Ni libertin ni infidèle, le polyamour fait des ravages

Jules, Jim et tous les autres : les polyamoureux refusent de se limiter à une seule relation. Une liberté pas toujours bien acceptée.

David Cook et David Archuleta, finalistes d'American Idol 2008, embrassent Paula Abdul, jurée (Fred Prouser/Reuters)

J'avais le choix entre assister à un mariage libertin et participer à une rencontre de polyamoureux. Un journaliste romantique de Rue89 m'a dit : « Le polyamour c'est mieux, y'a de l'amour en plus. » C'est un peu caricatural : un libertin peut par exemple être, en plus de ses batifolages, très amoureux de son conjoint.

Mais la multiplication des repaires de polyamoureux sur la Toile a fini de me convaincre : après polyamour.be, polyamour.fr et polyamour.info sont dans les starting-blocks. Le dernier organisait ainsi une soirée conviviale pour l'élaboration de son site samedi, réunissant des polyamoureux convaincus, des polyamoureuses pratiquantes et des monogames intrigués.

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Au fait, le polyamour, c'est quoi ? Parmi les modèles de couples, nous avions déjà évoqué sur Rue69 le couple modèle, voici maintenant le couple polyamoureux, à ne pas confondre avec le couple libertin ou le couple infidèle.

Présentes à la soirée, l'écrivain Françoise Simpère, polyamoureuse, auteure de « Aimer plusieurs hommes » a bien voulu répondre à mes questions ainsi qu'une riveraine de 25 ans, renommée Anne, 3 amoureux en ce moment, qui a témoigné de sa propre situation.

Le polyamour c'est quoi ?

Anne : Le polyamour, c'est tout d'abord… de l'amour ! Aimer, ce n'est pas limiter l'autre, c'est lui ouvrir de nouvelles perspectives, l'aider à s'épanouir à l'extérieur du « nous ». Et même, grâce au « nous », aux ressources qu'il offre. C'est inciter l'autre à la découverte.

Cependant, tout le monde n'est pas prêt à sacrifier de sa sécurité pour rendre l'autre heureux et l'être par là même… Mais cet état d'esprit n'est pas inaccessible à un partenaire patient.

Françoise Simpère : Toutes les solutions mono : « monoculture », « tout nucléaire », « tout libéral » sont des échecs, car la vie a besoin de s'enrichir dans la diversité.

Donc, les amours plurielles, c'est le fait de pouvoir aimer au pluriel de façon affective, sexuelle et intellectuelle sans exclure a priori une de ces composantes, ni qu'elles deviennent une obligation.

On n'est pas obligé de faire l'amour chaque fois qu'on se voit ou de se voir très souvent, mais si l'on a envie de se voir et/ou de faire l'amour, il n'y a pas d'obstacle à le faire. Le sexe ne constitue plus « la » barrière fatidique, et ça dédramatise grandement l'existence !

Les polyamoureux sont-ils fidèles ?

Françoise Simpère : Oui, je suis fidèle au sens étymologique du terme, du latin fides, fidei : la confiance. Nous nous faisons confiance, et nous sommes présents et attentifs l'un à l'autre. Je suis fidèle mais pas exclusive envers les hommes de ma vie, qui pour certains m'accompagnent depuis plus de 25 ans !

Anne : Pour moi, être fidèle à quelqu'un, c'est tout d'abord le respecter assez pour être complètement moi-même avec lui, c'est m'être fidèle à moi-même donc aussi et ne pas tricher sur ce que je suis.

Le polyamour, c'est du libertinage ?

Françoise Simpère : Les couples libertins qui batifolent ensemble dans des clubs sont plutôt fusionnels, puisqu'ils veulent tout voir de l'autre, y compris comment il fait l'amour ailleurs. Les couples libertins qui ont des aventures chacun de leur côté sont polyamoureux, mais, je crois, privilégient davantage la séduction et le sexuel que l'affectif.

