BD : Savita, héroïne trop libertine pour la censure indienne

Alors que la communauté gay de New Delhi fêtait la reconnaissance de ses droits après des années de lutte la semaine dernière, des milliers d'Indiens entamaient un combat plus frivole, mais non sans importance : la réhabilitation de « Savita Bhabhi », la plus libertine des femmes indiennes… en BD.
Le 30 juin, le département des télécommunications, qui dépend du ministère indien des Technologies de l'information (IT), avait interdit le site Internet de « Savita Bhabhi », bloquant son accès à partir d'Inde sans autre forme de procès.
Lancée en mars 2008, cette BD en ligne raconte les aventures sexuelles de Savita, une Indienne mariée mais très libérée, qui s'adonne aux hommes qui croisent son chemin, à l'insu de son conjoint.
Un an après, le site est devenu un des plus fréquentés du pays (en 82e position selon le quotidien Hindustan Times) avec plus de 60 millions de visiteurs par mois.
Mais le succès de Savita, dont douze volets ont été publiés sur la toile, déplaît au gouvernement indien, qui accuse les modérateurs du site de « promouvoir l'obscénité ».
« Une cruelle affaire de trahison bureaucratique »
La fermeture de leur page web a provoqué une réaction immédiate de ces derniers. Soutenus par de nombreux « lecteurs », ils n'ont pas tardé à lancer une campagne pour « sauver Savita » sur internet, dénonçant une censure illégale et injustifiée.
« Dans une cruelle affaire de trahison bureaucratique, Savita est désormais bannie de la toile indienne », écrit le journaliste Venkatesan Vembu dans un billet plein d'humour.
Il décrit le blocage gouvernemental comme étant « aussi impuissant que le mari de Savita Bhabhi », expliquant que les adeptes de la BD ont déjà trouvé mille stratagèmes pour accéder au site.
Des plateformes interactives comme Facebook ou Twitter ont également permis aux administrateurs de sativabhabhi.com de récolter de nombreux soutiens, permettant ainsi de lancer le débat sur les véritables raisons de l'interdiction.
Alors que des milliers de sites pornographiques sont acessibles aux Indiens qui surfent sur le net, la censure qui s'applique au personnage imaginaire de Sativa Bhabhi laisse en effet songeur.
Pour Venkatesan Vembu, c'est avant tout l'identité résolument indienne de la bande dessinée et de sa protagoniste qui fait grincer des dents en Inde, où le sexe reste un tabou :
« Elle représente une minorité non-conventionnelle de femmes indiennes qui sont sexuellement averties et qui n'ont pas peur d'aller voir ailleurs quand leur relation “traditionnelle” manque de piment. »
Du « shopping sexuel » dans un paradis néo-libéral où tout est à vendre
Dans une analyse détaillée de la bande dessinée sur le site Fishpond, l'auteur décrypte un message similaire :
« Les aventures sexuelles spontanées de Savita Bhabhi dans la ville évoquent un nouveau type de plaisir : faire du “shopping sexuel” dans un paradis néo-libéral où tout est disponible et à vendre. »
Avec son sari traditionel, ses longs cheveux noirs et ses formes généreuses, Savita correspond au parfait fantasme indien, lequel est parachevé par le terme de « Bhabhi » (belle-soeur), qui évoque à la fois le fruit défendu et la femme aux moeurs légères.
Si les scénarios sont peu recherchés, les personnages de la bande dessinées (les adolescents joueurs de cricket, l'acteur de Bollywood…) et le cadre des aventures de Savita rapellent constamment la société indienne.
« Les créateurs de la BD devraient la renommer Daisy Bhabhi ou Rachel Bhabhi. Une Bhabhi étrangère qui rend folle les Indiens ne posera pas de problème au gouvernement », ironise sur Twitter un internaute. En attentant, la « première bande dessinée porno indienne » n'a jamais autant fait parler d'elle.

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De egide
Littéral | 18H30 | 09/07/2009 |
Une femme qui souffre de l'impuissance de son mari mais qui est désirable et pleine de qualités, que peut-elle faire si, rencontrant un Bhogi (jouisseur), elle s'avère incapable de contrôler sa sexualité ?
Selon le Sage elle peut devenir Punarbhu (renée) et s'ouvrir à la Punar-Bhava (nouvelle vie).
Ainsi beaucoup de femmes insatisfaites, pour les rapports amoureux, se procurent un autre homme.
C'est en expérimentant les qualités érotiques des amants qu'une femme fait son choix.
Mais si elles en changent à plusieurs reprises, elles deviennent comme des prostituées.
C'est ainsi que les jouisseuses passent d'un amant à un autre à la recherche du plaisir.
« Elles suivent leur propre fantaisie » a dit Vâtsyâyana le vénérable auteur du Kâma Sûtra
Il vaut mieux que les Bhabhi ne soient qu'amantes de papier justes bonnes pour faire fantasmer les hommes.
Est-il concevable que Bhabhi se livrât ainsi pour rien ?
Ahalyâ, Karnâtaki, Lakshmanâ, Pingalâ, Rambhâ, Sugandhâ toutes filles de Vilâsini, la si belle nymphe érotomane, êtes-vous si chères, à moins que la crise financière n'a ébranlé les budgets et que les indiens rêvent à des courtisanes bénévoles et pourquoi pas la femme de leurs amis ?
Je crains qu'une indienne jeune, intelligente, seule, indépendante financièrement n'est quelque mal à vivre sa vie, du moins, comme elle l'entend.
Vraiment en Inde, ils en sont encore au Kâma Sûtra ?
C'est très rétrograde alors !