27/08/2007 à 14h16

Le Québec veut continuer à promouvoir l'usage du français

Florent Daudens | Journaliste

(De Montréal)

La Charte de la langue française a soufflé ses 30 bougies ce dimanche. Les reponsables politiques ont fêté dignement l’événement, mais la défense du français reste une question sensible dans la plus importante région francophone d’Amérique du Nord.

Le Premier ministre Jean Charest s’est fendu d’un billet vidéo, et l’Action démocratique du Québec d’une lettre dans Le Devoir.

Ce n’est pas le seul cadeau d’anniversaire : la famille souverainiste a marqué le coup en agitant les drapeaux du Québec lors d’une manifestation sous l’égide du Mouvement Montréal français. Les anciens Premiers ministres Jacques Parizeau et Bernard Landry, leur successeur à la tête du Parti québécois, Pauline Marois et son homologue fédéral du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, ainsi que plusieurs députés et représentants syndicaux.

Il faut dire que la Charte passe le cap de la trentaine sans rougir : 80% des enfants d’immigrants reçoivent une éducation en français, alors qu’ils choisissaient l’anglais dans 85% des cas avant la loi. Dans une province qui a accueilli plus de 45 000 immigrants en 2006, la francisation des nouveaux arrivants représente un enjeu crucial.

Au travail, 84% des francophones utilisent le français, alors que 97% des magasins affichent leurs produits dans la langue de Molière.

Le père de la Charte, Camille Laurin, était ministre du développement culturel sous le gouvernement de René Lévesque.

Ce psychiatre de formation voulait à l’époque remettre la langue française au cœur de la vie publique, mais aussi affirmer l’identité québécoise. Le préambule de ce texte, stipule d’ailleurs : « Langue distinctive d’un peuple majoritairement francophone, la langue française permet au peuple québécois d’exprimer son identité. » Cette charte, communément appelée loi 101, défend plusieurs points :

  • Imposer l’usage exclusif du français dans l’affichage public et la publicité commerciale ; (langue de l’affichage commercial) ;
  • Étendre les programmes de francisation à toutes les entreprises employant 50 personnes ou plus ; (langue du travail) ;
  • Restreindre l’accès à l’école anglaise aux seuls enfants dont l’un des parents a reçu son enseignement primaire en anglais au Québec ; (langue de l’enseignement) ;
  • Seule la version française des lois est officielle. (langue de la législation et de la justice)

Adoptée par l’Assemblée nationale le 26 août 1977, alors que les souverainistes ont le vent en poupe, la Charte a causé une onde de choc dans la minorité anglophone. Celle-ci s’est depuis adaptée, puisque les deux-tiers des Québécois parlant la langue de Shakespeare maîtrisent également le français. La Charte a atteint ses objectifs, à tel point que la presse parle aujourd’hui de « paix linguistique ».

Le bilinguisme menace le français

Mais la loi 101 est aujourd’hui victime de son succès. « On la tient pour acquise, et on est moins vigilant. Alors il y a moins de sensibilité et de mobilisation autour d’elle » , déclare Louise Beaudoin, ancien ministre responsable de l’application de la Charte, dans une interview au Devoir.

Devenue professeur spécialisée dans les questions de francophonie, elle incite à ne pas baisser la garde. Des propos qui trouvent écho dans les paroles de Pierre Curzi, député du Parti québécois : « Il faut s’asurer que ce que les mots fierté, solidarité et souveraineté portent et résonnent longtemps dans l’histoire. »

De son côté, le magazine L’actualité s’interroge dans sa dernière édition sur le bilinguisme des Québécois francophones. Benoît Aubin signe un article intitulé « Une charte sur un toit brûlant » , dans lequel il se demande si les Québécois n’ont pas « raté le train » du bilinguisme.

Selon le magazine, 63% des francophones sont unilingues, tandis que 66% des anglophones maîtrisent le français. Quant aux allophones, la moitié d’entre eux maîtrisent trois langues et plus. Une situation qui contraste avec le maigre 6% d’allophones trilingues dans le reste du Canada.

La Fédération des travailleurs du Québec s’inquiète pour sa part que dans le secteur privé, environ la moitié des francophones qui travaillent dans les deux langues communiquent principalement en anglais.

Le syndicat a mis sur pied des comités de francisation, alors que Louise Beaudoin propose à cet effet d’imposer des normes de francisation aux entreprises de moins de 50 employés.

