
Chéri(e), ce soir, je t'emmène à une soirée érotique…

A quoi peut ressembler une soirée érotique ? Bonne question, alors que je m'apprête à vous en présenter toute une série, notamment parce qu'un vent de « soirées érotiques japonaises » souffle sur la capitale (j'y reviendrais dans Rue69). Ces fêtes sont en effet l'occasion d'explorer des contrées lointaines, avec des pratiques pas si universelles. Les soirées « L'œil d'Eros », parrainées par Emmanuel Pierrat, proposent donc, environ une fois par mois, un voyage pour découvrir l'érotisme d'un pays. La première a eu lieu le 29 septembre, et s'intulait « L'œil d'Eros au pays du Soleil-Levant ». Il y avait au programme une première partie littérature, suivi de « cabarets erothématiques » et enfin un « dancing Japan DJ ». A la rédaction de Rue89, les avis étaient partagés : ça a l'air « très intellectuel », jugeait un journaliste, tandis qu'un autre acceptait de dépasser ses a priori pour aller explorer avec moi le Japon fripon au Balajo, vieille discothèque parisienne.
Nous sommes arrivés trop tard pour goûter les sushis qui étaient paraît-il servis, mais assez tôt pour voir la « chatouillette », ainsi qu'ils appellent un des recoins de la salle, encore transformée en librairie. Nous avons ainsi raté les présentations des nombreux écrivains de la soirée, dont Antoine Misseau qui a écrit « Tokyo Rhapsodie », ou Agnès Giard, auteur de « L'Imaginaire érotique au Japon ». Cette dernière a gentiment répondu à une interview spéciale parce qu'elle est très férue d'érotisme japonais, mais toute sa science ne pourra être contée dans cet article - en plus, j'ai raté son intervention (je me rattraperai en publiant cet entretien bientôt sur Rue69… ceci est une subtile invitation à revenir). Un énigmatique joueur de yoyo, habile mais pas très érotique Le cabaret a démarré par un énigmatique joueur de yoyo androgyne, suivi de danseuses geishas très contemplatives, puis de lecture de haïkus. A ce stade, les gens ont commencé à quitter la salle, sans avoir compris où était l'érotisme (et je les comprenais). Un point pour les sceptiques de la rédaction. Ensuite, sont arrivés un couple de chanteurs japonais surréalistes (Les Romanesques) avec des perruques années 70 et, au moins, on a trouvé ça drôle. L'ambiance s'améliorait doucement, les sourires naissants sur les visages.
Puis de jeunes femmes ont défilé en tenue de « fantasme japonais » avec jupes plissées et chaussettes sur le corps et sucettes à la bouche. Il s'agissait de la collection érotique de la styliste Barbara Viktor et de ses modèles « gothique, lolita japonaise » ; c'était charmant. La moitié de la salle, qui était composée de journalistes, a commencé à sortir ses appareils à mitrailler. Une impressionnante démonstration de bondage japonais Tout a donc commencé tardivement. La partie à proprement parler érotique surtout. Et l'érotisme japonais qui nous fascine et qui rendu la salle silencieuse, comme le disait Axterdam dans « Osez le bondage » (éd. de la Musadine), c'est le shibari (le bondage japonais). Ainsi qu'il l'explique « le rituel du Shibari tient beaucoup plus du domaine de la simulation et de la mise en scène que d'une véritable mise en danger d'autrui ». Et effectivement, à voir le sourire de Mélanie Derouetteau embrassant Shadow, impossible de ne pas imaginer le plaisir qu'elles sont pris à cette exhibition (voir la photo au début de cet article, et d'autres sur le site de Shadow). Quand on l'écoute, c'est même une drogue :
« Je me sens bien pendant et apres une suspension avec Shadow, après je suis dans un etat de douce descente. Je me sens bien nue, c'est un endroit d'une grande justesse pour moi. J'ai conscience du public, l'impact émotionnel de ce type de performance sur le public est très fort et je le recois directement, ça me donne de la force. C'est une sensation tres puissante physiquement. »
Pas d'humiliation, mais deux artistes en osmose : un moment de rêve Mélanie est une circassienne, artiste, danseuse qui jouait de ses appuis et de ses positions avec toute la souplesse de son corps au fur et à mesure que les liens se créaient et se défaisaient. Comme expliqué sur son site « attachée, suspendue, elle trouve un espace d'expression ». C'était troublant, c'était beau. Le public fut suspendu à leur bulle. Si c'était censé être érotique et esthétique, c'était très réussi, mais si c'était censé être humiliant, nous n'avons rien vu d'autre qu'un duo complice avec deux intervenantes en osmose. Un moment de rêve, sensuel, et de magie pour adultes. La prochaine soirée de l'œil d'Eros aura lieu ce lundi soir au Balajo, elle aura pour thème « Erotisme argentin et surréalisme » avec des démonstrations de tango et Nelly Kaplan en fil rouge. Le tarif d'entrée est de 20 euros, incluant une consommation. Peut-être l'occasion de découvrir un autre érotisme ? ► Eros franco-argentin et surréalisme soirée au Balajo, 9, rue de Lappe, Paris XIe - lundi 27 à partir de 19h30 - Rens. : 06-99-17-63-59 - 20€ - plan Photos : Performance de bondage (Karine Lhémon) - Dans la « chatouillette », le coin librairie - Les Romanesques (Camille/Rue69).
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à Charles Mouloud
De comptesuprimé30
hestia | 12H53 | 29/10/2008 |
& charles
prouve le ma biche !
à comptesuprimé30
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 18H01 | 29/10/2008 |
Voili,voilà Miss !
