
Ni libertin ni infidèle, le polyamour fait des ravages
Jules, Jim et tous les autres : les polyamoureux refusent de se limiter à une seule relation. Une liberté pas toujours bien acceptée.

J'avais le choix entre assister à un mariage libertin et participer à une rencontre de polyamoureux. Un journaliste romantique de Rue89 m'a dit : « Le polyamour c'est mieux, y'a de l'amour en plus. » C'est un peu caricatural : un libertin peut par exemple être, en plus de ses batifolages, très amoureux de son conjoint.
Mais la multiplication des repaires de polyamoureux sur la Toile a fini de me convaincre : après polyamour.be, polyamour.fr et polyamour.info sont dans les starting-blocks. Le dernier organisait ainsi une soirée conviviale pour l'élaboration de son site samedi, réunissant des polyamoureux convaincus, des polyamoureuses pratiquantes et des monogames intrigués.
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Au fait, le polyamour, c'est quoi ? Parmi les modèles de couples, nous avions déjà évoqué sur Rue69 le couple modèle, voici maintenant le couple polyamoureux, à ne pas confondre avec le couple libertin ou le couple infidèle.
Présentes à la soirée, l'écrivain Françoise Simpère, polyamoureuse, auteure de « Aimer plusieurs hommes » a bien voulu répondre à mes questions ainsi qu'une riveraine de 25 ans, renommée Anne, 3 amoureux en ce moment, qui a témoigné de sa propre situation.
Le polyamour c'est quoi ?
Anne : Le polyamour, c'est tout d'abord… de l'amour ! Aimer, ce n'est pas limiter l'autre, c'est lui ouvrir de nouvelles perspectives, l'aider à s'épanouir à l'extérieur du « nous ». Et même, grâce au « nous », aux ressources qu'il offre. C'est inciter l'autre à la découverte.
Cependant, tout le monde n'est pas prêt à sacrifier de sa sécurité pour rendre l'autre heureux et l'être par là même… Mais cet état d'esprit n'est pas inaccessible à un partenaire patient.
Françoise Simpère : Toutes les solutions mono : « monoculture », « tout nucléaire », « tout libéral » sont des échecs, car la vie a besoin de s'enrichir dans la diversité.
Donc, les amours plurielles, c'est le fait de pouvoir aimer au pluriel de façon affective, sexuelle et intellectuelle sans exclure a priori une de ces composantes, ni qu'elles deviennent une obligation.
On n'est pas obligé de faire l'amour chaque fois qu'on se voit ou de se voir très souvent, mais si l'on a envie de se voir et/ou de faire l'amour, il n'y a pas d'obstacle à le faire. Le sexe ne constitue plus « la » barrière fatidique, et ça dédramatise grandement l'existence !
Les polyamoureux sont-ils fidèles ?
Françoise Simpère : Oui, je suis fidèle au sens étymologique du terme, du latin fides, fidei : la confiance. Nous nous faisons confiance, et nous sommes présents et attentifs l'un à l'autre. Je suis fidèle mais pas exclusive envers les hommes de ma vie, qui pour certains m'accompagnent depuis plus de 25 ans !
Anne : Pour moi, être fidèle à quelqu'un, c'est tout d'abord le respecter assez pour être complètement moi-même avec lui, c'est m'être fidèle à moi-même donc aussi et ne pas tricher sur ce que je suis.
Le polyamour, c'est du libertinage ?
Françoise Simpère : Les couples libertins qui batifolent ensemble dans des clubs sont plutôt fusionnels, puisqu'ils veulent tout voir de l'autre, y compris comment il fait l'amour ailleurs. Les couples libertins qui ont des aventures chacun de leur côté sont polyamoureux, mais, je crois, privilégient davantage la séduction et le sexuel que l'affectif.
Ils sont dans l'idée « tu peux aller voir ailleurs, mais ne tombe pas amoureux(se) ». Cela étant, cette distinction est un peu sommaire, car les polyamoureux ont mille façons de vivre et changent selon les périodes, ils peuvent même avoir des phases monogames.
