecrivain et universitaire

      Bonjour,

      Je vous remercie pour vos remarques judicieuses.

      Je suis d’accord avec l’essentiel de ce que vous avez noté et relevé dans les trois premiers paragraphes de votre comentaire.

      Vous avez compris que je m’interdis - parce que cela serait idiot - de dire un homme sm c’est..., unefemme sm c’est..., un(e) dominant(e) c’est, etc.

      L’hypothèse que vous évoquez me paraît juste.

      Je tiens cependant à préciser un chose : il y a parmi nous des individus qui, certes, ont été « blessés » mais n’ont pas besoin d’entemer un travail analytique, n’en éprouvent nullement le besoin, etc. Vivre une sexualité sm n’est pas our elles/eux une thérapie.

      Oui, vous avez raison, la pratique sm est parfois temporaire. Elle correspond à une période de la vie de l’individu. Rétropsectivement, je crois avoir rencontré, en 30 ans, quelques (jeunes) femmes qui n’ont été des « soumises » que « provisoirement ». Ce faisant, je connais des femmes, des hommes, des couples, « bien sous tous les rapports » (et d’abord dans leur tête, et dans leur corps), et qui ont une sexualité sm depuis des lunes et n’entendent pas, en pourront pas en changer.

      Ma compagne et moi vivons sur ce mode.

      merci pour votre lecture, excellente journée,

      Alexandre Gamberra

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 17h17 le 01/08/2009
    • Internaute 7659
      oiseau

    Il n’y a rien d’étonnant que le rituel (stéréotypé) du SM vous devienne superflu. Après tout, se conformer à ces rituels est d’un conformisme un peu niais quand le vrai but sont les règles que le couple se proposent. Ce qui donnent du plaisir, ce sont les règles du couple, non celles d’une norme extérieure à suivre. Il n’y donc rien d’étonnant aussi à ce que l’éducation de la soumise au bout d’un moment soit caduque et sans intéret.

    Par contre, il m intrigue, voire me gène, de présenter l’élan SM comme un pansement de nos souffrances passées dans un cadre plus ou moins cathartique. Pourquoi cela me pose problème ?

    1). Parce que présenter les pratiques SM comme une thérapie (de près ou de loin), c’est réduire le SM au seul rôle de pansement. C’est un rôle utilitaire et c’est aussi laisser croire que le SM n’a pas d’intérêt per se. Ceux qui ne sont pas en souffrance selon cette logique ne peuvent s’intéresser au SM comme le bien-portant ne peut pas s’intéresser à l’aspirine. Pourtant, le SM peut intéresser par ses propres charmes, non pour son action thérapeutique.

    2). Les psychologues cliniciens le disent aussi : nous sommes tous en souffrance. Pas un seul être humain y échappe. Qu’ils me corrigent (car ce n’est pas ma spécialité), mais ceux qui ont du mal à s’adapter à la réalité sont les névrosés et ceux qui ont du mal à adapter la réalité à leur Moi sont les psychotiques. Cependant il y a toujours un décalage (un décalage entre la réalité et soi, un décalage qui est la source de souffrance). Considérant que tout le monde ne s’intéresse pas au SM tandis que tout le monde souffre, le SM peut être vu comme un pansement (bien que je ne sois pas convaincu, j’en admets la possibilité) cependant, ce n’est qu’un possible parmi d’autres puisque d’autres en ont une autre gestion sans le SM. Le choix de choisir le SM ne relève donc pas nécessairement de la souffrance subit il y a 30 ans.

    3) Les grands amoureux de la TV justifient leur addiction par la catharsis. L’idée serait que voir la violence, des meurtres (plus de 2000/ans), des viols (plus de 200 dont sur mineurs), etc... permettrait d’évacuer notre propre violence et, ainsi, de la gérer. Cependant, des psychologues, sociaux cette fois, démontrent que l’hypothèse ici de la catharsis ne fonctionne pas. Ils démontrent expérimentalement que voir de la violence conduit à être soi-même plus violent. Le seul moyen d’échapper à l’entrainement de violence que représente la TV est de rappeler et de rappeler encore que les images projetées ne sont pas la réalité... peut-être un peu comme le SM reste un jeu, non la réalité. C’est sans doute la différence entre le sadiens et le sadique. Cependant, si la catharsis ne fonctionne pas pour la TV, pourquoi fonctionnerait-elle pour le SM ?

    L’ensemble me donne l’impression d’une tentative de justification (louable en soi) mais qui pose alors le SM comme étant l’accusé (celui qu’il faut justifier). Pourtant, je ne pense pas qu’une orientation sexuelle quelconque (SM, hétéro, homo, trans, etc...) ait à se justifier d’exister. Certes, porter l’étiquette d’une minorité sexuelle n’est pas facile, mais le noir ne se justifie pas d’être noir, la femme ne se justifie pas d’être femme ; sinon, le noir et la femme acceptent le racisme et le sexisme ambiant et s’excusent alors de leur « infirmité » par des justifications.

