Pour les révolutionnaires de 1789, l'inceste n'était pas un crime
La loi sur l'inceste servira-t-elle à quelque chose ? Le texte, dont l'examen n'a finalement pas été reporté pour faire de la place au vote de la loi Hadopi, inspire la chercheuse Fabienne Giuliani, qui travaille sur « la vision de l'inceste pendant la Révolution française ». Elle rappelle que dans le premier code pénal, en 1791, l'inceste avait été décriminalisé, au nom de la liberté individuelle.
« Le projet déposé en février 2009 entend faire de l'inceste un crime en février 2009. Or, depuis 1791 et l'oeuvre des révolutionnaires français, l'inceste ne l'est plus en France. Aujourd'hui, on a complètement oublié les raisons qui ont présidé à cette décision pour ne garder de l'inceste qu'une image criminelle.
On ne débat plus sur l'inceste, contrairement aux siècles passés. Au XVIIIe siècle, les discussions sur l'inceste et sa transformation en fantasme au sein de la littérature nourrissaient les débats sur la liberté sexuelle et politique au sein de la société.
Dans la vision actuelle de l'inceste, on omet que les relations incestueuses peuvent consister en une relation sexuelle consentie entre deux adultes d'une même famille.
Si l'Assemblée nationale décide d'inscrire l'inceste dans le droit pénal, elle réintroduit par là même une partie de la morale religieuse dans notre droit en légiférant sur des actes sexuels commis entre individus libres.
Je ne parle pas du viol incestueux bien sûr ! Car ce dernier est inscrit depuis bien longtemps dans notre code pénal. »
« Les révolutionnaires on aussi enlevé la sodomie, la bestialité, le blasphème »
La proposition de loi est donc une régression pour les incestueux adultes non violeurs. « En votant le premier code pénal français en 1791, les révolutionnaires ont fait un choix inédit : celui de décriminaliser l'inceste », argumente Fabienne Giuliani.
« Pourquoi ? Parce que pour eux, l'inceste n'est pas un crime au regard de la société. Il n'est pas dangereux, il ne l'atteint pas. Il n'est un crime que pour la morale et la religion.
On peut dire, en ce sens, que les révolutionnaires ont laïcisé l'inceste. Dans le même esprit, les révolutionnaires ont d'ailleurs enlevé la sodomie, la bestialité ou le blasphème du droit pénal.
Leur volonté était donc de rendre libre des pratiques sexuelles qui ne heurtaient pas la société. A l'inverse, ils ont inscrit le crime de viol (dans lequel une partie spécifique de l'inceste est concernée) parce que ce dernier, en atteignant le corps d'un individu, menace les libertés individuelles et donc de la société. »
Il est à noter que le crime de bestialité a été rétabli, lui, en 2004 au nom de la protection des animaux.
Comme me l'avait dit Maître Emmanuel Pierrat, « si vous avez l'impression que la liberté sexuelle augmente, c'est parce que votre sexualité n'est pas directement touchée »...
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Auteur(e) de l'article
Suite à un embrouillage de ma part à moi, j'ai zappé une partie de l'article qui consiste à rappeler, si besoin était, que l'inceste n'est plus un crime depuis la révolution française mais que le viol lui est un crime, que le viol sur mineur de 15 ans est une circonstance aggravante et que le viol sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité est déjà une circonstance super aggravante.
Du coup, la loi sert d'autant plus à rien que l'inceste pédophile par des parents est déjà considéré, à juste titre, comme un crime très grave.
Ce que cette loi fait de nouveau, c'est d'empêcher deux adultes consentants en France de faire ce qu'ils veulent ensemble (il y avait eu un cas d'un frère et une soeur en allemagne) et de les condamner au nom de la loi Lien
Ca pose pas mal de problèmes potentiels, notamment pour des gens qui sont (demi-)frères et soeurs et qui ne le savent pas (ça existe des gens qui se rencontrent, couchent ensemble et réalisent après seulement, bien après, qu'ils ont des liens de parentés).




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