On peut encore parler de couple quand on est dans du polyamour ?
Françoise Simpère : Le couple, à mon sens, repose sur un projet de vie et des valeurs partagées : on peut ressentir du désir et des sentiments pour de multiples personnes, mais il n'y en a pas cinquante avec qui on a envie de vivre au long cours.
Par ailleurs, il me serait difficile de vivre avec quelqu'un qui serait philosophiquement ou politiquement à mon opposé. Une autre chose fonde le couple : les enfants, qui créent un lien indissoluble.
Anne : J'ai plusieurs couples (mais aussi quelques belles aventures qui n'en sont pas). Chaque couple a ses particularités, crée sa bulle, tout en n'y emprisonnant pas les individus qui y évoluent, mais il y a bel et bien construction d'une relation à deux, d'une intimité qui reste unique à chaque couple.
Il y a aussi la complicité, les références culturelles partagées, l'admiration, le soutien inconditionnel… Un peu comme dans tous les couples, non ?
On cloisonne ou pas ?
Françoise Simpère : La plupart des hommes de ma vie sont en couple ou polyamoureux, et ont la même discrétion que celle que j'ai avec eux.
Au fil du temps cependant, j'ai parfois noué des liens avec leur « régulière » qui sait ce que je suis, et notamment que je ne suis pas une « voleuse d'hommes ». « Mes » hommes savent comment je vis, mais je trouverais indélicat de leur raconter ma vie intime. Je ne raconte mes amours que dans mes romans.
Mais plusieurs amoureux en même temps, vous avez la forme ?
Françoise Simpère : Ce n'est pas une activité à temps plein : il m'arrive de passer des semaines sans sortir avec un homme, j'ai des amants que je vois quatre ou cinq fois par an, pas plus, mais depuis vingt à trente ans. Mon travail, ma famille et mes potes non sexuels me prennent infiniment plus de temps que mes amours !
D'une façon générale, les polyamoureux sont moins obsédés sexuels que les monogames, parce qu'ils ne sont pas dans la frustration. Ils savent qu'ils peuvent s'ils veulent et le sexe cesse alors d'être un enjeu crucial et angoissant pour redevenir un jeu délicieux.
Et la jalousie dans l'histoire ?
Anne : Ce sentiment m'agace, mais j'ai bien dû me rendre à l'évidence, la jalousie ne disparaît pas complètement. Elle est rationalisée, mais parfois, une pointe, un pic, nous rappelle à nos angoisses…« Quoi ? Finalement tu restes dormir chez Ninon ce soir ? Ah, bon, très bien, à demain mon amour… »
Et là… Ce qui, un autre jour, aurait été anodin, devient une source d'affliction. Dans ce cas, pas de grande remise en cause du couple ! Mais l'acceptation de cette souffrance passagère comme un signe d'un état particulier de ma part. L'acceptation de ne pas voir mes désirs et mes projections concernant l'autre se réaliser automatiquement.
Comment on en arrive là ?
Françoise Simpère : Pour moi, c'était naturel, dès l'âge de 20 ans. Pour mon mari, ce l'était moins : il trouvait normal qu'un homme ait de multiples désirs, mais de la part d'une femme, et de la sienne en particulier, c'était moins évident.
Il a donc appris à être totalement égalitaire dans sa relation avec moi, et c'est ce qui nous a soudés : cet apprentissage du respect de la femme par l'homme et de l'homme par la femme sans que l'un des deux domine.
Evidemment, cela prend du temps, il y a des hauts et des bas, mais au final, cela préserve de l'ennui car c'est une voie qu'on explore ensemble, où tout reste à découvrir, y compris ses fragilités.
Anne : Depuis toute jeune, je n'ai jamais pu admettre être la propriété d'une seule personne, ni qu'une fois une relation amoureuse avec quelqu'un engagée cela signifie que je doive changer mon ouverture aux autres personnes. (Pour en savoir plus, lire son témoignage)
Que font les partenaires ?
