Minorités, laïcité et identité nationale : le débat continue au Québec

(De Montréal) Un peu à l'image de la commission Stasi sur la laïcité en France, le Québec s'est penché sur ses « accommodements raisonnables » avec la commission Bouchard-Taylor. Au menu du rapport final, déposé jeudi : immigration, laïcité, interculturalisme et identité québécoise.

Mandatés par le Premier ministre du Québec en février 2007 –au cœur de la tourmente sur les accommodements raisonnables–, les universitaires Gérard Bouchard et Charles Taylor ont acceptés de prendre les rênes de la « Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles ».

Le premier est sociologue et historien, francophone, vivant dans la région éloignée du Saguenay-Lac-St-Jean ; le second est philosophe, anglophone, vivant à Montréal. Deux identités différentes pour faire la synthèse d'une plus globale : celle du Québec. Deux « sages », pourrait-on dire.

Et ils ont produit un rapport à cette image. « Après avoir bien marqué nos différences, voyons ce qui nous unit », écrivent-ils en introduction du document intitulé « Fonder l'avenir, le temps de la conciliation ».

Volumineux, aussi. Après avoir tenu des audiences dans 16 régions du Québec, reçu plus de 900 mémoires et entendus 241 témoignages, le tout au coût de près de 2,8 millions d'euros, les auteurs livrent un rapport de plus de 300 pages.

Le contexte

La commission définit les accommodements raisonnables de la façon suivante :

« Une notion issue de la jurisprudence associée au monde du travail. Elle désigne une forme d'assouplissement visant à combattre la discrimination causée par l'application stricte d'une norme qui, dans certains de ses effets, porte atteinte au droit à l'égalité d'un citoyen. »

Un tel accommodement peut s'appliquer pour des motifs religieux, mais aussi par rapport à un handicap. Selon une décision de la Cour suprême du Canada de 1985, cet assouplissement ne doit toutefois pas impliquer de « contrainte excessive » pour l'employeur.

Ce terme a fini par être dénaturé, qualifiant plus largement une friction entre une communauté religieuse et la société. Plusieurs demandes ont d'ailleurs défrayé la chronique, au point où le terme « accommodements déraisonnables » a fait son apparition. Parmi ceux-ci, Rue89 avait évoqué le droit de voter voilé, qui résultait d'un vide juridique plutôt que d'une demande émanant d'une communauté religieuse. Ce vide a été comblé par le législateur. Citons aussi le cas du village d'Hérouxville qui avait adopté un « code de vie » à l'intention des immigrants, stipulant entre autres qu'il était interdit de lapider les femmes ou de circuler voilé.

L'analyse de la commission

Pour Gérard Bouchard et Charles Taylor, la crise des accommodements raisonnables en est une de perceptions :

« Les fondements de la vie collective au Québec ne se trouvent pas dans une situation critique ».

Et d'écrire, quelques pages plus loin, « Selon les données disponibles et les témoignages recueillis, rien n'indique que nous ferions face à une hausse importante du nombre de demandes ou à un prétendu “effet domino'”. Ils rappellent qu » « un traitement peut être différentiel sans être préférentiel » et qu'il s'agit toujours de solutions individuelles.

Les deux coprésidents ont aussi élargi leur mandat, voyant le débat sur les accommodements « le symptôme d'un problème plus fondamental concernant le modèle d'intégration socioculturelle établi au Québec depuis les années 70 ».

Ce qui les conduit à se pencher sur le statut minoritaire du Québec au sein de l'Amérique du Nord et à son attitude face aux minorités en son sein :

« Minorité culturelle, la francophonie québécoise a besoin d'une identité forte pour calmer ses inquiétudes et pour se comporter comme une majorité tranquille ».

Ils rappellent que cette province canadienne est une terre d'immigration, où l'on « n'observe pas dans les rapports entre les immigrants et la société d'accueil un degré de tension et d'exclusion socioéconomique comparable (à certains pays d'Europe) ». Ils ajoutent qu'elle accueille des immigrants en majorité sélectionnés selon leurs compétences professionnelles et linguistiques, ce qui se traduit par une immigration plus scolarisée, en moyenne, que les Québécois.

