
Pourquoi les « sexe-blogueurs » s'exposent-ils sur le Net ?
En texte, photo ou vidéo, ils racontent fantasmes et aventures. Pour le plaisir de l'exhibition, de la création et des rencontres
Qui sont ces gens, a priori comme vous et moi, qui un jour décident d'exposer tout ou partie de leur vie sexuelle sur Internet ? Pourquoi mettre des photos de soi dans le plus simple appareil à la vue de tous ? Pourquoi raconter ses fantasmes à des inconnus ?
Rue69, avec l'aide précieuse d'une riveraine, Nébuleuse, a enquêté sur ces hommes et femmes anonymes et discrets, loin des stars du web, qui tiennent un blog sexe sans intérêt financier. Leurs motivations, ce qu'ils y font, ce qu'ils y trouvent.
Photos, textes, vidéos : les blogs sont aussi variés que leurs propriétaires
Des blogs sexes, il y en a pour tous les goûts, toutes les sexualités et toutes les classes sociales. Armandie, hétérosexuelle, est dirigeante d'entreprise, et « Armandie papillonne » est un blog sensuel et érotique qui associe des photos et des textes poétiques qu'elle rédige généralement seule. Elle reçoit entre 300 et 500 visites par jour. Même nombre de visites pour Béa, opératrice de saisie bisexuelle, qui mélange textes, images et vidéos sur sa vie, la cuisine, la musique ou le libertinage.
Celles qui ne font qu'écrire reçoivent environ vingt fois moins de visites. Ainsi Fleur (pseudonyme modifié) et O, qui rédigent des textes érotiques, comptent une vingtaine de visites par jour.
Inversement, Rubricabrac, journaliste de 54 ans, qui publie textes et photos relatifs au sadomasochisme attire, elle, pas loin de 2 000 visiteurs par jour.
D'après notre enquête, si une partie des blogs sexes sont tenus dans le cadre de jeu de couples et dans l'objectif de pimenter une vie à deux (Les secrets de Mlle C , Couple Sex passion), ils sont plus souvent tenus par des individus sans la participation de leur partenaire, voire sans que ce dernier ne soit du tout au courant. 
Et les blogueurs sexes sont loin d'être tous célibataires. Ainsi, une mère au foyer anonyme que nous appellerons Lila utilise son blog pour épancher ses sentiments et envies inavouées, et « Comme une image », 40 ans, père de famille, a créé un espace où il peut réellement se relâcher et « être lui-même », avec ses fantasmes, en publiant des images et textes érotiques qu'il mêle à des réflexions politiques, ou des jeux pour ses lecteurs (et lectrices). Il évite juste de parler de ses enfants et de son boulot.
D'autres, hommes ou femmes, sont en recherche artistique. C'est le cas de Thomas, 52 ans, en couple depuis plus de 30 ans qui tient un blog intitulé « Lettres d'amour » de photos numériques retouchées.
Armandie évoque ainsi « un jeu érotique pour pimenter la vie quotidienne, mais dans un univers hors de cette vie quotidienne ». Ce sont les visites et commentaires qui l'encouragent à continuer à partager sur un sujet difficile à mettre en avant dans sa vie de tous les jours.
« Mon blog me permet de me stimuler, d'écrire le sexe tel que j'aimerais le lire »
Fleur en rajoute : « Mon blog me permet de me stimuler, écrire le sexe tel que j'aimerais le lire (mélange de fantasmes, de situations vécues, de suites rêvées). Il m'apporte beaucoup d'excitation et de plaisir ».
La quasi totalité des femmes interviewées expriment la libération d'une partie d'elles-mêmes, une façon de communiquer sans avoir peur d'être jugées. Thomas approuve.
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Thomas et O, par leur production artistique, expliquent aussi gagner avec leur blog une autonomie de publication et une capacité à faire connaître leurs créations sans intermédiaires et sans censure. Pour autant, sans prétentions artistiques, Béa parle aussi du « plaisir de créer, tout simplement ».
