
Prolétaires de tous les pays, enfilez-vous !
Castor Junior, chroniqueur à Sensuelle Magazine, m'a proposé un de ses éditos non-édités, juste pour les riverains de Rue69 (dont il fait partie) sur le culte de la performance du cul… Camille.
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A l'époque du CAC 40, de l'escalade de L'Alpe d'Huez à 40 km/h et autres érections socialement triomphantes, malheur à celui qui ne procure pas assez d'orgasmes.
Et ceci flanque une trouille carabinée à ces messieurs, qu'ils transmettent instamment à leurs partenaires. Au lit aussi, l'idéologie fait des ravages. Mais au fait, comment ça se passe, une nuit social-démocrate ?
Ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers. Immortel apophtegme qui fait rire jaune les licenciés économiques, ceux qui restent mais observent, incrédules, leurs patrons voyous se faire la malle avec un parachute doré et bien sûr, les éjaculateurs précoces.
Quel rapport, me direz vous ? Et bien, aussi curieux que cela puisse paraître, ce n'est pas un rapport sexuel, mais plutôt un rapport Camdessus, ancien président du FMI qui ringardisait Robin des bois dans ses thèses en expliquant qu'il faut que les riches se servent chez les pauvres.
Or, dans ce monde, Camdessus a pris l'ascendant. Plutôt que d'emprunter les chemins du plaisir avec Salma Hayek, on préfère relire les « chemins de la liberté » de Friedrich Von Hayek, l'apologue du marché triomphant.
Rapidement, leurs thèses gagnent toute la société : honte à qui n'a pas 100 « friends » sur Facebook, à qui n'est pas cadre, qui ne sait pas s'amuser avec éclats, ne sait pas recevoir… Haro sur les inutiles.
La donne a changé, car à une époque cette exclusion valait aussi pour les homos. Aujourd'hui on adoube les invertis pour une raison : ils performent. A la salle de muscu », à l'avant-garde du design et bien sûr dans la luxure. Ce n'est pas un hétéro qui aurait inventé le barebacking. C'est une tyrannie : avant on se contentait de siffler en travaillant, aujourd'hui il faut performer à l'heure de perforer.
On connaît les déviances générées par cette névrose performative : le dopage. Papa ne travaille plus sans ses excitants, aujourd'hui il ne coure plus sans anabolisants et ne baise plus sans stimulants.
Si Eddy Mitchell avait 20 ans aujourd'hui, au lieu de raconter « il ne rentre pas ce soir » (l'histoire d'un cadre sup » viré lors d'une fusion), il chanterait les déboires d'un Apollon qui n'a pas fait assez jouir sa partenaire.
Imaginez le fléau que cela peut engendrer : au travail les cadres implosent au bureau, c'est un burn out et ils sont irrécupérables pour un travail autonome. Alors, une armée de mauvais coucheurs pleureront au lit sur l'épaule désolée de leurs douces et, comme Flaubert, on ne parlera plus d'érections avec eux que pour les bâtiments.
Comme à la guerre, les hommes partent au front et les femmes trinquent. Ça c'est pour la version officielle. En réalité, elles se consolaient dans les bras d'hardis pacifistes. Demain, ceux qui ont des actions en bourses ne parviendront plus à mettre leurs bourses en actions, tétanisés par la peur d'un krach orgasmique.
Alors, il sera temps d'aller voir ceux qui pensent que la pression n'est faite que pour les pneus et leurs chambres à air et n'attendent que de s'envoyer en l'air, en chambre, ou pas, laissant l'imagination au pouvoir.
Notre époque a tant besoin d'un Karl Marx nouveau qui dirait « prolétaires de tous les pays, enfilez-vous » et qui rappellerait qu'il ne faut pas forcément se focaliser sur les construction d'un capital plaisir mais surtout veiller à ce que celui-ci soit équitablement partagé.
A l'évidence, on ne saurait compter sur Marie-Georges Buffet ou Robert Hue pour empoigner ces questions. Il faudra comme Spartacus, nous libérer nous mêmes en espérant ne pas finir ligoté sur une croix. Encore que, ça pourrait être un bon début…
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De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 15H28 | 29/09/2008 |
Banissons toutes les tyrannies :
A BAS LA TYRANNIE DU PLAISIR !