    Certes, je vous taquine car la différence entre une justification et une explication est mince. Nonobstant, est-il nécessaire de vouloir expliquer ses élans SM ? On ne s’interroge pas pour savoir pourquoi on préfère le jaune au rouge (car on ne nous juge pas sur çà), alors pourquoi s’interroger pour le SM sinon pour se rassurer contre le rejet des autres vis-à-vis de notre orientation sexuelle ?

    J’arrête ici mon analyse. Je vous souhaite, en tout cas, tout le courage nécessaire pour gérer vos souffrances et surtout le rejet des autres à cause de votre orientation sexuelle.

    • Alexandre Gamberra
      Alexandre Gamberra répond à Tita
      Auteur(e) de l'article Ecrivain et universitaire
      • Posté à 17h18 le 01/08/2009
      • Expert 85747
        Ecrivain et universitaire

      Chère Tita,

      Je partage BEAUCOUP de vos remarques.
      Votre commentaire mérite mieux que quelques mots mais je vous prierai de m’accorder la possibilité d’énoncer juste deux choses.

      Mon « texte » induit en effet une position de défense. L’opinion publique (en d’autres temps, j’aurais dit « la pensée dominante ») s’en tient à une caricature grotesque. Je dois avouer que je m’attendais en publiant ces pages sur ce site à des réactions mitigées. J’ai eu l’occasion de dire ce matin à CAMILLE combien je suis surpris et étonné de la qualité et de la profondeur de bien des remarques (au nombre desquelles les vôtres).

      Je voulais donc être « clair », un brin pédagogue, sans pontifier.

      Il faudrait sans aucun doute « rectifier » mon propos en abordant la question sm sous d’autres angles.

      Je crois que nous sommes, vous et moi d’accord, sur l’essentiel : une orientation sexuelle se vit, elle n’a pas à être défendue. A fortiori, quand elle concerne des individus adultes consentants.

      Excellente journée,

      Alexandre Gamberra

  • monenvolue
    monenvolue
    Ailleurs, dans l'Onde...
    • Posté à 13h40 le 02/08/2009
    • Internaute 74007
      Ailleurs, dans l'Onde...

    Il me semble que c’est Lacan qui disait de Goethe ou de James Joyce qu’ils n’auraient rien gagné à faire une analyse ; mais que, par contre, leurs lecteurs, eux, y auraient perdu... Avez-vous lu La cruauté mélancolique de Jacques Hassoun ? Cette tentative de ressusciter une coupure ou une perte qui n’a pas eu lieu... Cette traversée du signifiant m’être jusqu’au désêtre, au désir... qui n’a pour maître ni la cruauté ni la plénitude mais le manque, et son assomption. Un se déprendre. Un passage à l’Art. À l’écriture...

    Voilà bien le mâle que je vous souhaite

     ; °)

    • Alexandre Gamberra
      Alexandre Gamberra répond à monenvolue
      Auteur(e) de l'article Ecrivain et universitaire
      • Posté à 20h06 le 02/08/2009
      • Expert 85747
        Ecrivain et universitaire

      Si je vous lis bien, j’en viens à penser que nous disons, presque, les mêmes choses : l’objet du désir fuit, toujours, et demeure insaisissable.
      Il n’empêche qu’il fait carburant et que c’est ainsi que les individus signifient (s’ignifient).
      Ne me souhaitez rien, ni bien ni mal. Comme à chacun d’entre nous, il m’incombe de trouver et de tracer ma voie.
      Quant à ma voix, je suis enclin à croire que je l’ai trouvée.
      Excellente soirée,

      Alexandre Gamberra

      • Hellooo
        • Posté à 23h04 le 02/08/2009
        • Internaute 81080

        Et bien ! Vous n’avez pas saisi non plus toute la subtilité de la nuance entre un mal et un mâle... : -)) Un jour, peut-être, vous saurez accepter un désir radicalement différent du vôtre. Il n’y a que le trou qui vaille, ça c’est une réelle trouvaille ! On peut se faire voix ; mais quant à la trouver... ! De votre dit objet cause de désir à vous, je vous ferai remarquer que vous n’en dites rien. Il est, pour le moment, non advenu. Pour le faire advenir, y a encore du boulot (vous n’en avez aucune idée ! ! !)

         
        • Alexandre Gamberra
          Alexandre Gamberra répond à Hellooo
          Auteur(e) de l'article Ecrivain et universitaire
          • Posté à 23h23 le 02/08/2009
          • Expert 85747
            Ecrivain et universitaire

          Je sais seulement que je suis idiot et sot. Et que, grâce à des interlocuteurs comme vous, je vais pouvoir apprendre une ou deux choses que j’ignore, c’est-à-dire très peu face à l’océan infini de mes lacunes.
          Je cesse.
          Sans vous remercier pour cette leçon un peu courte.
          Vous devez avoir mieux à faire.
          Maintenant que vous croyez m’avoir mouché.
          Assez gratuitement d’ailleurs.
          Mais c’est ainsi.
          Prenez soin de vous.

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