
Sur avis de Dati, le fils de deux mères françaises devient français

(De Montréal) En novembre dernier, Rue89 évoquait la situation de Lucien, le fils de deux femmes françaises vivant au Québec, à qui le consulat de Montréal refusait d'accorder la nationalité française. Six mois plus tard, Rachida Dati a tranché : l'enfant sera naturalisé.
L'acte de naissance émis par l'état civil du Québec stipule noir sur blanc que Lucien a deux mères, Mathilde et Séverine. Celui-ci est né d'une procréation « amicalement assistée », ce qui signifie que l'un des deux parents est la mère biologique. Le code civil québécois reconnaît en effet le droit à la filiation pour les couples homosexuels depuis 2002.
Bien qu'il ait la nationalité canadienne, ses parents ont déposé une demande de naturalisation en septembre dernier, au cas où il leur arriverait malheur. Comme la demande de naturalisation a été déposée plus de trente jours après la naissance de l'enfant –il avait alors 18 mois–, le consulat n'a pas pu émettre de certificat de naissance français mais aurait dû transcrire l'acte québécois.
Ce que les services consulaires ont refusé de faire, car en droit français, « est réputée mère la personne qui a accouché ». Or l'acte de naissance québécois ne fait aucune différence entre les deux mères. Et il est impossible de rayer le nom d'une des deux, vu qu'il s'agit d'un document émanant d'autorités étrangères.
Les parents s'appuyaient, de leur côté sur l'article 18 du code civil qui mentionne qu'« est français l'enfant dont l'un des parents au moins est français ». « On se trouve devant un vide juridique », déclarait Séverine lorsque Rue89 l'avait interviewée.
« L'acte portera l'unique indication, comme mère, de la femme ayant accouché. »
Comme le veut la procédure, le consulat a transmis le dossier pour instructions au procureur de la République du tribunal de Nantes, qui exerce la tutelle en matière d'état civil pour les expatriés. Le procureur a sursis à la transcription de l'acte, étant donné que « la seule lecture des actes québécois ne permet pas de déterminer qui est la mère au sens du droit français ».
Entre-temps, les deux parents ont sollicité l'aide de deux sénateurs des Français à l'étranger, Richard Yung et Monique Cerisier-ben Guiga –tous deux du Parti socialiste. Cette dernière a attiré l'attention de la garde des Sceaux, Rachida Dati, sur ce dossier.
Réponse écrite de la ministre en avril dernier :
« Si la transcription intégrale de l'acte de naissance québécois sur les registres français de l'état civil consulaire n'est pas possible, la reconnaissance du lien de filiation maternelle établie à l'égard de la femme, qui, au sein du couple, a accouché, apparaît conforme au droit français. (…) Sous réserve que la preuve de l'accouchement soit dûment rapportée, la transcription partielle de l'acte de naissance québécois sur les registres de l'état civil français peut être admise. L'acte transcrit portera alors l'unique indication, comme mère, de la femme ayant accouché. »
Cette preuve, la déclaration de naissance l'apporte, contrairement à l'acte. Les parents l'ont donc transmise au tribunal de Nantes, avec copie de la lettre de Mme Dati. La naturalisation de Lucien ne devrait alors être qu'une formalité. « Nous sommes heureuses. Tout ce qu'on voulait, c'est qu'il soit inscrit à l'état civil », se réjouit Séverine.
Elle apporte toutefois un bémol :
« L'idéal aurait été qu'on soit toutes les deux parents en France, mais la reconnaissance de nos droits homoparentaux demanderaient beaucoup d'énergie. »
« Ça montre un manque d'envie de nous faciliter la tâche »
Ces droits à part, toutes ces procédures auraient-elles pu être évitées avec le bon formulaire dès le début ? « Ni le consulat, ni le TGI ne l'ont réclamé. C'est sûr que la loi est la loi, mais on aurait pu éviter d'aller si haut. Ça montre un manque d'envie de nous faciliter la tâche », estime Séverine.
Le consulat souligne, pour sa part, que si la demande avait été déposée trente jours avant la naissance, ses services auraient alors pu dresser un acte à partir de la déclaration de naissance. Une fois ce délai expiré, la réglementation exige de se baser sur l'acte. Le passage par le TGI devenait alors impératif au regard de la loi.
Le consulat précise que la décision du tribunal s'applique uniquement au cas du jeune Lucien. L'état civil ne peut donc faire de transcriptions partielles automatiques sans l'avis du TGI de Nantes. Une dizaine de demandes de renseignements ont été déposées au consulat concernant des cas similaires.
D'autres types de demandes pourraient bientôt s'ajouter à celles-ci. Séverine et Mathilde affirment connaître un couple homosexuel -tous deux Français– qui a adopté un enfant au Canada. Les mères de Lucien envisagent, elles aussi, l'adoption. En somme, le besoin de directives claires se fait pressant, qu'elles abondent dans le sens des couples homosexuels ou qu'elles les déboutent, puisque aucune déclaration de naissance ne pourra alors dénouer la situation.
► Article suivi : Le fils de deux mères françaises est-il français ?