Ils sont dans l'idée « tu peux aller voir ailleurs, mais ne tombe pas amoureux(se) ». Cela étant, cette distinction est un peu sommaire, car les polyamoureux ont mille façons de vivre et changent selon les périodes, ils peuvent même avoir des phases monogames.

On peut encore parler de couple quand on est dans du polyamour ?

Françoise Simpère : Le couple, à mon sens, repose sur un projet de vie et des valeurs partagées : on peut ressentir du désir et des sentiments pour de multiples personnes, mais il n'y en a pas cinquante avec qui on a envie de vivre au long cours.

Par ailleurs, il me serait difficile de vivre avec quelqu'un qui serait philosophiquement ou politiquement à mon opposé. Une autre chose fonde le couple : les enfants, qui créent un lien indissoluble.

Anne : J'ai plusieurs couples (mais aussi quelques belles aventures qui n'en sont pas). Chaque couple a ses particularités, crée sa bulle, tout en n'y emprisonnant pas les individus qui y évoluent, mais il y a bel et bien construction d'une relation à deux, d'une intimité qui reste unique à chaque couple.

Il y a aussi la complicité, les références culturelles partagées, l'admiration, le soutien inconditionnel… Un peu comme dans tous les couples, non ?

On cloisonne ou pas ?

Françoise Simpère : La plupart des hommes de ma vie sont en couple ou polyamoureux, et ont la même discrétion que celle que j'ai avec eux.

Au fil du temps cependant, j'ai parfois noué des liens avec leur « régulière » qui sait ce que je suis, et notamment que je ne suis pas une « voleuse d'hommes ». « Mes » hommes savent comment je vis, mais je trouverais indélicat de leur raconter ma vie intime. Je ne raconte mes amours que dans mes romans.

Mais plusieurs amoureux en même temps, vous avez la forme ?

Françoise Simpère : Ce n'est pas une activité à temps plein : il m'arrive de passer des semaines sans sortir avec un homme, j'ai des amants que je vois quatre ou cinq fois par an, pas plus, mais depuis vingt à trente ans. Mon travail, ma famille et mes potes non sexuels me prennent infiniment plus de temps que mes amours !

D'une façon générale, les polyamoureux sont moins obsédés sexuels que les monogames, parce qu'ils ne sont pas dans la frustration. Ils savent qu'ils peuvent s'ils veulent et le sexe cesse alors d'être un enjeu crucial et angoissant pour redevenir un jeu délicieux.

Et la jalousie dans l'histoire ?

Anne : Ce sentiment m'agace, mais j'ai bien dû me rendre à l'évidence, la jalousie ne disparaît pas complètement. Elle est rationalisée, mais parfois, une pointe, un pic, nous rappelle à nos angoisses…« Quoi ? Finalement tu restes dormir chez Ninon ce soir ? Ah, bon, très bien, à demain mon amour… »

Et là… Ce qui, un autre jour, aurait été anodin, devient une source d'affliction. Dans ce cas, pas de grande remise en cause du couple ! Mais l'acceptation de cette souffrance passagère comme un signe d'un état particulier de ma part. L'acceptation de ne pas voir mes désirs et mes projections concernant l'autre se réaliser automatiquement.

Comment on en arrive là ?

Françoise Simpère : Pour moi, c'était naturel, dès l'âge de 20 ans. Pour mon mari, ce l'était moins : il trouvait normal qu'un homme ait de multiples désirs, mais de la part d'une femme, et de la sienne en particulier, c'était moins évident.

Il a donc appris à être totalement égalitaire dans sa relation avec moi, et c'est ce qui nous a soudés : cet apprentissage du respect de la femme par l'homme et de l'homme par la femme sans que l'un des deux domine.

Evidemment, cela prend du temps, il y a des hauts et des bas, mais au final, cela préserve de l'ennui car c'est une voie qu'on explore ensemble, où tout reste à découvrir, y compris ses fragilités.

