
Les soirées fétichistes sont-elles réservées aux riches ?
Camille et Quentin ne sont pas d'accord. Qui participe à ces soirées ? Et surtout pourquoi ? Si Camille peine à admettre que c'est plutôt pour la classe moyenne supérieure, Quentin lui en est sûr, et pour cause, ça coûte cher.
Camille, en revanche, veut bien accepter ces histoires de classe sociale sous réserve qu'il s'agisse d'affranchissement de la norme. Petit résumé du café du commerce interne. La discussion reste ouverte et les avis des riverains sur le sujet sont les bienvenus.
Quentin : Si je n'ai pas interrogé tout le monde, d'apparence le milieu est plutôt aisé, classe moyenne supérieure, des ingénieurs, des dentistes, des doctorants. Ainsi cet homme qui nous fascine, presque 1,90 m, recouvert intégralement d'une combinaison en latex rouge avec des seins énormes en silicone. A 400 euros le costume, ce prothésiste dentaire le reconnaît lui-même, « c'est un investissement ».
Camille : Classe moyenne tout court, classe moyenne supérieure cela donne l'impression que c'est trop friqué. L'entrée est de 20 euros en prévente et les boissons (2,5 euros pour un soft ou une bière, 5 euros pour un alcool et 7 euros pour du champagne) sont moins chères que dans une boîte classique. A la Nuit Démonia, j'ai rencontré un ouvrier, donc ça arrive.
Quentin : Enfin, 30 euros sans prévente + 40 euros de costume au minimum + 20 euros de conso pour être raisonnablement ivre, cela fait au minimum 90 euros par personne. Deux fois plus si tu invites. C'est déjà pas mal. Sans compter la première partie de soirée et le retour en taxi éventuel.
Camille : Mais le costume tu peux le porter plusieurs fois, et toi ton futal t'as coûté 20 euros, sans compter que tu dragues le barman. En moyenne, une soirée comme celle-là peut coûter 30 euros, c'est raisonnable.
Non, vraiment, c'est plus une question de capacité d'affranchissement de la norme qu'une question financière. Alors je veux bien qu'on parle du marquis de Sade ou du fait que se sentir au dessus des normes, c'est plus facile quand on fait les lois que quand on les subit mais je ne pense pas que le problème soit l'argent.
Et les gens qui ont une passion, genre les mecs qui aiment le tuning, ils dépensent largement plus. Et je te parle pas du prix des cigarettes, qui seraient réservées aux riches ? Le blocage est surtout culturel.
Quentin : Aimer le tuning ne viendrait à l'idée de personnes dans le VIIe arrondissement de Paris. Aller dans une soirée fétichiste BDSM, oui. Et c'est l'inverse dans une banlieue moyenne (je caricature).
Les blocages culturels ne peuvent être franchis que si tu rencontres telles ou telles personnes de milieux bien particuliers. Pour le fétichisme, c'est plus facile à Paris, certaines professions… Sauf exception, tu n'iras jamais par toi-même tout seul la première fois. Et la sélection de ces milieux se fait par l'argent, donc au départ il y a un blocage financier à franchir.
Camille : Les lecteurs seront sûrement d'accords avec toi… mais je voulais exposer mon point de vue tout de même.
► Ma première nuit fétichiste, à la découverte du monde BDSM
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De Albertine_Disparue
21H36 | 08/01/2009 |
Eyes Wide Shut ne parle pas de la scène SM… mais très exactement de sa représentation fantasmatique, non ?
(note d'un(e) Disparue très amatrice de SM, lassée de voir citer ce film comme exemple - à contresens ? )
Il y a autant de SM que de classes sociales - et surtout, la Nuit Elastique ne représente que l'écume des pratiques et plaisirs : son marketing.
Bise à Camille - j'aime votre (mauvais) genre.
De fab__
netaholic | 21H51 | 08/01/2009 |
Au dela de « riche ou pas riche », ce qui est specifique au milieu BDSM et a quelques autres, c'est qu'il attire essentiellement :
- des cerebraux, donc plutot des intellos ;
- et des gens qui osent.
La combinaison de ces deux traits de caractere fait qu'effectivement, les pratiquants du BDSM s'en sortent mieux que la moyenne dans la vie, notamment financierement.
Quant au prix de la soiree : 100 euros, il y a pleins de gens pour qui ca represente 15 jours de cigarettes, et pas que des riches ; donc ca ne va pas empecher un pratiquant motive de faire quelques soirees par an.
Enfin, pour ce qui est de « rencontrer les bonnes personnes », c'etait sans doute vrai il y a 10 ans, mais aujourd'hui avec Internet, plus on a un loisir original, plus c'est facile de trouver une communaute de passionnes en ligne.
De jojomigrateur
Photojournaliste | 00H46 | 09/01/2009 |
Participer à une soirée fétichiste s'apparente effectivement à du « Tuning » et les participants sont beaucoup plus exhibitionnistes que les amateurs de BDSM pur et dur qui sont beaucoup plus dans l'action…
Quand on aime, on ne compte pas, c'est bien connu et les soirées privées sont bien plus nombreuses que ces soirées organisées ou se retrouvent tous les friqués de cette nébuleuse très « carnavalesque »…
Là ou l'histoire devient très amusante, c'est lorsque l'avocate s'aperçoit qu'elle fouette le cul de son bâtonnier, que le dentiste ou le médecin croisent leur patient (e) qu'il n'imaginait pas aussi dévergondé(e)… (histoires vraies….)
je ne citerai bien entendu aucun nom, mais j'avais été sidéré de voir autant de visages « connus » dans une soirée « privée », à laquelle j'avais été invité à Paris, dans une « boite » très à la mode à l'époque…
S'il ne faut pas forcément être « très riche » pour participer à de telles soirées, il faudra toujours passer à la caisse à un moment où à un autre, ne serais-ce qu'en « payant » de sa personne…
N'est-ce pas Mademoiselle ? : )