Malgré tout, la commission note que cinq à dix ans après leur arrivée, les immigrants connaissant un taux de chômage deux fois supérieur à celui du Québec. Et quand ils ont un emploi, il n'est pas toujours à la hauteur de leurs qualifications, ce qui donne des exemples d'ingénieurs devenus chauffeurs de taxi.

Et même si le Québec n'a pas à « rougir de ses rapports interculturels », le rapport souligne que les musulmans et les Noirs sont les groupes les plus touchés par les diverses formes de discrimination. À cet effet, « le moyen de surmonter l'islamophobie, c'est de se rapprocher des musulmans et non de les fuir », écrivent les deux universitaires.

Interculturalisme et laïcité ouverte : les deux piliers de la politique d'intégration

Plus largement, le rapport Bouchard-Taylor pose des balises pour le traitement des demandes d'ajustements. Ils rappellent, dans un premier temps, que le cadre politique québécois est une démocratie libérale –au sens premier du terme– et que différentes chartes garantissent la vie en société (Chartes québécoises et canadiennes des droits et libertés, Charte de la langue française, …).

Gérard Bouchard et Charles Taylor amènent aussi la notion d'interculturalisme, « à mi-chemin entre le multiculturalisme canadien et le républicanisme français » et « caractérisé par les interactions dans le respect des différences ». Selon eux, le modèle québécois devrait faire appel à plusieurs notions : la langue française comme langue commune et encouragement à l'ouverture vers d'autres langues, l'expression publique des différences culturelles (et en particulier religieuses), médiation entre le groupe d'ethnique d'origine et la société pour un immigrant, entre autres. Les co-présidents invoquent au passage trois notions clés : égalité, réciprocité, mobilité.

Cette première balise posée, ils se penchent ensuite sur la laïcité « ouverte » qui caractérise le Québec :

« La laïcité, au Québec, permet aux citoyens d'exprimer leurs convictions religieuses dans la mesure où cette expression n'entrave pas les droits et libertés d'autrui. C'est un aménagement institutionnel qui vise à protéger les droits et libertés, et non, comme en France, un principe constitutionnel et un marqueur identitaire à défendre. »

Les recommandations

Une fois le problème analysé et le cadre de référence établi, le rapport formule 37 recommandations. Parmi les principales, notons :

  • Sur la laïcité : que le gouvernement produise un livre blanc sur la laïcité, afin de définir précisément l'acception de cette notion au Québec et d'en faire un principe quasi constitutionnel (« comme en France »). Ils recommandent l'interdiction du port de signes religieux pour des fonctions publiques qui exigent un droit de réserve (magistrats, policiers, président de l'Assemblée nationale, etc), mais pas pour les enseignants, fonctionnaires, professionnels de la santé et autres agents de l'État ;
  • Sur l'interculturalisme : que l'État promeuve l'interculturalisme, notamment par l'adoption d'une loi ou d'un énoncé de principe en ce sens et des programmes d'action intercommunautaires (parrainage, etc)
  • Sur les pratiques d'harmonisation (ou accommodements raisonnables) : déjudiciariser le règlement des conflits et responsabiliser les acteurs des milieux institutionnels, afin de favoriser un règlement par la voie citoyenne. Ils approuvent aussi la démarche du gouvernement qui vise à insérer une clause reconnaissant l'égalité hommes-femmes dans la Charte québécoise des droits et libertés.
  • Sur les inégalités et les discriminations : que l'État s'emploie à mieux connaître et combattre les diverses formes de racisme, notamment en interdisant l'incitation publique à la discrimination ;
  • Sur l'intégration des immigrants : que l'État intensifie ses efforts de francisation, la régionalisation de l'immigration (la majorité des immigrants choisissant Montréal comme lieu de vie) et les mesures pour reconnaître les diplômes acquis à l'étranger. Sur ce dernier point, la commission recommande la mise sur pied d'une commission d'enquête sur les pratiques des ordres professionnels.
  • Sur l'apprentissage de la diversité : que l'État octroie plus de moyens aux organismes de protection de la population et ceux chargés de l'accueil et de l'intégration des immigrants.