Françoise Simpère : Mon mari fut davantage polygame que polyamoureux, et l'âge venant, il est beaucoup plus proche de moi qu'à certaines périodes de notre vie. Comme disent les Chinois : « Si tu veux que l'amour dure, épouse une femme avec qui tu aimes parler. » Les autres voulaient surtout le séduire, ou être séduites par lui.
Anne : Thomas a également une amie, Ninon, avec qui il est depuis un an. Et il se considère également comme polyamoureux. Pas Ninon, qui y réfléchit cependant, et qui aime avoir la liberté de séduire ou de tenter des aventures sans s'en cacher, sans pour autant penser pouvoir être amoureuse de quelqu'un d'autre que Thomas.
Quant à Alban, il a eu quelques aventures qui n'ont duré que quelques semaines, car ses amies n'ont pas supporté mon existence.
Il en est de même pour Louis, que j'ai rencontré il y a un an, mais lui serait plutôt libertin.
C'est acceptable socialement ?
Françoise Simpère : Socialement, c'est difficile car les gens ont tellement envie que cela ne marche pas, qu'ils vous titillent sans cesse pour voir si vous ne bluffez pas, et cherchent le moindre signe de défaillance. Si je divorçais aujourd'hui, après trente-cinq ans de mariage, je suis sûre que certains triompheraient : on savait bien que ça ne pouvait pas durer !
Anne : L'amie de Thomas, Ninon, fut régulièrement mise en garde, on lui disait qu'elle se faisait avoir, que Thomas agissait comme un « connard » envers elle et moi, ou encore que Thomas et moi étions un couple de pervers assouvissant ses fantasmes à travers elle.
Quant à moi je m'en vais essayer de comprendre un peu mieux les monogames en lisant « Le Diable au corps ».
A lire aussi :
► Anne (trois amoureux) : « Le polyamour bouscule les conventions établies »
► Modèles de couple : gros plan sur le couple modèle
► Le blog de Françoise Simpère
► Aimer plusieurs hommes de Françoise Simpère - éd. Pocket - 175p. (épuisé, un autre livre doit paraître en avril 2009 sur le sujet).
Photo : David Cook et David Archuleta, finalistes d'American Idol 2008, embrassent Paula Abdul, jurée (Fred Prouser/Reuters)
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à Numerosix
De Camille
(auteur)
Mauvais genre | 18H07 | 18/11/2008 |
Hein, j'entends mal, you are three ?
(ok je vais me coucher)
à Numerosix
De le-grain-de-cafe
Buveuse de vodka frelâtée en Sibéri... | 23H59 | 19/11/2008 |
On ne choisit ni d'aimer ni de désirer. Ca nous tombe dessus, qu'on le veuille ou non.
Un polyamoureux n'est pas nécessairement entre trois amours et cinq amants. Il y a, comme chez tout le monde, des phases de baises de libidos, des moments sans sentiments amoureux et également, pour une raison toute simple, personne qui nous attire ( sexuelle et/ou amoureusement ) à un moment donné.
C'est comme tous ces clichés délétères sur les polyamoureux, soi disant qu'ils bai**** tout ce qui bouge, blablabla et j'en passe.
Être polyamoureux n'est pas nécessairement avoir une sexualité et une vie sentimentale multiples, c'est se donner le choix, si on le désire de mener de front plusieurs relations, quelles que soit celles ci, si on en a le souhait.
De blablablaetblablabli
patati et patata | 17H29 | 18/11/2008 |
Alors un argument qu'ils avancent souvent les polygames << On aime chacun de nos enfants différement et les hommes c'est pareil>> vous vous imaginez comme si on baisait avec nos enfants,on nivelle par le bas avec ce genre d'argument.
De Dédédemontreuil
17H57 | 18/11/2008 |
Bof… Déjà à deux c'est compliqué…
à Dédédemontreuil
De temptfate
Ingénieur | 15H48 | 19/11/2008 |
C'est bien alambiqué pour des relations à relent de polygamie et d'immaturité sociale.