Au-delà de la langue, la question de la souveraineté

Jour d’anniversaire oblige, les Québécois ont aussi cherché le moyen d’éviter à la Charte de connaître la crise de la trentaine. Pour le Parti Québécois, l’avenir du français dans la province passe par la souveraineté.

L’Action démocratique du Québec propose de son côté d’enchâsser la loi 101 dans un projet de constitution québécoise, conformément à sa position autonomiste.

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  • Anonyme

    Et, si la France décidait de promouvoir l’usage du Français, chiche !

    • Anonyme

      Comment la France pourrait-elle promouvoir l’usage du français vu qu’elle ne se préoccupe que de fermer sa porte aux francophones ?

      Ashanti

  • Jefff
    • Posté à 15h47 le 27/08/2007
    • Internaute 15278

    la seule région francophone d’Amérique du Nord.

    Hmmm Hmmm...
    y a aussi St Pierre et Miquelon, entre autres...

    • Florent Daudens
      Florent Daudens répond à Jefff
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 16h39 le 27/08/2007
      • Journaliste 10181
        Journaliste

      Province aurait été plus juste (dans sa signification québécoise). Nous avons apporté une précision.

    • Anonyme répond à Jefff

      Sans parler des trois provinces maritimes à l’est du Canada.
      Aurélien

    • Charles Mouloud
      Charles Mouloud répond à Jefff
      Bras gauche de la Vénus de (...)
      • Posté à 00h00 le 28/08/2007
      • Internaute 12542
        Bras gauche de la Vénus de (...)

      En terre Adèlie , j’ai entendu des pingouins jurer contre Sarkozy en breton !

    • Anonyme répond à Jefff

      Vous oubliez la Louisiane où les cajuns tentent tant que faire se peut de maintenir et relancer l’usage du français !
      Ce qui n’est pas évident pour eux lorsque l’on sait que l’usage du français a été interdit pendant de longues années, obligeant les louisianais à n’apprendre et à ne s’exprimer qu’en anglais. Mais, heureusement, une relance de la francophonie a lieu en Louisiane depuis quelques années sous la pression des jeunes générations qui veulent retrouver leurs racines. Et les anciens qui parlent encore, peu ou prou, le français les aident dans cette direction.

      Otto Naumme

  • Anonyme

    C’est gentil de vouloir continuer à promouvoir la langue françaises outre atlantique. Par contre, une question me taraude, les Canadiens d’origine française peuvent réacquérir la nationalité française et séjourner en France sans contrainte, mais ça ne se fait que dans un sens. Pourquoi ne pas ouvrir largement vos portes, Messieurs Dames, aux Français qui souhaitent immigrer au Québec. Ils ne devraient pas avoir à justifier de quoi que ce soit d’autre que de leur volonté de s’établir chez vous.

    • Florent Daudens
      Florent Daudens
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 17h28 le 27/08/2007
      • Journaliste 10181
        Journaliste

      La nationalité française n’est pas automatiquement attribuée aux Canadiens (Lien).À titre indicatif, un peu plus de 10 000 français ont émigré dans l’autre sens pour la seule année 2006.

      • Anonyme répond à Florent Daudens

        Avis pas forcément à publier, mais ça fait plaisir de voir un journaliste répondre en présentant des sources pertinentes.

      • Anonyme répond à Florent Daudens

        d’origine française qui obtiennent sur demande la double nationalité (oui il y a un petit effort à fournir c’est évident), à l’exception du Quebec les Canadiens naturellement sont plus généralement de souche anglaise

        merci pour la correction et pour les chiffres

         
        • Florent Daudens
          Florent Daudens
          Auteur(e) de l'article Journaliste
          • Posté à 22h29 le 27/08/2007
          • Journaliste 10181
            Journaliste

          Je crains que vous fassiez erreur. Les Québécois, au même titre que tous les Canadiens, ne peuvent pas acquérir la nationalité française sur simple demande. Ils doivent se soumettre aux règles normales d’immigration.