Anne : Depuis toute jeune, je n'ai jamais pu admettre être la propriété d'une seule personne, ni qu'une fois une relation amoureuse avec quelqu'un engagée cela signifie que je doive changer mon ouverture aux autres personnes. (Pour en savoir plus, lire son témoignage)

Que font les partenaires ?

Françoise Simpère : Mon mari fut davantage polygame que polyamoureux, et l'âge venant, il est beaucoup plus proche de moi qu'à certaines périodes de notre vie. Comme disent les Chinois : « Si tu veux que l'amour dure, épouse une femme avec qui tu aimes parler. » Les autres voulaient surtout le séduire, ou être séduites par lui.

Anne : Thomas a également une amie, Ninon, avec qui il est depuis un an. Et il se considère également comme polyamoureux. Pas Ninon, qui y réfléchit cependant, et qui aime avoir la liberté de séduire ou de tenter des aventures sans s'en cacher, sans pour autant penser pouvoir être amoureuse de quelqu'un d'autre que Thomas.

Quant à Alban, il a eu quelques aventures qui n'ont duré que quelques semaines, car ses amies n'ont pas supporté mon existence.

Il en est de même pour Louis, que j'ai rencontré il y a un an, mais lui serait plutôt libertin.

C'est acceptable socialement ?

Françoise Simpère : Socialement, c'est difficile car les gens ont tellement envie que cela ne marche pas, qu'ils vous titillent sans cesse pour voir si vous ne bluffez pas, et cherchent le moindre signe de défaillance. Si je divorçais aujourd'hui, après trente-cinq ans de mariage, je suis sûre que certains triompheraient : on savait bien que ça ne pouvait pas durer !

Anne : L'amie de Thomas, Ninon, fut régulièrement mise en garde, on lui disait qu'elle se faisait avoir, que Thomas agissait comme un « connard » envers elle et moi, ou encore que Thomas et moi étions un couple de pervers assouvissant ses fantasmes à travers elle.

Quant à moi je m'en vais essayer de comprendre un peu mieux les monogames en lisant « Le Diable au corps ».

A lire aussi :
Anne (trois amoureux) : « Le polyamour bouscule les conventions établies »
Modèles de couple : gros plan sur le couple modèle

► Le blog de Françoise Simpère
Aimer plusieurs hommes de Françoise Simpère - éd. Pocket - 175p. (épuisé, un autre livre doit paraître en avril 2009 sur le sujet).

Polyamour.info

Photo : David Cook et David Archuleta, finalistes d'American Idol 2008, embrassent Paula Abdul, jurée (Fred Prouser/Reuters)

14 commentaires sélectionnés

Portrait de deecurl

De deecurl

| 13H27 | 18/11/2008 | Permalien

pourquoi vouloir à tout prix imposer des « normes » ? faire du polyamour une norme générera autant de frustrations et de malheureux que de s'en tenir à la notion de couple classique.

le polyamour peut aussi être une forme d'égoïsme, on peut parfaitement imaginer que l'un des partenaires laisse faire pour ne pas perdre l'autre mais souffre en silence car ce mode de vie ne lui convient pas à lui…
ça fonctionne aussi inversement, quand un partenaire d'un couple classique se bride pour préserver sa relation…
alors quoi privilégier ?

faire des normes amoureuses est donc ridicule, c'est djéà bien assez compliqué comme ça.

Portrait de Sir_galaad

De Sir_galaad

Un clavier AZERTY en vaut deux ... | 13H52 | 18/11/2008 | Permalien

Moi aussi je suis polyamoureux, ma droite, et ma main gauche …

Portrait de Belga

De Belga

en veut | 14H37 | 18/11/2008 | Permalien

Merci, Camille, pour cet article (et l'autre sur les trois amoureux)…
Ne trouvant pas de satisfaction à une relation de couple monogame/fidèle etc (ou très déçue, tout simplement, et ne plus envie de vivre cela), je me sens du coup bien moins seule. Vive rue89 !