à temptfate
De le-grain-de-cafe
Buveuse de vodka frelâtée en Sibéri... | 00H00 | 20/11/2008 |
Être polyamoureux, une preuve d'immaturité sociale ? !
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, bougi... | 17H59 | 18/11/2008 |
je ne sais pas si quelqu'un l'a déjà fait remarquer mais cet article est un peu en contradiction avec le titre de l'article suivant sur la guerre en afrique
De Humain
18H09 | 18/11/2008 |
Heuh
A part en faire fantasmer quelques uns (ou quelleque'z'une) où est le problème ?
Le problème ? Y-a-pas d'problème !
Mais la difficulté (car il y a une difficulté) est sur les regrets, mais ne le dites pas !
Pendant cve tepms là, un maire (non réélu) tue sa maîtresse qui a eut la bêtise de lui dire : je te quitte.
Et tout le monde pleure sur les déboires du député
De moravagine
Observateur désabusé | 18H17 | 18/11/2008 |
Donc, voila enfin éclairci le mystère DSK ! Merci Rue89 d'avoir contribué à ma meilleure compréhension du monde !
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 18H26 | 18/11/2008 |
Le polyamour… doux rêve entretenu depuis le XVIIIème siècle et abondé par les moeurs bourgeoises de la fin du XIXème et au XXème. On est même tenté d'évoquer la Régence, avec son cortège de relâchements divers suite à des décennies de pudibonderie.
Il y a aussi une sorte de parallèle à établir avec les moeurs libérales en économie : on épuise toutes les possibilités de la liberté pour flirter délicieusement avec la licence. Ah, que c'est tentant ! Mais pour les dilettantes bien nourris seulement.
Les gens qui travaillent dur pour nourrir leur famille et élever leurs enfants dans de bonnes conditions n'en sont pas là. Sans parler de tous les événements psychologiques qui marquent toutes relations humaines et auxquels nul ne peut échapper : trahison, culpabilité, remords, désespoir, violence envers autrui et soi-même, etc. Trente siècles de littérature sont là pour nous démontrer qu'en cela consiste l'humaine condition, marquée aussi, mais épisodiquement, par des bonheurs et des joies fugaces, dont il faut naturellement tirer tout le suc, car ils sont la substance du souvenir.
On peut toujours essayer de se leurrer, cet obstacle est incontournable.
à Jaycib
De Camille
(auteur)
Mauvais genre | 19H40 | 18/11/2008 |
Ne vous inquiétez pas dans les familles populaires aussi, les hommes trompent leurs femmes et réciproquement…
J'en reparlerai sur un autre modèle de couple mais les parrains et les marraines servaient à ce que les géniteurs récupèrent un droit de regard sur l'éducation de leurs bâtards qu'ils ne pouvaient pas « reconnaitre »….
Bref, oui, polyamoureux, amoureux fidèles, amoureux infidèles, libertins, amoureux à plusieurs, personne n'échappe aux différents tourments que vous évoquez, et aucune solution n'est parfaite.
Pour autant, réserver le polyamour aux « diletantes bien nourris », c'est lié au fait, et on le voit dans les injures que j'ai censurées dans cet article ou dans celles un peu vague que j'ai laissées d'ailleurs, que seules les personnes issues de milieu solide socialement peuvent se permettre une telle opprobre sociale.
Si « Anne » habitait un petit village ou une cité de banlieue, elle serait probablement exclue de sa communauté. Elle habite une grande ville de province où elle bénéficie d'un anonymat suffisant.
à Camille
De le-grain-de-cafe
Buveuse de vodka frelâtée en Sibéri... | 21H20 | 18/11/2008 |
Pourquoi appelez ça tromperie ? Conflit terminologique ?
