L'amour en ligne (1/3) : géolocaliser pour mieux emballer
Les nouvelles technologies révolutionnent les rencontres amoureuses et les relations sexuelles. Exploration en trois temps de l’effet des transformations techniques sur notre intimité avec l’aide précieuse de Tristan Mendes-France, geek fini, chroniqueur dans l’émission « Place de la Toile “ sur France Culture et expérimentateur de nouvelles technologies.
On commence par la première étape avant toute sexualité, réelle ou virtuelle : la rencontre. Sur Internet, elle peut prendre pour le moment quatre chemins majeurs :
- le site de rencontres à proprement parler
- le blog qu’on tient (éventuellement un blog sexe) qui permettra de se lier avec des commentateurs
- le réseau social (Facebook, Linkedin…) qui permet de demander à des inconnus d’être ‘son ami virtuel’
- les forums en général qui amènent certains groupes ou sous-groupes à se connaître. J’avais par exemple croisé dans un club échangiste un groupe d’amis qui se connaissaient d’un forum de Doctissimo sur le libertinage.
La géolocalisation amoureuse est un cinquième chemin déjà effectif pour quelques geeks, dont Tristan, qui m’explique :
‘C’est une géolocalisation par téléphone. Il faut avoir un GPS sur son téléphone et un réseau social qui intègre une option de géolocalisation, genre Facebook ou Twitter.
Sinon, il existe trois réseaux sociaux spécialisés : Brightkite, Whoshere ou Loopt.com. Dans tous les cas, tu ouvres le programme, tu le lances, tu t’inscris dessus et là les gens peuvent te trouver physiquement.’
‘Tu indiques la distance à laquelle tu cherches, par exemple 40 mètres’”
Il faut cependant être prudent avec des systèmes comme Twitter et sécuriser ses conversations : n’était-ce son légendaire sens de la morale, Tristan aurait pu usurper la place d’un homme qu’il a “lu” en train de prendre rendez-vous près de chez lui, sans que ce dernier ne le sache.
Bon, l’inconnu était gay, et Tristan est hétéro, donc il y avait peu de risques... Mais sait-on jamais, si Tristan avait eu envie d’explorer sa part homosexuelle, le type se serait retrouvé dans un plan à trois qui ne lui aurait pas forcément convenu.
Après, le fonctionnement de la recherche ressemble à celle d’un site de rencontres, sauf que l’on peut paramétrer également la distance maximale de la rencontre. Tristan s’enthousiasme :
“C’est le prochain mode de rencontre qui va exploser. Tu indiques la distance à laquelle tu cherches, par exemple ‘40 mètres’ et s’il y a quelqu’un d’inscrit dans un rayon de 40 mètres autour de toi, tu vois son profil. Tu peux tchater avec ou aller la voir.”
Devant mon étonnement sur le fait que des gens iraient tout d’un coup parler à des inconnus parce qu’ils ont le même logiciel, Tristan renchérit :
“Oui, ça rompt la glace, ça fait un point commun… D’ailleurs, un journaliste a raconté dans le Wired de janvier qu’à sa première connexion-test pour un article, une jeune femme dont le profil annonçait des envies sexuelles et l’a tout de suite contacté.”
Un test peu concluant dans un café parisien
L’expérience fut nettement moins excitante lorsque nous avons testé ses outils de géolocalisation dans un café à Odéon : personne à moins de quelques centaines de mètres, et des profils peu engageants à cette distance, peut-être parce que ces réseaux sont encore tout débutants en France et que la masse critique est loin d’être atteinte.
Pour autant, d’après Tristan, la timidité est physique et s’exprime face à la corporalité de l’autre. Le fait de passer par un pré-contact virtuel permet de franchir une première barrière, et finalement d’aborder plus facilement une personne inconnue.
Sans compter que les “arrières-pensées” d’un tel procédé rend une éventuelle conclusion plus simple -d’autant plus que l’usage est de tutoyer sur Internet.
Dans son émission, notre chroniqueur expliquait qu’avec ces modes de géolocalisation, on allait avoir des comportements similaires aux papillons qui, grâce à leurs phéromones, peuvent “géolocaliser” un partenaire potentiel.
Attention aux virus informatiques basés sur la géolocalisation
Mais la rencontre ne serait pas réaliste s’il n’y avait pas un “risque Internet” transmissible. Or, précisément, il existe maintenant des virus informatiques qui se basent sur la géolocalisation. Ainsi, le fait de choper ou non ces infections d’ordinateur peut dépendre de sa présence physique dans des lieux déterminés.
Et donc, si je vais draguer régulièrement au bar de l’Odéon par Internet, un geek jaloux de mes succès avec sa compagne pourrait faire en sorte de m’infecter moi, et tous ceux qui rodent par Internet dans ce lieu.
Ce qui est nouveau, c’est que pour que mon ordinateur attrape le virus, il faut un contact physique avec un lieu donné, comme pour la grippe ou une IST.
Et si le pare-feu tient lieu de préservatif virtuel, le supprimer ne diminuera pas les risques, c’est certain ! Enfin un préservatif autorisé par le pape ? Parfois le virtuel a du bon.
- Sur Rue89Sites de rencontre : le Zoda, détecteur d'âme soeur
- Sur egoblog.net"Love, Sex & GPS", la chronique de Tristan Mendes-France sur son blog
- Sur free.frAnadema's story, blog sur les rencontres amoureuses sur Internet
- Sur saskiablog.frSaskia, rencontres sexuelles sur Internet
- Sur readwriteweb.comLes virus géolocalisés (en anglais)
- Sur rue89.comLa géolocalisation des libertins
- Sur rue89.comSur AdopteUnMec.com, ce sont les filles qui invitent les garçons
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Now future & karpe diem
Now future & karpe diem
Digne de Spook Country de Gibson, où comment l’univers réel et le virtuel se confonde en un seul univers, allant à l’inverse des théories des années 80 où le virtuel remplacerait le réel.
Parmi les modes de rencontre sur Internet, il manque le jeu en ligne (certes c’est plus du fantasme qu’autre chose...) mais surtout les messageries instantanées (à moins que MSN n’ait fermé cette nuit...)
L’avantage de ce truc, c’est que ça évite de se promener avec sa pancarte « j’ai envie de sucer un roux de 1m60 qui aime le chorizo ». Ca limite les choix, vu que les gens en face doivent être équipés du système, mais ça évite les emmerdes avec les gens bien comme il faut.
Par contre, je me méfie des flics qui pourraient associer cela à du racolage passif...
En plus, ça limite les mensonges. Inutile de dire qu’on fait 1m95, beau comme un boeuf et fort comme un appolon, puisque dans ce cas personne ne saura où on est.
Remarquez, ce serait assez drôle de mettre ses fantasmes et de croiser sa propre femme : D
Quant aux papillons, on l’est déjà. Mettez deux partenaires sexuels potentiels et compatibles dans un même lieu, et vous allez voir si ils ne se trouvent pas.
Bon évidement, ça évite certains risques, par exemple de demander « salut tu baise » à la mauvaise personne, ou de voir arriver son jaloux de macho qui pratique l’exclusivité sexuelle et le kickboxing.
L’autre avantage, c’est qu’il suffit de couper la machine pour ne plus se faire draguer. Problème que je ne connais personnellement pas (dommage : D), mais que je vois se produire fréquemment quand j’ai le malheur d’accompagner des gonzesses.
Aller, que vive le locative art




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