Il s'agit pour tous d'avoir un équilibre, de communiquer agréablement. Et les créations évoluent. Ainsi, O explique : « Au début, mes poésies n'étaient qu'amoureuses, elles sont devenues érotiques grâce à une rencontre virtuelle. » Thomas admet sur la pointe des pieds : « Il est en effet possible qu'au début la partie exhibition ait rajouté du piment à la publication des photos. »
Souhaitées ou non, les rencontres arrivent
Faire des rencontres est une motivation première ou secondaire. Souhaitées ou non, elles adviennent. Pour CUI (alias « Comme une image »), son blog est réellement, outre le plaisir narcissique, un moyen d'avoir plus de succès que sur un site de rencontre.
CUI est aussi ravi de l'image que ses lecteurs se font de lui :
« Je m'amuse aussi de la perception un peu biaisée que ce blog donne de moi (un libertin débridé multipliant les conquêtes) alors que la réalité n'est, certes, pas fade, mais pas si tumultueuse. Le blog est tout de même un outil pour orgueilleux (mon nombril sur le web) et narcissique (et en plus, on s'y intéresse ! ). Mais l'échange est aussi un élément fondamental. »
O et Lila ont eu des relations érotiques virtuelles mais les rencontres peuvent mener encore plus loin et Rubricabrac témoigne : « Ce qui m'en a le plus bouché un coin ou troué le cul, c'est de devenir, jeune senior que je suis, un fetish model et poser pour des photos érotiques. »
Même lorsque ce n'est pas l'objectif, les rencontres sont nombreuses et variées. Pour Armandie, son blog est à l'origine d'une rencontre « pleine de tendresse, alors que ce n'était pas le but. Une rencontre pas du tout pour le sexe, par le biais d'un blog dit “de charme”, je trouve que cela a son charme », dit-elle rêveuse.
Béa confirme que les hasards sont étonnants :
« Sur les milliers de gens sur Internet, il a fallu que mon blog soit lu par un homme… devant chez qui je passe tous les jours pour aller au travail ! Mais je suis étonnée de la gentillesse de tous les gens qui passent sur mes blogs. »
Thomas explique que son blog permet d'entretenir des contacts et de nouer des relations amicales, d'échanger sur la sexualité et l'érotisme « sans risque de choquer ». Finalement, une façon de créer un entre-soi.
Mais on n'est pas toujours anonyme sur le web, même un « sexe-blogueur »… et Fleur raconte sans amertume que « C'est plutôt drôle, quelqu'un m'a reconnue en me lisant. »
Ce qui ne l'a pas empêchée de continuer à se délivrer de ses fantasmes dans la Toile pour le plaisir de ces anonymes intimes que sont les lecteurs-voyeurs, sans qui ces journaux « extimes » n'auraient pas de sens.
Armandie et Comme une image n'ont pas souhaité laisser un lien actif vers leurs sites, mais leurs pseudonymes ne sont pas modifiés (à leur demande).
Photo : Nu (Meyer/Tendance floue).
A lire aussi : « Comme une image » et Thomas, hommes et sexe-blogueurs
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De Susanna
15H01 | 12/11/2008 |
Je suis allée faire un tour sur l'un de ces blogs. Pas de chance, sur celui-là, les photos, retouchées dans des couleurs hideuses, étaient à faire peur (pour les connaisseurs : un mélange de photographie amateur des années 70 et de Jan Saudek).
Cette pauvreté formelle n'a rien de tragique, mais elle éclaire singulièrement la question de « l'intime », de l'érotisme ou de la pornographie sur de tels supports.
Il y a une semaine ou deux, Canal+ a diffusé des courts métrages prenant pour thème le porno et réalisés par des femmes venues du cinéma traditionnel (actrices, cinéastes).
Le résultat, prévisible, ne tombait jamais dans le mauvais goût ni le scabreux, et c'était sans doute le problème. Tout restait gentiment sale et ne constituait en rien un commentaire. Où était alors l'intérêt, sinon de jouer les esprits ouverts ?
La limite des blogs dont vous parlez se situe à peu près là, dans cette inaptitude à mettre en oeuvre une forme et des parti-pris forts. Après tout, peu d'entre nous sommes capables de transformer nos vies en des récits plus excitants que les soirées diapos de nos parents…
Ajoutons que, à part quelques oeuvres tranchantes et singulières, la littérature érotique traditionnelle ne propose pas grand-chose de vraiment bon. Pourquoi alors les blogs seraient-ils meilleurs ?