à le-grain-de-cafe
De Camille
(auteur)
Mauvais genre | 00H05 | 19/11/2008 |
Je parle de tromperie parce que Jaycib a l'air de dire que le polyamour est réservé aux riches et je pense qu'il m'accordera que la tromperie n'est pas l'apanage des bourgeois : -)
Chaque chose en son temps, il m'accordera peut être ensuite que le polyamour existe aussi dans d'autres milieux.
à Camille
De le-grain-de-cafe
Buveuse de vodka frelâtée en Sibéri... | 13H45 | 19/11/2008 |
Certes, mais polyamoureux ne signifie pas tromper ses partenaires avec les autres. Tromperies c'est bien à partir du moment où il y a mensonge. Me trompe-je ? !
à le-grain-de-cafe
De Camille
(auteur)
Mauvais genre | 13H55 | 19/11/2008 |
On est d'accord.
Sa remarque disait en substance que tout aure modèle que « monogame exclusif » est ingérable pour des gens n'ayant pas assez de moyens financiers.
Je suis d'accord avec lui sur le fait que c'est pas simple en organisation du temps et de l'argent mais je ne pense pas pour autant que c'est réservé aux riches.
Plutôt que de repartir sur le polyamour, ce qui nécessiterait d'avoir une définition claire, acceptée, partagée du polyamour, j'ai préféré parler du cas très courant des hommes, et des femmes, y compris dans les milieux modestes, qui trompent leurs conjoints malgré les difficultés financières ou organisationnelles que cela peut poser.
J'espère que c'est plus clair.
Camille (prénom épicène ; je précise parce que vous me donnez du « chère » Camille tout le temps)
à Camille
De le-grain-de-cafe
Buveuse de vodka frelâtée en Sibéri... | 15H32 | 19/11/2008 |
Mes excuses. J'ai tendance à voir ce prénom épicène plutôt féminin à vrai dire, ayant très peu connu de Camille masculin.
La prochaine fois, je mettrai un qualificatif neutre !
Donc pour en revenir à votre réponse, il n'est pas besoin d'être riche pour aimer en nombre. Que je sache, l'amour et le sexe sont gratuit. Tout dépend de l'organisation que vous prenez, mais il n'est pas besoin d'avoir un appartement avec chaque partenaire, ni des dépenses ostentatoire.
L'argent est un prétexte pour reléguer ce mode de vie aux « bourgeois ». Après, il s'agit d'être cohérent.
Par exemple, dans mon cas, puisqu'après tout je le vis et pas celui des autres : je vis dans mon propre appartement. Mon compagnon dans le sien. Travail oblige, il n'habite pas dans la même ville. On se voit en fin de semaine. Si j'ai envie de vaquer à d'autres prés tout aussi voire souvent moins vertes ( oui, on n'est pas à l'abri des déceptions ), je vais chez eux, ou ils viennent chez moi. Bon là, je n'ai pas de statistiques sur la fréquentation des domiciles, mais je dirais plus chez eux. Oui, parce qu'être poly partenaires sexuels, dans mon cas ( je ne cherche pas d'autres relations amoureuses pour le moment pour certaines raisons ), ne signifie pas être investi totalement dans son lieu de vie. Mon appart n'est pas l'Auberge Espagnole.
Ce n'est donc principalement en dépit des difficultés financières, mais surtout en dépit de sa propre structure. Mener cette vie nécessite une solidité psychologique. Sinon, on se perd vite dans des relations stériles qui peuvent blesser. Parce qu'on y cherche un « quelque chose » pour se trouver soi même. Or, ces relations ne sont pas forcément là pour nous construire nous même. On peut s'y perdre et s'y faire très mal. C'est parce qu'on a une base forte qu'on peut se donner sans se trahir, aimer plusieurs personnes sans se fourvoyer.
Catherine Millet, que je n'ai jamais lu car son « best seller » m'a d'emblée fait sortir de mes gonds qu'autres choses, à donner un bonne interview à ce sujet. Parce qu'elle avait l'amour et la stabilité mentale à l'origine, elle a pu vivre ces expériences sans se « salir ».