Je ressens beaucoup de pression, en tant que maman célibataire, « on » veut que je forme à nouveau et vite ( ! ) un couple traditionnel avec quelqu'un, que je trouve une présence masculine quotidienne pour mes enfants, que je me conforme au modèle « courant'.
Ce n'est pas évident de sortir du moule et ensuite il faut improviser… Et c'est un peu déstabilisant. Je m'imagine bien tous les commentaires que subissent ces couples polyamoureux…

Portrait de arcalion

De arcalion

tatoueur de reines en exil | 14H37 | 18/11/2008 | Permalien

Que de mots bien compliqués pour exprimer la simple idée de liberté…Preuve que la plupart des limites que nous nous imposons ne sont que dans nos esprits.
Au passage, pour une fois la femme est vraiment à égalité dans cette histoire, et c est assez rare pour être signalé : au fond je crois que tous ceux qui sont choqués par cette attitude n'acceptent toujours pas le fait fait qu'une femme n'est pas la « propriété » d'un ou d'une seule et que ses désirs peuvent être multiples.
Quoi de plus immature que de refuser à l'autre ce qu'on fait en cachette, ou ce qu'on désire en secret sans l » assumer…Au moins tout ça est adulte, réfléchi, clair, bien plus que pour pleins de gens qui vivent moins mais qui sont pleins de problèmes et de complexes.

Portrait de le-grain-de-cafe

De le-grain-de-cafe

Buveuse de vodka frelâtée en Sibéri... | 14H43 | 18/11/2008 | Permalien

L'amour est un besoin vital.
Mais les gens sont vite catégorisés comme frustrés à partir du moment où ils ont plusieurs relations. La cause : ils ne sont pas satisfaits dans leur relation initiale.
Ce qui pour certains est vrai. Mais dans ce cas, ils batifoles et se raccrochent aux autres pour les mauvaises raisons. Combler un manque.
A partir du moment où l'on se laisse aller aux sentiments quand ils viennent, sans scruter frénétiquement l'horizon parce qu'on a un vide à combler, ces nouvelles relations enrichissent. Quand elles risquent, autrement, de décevoir trop d'attentes mises en jeu.

Deuxième remarque : Juger faussement les gens sur quelques mots n'est-il pas justement l'apanages des frustrés qui voudraient bien ne pas se mettre des œillères parce qu'ils sont engoncés dans une relations avec leur première moitié ?

Portrait de jissé

De jissé

Ingé retraité | 14H53 | 18/11/2008 | Permalien

Polyamour ?
Certaines repasseront ..

Jc

Image hébergée par servimg.com
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Image hébergée par servimg.com

Portrait de Guy 21

De Guy 21

retraité | 15H10 | 18/11/2008 | Permalien

En quoi la loi devrait-elle se mêler des relations privées entre adultes consentants ?

Par contre, elle concerne bien évidemment la famille dans laquelle la protection des enfants est nécessaire, me semble-t-il.

Peut-être un jour en viendra-t-on à une notion de famille dispersée, mais cela réclamerait un sens de la responsabilité tel, pour éviter la violence de conflits, que ce « futur » parait bien lointain !

D'ici là, n'oublions pas que nous ne sommes que des primates un peu évolués chez lesquels la réflexion ne progresse que très lentement et où des comportements atypiques sont vécus au mieux (ou au moins mal)sans que la loi ne soit appelée à la rescousse pour tout « normaliser ».

Non au « meilleur des mondes » ! ! !

Portrait de Tita

De Tita

oiseau | 15H33 | 18/11/2008 | Permalien

J'ai du mal à concevoir le polyamour, simplement parce que lorsque j'aime, c'est si fort que c'est exclusif de toute autre passion. C'est un feu foudroyant qui exige que chaque pensée et chaque seconde soit dédiée à l'autre. Et l'autre, je ne l'aime pas seulement pour ceci ou pour cela, je l'aime pour tout ce qui fait sa personne, sa personnalité et son comportement. Je l'aime donc parce que c'est lui. De fait, tout mon coeur est rempli d'amour pour cet autre au point même que mon coeur a du mal à tout le contenir. Aussi, j'ai du mal à imaginer en rajouter un deuxième ou même un troisième. Mon coeur ne saurait où le(s) mettre.

