
Le Japon, une vision si spécifique de l'érotisme et de la sexualité !
Pourquoi au Japon, les hommes, pour flatter une femme, la comparent à un poulpe ? Remarquez en France, on dit qu'elle est belle comme un camion… « La légende attribue à certaines femmes la capacité de littéralement “avaler” le sexe des hommes : leur vagin semble l'aspirer, le pomper, le sucer, comme s'il était doté de ventouses.
Ces femmes-là, dont les muscles internes agissent à la façon de tentacules, sont extrêmement recherchées au Japon. On les considère comme des amantes hors-pair. On les appelle des “tako” (poulpes) », explique Agnès Giard dans son « Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon ».
« Il n'y a rien de plus différent de la France que le Japon », m'avait dit un ami revenant de voyage. Agnès Giard, experte dans l'érotisme nippon qui en publiant le « Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon » propose son troisième ouvrage explorant ce qu'elle avait appelé « le sexe bizarre » confirme sur le plan de l'érotisme la différence fondamentale de point de vue :
« Au Japon, il n'y a pas de tabou religieux concernant la sexualité : faire l'amour est considéré comme un acte sacré, qui participe de l'acte divin. C'est en faisant l'amour que les dieux ont créé le monde. En se laissant envahir par le désir, en se laissant emporter par le plaisir, par cette force motrice qui anime toutes choses sur Terre, les humains deviennent donc l'égal des dieux. Ils luttent contre les forces de la mort et de l'anéantissement. »
Des pratiques ancrées dans une culture religieuse et artistique ultrasophistiquée
Du coup, les tabous sont déplacés de la sexualité vers l'expression des émotions. « C'est l'émotion qui est transgressive, subversive, érotique. Il faut avoir le visage comme un masque impassible. Le Japon est un pays qui impose une dictature extrême sur les sentiments : on n'a pas le droit de les exprimer en public. Ce qui explique pourquoi les Japonais sont plus excités par le visage d'une femme que par sa nudité. Le visage d'une femme qui rougit, qui frémit, qui se laisse envahir par les émois amoureux et sensuels… rien n'est plus beau, rien n'est plus bandant, pour un Japonais », précise Agnès Giard.
Après une enquête sur les mœurs sexuelles au Japon, l'auteure reste fascinée par cette culture :
« La réalité est toujours mille fois plus incroyable et surprenante que la fiction. J'ai pu comprendre beaucoup de choses que l'on voit dans les mangas ou les estampes érotiques, par exemple pourquoi les geisha se maquillent le lobe des oreilles en blanc ? Pourquoi les femmes ont les poils pubiens soigneusement peignés comme des cheveux ? Pourquoi ont-elles des corps en forme de haricot (pas de sein, pas de taille) ? C'est passionnant de voir que certaines pratiques ont des origines très anciennes, ancrées dans une culture religieuse et artistique ultrasophistiquée. »
Et alors Agnès, pourquoi les geishas se maquillent le lobe des oreilles en blanc ?
« Quand une femme est émue, voire excitée, ses oreilles la trahissent : le lobe devient tout rouge. Afin de cacher qu'elles ont des chaleurs, les geisha maquillent donc cette partie trop révélatrice de leur corps. Elles n'ont normalement pas le droit de faire l'amour avec les clients. »
Mélange de pornographie et de poésie
Le dictionnaire, en quatre cents entrées, est organisé de façon thématique autour de six chapitres : le corps, la beauté, le mystère, le sexe, la prostitution, etc. Les mots sont rassemblés autour de leurs liens dans la culture japonaise.
« C'est pourquoi, selon Agnès Giard, on trouve des mots qui a priori n'ont rien d'érotique –comme “parapluie”, “couleurs”, “nuque” ou “rocher”, par exemple– mais aussi des mots très importants comme “préliminaires”, “adultère”, “sperme”, “tatouage”, “sodomie”, “orgasme”, etc. »
Le magnifique ouvrage (400 pages en collection « beaux livres ») contient de nombreux dessins, photos et peintures. Les illustrations ont été choisies pour leur paradoxe apparent, mélange de pornographie et de poésie, de naïveté et de crudité, et finalement pour la bizarrerie des fantasmes exposés, tels qu'une femme transformée en meuble érotique, ou des infirmières sexy qui épousent des zombies.
► Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon d'Agnès Giard - éd. Glénat coll. Drugstore, 35€.
► Signature le vendredi 5 décembre, de 19h à 22h à l'Arbre à Lettres : 33-35 boulevard du Temple, 75003 Paris.
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De fermtag
16H57 | 04/12/2008 |
Vous avez mal compris :
la culture nippone n'est pas spécifiquement différente de la culture _française_, mais de toutes les autres cultures !
La spécificité (exception culturelle) n'est pas française mais japonaise !
Une des chose qui en fait sa spécificité est qu'elle n'est pas liée à une religion mais à un code de conduite (même si les « kamis » - les dieux - sont omniprésents), la bushi-dō (武士道, ou « voie du guerrier »), qui n'enseigne pas que l'art de la guerre mais aussi celui de l'honneur, de la beauté, de l'instant, etc.
Par exemple, un contrat verbal avec un japonais à beaucoup plus de valeur qu'un contrat signé avec un français ! Le vol et l'agression y sont pratiquement inconnus (au profit de la grande criminalité organisée), car synonymes de lâcheté, la pire des insultes qui soit.
À noter que le Japon fait partie des quelques états du monde constitutionnellement laïcs, même si l'on s'y marrie shintō et qui y enterre bouddhiste. Et que tout le monde « croie » aux kamis.Et que le Sud est plutôt chrétien-catholique.