Les réactions

La réaction la plus attendue était celle du Premier ministre, puisqu'il avait ordonné la tenue de cette commission. Jean Charest y est allé d »une déclaration devant l'Assemblée nationale, précisant notamment que :

« L'immigration n'est pas un droit. Immigrer au Québec, c'est un privilège. Et l'accueil des immigrants, pour tous les Québécois, est une responsabilité. »

Il a annoncé, dans la foulée, plusieurs mesures :

  • Un renforcement de la francisation avant l'arrivée des immigrants ;
  • Une déclaration signée par laquelle les candidats à l'immigration s'engageront à adhérer aux valeurs communes de notre société ;
  • Un mécanisme qui aidera les décideurs à traiter les questions d'accommodement dans le respect de la laicité de nos institutions ;
  • Un appel aux parlementaires pour collaborer à l'adoption du projet de loi 63 qui vise à amender la Charte des droits et libertés pour affirmer l'égalité des femmes et des hommes ;
  • La présentation d'une motion de principes, adoptée à l'unanimité par les députés, qui rejette du même coup l'une des recommandations du rapport : le retrait du crucifix au-dessus du siège du Président de l'Assemblée nationale pour le mettre dans un lieu à valeur patrimoniale. Ce symbole avait suscité bien des discussions auparavant.

Pour le reste, il prendra « le temps de lire le rapport ».

Du côté de l'opposition, L'Action démocratique du Québec estime que le rapport Bouchard-Taylor « néglige l'aspect fondamental du renforcement de la culture normative qui correspond à celle de la majorité francophone ». Le Parti Québécois considère que le rapport « passe à côté de l'essentiel » et que « la question de l'identité exige plus que des demi-mesures ». Les deux partis réclament que le Québec se dote d'une constitution, afin d'affirmer l'identité québécoise (il s'agit de la seule province à ne pas avoir signé la constitution canadienne de 1982).

Les associations de communautés culturelles semblent généralement satisfaites de ce rapport, tandis que les syndicats se montrent plus réservés. La Fédération des Femmes du Québec se dit « enthousiaste et impatiente », puisque « l'ensemble des recommandations que l'on y retrouve fait écho aux préoccupations portées par la Fédération et présentées dans son mémoire à la Commission ». Même son de cloche du côté de la Fédération des commissions scolaires, intervenant en première ligne sur les questions d'accommodements raisonnables.

L'ultime test sera toutefois de voir si les simples citoyens liront ce rapport et, surtout, comment ils choisiront de « fonder l'avenir ».

Fonder l'avenir, le temps de la conciliation de Gérard Bouchard et Charles Taylor - disponible en ligne

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Portrait de Zach Tremblay

De Zach Tremblay

polémiste | 16H19 | 25/05/2008 | Permalien

La solution EST simple. Les complications viennent de ceux qui construisent des structures compliquées autour de cette simple réalité pour la rendre difficile à distinguer. Le travail de Bouchard-Taylor n'est qu'un rajout à cette structure, cette tour de Babel (Québécois d'origine Canadiennne française). C'est complètement ridicule. Pourtant la réalité est si simple ; NOUS sommes les Canadiens. Point. NOUS sommes l'origine de ce pays. Pas d'Anglais ici, il y a 400 ans. Niet. Il n'y a que quatre peuples au Canada qui n'ont pas besoin de déterminants, ce sont les fondateurs : Les nations Amérindiennes, les Inuits, les Métis, et les Canadiens. Point. Celui qui a le problème identitaire et qui refuse de voir la simple réalité en face est l'Anglais. Il refuse de prendre son déterminant anglo-canadien et renie la réalité historique qu'il n'est pas le Candadien d'origine mais que ce sont ceux qui parlent français et qui sont ici depuis les débuts et qui se sont nommés, nommer le pays, et formés en un nouveau peuple et dont la majorité est au Québec qui sont les Canadiens d'origine. Il n'y a pas d'autres Canadiens. Le Québec est une province et non un pays. Une province créée par l'Anglais. Si un jour le Québec devient un pays, je me dirai encore Canadien, mais citoyen québécois, car je serai encore dans la Vallée du Saint-Laurent, le Canada des origines. Désolé, mais mes ancêtres, bien francophones, ont fondé ce peuple et ce pays et je n'ai besoin d'aucun autre déterminant que le nom dont j'ai hérité et qui m'appartient de droit ; Canadien. POINT.

