Quarante ans après, « Vive le Québec libre! » a pris des rides

Un 24 juillet comme les autres à Montréal, avec son lot de touristes qui déambulent sous une chaleur écrasante. Devant l’hôtel de ville, ils photographient une poignée de militants souverainistes, drapeaux fleurdelisés à la main, sans trop comprendre ce qu’ils font là. Tout un contraste avec la foule en liesse, massée sous le balcon de la mairie, 40 ans plus tôt, pour écouter le célèbre  » Vive le Québec libre  !  » du général de Gaulle.

Un anniversaire sans faste

Les militants présents font partie du mouvement pour la souveraineté du Québec, qui a voulu marquer le coup en invitant les gens à signer un livre commémoratif. Quelques personnes ont pris la plume, notamment l’ancien Premier ministre Bernard Landry, élu sous la bannière du Parti québécois, le principal parti indépendantiste du Québec.

Toutefois, les commémorations sont discrètes. L’actuel chef du Parti québécois, Pauline Marois, ne s’est pas déplacée, pas plus que d’autres politiciens. Du côté des associations souverainistes, on organise quelques évènements, comme la projection d’un documentaire relatant ce  » Vive le Québec libre  ! «  .

Des mots qui ont marqué l’histoire du Québec

Mais malgré la discrétion de cet anniversaire, la déclaration historique du général de Gaulle est ancrée dans la mémoire collective du Québec. Rue89 a rencontré, sous ce même balcon de la mairie de Montréal, un Québécois qui faisait partie des 15 à 20000 personnes réunies en 1967.


Le gouvernement fédéral fulminait, à tel point que le Premier ministre du Canada, Lester B. Pearson, annula sa rencontre avec le Président français, prévue deux jours plus tard. Il faut dire que le Rassemblement pour l’indépendance nationale (l’ancêtre du Parti québécois, à l’origine du mouvement souverainiste) avait précisément pour slogan  » Vive le Québec libre  !  » . Lester B. Pearson déclara que les Canadiens étaient libres et que les mots du général de Gaulle encourageaient une minorité voulant détruire l’unité du Canada.

Au Québec, Le mouvement indépendantiste était naissant, alors que René Lévesque militait encore au sein du Parti libéral. Quelques années plus tard, il fonda le Parti québécois et mena le pays vers le premier référendum, en 1980. Pourtant, cette déclaration venait de propulser la question québécoise sur la scène internationale tout en lui conférant sa légitimité, comme en témoigne Bernard Landry.


Quarante ans et deux référendums plus tard, le Québec fait toujours partie du Canada. Cela n’empêche pas les politiciens français de soulever la controverse sur cette question encore sensible. Dernière en date, Ségolène Royal avait déclaré en pleine campagne présidentielle que ses affinités avec la souveraineté du Québec étaient celles de la liberté et de la souveraineté (voir la vidéo réalisée par Luc Chartrand, journaliste à Radio-Canada).

Devant le tollé déclenché par ses propos auprès du gouvernement fédéral et des partis fédéralistes, la candidate socialiste est finalement revenue à la formule privilégiée par les politiciens français  :  » ni ingérence, ni indifférence » .

Rectifié le 28/7/2007 à 13h30, le premier référendum ayant eu lieu en 1980 et non en 1984. Merci au lecteur qui nous a signalé cette erreur et toutes nos excuses aux autres.


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la québécoise
14H14 26/07/2007

Cette phrase a donné l’essor à un groupe qui s’est organisé sur le nom Fonds LIbération Québec et on a vécu en 1970, la crise d’octobre pour la première fois et la seule fois les militaires et le couvre feu dans les rues.

Le samedi 10 octobre 1970 à 18h18, le ministre Pierre Laporte est enlevé devant sa résidence de Saint-Lambert par des membres de la Cellule Chenier du FLQ. Son enlèvement survient cinq jours après celui du diplomate britannique James Richard Cross. Des négociations entre un avocat mandaté par le gouvernement du Québec, Me Robert Demers et celui des felquistes, Me Robert Lemieux, ne mènent à aucun résultat concret. Le 16 octobre, le gouvernement canadien impose la Loi des mesures de guerre et envoie la troupe patrouiller les rues de Montréal.

Le 17 octobre, le FLQ émet un communiqué à la station de radio montréalaise CKAC 730 dans lequel il annonce la mort du ministre. Le journaliste Michel Saint-Louis se rend dans un terrain vague à proximité de l’aéroport de Saint-Hubert. Le corps de Pierre Laporte a été retrouvé dans le coffre d’une voiture de marque Chevrolet. Une autopsie confirmera qu’il a été victime de strangulation.

Pierre Laporte fut enterré au Cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal, le 20 octobre 1970

 
mmf
15H46 26/07/2007

Juste une petite rectification, chère québécoise… par un québécois qui vit ici maintenant : Il s’agit Front de Libération du Québec… même si par la suite nous avons un peu malheureusement touché le fond…
Cette petite phrase nous a tout de même électrisé pendant quelques années, non ?