- 13610 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque






















74
(Pour réagir, connectez-vous)
De helios33
11H27 | 18/06/2008 |
C'est nouveau ça, deux femmes peuvent faire un enfant
à helios33
De lnremoi
hémisphère sud | 11H31 | 18/06/2008 |
et oui.
à helios33
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 15H06 | 18/06/2008 |
J'ai hésité entre absurde et ridicule pour finalement choisir cocasse. C'est ce qui se produit quand on veut adapter la réalité aux aberrations du « politiquement correct ». L'enfant à une mère : elle lui fournit la moitié de ses gènes. Pour les autres intervenantes, trouvez donc un autre mot. Un mot aussi gentil que vous voudrez, mais qui ne créera pas ce genre de confusion.
Au Québec, où le nombre des substituts paternels est en croissance rapide, on utilise souvent « papy, qui regroupe finalement pour l'enfant, avec le(s) grand-pères, tout ce qui est plus vieux et apporte des cadeaux. L'expression “oncle” (mononcle, en québécois) a été abandonnée pour désigner les amants de la mere, leur absence des réunions famliales suscitant trop de questions embarrassantes.
Pierre JC Allard
http://nouvellesociete.org/5045.html
http://nouvellesociete.org/5147.html
à pierrejcallard
De chtiquebecoise
17H08 | 18/06/2008 |
Et où voulez-vous en venir Monsieur ? Où dois-je vous appeler Papy ? Mononc » ? Matante peut-être ?
à chtiquebecoise
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 14H24 | 19/06/2008 |
@ Chtiequébécoise : je préconise ; 1) qu'on remplace le mariage qui est un vestige du passé par un « contrat d'affinité affective », entre adultes consentants qui en détermineront eux-mêmes les obligations et la durée. 2) Que les géniteurs de l'enfant soient clairement identifiés.
Pouvez m'appeler « 'stie de Québécois », si vous voulez…
PJCA
à pierrejcallard
De chtiquebecoise
16H08 | 19/06/2008 |
@PJCA
La déclaration de naissance identifie la mère biologique. Quant au donneur, si elles ont fait appel à une banque de sperme, comment savoir ?
à chtiquebecoise
De chtiquebecoise
16H14 | 19/06/2008 |
Toujours @PJCA
J'ai une autre question : qu'est-ce que vous préconisez pour les couples hétéro infertiles qui font appel à une clinique de procréation. Souhaitez-vous également qu'apparaisse sur l'acte de naissance le nom du donneur ?
Ce n'est pas une attaque, juste une question.
à helios33
De Têtuniçois
16H27 | 18/06/2008 |
Il y a bien des ânes et des chèvres qui donnent naissance à des homophobes …
De sanlucar
11H41 | 18/06/2008 |
vous confondez procréation et parentalité ; ce n'est pas la même chose…
à sanlucar
De helios33
11H48 | 18/06/2008 |
En fait il a aussi un père, qui pourrait même le reconnaitre, ce qui lui ferait 3 parents.
à helios33
De Pouffpouff
En activité | 13H12 | 18/06/2008 |
Et si chacun a deux nationalités cela fera 6 nationalités pour le pauvre petit. Attention de ne pas se retrouver avec 15 ans de services militaires.
à sanlucar
De helios33
11H57 | 18/06/2008 |
C'est d'ailleurs un peu la même chose avec les enfants adoptés, ils peuvent se retouver avec 4 parents
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 11H49 | 18/06/2008 |
un mome qui démarre bien deux mères, deux nationalités pas de père ? même un d'occas , ça fait un peu tristou net tout ça mais bon si rachida a tranchée
à patrick du 14
De Ariivaimato
... | 12H35 | 18/06/2008 |
Bah faut pas s'encombrer de l'inutile hein ?
à patrick du 14
De Ariivaimato
... | 14H18 | 18/06/2008 |
Bon d'abord Dati n'a tranché que sur la nationalité il me semble non ? pas sur la « moralité » de la chose. Donc vos propos sont hors sujet, et n'expriment que votre positionnement moral sur la chose. HS donc…
ça serait aberrant qu'ayant 2 parents français (mais qu'est-ce qu'un parent, au fait ? demandez à Sarkozy, lui il connait toutes ces questions avec le recoupement familial) le ptit n'ai pas la nationalité…
à patrick du 14
De Têtuniçois
16H26 | 18/06/2008 |
C'est beaucoup mieux avec une famille traditionnelle comme les Fourniret , les Louis ( émile ) , les Dutroux …
à Têtuniçois
De Gerry
17H49 | 18/06/2008 |
vous oubliez la récente affaire d'Amtstetten en Autriche…
De Felina Sanchez
--- | 11H57 | 18/06/2008 |
aaaaaaahh je me disais aussi… Il aurait été étonnant qu'il n'y ait pas quelques réactions couillues des virils lecteurs de Rue89 déplorant l'absence de père dans cette histoire…
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 12H00 | 18/06/2008 |
a sanchez couillues comme vous y allés
à patrick du 14
De Felina Sanchez
--- | 12H07 | 18/06/2008 |
je ne comprends pas votre orthographe. Que voulez-vous dire ?