(Mais contrairement à d'autres, je vois parfaitement l'intérêt d'articles comme celui-ci. Le biais étant seulement, à mon sens, l'angle sociologique exclusif là où des questions sur la forme s'imposaient aussi).
à Susanna
De Bardamu
difficile | 15H42 | 12/11/2008 |
« à part quelques oeuvres tranchantes et singulières, la littérature érotique traditionnelle ne propose pas grand-chose de vraiment bon »
C'est vrai, à part Histoire d'O ou le divin marquis, pas grand chose…
Tiens, à propos, quand on clique sur « O » dans votre article, on a « Accès refusé ».
C'est fait exprès pour frustrer le lecteur ?
Que de perversité.
à Bardamu
De egide
Littéral | 15H58 | 12/11/2008 |
Vous ne lisez pas beaucoup.
Je vous conseille Thérèse d'Avila.
à egide
De Bardamu
difficile | 20H06 | 12/11/2008 |
Je vous parle de littérature érotique, pas de pornographie !
à Bardamu
De egide
Littéral | 10H40 | 13/11/2008 |
Mais vous n'avez donc même pas lu Sade et Pauline Réage !
à Susanna
De Nébuleuse
Ras les Antennes | 15H58 | 12/11/2008 |
Susanna,
Je ne suis pas d'accord, il y a de belles photos sur ces blogs… à moins que nous n'ayons pas la même vision de l'écran.
à Nébuleuse
De Susanna
11H11 | 13/11/2008 |
Je ne suis pas assez cruelle pour donner le lien, mais si Camille reconnaît, c'est que j'ai été claire.
« De belles photos », je voudrais bien savoir ce que ça signifie. Je vous parle de quelque chose que je connais et ce que j'ai vu ici et là me semble souvent maladroit. L'angle est celui de « l'émotion » assez brute, de l'expression pas vraiment spontanée mais pas vraiment articulée, là où un minimum de qualité littéraire ou plus généralement un point de vue cultivé ne ferait pas de mal.
Pour ma part, je vois rarement du cul juste. Mais effectivement, des blogs comme celui d'Agnès Giard - informé, ni graveleux ni niais - échappent à la morosité globale (ce commentaire serait valable si on parlait de blogs de foot ou même d'art contemporain).
à Susanna
De Camille
(auteur)
Mauvais genre | 16H41 | 12/11/2008 |
Je n'ai pas choisi ces blogs parce qu'ils étaient beaux ou non et je ne me permettrais pas de les juger ici. L'idée est plutôt de savoir ce qui les motive.
Très clairement, l'auteur du blog dont vous parlez (assez reconnaissable) choisit justement le blog comme moyen d'expression pour pouvoir s'exprimer anonymement, exposer sa création sans être jugé, sans intermédiaire. Il trouve son public et ça lui convient. la difficulté est plutôt pour le public de trouver le blog érotique qu'il souhaite voir…
A titre personnel, je lis, par exemple, les blogs d'Agnès Giard, ou de « Comme une image », et d'une manière générale, j'aime bien les blogs qui parlent, comme dirait Abfaboune à la fois d'actu et de cul…
En matière de littérature érotique, j'ai tendance à partager votre point de vue. Néanmoins, il y a quelques pépites (à mon goût) dont fait partie Tony Bentley avec Ma reddition par exemple.
à Camille
De egide
Littéral | 11H04 | 13/11/2008 |
Je ne connais peu de textes aussi érotiques que ces passages de Proust dans la Recherche :
Le premier décrit les violentes jouissances qu'il ressent à jouer avec une fille à la toute proximité d'une pissotière public sur les Champs Elysées. Bandant.
L'autre, le narrateur voyeur observe deux lesbiennes fairent l'amour sur un canapé où sont étalées les partitions du père musisien récemment décédé de l'une des effrénées.
Difficile de trouver plus transgressif et bel érotisme que la description de la scène surprise.
Et puis quand même, ignorez-vous ça ?
Les surréalistes furieusement impudiques !