 
Florent Daudens | Journaliste
19H10 26/07/2007

Je me permets d’apporter une rectification : le FLQ a été créé en 1962, cinq ans avant la déclaration du général de Gaulle. Vous pouvez d’ailleurs consulter un document d’archive sur le site de Radio-Canada relatant ces années mouvementées : http://archives.radio-canada.ca/IDC-0-9-81-320/guerres_conflits/octobre_…

 
Pierre Haski | Rue89
12H29 27/07/2007

Je suis entièrement d’accord, pas très malin de commencer par « on a tous nos connards ». Ca élève pas vraiment le débat, qui, pour l’avoir constaté il y a peu à Montréal, reste très vif. De fait, on est toujours le connard de quelqu’un….

 
DO
19H00 26/07/2007

je pense que le quebec est aujourd’hui pris en otage par les independantistes.
Le seul parti qui a un programme progressiste et social c’est le parti quebequois, malheureusement son souhait d’independance affole beaucoup de quebequois et jette ceux la dans les bras des 2 autres partis. Regardez les dernieres elections.

 
pierrejcallard | www.nouvellesociete.org
19H41 26/07/2007

Las majorité des attentats au Québec ont eu lieu AVANT la visite du Général. Cette visite a surtout rendu l’option crédible et mené à la prise du pouvoir à Québec par un parti souverainiste. Consultée par réferendum, la population du Québec a rejeté deux fois le choix de l’indépendance. En perspective, l’idée de l’indépendance a fait progresser le Québec, mais elle me semble aujourd’hui dépassée. Il suffirait qu’on reconnaisse unanimement le DROIT du Québec à faire sécession, pour que cette sécession ne soit jamais le choix de la majorité et que le débat soit clôt.

http://www.nouvellesociete.org/5157.html

Pierre JC Allard

 
pierrejcallard | www.nouvellesociete.org
04H08 27/07/2007

d’abord SVP changer mon clot en clos… Pour le fond du débat, c’est plus long. Voir:

http://www.nouvellesociete.org/707.html

Pierre JC Allard

 
ÉlodieGMartin
16H58 27/07/2007

Quarante ans après ce n’est plus qu’une image d’archives qui ne dit plus grand-chose! Et, à part quelques nostalgiques comme Louise Beaudoin et la belle mère du Pq Bernard Landry qui tentent de faire parler les morts, peu de Québécois se sont sentis concerné par ce rappel historique.

Au fond, que voulait dire De Gaulle? Que le Québec devait être libre de ses choix! Par deux fois, depuis cette tirade du balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal, les Québécois ont été appelés à se prononcer sur le projet des séparatistes, par deux fois ils ont choisit de demeurés au sein de la fédération canadienne. Je crois que le Général serait plutôt fier de son coup.

http://elodiegmartin.wordpress.com/2007/07/24/faire-parler-les-morts/

 
pierrejcallard | www.nouvellesociete.org
04H28 28/07/2007

Allons, allons, un peu de sérieux. J’étais haut-fonctionnaire à Québec à l’époque et je suivais cette affaire de près. Je ne dis pas que CDG voulait l’indépendance du Québec, je ne dis pas qu’il la croyait possible, seul lui connaissait ses voies. Mais il avait son agenda et il savait ce qu’il disait. Prétendre qu’il voulait dire « que le Québec devait être libre de ses choix », c’est comme prétendre que « Algérie française » voulait dire maintenir des liens culturels… Commentons l’histoire, mais ne la travestissons pas.

 
Lanaudière
17H36 30/07/2007

Je crois que vous marchez à côté de vos pompes. D’abord, pour le cri du général De Gaulle prononcé en 1967, je vous réfère au livre d’Alain Peyrefitte sur le général (dont il existe une version courte portant uniquement sur le Québec et parue aux éditions Stanké, de Montréal), et vous verrez que le général n’est pas venu faire que du tourisme au Canada… il avait préparé son coup !

Par ailleurs, pour les deux référendums sur l’indépendance du Québec (1980 et 1995), admettez que le second a failli passer (50,5% pour le Non et 49,5% pour le Oui environ, c’est prêt du but) et tenez compte aussi qu’il y a eu tricheries et fraudes du côté des partisans du Non (cela est largement documenté au Québec… on peut retrouver le tout sur Internet sans problème).

Enfin, pour finir en beauté ! les indépendantistes québécois ont posé les jalons pour la création d’un nouveau parti indépendantiste… on peut en avoir un avant-goût en se rendant sur le site « le Québécois » où c’est l’un des principaux sujets de discussion sur le forum actuellement.

 
Florent Daudens | Journaliste
06H24 28/07/2007

Mille excuses, le premier référendum a effectivement eu lieu en 1980.

Dommage qu’un lecteur aussi attentif soit anonyme. Mais je tiens à vous remercier d’avoir signalé cette grossière erreur de ma part, qui aurait pourtant dû me sauter aux yeux en dernière lecture.