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 12H20 | 18/06/2008 |
la questions est lucien est il français
ma réponse oui si il le veut
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 12H28 | 18/06/2008 |
a sanchez pour mon ortografe j'ais dabord apris le francois fonétikement et il n'y a que dernièrement que je me suis mi a l'écris alors je vais surement progressé graçe a votre aide
à patrick du 14
De Tophee
en haut a gauche | 12H40 | 18/06/2008 |
Le seul liberalisme pour lequel je suis est le liberalisme orthographique !
à Tophee
De XavXav
13H19 | 18/06/2008 |
« L'orthographe est de respect ; c'est une sorte de politesse. »
Alain
à XavXav
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 17H58 | 18/06/2008 |
Au départ, la netiquette (politesse du net) disait ceci :
http://www.albion.com/netiquette/rule10.html
Règle 10 : soyez indulgents pour les erreurs des autres.
Lorsqu'une personne commet une erreur comme une faute d'orthographe, soyez aimable envers elle. Il s'agit d'une faute mineure, vous n'avez pas besoin d'attirer l'attention dessus. Même si cela vous heurte, réfléchissez deux fois avant de réagir. Le fait que vous ayez vous-même une bonne orthographe ne vous donne pas autorité à corriger tout le monde. Si toutefois vous décidez d'informer quelqu'un d'une erreur, faites le poliment, de préférence dans un e-mail privé plutôt qu'en public. Et ne soyez jamais arrogants : c'est une loi de la nature que les messages soulignant des fautes linguistiques en sont rarement exempts eux-mêmes !
(il était donc considéré comme impoli de corriger les autres)
---------------
De manière plus personnelle, je dirai que depuis une quinzaine d'années, le net a réconcilié beaucoup de gens avec l'écrit, par la force des choses… mais l'orthographe française est compliquée, très peu de gens la maîtrisent à 100%, donc une personne peut mettre beaucoup de temps (quand elle n'a pas eu la chance de faire des études qui lui permettent de maîtriser cet art subtil) avant d'être à bon niveau.
C'est en lisant et en écrivant, jour après jour, qu'elle s'améliorera, pas « d'un coup de baguette magique » (sinon personne ne ferait de faute). Par contre, si elle se fait reprendre trop souvent, elle va se décourager - et cesser de s'exprimer. Ce qui stoppera sa progression en orthographe : résultat inverse donc.
En ce sens, je trouve dommage que nos pratiques initiales, qui me semblaient équilibrées, soient en passe d'êtres oubliées.
PS. Ceci ne vaut pas pour les personnes qui écrivent de manière professionnelle, qui sont eux tenus de maîtriser leur « instrument de base », la langue française.
à patrick du 14
De Felina Sanchez
--- | 12H47 | 18/06/2008 |
allons allons, ne soyez pas malhonnête vous savez très bien que la question n'est pas seulement celle de la nationalité mais aussi celle de l'homoparentalité… Quant à l'orthographe, oui tout le monde fait comme bon lui semble (il n'empêche que des fois je ne comprends vraiment pas ce qui est écrit ! )
De profgryzzli
Jeune | 12H40 | 18/06/2008 |
Ajout à la liste de commentaires : Je trouve que tous vos commentaires sont complètement sans interêt sinon celui de marquer une sorte d'homophobie traduite dans l'idée qu'un enfant ne peut grandir sans père. Or, on remarque deux choses dans les familles avec parents homosexuels :
Premièrement, bien souvent, d'après des études sur ces couples encore « spéciaux » pour grand nombre d'entre nous (n'est-ce pas chers riverains) et regardés de loin, un des deux reproduit souvent ou prend la place du sexe opposé dans les actes.
Secondement, la présence d'une personne des deux sexes au niveau des parents ne me semble pas obligatoire après tout. Une mère peut très bien parler de tout avec son fils, non ? Et au pire, il pourra en discuter avec ses amis et apprendre sur le tas.
à profgryzzli
De eelisa
Délinquante au coin de la rue | 12H59 | 18/06/2008 |
En réponse à votre post, bien que je sois un peu hors sujet :
Cet enfant avec deux parents de même sexe sera surement plus heureux, puisque désiré, qu'un autre enfant de couple dit « normal » dont le père peut être violent alcoolique et idiot !
à eelisa
De p.
13H10 | 18/06/2008 |
Et en réponse au votre, on ne pourra pas dire qu'il n'y a que « quelques réactions couillues des virils lecteurs de Rue89 »… Bien évidemment , c'est toujours le père qui est alccolique, violent et idiot.
à eelisa
De screugneugneux
râleur-NRV | 13H14 | 18/06/2008 |
eelisa,
il faut comparer des choses égales entre elles, parce que dans ce cas le fils d'un quelconque dignitaire d'un pays en voie de développement est sans doute mieux loti qu'un fils de smicarde et taulard chez nous, doit on en conclure qu'il vaut mieux être adolescent dans un pays en voie de développement ? ? ? ? ?
et si on considerai que la majorité des enfants sont désirés et que leurs parents ne sont pas alcooliques……