Ceci étant, ce n'est pas parce que, en tant qu'individu, je ne parviens pas à comprendre ou faire une chose, que je peux me permettre d'en interdire les autres. Chacun trouve le bonheur comme il peut. Le reste n'est que littérature. Tant que cette quête du bonheur ne menace personne, nous aurions tort de nous en offusquer. Il faut au contraire l'accepter par la simple vertu de la tolérance.

Portrait de Yannick-007

De Yannick-007

Tecky d'ordi a A'Dam ! | 15H42 | 18/11/2008 | Permalien

Non. Je suis desole que vous ayez lu dans mes propos que je meprise l'amour « traditionel ». Ce n'etait pas mon intention.
Personnellement, je ne suis pas favorable a l'amour traditionel ; cela ne me correspond pas.
Cependant, je respecte ceux qui le vivent et l'ont choisi. J'ai un collegue, a cote de moi, a qui cela va tres bien et qui s'epanoui pleinnement dans son couple. Ca se voit ; ca le rend heureux.
Par contre, certain couples traditionels sont parfaitement frustres car ils font ce que la morale leur dit de faire. Ils n'ont pas choisi ce mode de fonctionnement et n'ont aucune imagination pour creer autre chose. Ils finiront frustres et haineux… C'est de la pitie que j'ai pour eux… pas du mepris.

Portrait de Audrey64

De Audrey64

Attaché territorial | 18H46 | 18/11/2008 | Permalien

Enfin un article qui pose des mots sur ce que je vis depuis toujours !
Je suis ravie et je revendique mon statut de polyamoureuse, même si socialement je ne suis évidemment pas très populaire : -)
J'ai commencé assez jeune à compendre que j'étais facilement amoureuse de plusieurs hommes à la fois.
C'est un mode de vie qui n'exclut pas les souffrances ou les déceptions, pas plus qu'un autre, mais c'est le seul qui me convient ; ma plus grande satisfaction c'est d'avoir depuis des années deux relations avec des hommes (mariés) à qui je peux parler de tout, sans tabous ni complexes, ce que je ne pourrais pas faire avec quelqu'un qui me collerait aux basques, et ce que eux ne peuvent pas faire non plus avec leurs épouses.
C'est une forme de « sexfriendship », certes, mais je pense qu'il y a aussi beaucoup de sentiment à travers la séduction, sinon la relation ne durerait pas avec cette complicité et ce plaisir inchangé qu'on a à se revoir.

Portrait de Guilain

De Guilain

salope éthique | 23H08 | 18/11/2008 | Permalien

De mon côté, je parle librement de mon polyamour au travail et en famille, mais je crois que c'est beaucoup plus facile pour un mec que pour une nana…

Portrait de egide

De egide

Littéral | 23H10 | 18/11/2008 | Permalien

En fait, il y plus de témoignages sur le poly-amour qu'on ne le croit habituellement. Car le phénomène n'est pas nouveau. Il s'est amorcé à la charnière du XIXème et du XX ème siècle.
Je ne peux pas en faire une présentation même brève. C'est une étude qu'il faudrait mener sur les nouvelles socialités de la modernité et de la post-modernité.

Mais, je citerais quelques noms de femmes qui ont bouleversé les modes de relations entre elles et les hommes, la nature de la conjugalité, élargi l'amitié même, dé-romantisé la passion amoureuse. Car c'est un fait, on doit cela aux femmes qui n'ont pas accepté les rapports de dominance.

Isabelle Eberhard, Virginia Woolf, Marina Tsvetaeva, Mireille Havet qui ont organisé leur vie amoureuses en réseau.

Même Simone Weil qui, bien que n'ayant jamais eu de relations sexuelles avaient de nombreuses amitiés intimes et dormait quelquefois dans la même chambre avec des hommes au risque de ternir sa réputation.