Portrait de Lemmy_Nothor

à Zach Tremblay Portrait de Zach Tremblay De Lemmy_Nothor

En cavale, the one that got away... | 11H20 | 26/05/2008 | Permalien

Le Canadien d'origine ? Ça serai pas plutôt les Algonquins, Mohawk, Abenakis et toutes les autres tribus Amérindiennes, y comprit bien entendu les Inuits ?

J'ai travaillé 4 ans pour le RIN, et ensuite pour le PQ, à ses tout débuts. L'idée de fonder un nouveau pays, sur des bases differentes que celles proposées à l'époque m'emballait. Il y avait un sérieux travail de reflexion a faire. Mais il n'a été fait qu'en partie, et vite il fut radicalisé et il est tombé dans une forme de racisme primaire, le même qui était reproché aux classes dirigeantes ( anglophones, mais plus sp`´ecifiquement Ecossaises ) .
Speak White……fut atrocement récupéré par les Indépendantistes comme signifiant : parler Blanc, cad, parler Anglais. Ce n'est pas du tout cela que signifiait cette phrase. Les colonisateurs anglophones ( et Protestants ) reprochaient surtout au colons Français de s'être mélangés avec les autochtones, et aussi bien sur d'être Catholiques. Il se foutait pas mal que l'on parle Français au Québec. Pour eux, la pire chose était ce métissage de la race, qu'ils désaprouvaient complètement. Si on rajoute a tout cela l'influence néfaste des curés qui ont tenus les habitants dans une totale noirceur pendant des siècles ( 1760…….jusqu'à la Révolution Tranquille), et qui ont même été ceux qui montèrent la population contre les troupes révolutionnaires Américaines qui venaient libérer les Bas Canada des tuniques rouges, à une époque ou plus du tiers du territoire des USA était encore sous régime Français ( Louisianne ), et bien moi je ne crois pas que les pires dans tout ça furent les colonisateurs anglophones.
Pour illustrer cette manie des curés de maintenir le « bon peuple “ dans l'ignorance la plus abjecte, il n'y a qu'à voir ce qu'ils firent lorsque Carnegie (Andrew, pas Dale ! ) fit don à la ville de Montréal d'une somme fabuleuse afin d'y construire une bibliothèque municipale. Carnegie adorait venir à Montréal,mais il s'était rendu compte que la ville ne possedait pas de bibliothèque. Il donna alors les fonds necessaires pour non seulement construire la bibliothèque, mais aussi pour la remplir de bouquins.
Grace aux evêques, le projet fut bloqué durant presque 20 ans, afin de protéger le ‘bon peuple’ contre les idées du diable. Voir aussi ‘Les Belles Histoires des Pays d'en Haut·………et le curé Labelle (ordure).

Ensuite vint Maurice Duplessis…..dictateur élu par le bon peuple’, pour encore écraser la population, et surtout la protéger contre les ‘communisses’.

Tous ces ‘ennemis’ des Québecois sont Québecois pur laine.

La lutte entre les ‘anglos’ et les ‘francos’ est une guerre de religion, pas de langue.

Sur les plaques d'immatriculation, après Je Me Souviens, vous devriez rajouter, De Rien.

Entre parenthèses, le fameux crucifix que son Honneur Mr Charest refuse de sortir de la chambre des députés,y fut installé par nul autre que Maurice Duplessis, grand admirateur du Generalissimo Francisco Franco.

Portrait de Zach Tremblay

à Lemmy_Nothor Portrait de Lemmy_Nothor De Zach Tremblay

polémiste | 20H49 | 26/05/2008 | Permalien

« Le Canadien d'origine ? Ça serai pas plutôt les Algonquins, Mohawk, Abenakis et toutes les autres tribus Amérindiennes, y comprit bien entendu les Inuits » (Lemmy Nothor)

Si vous semblez bien connaître l'histoire du faux Canada de l'Anglais d'après 1867, mon Canada à moi est celui de mon peuple et donc l'original d'avant 1763.