C'est un travail sur soi, c'est parfois long, chaotique, hasardeux, mais extrêmement formateur.
Ceci étant, j'ai vu trop de gens qui se trouvaient être curieux de ce mode de vie car cela les éloignait de leur morosité quotidienne et d'un couple qui se révélait trop étouffant. La jalousie ronge à petit feu. Braver « l'interdit » pour s'évader, certes, on l'a toujours fait. Mais pour ces raisons et d'autres trop symptomatiques de faiblesses, c'est dangereux.
à Camille
De Guilain
salope éthique | 16H31 | 19/11/2008 |
Bonjour Camille et merci pour cet article.
Je compte faire une synthèse des commentaires liés à cet article et j'ai deux questions :
- est ce que je pourrai avoir accès aux commentaires injurieux que vous avez censurés ?
- Y a t'il une date de fermeture des commentaires (j'ai pu voir sur d'autres articles que les commentaires semblaient fermés) ?
Par rapport à votre commentaire précédent, une phrase me semble importante : « seules les personnes issues de milieu solide socialement peuvent se permettre une telle opprobre sociale ». C'est aussi ce que je constate en côtoyant des polyamoureux…
PS : Votre article a inspiré un journaliste de France Info qui a parlé du polyamour ce matin : http://www.france-info.com/spip.php ? article214036&theme=36&sous_theme=41
Je crois bien qu'on a jamais autant parlé du polyamour en France que ces deux derniers jours : -)
à Guilain
De Camille
(auteur)
Mauvais genre | 16H38 | 19/11/2008 |
Pour les commentaires injurieux : j'en ai malheureusement supprimés certains donc ça c'est fichu ; j'en ai dépubliés d'autres pour lesquels le mieux est de m'écrire en privé à la fin de la période de commentaires autorisés.
Les commentaires sont fermés 7 jours après publication de l'article.
De Audrey64
Attaché territorial | 18H46 | 18/11/2008 |
Enfin un article qui pose des mots sur ce que je vis depuis toujours !
Je suis ravie et je revendique mon statut de polyamoureuse, même si socialement je ne suis évidemment pas très populaire : -)
J'ai commencé assez jeune à compendre que j'étais facilement amoureuse de plusieurs hommes à la fois.
C'est un mode de vie qui n'exclut pas les souffrances ou les déceptions, pas plus qu'un autre, mais c'est le seul qui me convient ; ma plus grande satisfaction c'est d'avoir depuis des années deux relations avec des hommes (mariés) à qui je peux parler de tout, sans tabous ni complexes, ce que je ne pourrais pas faire avec quelqu'un qui me collerait aux basques, et ce que eux ne peuvent pas faire non plus avec leurs épouses.
C'est une forme de « sexfriendship », certes, mais je pense qu'il y a aussi beaucoup de sentiment à travers la séduction, sinon la relation ne durerait pas avec cette complicité et ce plaisir inchangé qu'on a à se revoir.
à Audrey64
De Camille
(auteur)
Mauvais genre | 19H31 | 18/11/2008 |
J'ai retiré les insultes dont vous étiez l'objet ; preuve s'il en était besoin que pour le moment le polyamour n'est pas toléré.
à Audrey64
De le-grain-de-cafe
Buveuse de vodka frelâtée en Sibéri... | 21H05 | 18/11/2008 |
Liberté et popularité, deux mots à la même terminaison, mais la ressemblance s'arrête là !
Je constate que votre discours n'a pas le caractère normatif vilipendé par tant de monde, notamment parmi les commentateurs.
J'ai cette impression qu'à partir du moment où on verbalise tout haut notre façon de vivre, de penser et d'agir, on nous taxe de prosélytisme dans le meilleur des cas ou au pire d'insultes par définition humiliante.
Il y aura toujours des rigides des dogmes quel que soit celui ci. Merci de ne pas nous compter parmi eux.
Si l'article est l'occasion de partager des points de vue et des expériences, à vrai dire, ce que vivent les autres ne nous regardent pas et réciproquement.