Velours
Je vois le violon aux arêtes en-
sanglantées
Je vois la grosse caisse les dineurs
aux branchies dilatées
Les bougies les bouteilles les dé-
ments immobiles
Devant des pâtés de maisons et
des pages de rêverie
Que tournent les musiciens
Sur un air de tuyauterie
Je ne peux m'écarter de ce che-
min de ronde
Ni ouvertement respirer
Il ne faut rien risquer quand on
a peur de se réveiller
Oui le rideau bouge
Je voudrais arracher les tentures
plomber les goulues
M'étendre en phrases loufoques
d'une façon délicieuse
Joncher le sol de mes songes
embijoutés
Et jouir en plein vent de ma
liberté imaginée
Mais l'homme avance sexe haut
nu comme un magicien aux dé-
lices mandarines
Aux enchantements de brouillard
Bouillant de haine car même l'amour
va veillissant
Je voudrais fermer mes cuisses
aux sourires de porcelaine
Etouffer le fuyard qui suce mon
cœur tout en me regardant
Et je ne peux rien rien
Même le sable ne doit plus quitter
l'arène
Le reflet le lac
Moi son image
Joyce Mansour
1960
Et il a plus chatoyant encore d'elle et d'autres !
Puisse ma citation dérober votre conviction !
De supprimé à la demande du riverain 23 mars
x | 15H09 | 12/11/2008 |
Je confirme que le monde du net est petit :
abfa je te roule une pelle virtuelle ! ! !
à supprimé à la demande du riverain 23 mars
De abfaboune
19H42 | 13/11/2008 |
Coucou Tan !
Roulage de pelle aussi !
De Phil2922
Retraite invalidité | 15H34 | 12/11/2008 |
C'est ce qui l'aurait du faire DSK, s'éclater sur le net, et il n'aurait pas été pris à chanter « Tout, tout pour ma chérie » à sa Hongroise…
Le résultat, Ségolène Royal va prendre la tête du PS. Tu sais, DSK, c'est la femme dont tu disais qu'elle aurait mieux fait de réviser ses fiches cuisines… !
http://phil195829.overblog.com
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 16H32 | 12/11/2008 |
pourquoi personnes m'aime
à patrick du 14
De comptesuprimé30
hestia | 16H33 | 12/11/2008 |
JE T AIMMMMMMMMMMMMMMMMME
ça te va !
à patrick du 14
De jojo1er
16H50 | 12/11/2008 |
Vlatipa que j'ai Caliméro comme voisin…et en plus je l'ai choisi…faut dire qu'avec un suffixe pareil c'était tentant.
Jojo1er, …
De General Subverciòn
kouign aman délocalisé | 16H37 | 12/11/2008 |
N'empèche que c'est quand même toujours ceux qui en parlent le plus qui en font le moins…c'est une histoire de fantasmes…bof ! Comme je trouve modestement le plaisir physique plus sympa que le cérébral,j'y retourne de ce pas…
à General Subverciòn
De jojo1er
16H51 | 12/11/2008 |
Pourquoi opposer les deux ?
Une peu de cérébralité dans nos instincts augmente plus le plaisir qu'il ne réduit l'activité.
Jojo1er, …
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 17H33 | 12/11/2008 |
à patrick du 14
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 19H29 | 12/11/2008 |
Coucou Patrick
De le-grain-de-cafe
Buveuse de vodka frelâtée en Sibéri... | 17H40 | 12/11/2008 |
Au final, la domination masculine et les clichés sont toujours plus présents, juste déplacés.
Ces femmes au sexe glabre, n'est-ce pas un comportement moutonnier de la mode, directement issu du porno, au fantasme pédophile sous jacent ? Sans parler de la laideur et de l'aberration médicale que cela représente ?
Ces photos, n'ont-elles franchement rien d'original. Montrer un sexe, point barre. Quelle nouveauté ! Si on comprenait enfin que le sexe, pulsion de vie, est partout. Et non pas dans d'explicites images.
Les mots utilisés.. Une horreur. « Mon chéri »… Hey, oh, on a dépassé le stade « ado de 15 ans ». En cachette, dans le mensonge, en couple en contrôlant les partenaires des autres (s'il y a), en quoi est-ce la liberté ?
S'exprimer oui. Mais vivre, bordel, vivre…
Quand les gens cesseront de croire qu'il faut constamment être dans le paraître et avoir des comptes à rendre.. La morale judéochrétienne est toujours prégnante.