Le résultat global est… déroutant (en plus ils ne sont absolument pas cartésiens, alors que celui-ci est inscrit dans nos neurones dès notre plus jeune age. Ce qui ajoute à la confusion).
Bref, je pourrais en parler des heures, tant les détails sont nombreux.
PS : français, j'y ai vécu en immersion totale (seul en famille japonaise) pendant plus d'un an. J'y ai beaucoup étudié les rapports sociaux tant ils me fascinaient.
De Panama
enseignant | 18H17 | 04/12/2008 |
Tout cela est fascinant. Déjà, un dictionnaire « avec quatre cents entrées », ça donne le vertige, surtout si on s'est laissé envahir par l'image du poulpe (avec quatre cents tentacules ? ).
J'espère en me vautrant dans cet ouvrage comme d'autres dans la débauche comprendre un peu ce que le cinéma japonais (ma seule « entrée » au Japon…) révèle souvent comme partie importante de leur imaginaire érotique : les collégiennes à socquettes blanches, un penchant certain pour les lacérations de femmes nues à l'arme blanche, le rôle aphrodisiaque de la barbe, et j'en oublie sûrement.
On ne m'en voudra pas de relever une fois de plus, dans les citations, ce qui me semble une approximation douteuse concernant la place de la religion. Dire « au Japon, il n'y a pas de tabou religieux concernant la sexualité », si c'est pour expliquer ensuite que l'expression même des émotions est taboue, cela montre seulement que la sexualité n'est pas forcément là où nous, Occidentaux, la situons en premier lieu. Ne se pourrait-il pas que le propos d'A. Giard révèle davantage ses propres préjugés sur ce qu'est (ou devrait être) la religion, que ce qu'elle signifie pour les Japonais ?
Je me demande aussi — tout en avouant derechef mon ignorance abyssale — s'il n'y a pas un risque d'« essentialiser » la culture nippone, comme si elle était totalement close sur elle-même et foncièrement « étrange », alors qu'elle me semble, dans ses expressions artistiques en tous cas, avoir depuis longtemps subi l'influence occidentale, et réagir par rapport à elle.
Par exemple, dans le cinéma japonais dit « d'exploitation » des années 70, l'érotisme joue énormément avec les collégiennes de couvents catholiques, et c'est là justement que s'installe le cliché de l'adolescente en uniforme (occidental). Je pense aussi, dans une autre veine, au film La femme de Seisaku, de Masumura (1965), dont la thématique (amour passion, crime et pardon) témoigne d'une influence chrétienne assumée.
Ah, et puis il y a encore un autre mystère, tant que j'y pense : les Japonaises savent-elles embrasser ? Je n'ai pas testé en vrai, mais dans les films on a l'impression qu'elles ne maîtrisent pas vraiment le French kiss. Bon, si elles arrivent à faire ces trucs avec leur vagin, on doit vite oublier cette petite faiblesse de la langue. Mais quand même.
De Tita
oiseau | 19H08 | 04/12/2008 |
humm… La sexualité est en soi, déjà, l'expression d'une émotion. On ne s'excite pas devant ce qui nous indiffère. De fait, je ne suis pas persuadé que la sexualité ne soit pas tabou, je pense plutôt que ce tabou est noyé dans celui de l'expression des sentiments.
Ce qui est tabou, c'est ce qui est interdit. Chez nous, la nudité est interdite et elle est souvent le prémisse qui autorise des actes plus sexuels (sauf chez les nudistes). Au japon, il semble que l'expression de sentiments suffisent à créer le même effet parce qu'il y a la même cause : un interdit de violé qui reste le permisse (normalement) à un acte sexuel.
De Kamikanaze
Bombe virtuelle | 15H41 | 05/12/2008 |
au sujet des poulpes :
»« La légende attribue à certaines femmes la capacité de littéralement “avaler” le sexe des hommes : leur vagin semble l'aspirer, le pomper, le sucer, comme s'il était doté de ventouses.
Ces femmes-là, dont les muscles internes agissent à la façon de tentacules, sont extrêmement recherchées au Japon. On les considère comme des amantes hors-pair. On les appelle des “tako” (poulpes) », explique Agnès Giard dans son « Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon ».
Il paraît que c'est une légende… Mais avaler le sexe des hommes, peut être est-ce une question de capacité et de relation entre la grandeur de la bouche, et la taille du sexe, ou s'agit-il d'une forme de succion qui fait que l'homme ait l'impression que son sexe soit entièrement absorbé.
Pour les muscles internes… il existe un livre « comment faire l'amour à un homme », qui explique quels exercices les femmes doivent faire pour développer leurs muscles internes et donc s'en servir pendant le coït… il paraît que ces Messieurs effectivement adorent ces « vagues de fond »…
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 16H19 | 06/12/2008 |
Ces femmes-là, dont les muscles internes agissent à la façon de tentacules, sont extrêmement recherchées au Japon. On les considère comme des amantes hors-pair. On les appelle des « tako » (poulpes) », explique Agnès Giard dans son « Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon ».
N'importe quelle femme peut apprendre à faire ça. Ces femmes-là sont juste celles qui ont poussé cet art au maximum.
C'est le même truc que les strip-teaseuses qui ramassent les billets avec leur sexe (mais c'est moins poétique, dans ce dernier cas)
Mais c'est vrai que les occidentales, formatées par la mentalisation cartésienne, sont moins aidées par leur culture. Ici on a peu près tout perdu de l'art de vivre son corps de l'intérieur… c'est bien simple : on pense « mon corps », comme si c'était un truc extérieur à soi-même.