        1 autres commentaires
    • Anonyme

      Pourquoi la porte est fermé au français la cause vous devez passé par le Canada et vous êtes français.Le Canada préfere noyer le Québec d immigrants non francophonne pour nous faire disparaitre.Le Canada d hier était fonder par nos ancêtres de France.Nous, nos encêtres sont arriver en 1634 venant du Perche. Conquis par les anglais avec l aide des iroquois, des hollandais, écossais etc.
      Et lorsque vous venez au Canada ou allez vous ? Près de la France se trouve la tête des province atlantiques et vers le pacifique les pieds.La Colombie canadienne (Britanique)
      Donc vous aller au Canada ou venez au Québec ?

  • Anonyme

    c’est vrai que contrairement à ce que l’on croit, l’immigration au Québec n’est pas simple et coûte cher.

    bon maintenant le travail qu’il font pour la francophonie est enorme. Il ne sont que 7,7 millions !

    • Servais-Jean
      • Posté à 02h11 le 28/08/2007
      • Internaute 4591
        43

      Je voulais partir en Belgique mais vu ce qui s’y passe en ce moment j’ai peur de m’y retrouver en France dans peu de temps.
      Je préfère donc, quitte à garder ma nationnalitée,
      partir au Québec.

  • Anonyme

    « Pourquoi ne pas ouvrir largement vos portes, Messieurs Dames, aux Français qui souhaitent immigrer au Québec. »

    Notez que c’est Ottawa dans la province de l’Ontario et unilingue anglais qui gère l’immigration, c’est justement pourquoi nous DEVONS abattre Ottawa, Ottawa n’a plu aucune crédibilité, même des autres provinces, et nous nui depuis toujours à l’avantage des racistes Canadians. Ils sont en guerre contre le Québec (propos de Charles « Chuck » Guité, l’ancien directeur des commandites fédérales).

    Nous devons créer l’opposition, voilà pourquoi un nouveau parti politique voit le jour au Québec le
    partiindependantiste.org

    • Anonyme

      C’est totalement faux ! Depuis la fin des années 1970, avec la signature de l’Entente Cullen-Couture, du nom du ministre fédéral Cullen et provincial Couture (Parti québécois), le Québec contrôle son immigration sauf pour ce qui est des réfugiés dont la responsabilité est partagée. Il fixe lui-même le nombre d’immigrants à recevoir chaque année ainsi que les critères de sélections. Nul besoin ici d’« abattre » Ottawa !

      Et moi qui croyait que la création de ce nuveau parti devat servir à créer, non pas l’opposition, mais plutôt un pays... pffft !

  • Anonyme

    Il serait bon de promouvoir l’usage du BON Français en France ! Allez faire un tour du côté d’une sortie de collège ou de lycée dans notre beau pays, et vous verrez ce qu’il en reste ! Il est vrai que la jeunesse, de tout temps, a eu un langage codifié, avec des expressions spécifiques destinées au premier chef à ne pas être compris par les adultes. Mais maintenant, il ne s’agit pas d’un dialecte « jeune », mais d’une symphonie catastrophique de fautes grammaticales, d’onomatopées surprenantes et surtout d’insultes en tout genre, diverses et variées dans l’intensité, et ceci dès 11 ans. Il n’est pas rare de voir des petites filles se traiter de « pétasses » entre elles, et entre les « ta mère... » et autres gracieusetés, il y a de quoi en rester ahuri ! Alors, oui, que les Québécois conservent bien cette image du Français, car chez nous, je me demande si la génération de mes petits-enfants sauront encore le parler.

    Mon-Al

    • Anonyme

      Vous pouvez regretter que les « petasse » et « ta mere... » soient d’une vulgarite affligeante, mais le fait est que ces mots sont on ne peut plus francais.

      Vos propos n’ont aucun sens : vous ne defendez pas le francais, mais UN francais. Les langues dites « vivantes » evoluent, ma bonne dame, et j’aimerais voir si vous n’auriez vous-meme pas eu quelque difficulte a comprendre la generation de vos grands-parents...

      • Anonyme

        Certes les langues evoluent, et heureusement, mais j’ose esperer que vous ne faites pas du sabir parlé par certains jeunes de banlieues (vague melange de verlan et de mots en arabe et en anglais)l’avenir de la langue francaise !

      • Anonyme

        Personnelement je n’ai aucune difficulte a comprendre la generation de mes grands-parents, et avant leur deces de mes arriere grands-parents ! De la meme maniere je ne suis nullement desarconne quand j’entreprends la lecture d’un Balzac ou d’un Hugo ! (bon Rabelais non modernise, je dis pas...)