La question est donc : quand pourrons nous coucher avec qui on veut, quand on veut, où on veut, sans s'alourdir de cas de conscience, de mises en scène grotesques et de mots pseudos modernes tels libertinage, club échangiste, et j'en passe… ?
Je crois que je ne suis pas née à la bonne époque. Qui ne viendra sans doute jamais.
à le-grain-de-cafe
De Nébuleuse
Ras les Antennes | 18H09 | 12/11/2008 |
Grain de café, c'est la vodka frelatée qui ne vous convient pas ?
à Nébuleuse
De jexiste
si, si | 19H08 | 12/11/2008 |
Il y a des femmes qui ne savent pas du tout ce qui leur convient.
Les médecins leur expliquent, un peu, beaucoup, ou pas du tout :
http://www.ellequebec.com/ellequebec/client/fr/Societe/DetailNewsPrint.a…
à Nébuleuse
De le-grain-de-cafe
Buveuse de vodka frelâtée en Sibéri... | 19H17 | 12/11/2008 |
Non, ce combat permanent pour vivre sans être constamment traitée de tous les noms tout ceci parce que je ne rentre pas dans le moule, voilà ce qui m'épuise.
Tout comme être taxée d'une mauvaise image car être féministe doit être une tare et qu'on le veuille ou non, on subit constamment les effets nocif d'être une femme dans ce bas monde.
à le-grain-de-cafe
De Nébuleuse
Ras les Antennes | 20H52 | 12/11/2008 |
« Grain-de-café », je crois que les femmes « blogueuses sexe » ont du tempérament et ne sont en aucun cas soumises.
Il faut discerner la vie quotidienne publique et la vie intime où l'échange avec son partenaire permet de s'affirmer en tant que femme ou homme.
La démarche de faire part de cet aspect de sa vie est tout à fait personnelle, mais autant que l'est celle de blogs de travaux manuels où les créatrices exposent leurs oeuvres. Seul, le sujet change.
De jojo1er
09H42 | 13/11/2008 |
Merci Nébuleuse, je me demandais quand quelqu'un allait faire le rapprochement entre ces blogs et les autres.
Camille aborde le sujet dans un champ strictement érotique, c'est son travail ici, mais à part le sujet qu'est-ce qui distingue un blog érotique d'un blog artistique ou de loisirs créatifs ?
Certains de ces bloggers suivent sans doute des démarches originales mais combien les utilisent juste pour partager leurs créations et éventuellement rencontrer d'autres pratiquants partageant les même centres d'intérêts, comme pour les blogs sur le tricot ?
L'érotisme ne peut-il être quelque chose d'ordinaire et son exceptionnalité ne vient-elle pas de la façon dont il est traité ?
Jojo1er, …
à jojo1er
De Camille
(auteur)
Mauvais genre | 11H35 | 13/11/2008 |
Peut-être surtout que faire un blog sur la cuisine n'interroge personne sur les motivations des auteurs, parce que ce n'est pas considéré comme intime (et pourtant qui a vu Ratatouille sait à quel point un plat peut évoquer une vie ; -) )
à Camille
De jojo1er
14H46 | 13/11/2008 |
Ben si : moi.
Cuisiner, déguster, inviter, etc… je comprends les motivations…mais un blog sur la cuisine…, pas d'odeur, pas de gout, pas de calories…dans le meilleur des cas des images, des recettes rarement complètes…
Reste la poésie si évocatrice autour d'un plat, c'est bien maigre.
En fait, à part l'intimité, je ne vois pas de différence fondamentale entre les deux.
Et encore l'érotisme passe mieux par l'image que la gourmandise, reste les textes, la poésie, quand les mots prennent chair dans notre esprit, alors les plaisirs de chair sont communicatifs.
Mais au delà, le blog érotique qu'il soit réaliste ou plus encore s'il est fantasmé, n'est-il pas un moyen de sortir cette part d'intime de l'intimité à laquelle la société le restreint. L'anonymat de nombre de ces blogs permet sans doute aussi à leurs auteurs de réaliser cette émanation d'une part d'intimité que son statut emprisonne dans le non partage. Ce statut de l'intime et privé de la sexualité, avec le culte du secret qu'il engendre n'est pas forcément ce qui permet à la sexualité de chacun de s'exprimer aussi librement qu'il le souhaite. Le renoncement à l'intime sexualité ne pourrait-il être envisagé comme une forme de liberté sexuelle ?