Mais là, je crois que je m'égare dans un monde utopique de liberté totale de choix sans le regard contempteur ou propagandiste des autres…
Mais comme disait l'autre, l'espoir est l'opium des pauvres. Ceci dit j'évite de me perdre dans des illusions douloureuses et inutiles.
à Audrey64
De solene
vagabonde | 09H51 | 24/11/2008 |
euh, juste une nuance sur votre situation.
vos deux « sexfriends » se disent-ils eux-memes polyamoureux ? leurs épouses respectives le savent-elles, et sont-elles d'accord ? Si ca n'est pas le cas, s'ils « trompent leur femme » avec vous, alors je n'ai plus tres envie d'appeler ca du polyamour… qu'en pensez-vous ?
De Sot-crate
chomeur satisfait | 18H58 | 18/11/2008 |
c est le poly sida qui va etre content !
On vit vraiment la fin de l empire romain.
J4espere voir se qui va pousser sur les ruines de notre civilisation.
Mais c est simple curiosité , je ne plus la moindre foi en le singe humain
..Et puis non je veut pas le voir , ce sera inéluctablement l integrisme religieux…
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 19H03 | 18/11/2008 |
c'est marrant : c'est exactement le même plan que celui qu'on nous a fait dans les années 70
ça n'a pas marché, d'ailleurs… ou alors seulement pour les très très rares qui ne connaissaient pas la jalousie… en trouver deux, déjà, ça tient de l'exploit… mais quand il en faut quatre ou cinq, pfuiii !
la plupart ont passé des années à s'enferrer dans des conversations ultra-théoriques mi-libertines mi-fielleuses sur leur « expérience »… juste avant que les assiettes ne se mettent à voler et que tout le monde ne retourne sagement se marier ou s'unioner librement, avec son chacun ou sa chacune préférée
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 19H11 | 18/11/2008 |
camille tu me fais penser à patrick sébastien
à patrick du 14
De Al-Ice
-_-' | 19H21 | 18/11/2008 |
tu veux dire que physiquement Camille est blond(e) avec un gros nez et une voix de pilier de bar ?
Ou qu'il/elle tient un grand cabaret ?
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 19H33 | 18/11/2008 |
j'en sais rien du tout j'suis nul pour démasquer les gens sur internet mais ça me fait penser à çelui là
De La Voix de son Maître
Pas dans la cuisse de Jupiter. | 19H53 | 18/11/2008 |
Bah, rien de nouveau en somme. Ce qui me navre, c'est cette dichotomie entre ce que sous-tendent les intervenants et ce qu'ils font réellement en schématisant. Je m'explique :
D'un côté, c'est l'idée d'une expression plus libre des sentiments, avec cette absence de sclérose inhérente à la monogamie (la routine, les codes sociaux-culturels) qu'a envoyé bouler un désir souverain en permanence à flots.
D'un autre, tout s'écroule par cette prétendue rationalisation des rapports, où le consumérisme relationnel est de mise.
À la différence du pulsionnel dont le désir se focalise comme une fulgurance sur différents objets pris un par un, le « poly-amoureux » est fait d'une autre trempe. Placé dans sa bulle autocentrée, il sélectionne un produit plutôt qu'un autre en fonction de son état du moment, comme unetelle change la coque de son portable suivant les paramètres de son humeur.
Je cite :
« D'une façon générale, les polyamoureux sont moins obsédés sexuels que les monogames, parce qu'ils ne sont pas dans la frustration. Ils savent qu'ils peuvent s'ils veulent et le sexe cesse alors d'être un enjeu crucial et angoissant pour redevenir un jeu délicieux. »
Moralement, je ne condamne pas cette vision utilitariste de l'autre (à la vérité, je m'en tape, chacun fait comme il l'entend). Seulement, il y a une faille théorique (ci dessus) et pratique dans le concept.