à Charles Mouloud
De comptesuprimé30
hestia | 18H45 | 29/10/2008 |
Charrrrrles fait gaffe à la cendre en jouant au two bib !
à MAGENTA
De jojo1er
11H05 | 29/10/2008 |
Mouarf…des gentils tout ça.
Et pour être tout à fait pouétique c'est des « moules à la crème »
Jojo1er, …non mais !
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 14H13 | 29/10/2008 |
C'est juste une fille un peu rocky
Qui grimpe à moto sur mon lit
Et qui sort sa chaîne de vélo
En me disant je t'aime saignant salaud
C'est juste une fille un peu brutale
Qui déchire mes chemises, mes futals
En me disant fais gaffe baba cool
Je mets mes crampons gare tes bidoules
Oh ! Tu n'es pas la première fille qui me tape
Tape-moi encore
Oh ! Tu n'es pas la première fille qui me tape
Tape-moi encore plus fort, ah !
© H.F Thiéfaine, Groupie 89 Turbo 6
De supprimé à la demande du riverain 23 mars
x | 17H09 | 29/10/2008 |
Il y a aussi :
» fait moi mal Johnny Johnny
envoie moi au ciel «
je sais ça date
à supprimé à la demande du riverain 23 mars
De Mon-Al
roturière :-) | 17H56 | 29/10/2008 |
Oserais-je vous l'offrir ? ? ?
J'espère échapper à la censure cette fois ….
à Mon-Al
De Camille
(auteur)
Mauvais genre | 09H28 | 30/10/2008 |
Je ne connaissais pas ce clip, merci Mon Al (j'espère que c'est pas copyrighté, faudrait pas que la rue ait des problèmes avec nous)
à Camille
De Mon-Al
roturière :-) | 18H00 | 30/10/2008 |
Comme je ne sais même pas ce que veut dire « copyrighté », j'ai au moins l'alibi de la nullité informatique …. J'ai eu çà sur Youtube ! ! !
De MoonlightShadow
Rope artist | 22H20 | 01/11/2008 |
Bonsoir Camille,
Je me permet de faire une remarque concernant les propos d'Axterdam que vous citez : « le rituel du Shibari tient beaucoup plus du domaine de la simulation et de la mise en scène que d'une véritable mise en danger d'autrui ».
Je ne vois pas bien ce à quoi Axterdam fait allusion quand il parle de simulation. Est-ce sa façon de décrire l'aspect consensuel de l'interaction (ce qui n'est pourtant pas la même chose) ?
En ce qui me concerne, toute possibilité de mise en danger (que ce soit physiquement ou psychologiquement) est absolument inacceptable.
Ce n'est pas la notion de danger possible qui rend l'expérience forte, mais au contraire son absence, qui permet de lâcher prise, de s'abandonner, en toute confiance.
La moindre appréhension de la part de la personne que j'attache doit être résolue et neutralisée, et cela s'effectue normalement grâce à la confiance mutuelle qui s'établit au préalable. Concrètement, cela peut signifier de modifier l'intention initiale, les positions envisagées ou la durée de la suspension. C'est surtout l'assurance totale pour la personne attachée qu'au moindre problème ou à la moindre inquiétude, la situation est immédiatement évaluée, et s'il le faut, je délie les cordes, et ce, que ce soit en privé ou lors d'une « performance » publique.
Comme Mélanie vous l'a dit, elle a conscience de la présence et de l'attention du public, qui ont sur elle un impact fort. Paradoxalement, cette présence, pour moi, s'efface très rapidement et cesse d'exister ; mon champ d'action et de perception se concentrent sur Mélanie et ma connexion avec elle, pour les raisons que je viens de décrire.
Cordialement,
Shadow
à MoonlightShadow
De Camille
(auteur)
Mauvais genre | 17H09 | 02/11/2008 |
Merci de votre témoignage, je tâcherai d'interviewer Axterdam pour savoir précisemment quel était son propos.
A la lecture de son livre, je pense qu'il associe le shibari avec une forme d'humiliation et de mise en scène (d'où probablement le terme de simulation) qu'il différencie d'une réelle mise en danger (il y a, vu de l'extérieur, un semblant de mise en danger puisque l'autre parait entravé). Il me semble que vous êtes d'accord là dessus.
Par ailleurs, ce que vous expliquez là sur l'écoute et la complicité que vous aviez se ressentait totalement en vous voyant. C'était très beau. Merci encore à toutes les deux.
à Camille
De MoonlightShadow
Rope artist | 04H30 | 03/11/2008 |
L'association liens/humiliation est effectivement une des possibilités de l'éventail disponible, et je n'y suis du reste pas allergique , comme l'atteste la 25ème photo de la page http://schwelle7.free.fr/UK08-1-galerie/ …
(il s'agissait alors de punir un « sujet » ayant désobéi au roi, lors d'une performance de « United Kingdom » projet du choréographe berlinois Felix Ruckert).
Pourtant, l'exploration de la liberté générée par la contrainte me paraît plus intéressante et plus enrichissante.
En effet créer une limite définit un espace, si restreint qu'il soit ou paraisse, au sein duquel peut s'effectuer une expansion physique, aussi bien que mentale, auxquelles on ne s'attend guère a priori, et cela vient bousculer l'idée que l'on peut se faire avant d'être attaché(e) - et je ne dis pas cela dans le but inavoué de vous tendre un piège pour vous saucissonner, je vous le promets ! Si un jour l'expérience vous tente, je me ferai un plaisir de vous donner un baptême de l'air d'un nouveau genre !
; -)
Vos compliments me touchent et je vous en remercie.
Shadow