Ce rattachement à l'intimité de l'érotisme vécu ou fantasmé n'est-il pas ce que combattent ces blogueur(se)s ?
Un(e) bloggeur(se) érotique n'est-il pas d'une certaine façon un(e) militant(e) de la publicité de l'érotisme, dont l'aboutissement serait la sortie du champ sexuel de l'intime. Une prochaine étape dans les évolutions de nos sociétés, sans jugement de valeur, ne serait-elle de revenir à un statut naturel de la sexualité, contre les tabous qui l'ont enfermé dans la sphère intime ? A ma connaissance le seul animal qui se cache, à part pour raisons de survie, pour s'accoupler est l'homme.
Jojo1er, …
à jojo1er
De Céleste
19H59 | 13/11/2008 |
« Un(e) bloggeur(se) érotique n'est-il pas d'une certaine façon un(e) militant(e) de la publicité de l'érotisme, dont l'aboutissement serait la sortie du champ sexuel de l'intime. Une prochaine étape dans les évolutions de nos sociétés, sans jugement de valeur, ne serait-elle de revenir à un statut naturel de la sexualité, contre les tabous qui l'ont enfermé dans la sphère intime ? A ma connaissance le seul animal qui se cache, à part pour raisons de survie, pour s'accoupler est l'homme »
absolument, c'est d'ailleurs ce que j'avais voulu exprimer dans un com précédent, qui fut interprété différemment car les lecteurs qui ont réagi ont focalisé sur une différence culturelle qui leur a semblé choquante.
à Camille
De Nébuleuse
Ras les Antennes | 22H53 | 14/11/2008 |
Attention, Camille nous l'avioins évoquer, cuisine et érotisme sont étroitremnt liés…
Le « coriandre » ravive l'appétit sexuel, il y aurait uassi tout une étude à faire cher Camille. Seulement, je pensais aux travaux manuels, style point de croix !
à jojo1er
De egide
Littéral | 09H51 | 17/11/2008 |
La sexualité des humains n'est pas une chose ordinaire. Et l'érotisme qui n'en que l'une des facettes est un marqueur culturel et social.
Tant il se situe non pas dans l'intime mais bien dans l'inter-personnalité de la sphère privée mais autant dans la sphère sociale et public.
Evidemment selon le niveau individuel, collectif voire massif de communication, les expressions de l'érotisme se plient à des codes, à des consensus, à des motifs culturels adaptés à chaque contexte.
La sexualité n'a rien de naturelle. Elle n'a pas d'utilité ni de nécessité.
L'accouplement chez les primates n'est qu'une proto-sexualité, évènement bref qui confirme et conclue les luttes pour constituer les rapports de hiérarchie et de domination d'un groupe de primates donné.
Les sociétés premières néolithiques, des cultivateurs, ont organisé des systèmes familiaux et des schémas d'alliances matrimoniales complexes qui correspondent à une organisation sociale où le pouvoir principal consiste à posséder des territoires et nouer des liens claniques ou tribaux entre familles engagées par des mariages croisés.
la sexualité prend alors la forme d'un corpus de rituels où la sacralisation des liens et des personnes qui servent d'échanges, les femmes en l'occurrence qui sont astreintes à des obligations et des comportements règlementés sous tutelle.
Pour ces raisons, la sexualité ou sa variante érotique n'auront jamais rien d'ordinaire dans la mesure où cela touche à des comportements, à des convictions à des croyances aussi diverses que contradictoires.
A aucun moment les personnes qui s'engagent dans des rapports à caractères sexuels ne le font dans un cadre qui assure des relations d'égal a égal. Ils fonctionnent souvent sans règles du moins, s'il y a un code, ils ont rarement la même interprétation des règles et des comportement acceptables.
D'où la nécessité, sans cesse recomposée de créer des lieux de rencontres institutionnelles avec une charte de comportements claire afin que chacun se conforme à l'étiquette de l'hédonisme approuvée et s'efforce de de la respecter.