De Weatherboy
Comédien dans un système oligarchiq... | 17H03 | 29/09/2008 |
Euh ben pas du tout A.V., en fait il s'agit plutôt de réhabiliter la partouze comme mode de lutte socialiste contre la culture de performance concurrentielle capitaliste (ou un truc du genre… j'avoue sans doute un peu personnel comme interprétation)
En fait j'ai l'impression en lisant les commentaires que y'a pas grand monde qui ait lu l'article, c'est pourtant ambitieux comme projet politique, j'étais déja en train de faire le rapprochement avec les 4000 personnes réunies par Royal au Zénith
De A.V.
tamagotchi89 | 17H26 | 29/09/2008 |
Après relecture, Weatherboy, il semble effectivement que je sois hors sujet. Si j'ai bien compris, Castor Junior attribue la recherche mécaniste de performance sexuelle au culte de la performance économique, d'où les vertus du prolétariat. Par contre, je crois bien que la partouze soit le fruit de ton interprétation. Ceci dit, tu vois peut-être plus loin que les autres, ce qui ferait de toi le Karl Marx nouveau.
De BrunoC
( ° ) ( ° ) | 17H41 | 29/09/2008 |
Il parle du culte de la performance qui s'inviterait désormais dans nos relations sexuelles.
On peut argumenter sur la chronologie : c'est pas plutôt le culte du cac 40 qui a été inventé par des éjaculateurs précoces et donc frustrés ?
De flixp
18H00 | 29/09/2008 |
Déjà que les prolos se font enfiler par le reste de la société, manquerait plus qu'ils se le fassent entre eux.
De Castor Junior (auteur)
Magazine Sensuelle | 20H04 | 29/09/2008 |
Je vois que weatherboy est un fidèle lecteur, c'est exactement ça… Si on voulait gloser sérieux, on dirait qu'il faut lire le bouquin d'Ehrenberg « le culte de la performance » où il montre comment le culte de la performance, lié au sportif s'est étendu au politique, au business et même désormais dans le couple…
Maintenant, on peut aussi gloser pragmatique et voir que le plan de relance est refusé, donc les bourses s'effondrent et on va devoir vivre d'amour et d'eau fraîche. Or les capotes coûtent moins cher que le valium, la méga partouze ne creusera pas le trou de la sécu, elle….
De Weatherboy
Comédien dans un système oligarchiq... | 10H35 | 30/09/2008 |
Plus glosser sérieux aussi, je ne sais pas comment trop l'exprimer mais je reste perplexe sur cette analyse. Il me semble que l'influence du capitalisme dans cette affaire n'intervient pas seulement dans le mode concurrentiel ou de performance, mais déjà dans le fait de le fait de transformer l'acte sexuel en capital, c'est à dire en valeur d'échange au mépris de sa valeur d'usage.
Je ne suis pas sûr que la question ici soit une « juste » répartition, mais déjà dans le fait de voir le sexe pour ce qu'il est, c'est à dire un plaisir, un désir et non dans un capital (donc accumulable) qui serait à répartir. C'est un peu comme dire « il faudrait une plus juste répartition du capital bonheur », mais qui a fait du bonheur un capital ou en une forme capitalisable, une marchandise ?
Il me semble donc que le problème soit même en amont. Ce que j'avais lu de plus juste sur la question du sexe a été écrit par Jiddu Krishnamurti, il disait en substance qu'a travers les relations sexuels d'un soir, ce que l'on cherchait était surtout à se perdre, s'oublier, j'ai retrouvé la même approche dans un article récent repris par Rue89 au sujet de l'argent et de la pulsion de mort « Le Krach et la pulsion de mort »
http://philosophie.blogs.liberation.fr/noudelmann/2008/09/qui-se-souvien…
« La vie de l'homme est largement ordonnée par ce désir de s'éprouver en se supprimant : dans le sport, je me surpasse ; dans la lecture, je m'oublie ; dans la musique, je me liquéfie ; dans l'amour, je meurs ; en Dieu, je me dissous. »
Dans le fond il n'y a que le néant qui est capitalisé ici (une valeur fictive d'échange), et que l'on demande à répartir, que fait-on de la véritable valeur d'usage : le plaisir et le sentiment amoureux ? De sa conjointe, de ses proches de ses amis, peut-on le commander lui ou l'ordonner à un bon vouloir ?
Aussi se rend t-on compte ici que s'arrête l'analogie avec la marchandise, qu'il y a un fond qui il me semble résisterait à la marchandisation.
Tant mieux, non ?
De cronos
hestia | 19H02 | 30/09/2008 |
vous parlez de quelles bourses ?
faites vous tatouer 1 euro sur le sexe messieurs :
1- vous verrez croitre votre investissement
2- vous prendrez plaisir à toucher votre argent
3-vous ne verrez pas d'inconvenient à ce que votre femme dévore vos économies
4 -vous serez le seul à décider où le placer
allez envoyez la performance que je touche le gros lot !