Mais c'est surtout celui de mon peuple.

Non, les Amérindiens ne sont pas et n'ont jamais été des Canadiens, mais sont participants dans la formation du peuple Canadien et de la reconnaissance du territoire Canada. Les Mohawk que vous citez sont des Iroquois du Maine déplacés à Montréal beaucoup plus tard. Le Canada d'origine et toujours bien là est la région de la Vallée du Saint-Laurent. C'est le territoire que le grand-chef Iroquois Donnacona a présenté à Jacques Cartier comme celui de sa nation (Kanata) et que Cartier a traduit en Canada.

Lorsque Champlain arrive 70 ans plus tard (1603), la nation Iroquoise du territoire Kanata n'y est plus et a disparue mystérieusement. Voilà la fausseté qu'a imaginé le clergé au service du conquérant Anglais afin d'assurer la « pureté de la race canadienne française » dans l'histoire à venir.

La vérité est dévoilée de la manière la plus détaillée dans les écrits et témoignages du père récollet, Gabriel Sagard, qui a explorer le Canada (Vallée du St-Laurent) et le pays des Hurons (Grands Lacs) de 1623 à 1624 en vivant carrément parmis les Amérindiens afin de connaître tout d'eux. Or, les Iroquois de Donnacona sont toujours là et les François les appelent « Canadiens ». Sagard lui-même ne se réfère à eux uniquement en tant que « les Canadiens ». Ces Canadiens sont sédentaires et partagent le Canada avec les François et Montagnais (Tadoussac-Québec).

Or, Sagard est très explicite dans sa description quant à la différence entre les Huronnes des Grands Lacs et les Montagaises et Canadiennes lorsque les maris partent à la chasse. Les dernières sont laissées seules pendant des mois. Il ne manque pas de descriptifs pour nous faire part des insistances de ces charmantes à meubler de François leurs festins.

Les Montagnais étant la moitié du temps nomades, çà prend pas un dessin pour comprendre comment nous sommes devenu des Canadiens.

Non, les Canadiens ne sont pas disparus mystérieusement. Les Canadiens sont là !

Si les Palestiniens, expulsés de leur territoire, ne sont pas moins les Palestiniens, alors je suis certainement pas moins un Canadien, puisqu'en plus je suis toujours chez moi.

Portrait de Jaycib

à Zach Tremblay Portrait de Zach Tremblay De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 13H45 | 26/05/2008 | Permalien

Votre argument, Zach, rappelle étrangement celui de certains Palestiniens (désormais très minoritaires).

En d'autres termes, les Palestiniens sont les propriétaires de la terre qu'ils occupent depuis des siècles et les Israéliens sont des intrus. Vus de point de vue, vos arguments sont simples… mais simplistes.

Le problème est que de nouvelles réalités se sont imposées entre-temps. Les Anglo-Canadiens ont vaincu les Canadiens français à l'occasion d'une guerre ancienne, tout comme les Israéliens ont vaincu les Palestiniens et d'autres forces arabes en 1948 et à plusieurs reprises par la suite.

S'il fallait appliquer votre raisonnement à l'Europe (en revenant 400 ans en arrière, excusez du peu ! ), l'Italie ne serait pas un état, mais un agglomérat de principautés disparates, la France ne possèderait ni la Savoie ni la ville de Nice, et serait amputée d'une bonne partie de son territoire (Alsace-Lorraine), et l'Allemagne n'existerait pas plus que l'Italie. Je glisse sur le cas de la Belgique, état créé de toutes pièces après 1830. Et ainsi de suite (inexistance de la Hongrie, de la République Tchèque, de la Slovaquie encore plus récente, etc.).

S'il faut absolument se battre pour préserver la langue française et la culture québécoise (la seule vraiment « canadienne », selon vous), il serait vain de croire qu'un pays québécois distinct pourrait être viable, car l'ogre du sud (les USA) veillerait à y exercer son protectorat. La fédération canadienne (anglo- et franco-canadienne) constitue donc votre avenir. Il faut s'accommoder intelligemment de cet état de fait, même si cela peut vous paraître douloureux. Le Québec subsistera tant qu'il produira des oeuvres et un mode de vie qui lui sont propres. L'Etat canadien actuel fait plus que simplement le tolérer.