Anne elle-même s'auto-réfute dans sa description :
« Ce sentiment m'agace, mais j'ai bien dû me rendre à l'évidence, la jalousie ne disparaît pas complètement. Elle est rationalisée, mais parfois, une pointe, un pic, nous rappelle à nos angoisses… »
L'homme moderne trop imparfait pour faire complètement table rase d'une culture monogame instituée depuis des millénaires ? Là encore, les intérêts propres à la cellule du couple permanent se retrouvent, alors qu'ils ne devraient plus exister.
Dans le cas de la liberté sexuelle (et consumériste) défendue par Françoise, ça se casse la gueule aussi lorsqu'on la confronte au principe pratique. Si je veux faire du sexe avec untel, mais qu'untel n'a pas envie, je suis frustré. Et ça me fait quelque chose. En admettant que ça se reproduise trop régulièrement à mon goût, la relation se disloque. C'est la preuve que les intérêts particuliers des individus convergent toujours vers un seul objet - ici untel - et non vers la possibilité que j'ai de me faire tous les autres untels. Quand je veux baiser avec untel, je ne veux baiser qu'avec lui. Pas avec untel + l'idée que le système auquel j'appartiens me permet de coucher avec d'autres individus d'une qualité équivalente (ou alors c'est que je considère untel seulement comme un produit revêtant certains caractères sexuels, et non comme un individu particulier pris dans son entier).
Ne me faites pas passer pour le con de rétrograde puant que je ne suis pas. Je ne suis pas opposé aux faits décrits par le « poly-amour ». Simplement à cette nécessitée idiote de toujours vouloir tout instituer (pour mieux faire passer la pilule à soi et aux autres). La conceptualisation des faits décrits est naze et inutile, pas les faits eux-mêmes.
Et pour finir, c'est quoi l'intérêt de revêtir un schéma qui n'élimine pas la jalousie dans un rapport à autrui ? Si je suis jaloux, je suis déjà bien emmerdé avec une seule personne… alors avec 5…
à La Voix de son Maître
De le-grain-de-cafe
Buveuse de vodka frelâtée en Sibéri... | 21H13 | 18/11/2008 |
Quelque soit le bord auquel on se revendique d'appartenir, personne n'a l'apanage des contradictions et des dérives.
Les deux personnes citées ne sont absolument pas représentatives de la pluralité des choix.
A vrai dire, pour vous donner un avis que vous ne m'avez pas demandé, si elles ont le mérite d'exprimer leur choix, le fond et la forme sont dangereux. On navigue du consumérisme comme vous l'avez dit, à l'institutionnalisation paradoxale d'un système ( mot révélateur, sic ! ) qui veut justement échapper à la normalisation. Ah, kéwa ? ! ! C'est à s'arracher les cheveux.
Pour tout dire, apprendre à lâcher prise sur soi même est la base essentielle pour vivre un tel choix sans se perdre, et sans oublier l'autre en tant que personne respectable. Et c'est un gigantesque travail.
à La Voix de son Maître
De Camille
(auteur)
Mauvais genre | 23H38 | 18/11/2008 |
Je ne veux pas vous faire passer pour quoique ce soit mais je trouve étonnant de ne pas avoir eu ce genre de critiques sur mon sujet sur la fidélité. ( et il n'est pas certain que j'aie tout compris à votre texte).
J'essaie de présenter les différentes façons d'être en couple. Certes, pour faire comprendre l'infini variété du genre humain, je m'arrête sur des situations « stérotypiques », pour autant, Françoise est tout sauf une consumériste, c'est vous qui la jugez.
La culture monogame… c'est vous qui le dites ! La socialisation visant à obliger un seul partenaire aux femmes certes mais la culture monogame… disons que « oui » en tant que culture. Dans les faits, les notions de polyamour remontent au moyen âge et les parrains et marraines sont venus combler la paternité et maternité des « bâtards » comme on les appelait…
Sans parler des cultures (qui existent encore dans d'autres pays vus comme exotiques ici) où il existe des communautés sexuelles de tradition, où la polygamie existe de longue date, etc…