Le tribunal de Cahors se méfie du SM
Pour répondre à des questions posées récemment dans les commentaires, le blog de Liberation.fr Les 400 culs semble confimer que la tendance est à la condamnation du SM : à Cahors, le photographe Philippe Pissier est l'objet d'une enquête depuis sept mois pour avoir photographié les seins (de sa compagne) pincés par des pinces à linge...
Une affaire qu'Agnès Giard suit de près :
« Pour Eric Séguin, il est impossible qu'une femme puisse éprouver du plaisir en se faisaient titiller les seins à l'aide d'une pince. Le 11 décembre 2008, il déclare dans La Dépêche du Lot : “Je voudrais que les gens réfléchissent à l'image dégradante de la femme que renvoient ces cartes postales. À l'heure où l'on évoque les violences faites aux femmes, ce n'est pas inutile.'”
► Rectifié le 16/1 à 17h18. Après vérification auprès du tribunal de Cahors, Philippe Pissier n'est pas mis en examen, mais l'objet d'une enquête en cours.
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Littéral
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L'article 227-24 ne pénalise le fait de fabriquer, transporter, diffuser un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine, soit de faire commerce d'un tel message si et seulement si ce message est susceptible d'être vu ou perçu par un mineur.
Toutes les revues juridiques et la jurisprudence sont claires sur ce point, il n'y a pas d'ambigüité dans cet article de loi qui représente un véritable progrès pour la liberté d'expression comparativement à l'ancien code pénal infiniment plus répressif.
La plainte est certainement non fondée :
comme il semble qu'elle émanerait d'employés de la Poste et que dans le le circuit du traitement du courrier, cette correspondance privée destinée à une institution artistique ne court aucun risque d'être publiée ni exposée à un mineur.
D'ailleurs, comme lors de l'inculpation des organisateurs de l'exposition « Présumés Innocents » en Décembre 2006 pour une manifestation qui a eu lieu à Bordeaux en 2000 et dont la plainte et l'instruction qui s'en ait ensuivies a duré 6 ans.
A ce jour, aucune décision n'a été prise.
Seule la relaxe, c'est à dire le non-lieu dans cette affaire semble être plausible tant le dossier manque d'élément pour justifier tant l'application de l'article 227-23 qui réprime toute représentation d'enfant à caractère pornographique que l'article 227-24 qui réprime les messages outrageant s'ils risquent d'être exposés à un mineur.
Les rodomontades moralistes n'y pourront rien.
L'article 227-24 ne punit pas les images qui peuvent porter atteinte aux bonnes mœurs contrairement l'article à l'article 283 abrogé depuis 1994.
Alors la question se pose de savoir pourquoi le tribunal de Cahors tarde-t-il tant à clore cette fausse affaire par le non-lieu qui s'impose.
La justice a-t-elle peur du ridicule qu'on sache qu'elle n'est pas encore à jour de la loi en ce qui concerne les affaires d'outrage à la décence et l'atteinte aux bonnes mœurs ?
Saisir l'ordinateur de Philippe Pissier ressemble à un coup de poker de l'enquêteur qui espère y trouver une image prohibée : une image pornographique mettant en scène un mineur. Et dans ce cas, c'est l'article 227-23 qui s'appliquerait. Ils en seront pour leurs frais.




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