De ce point de vue, le rapport Bouchard-Taylor me semble proposer des orientations sensées.

Pour le reste, il me paraît difficile d'accréditer l'idée d'une primauté absolue de la langue française et de la culture spécifiquement franco-québécoise au Québec même. L'université McGill est-elle inférieure en qualité (et en nombre d'étudiants diplômés) à l'université de Montréal ou à l'université Laval de Québec ?

Un dernier point sur la francophonie. La langue française ne pourra se maintenir que si les personnes et les entités qui s'en réclament contribuent au savoir universel. Les Allemands n'ont nul besoin d'un mouvement de la « germanophonie », leur influence culturelle s'étendant bien au-delà des frontières austro-allemandes (en Hongrie, en République Tchèque et même dans les Pays Baltes et en Scandinavie, sans parler de la Suisse et de sa forte minorité germanophone). Les gens apprennent l'allemand « naturellement », et ce malgré la forte pression exercée par l'anglais, la « lingua franca » dominant actuellement le paysage mondial (en matière économique ET CULTURELLE). Ceci est un fait, et un fait largement majoritaire. Il nous appartient de nous y adapter et de trouver une éventuelle réplique.

A ce titre, le maintien du crucifix comme quasi-emblème du Québec me paraît un bien mauvais signe. Tout comme la domination de l'église catholique romaine, dont on avait pu espérer que l'emprise sur la vie publique québécoise avait diminué. S'il faut que le Québec se cramponne à une identité religieuse, la belle province finira comme le Liban. Je suis sûr que ce n'est pas ce que vous souhaitez.

Portrait de sarkophage_xyz

De sarkophage_xyz

16H25 | 25/05/2008 | Permalien

La laicite jusqu'où, il y aura t il (enfin) droit de blasphémer tout son saoul ?
Tabernacle de tabernacle !

Portrait de Lemmy_Nothor

à sarkophage_xyz Portrait de sarkophage_xyz De Lemmy_Nothor

En cavale, the one that got away... | 12H23 | 26/05/2008 | Permalien

Ostie de calisse de criss de tabarnak….ouate de phoque !

Portrait de ysengrimus

De ysengrimus

20H51 | 25/05/2008 | Permalien

Sur un modus pleinement canadien, je suis solidaire de ma compatriote en hidjab… modulo quelque chose…

http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/24/athee-rationaliste-et%e2%80%a…

Paul Laurendeau

Portrait de ysengrimus

De ysengrimus

00H15 | 27/05/2008 | Permalien

Mais je ne suis pas du tout solidaire de Victor Lévy Beaulieu, plumitif inepte qui vient de tenir des propos grossièrement racistes contre Son Excellence la Gouverneure Générale du Canada. Une certaine civilisation québécoise du fond bouseux affleure dans cela et c'est laid, laid, laid…

http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/02/sur-notre-civilisation-quebec…

J'ai donc envoyé une lettre ouverte à notre vice-reine :

http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/26/lettre-ouverte-a-la-gouverneu…

Paul Laurendeau

Portrait de jissé

De jissé

Ingé retraité | 17H17 | 26/05/2008 | Permalien

Bonjour.
Je ne sais pas le rapport entre le dollar canadien et l'américain, mais je vais souvent m'informer sur « cyberpresse canada ».

Aujourd'hui j'y apprend que c'est la grosse grogne aux « states » devant le prix exorbitant de l'essence à la pompe.

Rendez vous compte : un dollar US le litre.
Soit à la louche, 70 centimes d'euros !

De qui notre gouvernement se moque-t-il et Barnier avec les pêcheurs a l'air de ce qu'il est est !
Un Kongue.

Jissé

http://www.cyberpresse.ca/article/20080524/CPMONDE/80524007/6644/CPMONDE

Portrait de Pélévine

De Pélévine

philologue | 09H02 | 28/05/2008 | Permalien

Qu'il fait bon d'être laïc, multiculturel et libre !

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