Elle étaient extrêmement discrètes pour sauvegarder leur liberté et leur indépendance. On leur doit d'avoir lancé la véritable émancipation féminine car elles ne se cantonnaient pas à la seule dimension de leur indépendance relationnelle mais investissaient tous les domaines de la pensée des arts de la culture et étudiaient pour exercer une carrière qui les rendaient financièrement autonome.

Probablement, elles étaient des milliers d'un peu tous les milieux sociaux à se débarrasser de toute tutelle et d'élargir leurs relations sur un mode d'égal à égal.

Si la parole se doit être plus libre pour questionner l'infidélité, l'amour, la passion l'amitié inter-genre ou inter préférences sexuelles, problématiser le genre lui-même.

Faut-il exposer ces modes du vivre ensemble, le soumettre à la transparence médiatique et à la communication, en faire des réseaux sociaux élargis sur cette thématique ?

N'est-ce pas prendre le risque d'une normalisation assez sévère, n'est-ce-pas faire prendre des risques à nos compagnes, à nos amies, aux femmes en général en les surexposant aux désirs de masse ?

Portrait de Xiaochob

De Xiaochob

J'ai trouvé un boulot ! | 23H45 | 18/11/2008 | Permalien

Ce soir, pour une fois, je n'ai pas lu les autres commentaires avant de poster. Peut-être que je vais le regretter, tant pis.

J'ai toujours été une polyamoureuse, sans savoir que le vocable existait. Je savais, j'ai toujours su, que je pouvais aimer deux ou trois personnes à la fois, aussi inténsement et différemment sans me sentir coupable ni traître, juste les aimer toutes les deux ou trois personnes parfaitement, totalement et jouissivement. Parfois toutes ces personnes l'ont compris, et celles qui n'ont pas compris se sont ecartées, mais ce ne sont pas les plus nombreuses.

Ma vie sentimentale est une énorme enveloppe avec tous ces gens-là, et souvent dans la simultanéité. Ma dernière histoire polyamoureuse vient de se finir parce que la deuxième partie n'a pas tout pigé et ça m'a lassée (ma patience a des limites tout de même). Je regrette encore que cette « dernière histoire » ne ressente comme moi dans le sens du partage.

Mais PUTAIN QUE ÇA FAIT DU BIEN de trouver ce sujet sur LA RUE, que l'on en parle, que je suis pas alone, bordel, que c'est bien ! ! !

Portrait de EmmanuelleC

De EmmanuelleC

- | 21H27 | 19/11/2008 | Permalien

(Questions de Belga) : »est-ce que ces femmes s'affichent librement avec leurs amours/amants, ou s'en cachent-elles un peu ? En parlent-elles avec leurs collègues de bureau ? Leur famille sait-elle ? »

Je ne m'en cache pas, mais j'essaye d'éviter de le porter comme un étendard.

Au début, j'essayais d'en parler avant de me rendre compte que je rendais tout le monde mal a l'aise
Il y a pas mal de gens pour qui le simple fait de savoir que ça existe et que ça marche est extrêmement inquiétant et perturbateur. Et je me dis que ça n'est pas parce qu'ils ont un drôle d'avis sur la question que j'ai le droit de les embeter pour le plaisir

Depuis, j'ai essayé de trouvé un équilibre entre ne pas me cacher (je fais quelque chose de très sympa avec des adultes consentants, qu'aurais-je donc a cacher ? ) et ne pas envahir pour autant les gens de mon entourage qui préfèrent pas le savoir.

En général, la limite est fixée sur les questions que me posent les gens. S'ils demandent, ils ont une réponses, s'ils abandonnent la discussion, je ne les force pas a entendre la réponse quand même.

Du coup, une partie de ma famille sait (et ça se passe très bien)mais par contre mes collegues de bureaux qui ont déjà fuit quand on s'est mises a parler sextoys ne savent pas.

J'évite d'aller a l'anniversaire de mes grands parents avec un amant sous le bras, mais pas de me balader en rue en embrassant l'un et l'autre.

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