        Par contre, le langage qu’utilisent certains jeunes de banlieue m’est particulierement abscons ! (peut-etre que leur objectif est justement de jargonner et de ne se comprendre qu’entre inities !)

      • Anonyme

        Je me rappelle les Académiciens des années 80 qui voulaient tout figer et interdire les anglicismes.

        Hé oui, rappeler que les langues sont vivantes : moi quand je dis « fait chier » ma mère m’engueule, pourtant elle, elle dit « merde » lorsqu’ elle se cogne ce qui choque sa mère qui dit : « flûte » ou « mince ». Mes enfants disent plutôt « putain »...

         1 autres commentaires
      • Anonyme

        Les mots que j’ai cités et que vous reprenez, sont peut-être du Français, mais il est plus qu’affligeant qu’ils soient employés à tout bout de champs, au milieu d’autres encore plus vulgaires. Ils démontrent un manque de respect, non seulement de la langue, mais surtout des personnes à qui ils sont destinés. Bien sûr, les jeunes les emploient sans réfléchir, et c’est celà qui est affligeant. Si la vulgarité est une « évolution » de la langue, alors c’est bien triste. Et mes enfants font de leur mieux pour en protéger leurs propres enfants, qui sont encore très jeunes. Pour l’instant, çà marche car nous ne tolérons aucun « gros » mot en famille. Mais c’est la suite qui m’inquiète car si nous leur apprenons à se respecter en respectant les autres, l’influence des autres élèves risque de leur faire oublier leur bonne éducation familiale, car ils voudront se fondre par mimétisme, rien que pour se faire accepter.

        Mon-Al

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 18h32 le 27/08/2007
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    Ouais , comme dirait un cheum ,faut d’abord s’occuper de ses gosses !
    tabernacle !

    • jon
      jon répond à Charles Mouloud
      • Posté à 09h37 le 28/08/2007
      • Internaute 2524

      Attention à ce que vous bites cependant, les gosses signifiant les testicules dans l’argot québécois si je ne m’abuse...

    • Anonyme répond à Charles Mouloud

      Je suis Québecois et ne dite pas combien vous avez de gosses dépassé deux et + vous êtes infirmes
      Surtout ne cassé pas la croute car on vous demandera avec quoi ?

      Nous on peut bouffer (manger) Mais en Nouvelle Caledonie ils disent ça pour leur chiens. Bouffe au lieu de manger. Chacun son français

  • adaunis
    • Posté à 18h41 le 27/08/2007
    • Internaute 4255

    En tout cas, pour une fois je suis sérieux, et si il y a un Québéquois sur le site il vous expliquera, si jamais vous deviez messieurs émigrer dans la « belle Province », n’oubliez pas d’ammener avec vous vos « gosses » si vous en avez.

    • Dandy
      Dandy répond à adaunis
      • Posté à 21h42 le 27/08/2007
      • Internaute 10247

      Partir sans risque d’être très douloureux...

  • Anonyme

    Je me félicite de voir la France défendre le français lorsqu’il est langue minoritaire à l’extérieur. Je rêve que celle-ci soit aussi empressée à défendre ses langues minorisées sur son territoire. Mais quand je dis que je rêve, je rêve … Elle qui ne se résoud pas à ratifier la charte européenne des langues minoritaires et qui n’a visiblement pas l’intention de le faire, elle ferait bien d’apprendre à balayer devant sa porte. Mais elle est trop imbue d’elle-même pour pouvoir s’abaisser à reconnaître son esprit linguistiquement totalitaire. Convaincue d’avoir le monopole de l’intelligence, pourquoi le ferait-elle d’ailleurs ?
    D’autre part, il me vient une interrogation : ce qu’on défend au Québec, est-ce bien le québecquois ou le français de la métropole ? Si vous avez entendu comme moi un Québecquois parlant son langage natal, il faut bien tendre l’oreille pour suivre ses propos, car sa langue diffère quelque peu de notre langue nationale. Aussi, il me semble que derrière l’intention louable de défendre la francophonie, se cache en fait un impérialisme culturel cocardier.
    Un Français de papier, Breton de coeur, mais surtout et avant tout de conscience universelle.

    • Anonyme

      Imperialisme Culturel oui...

      J’ai fait mon ecole primaire en bretagne et a la question « est ce que tu veux apprendre le breton ? ’ j’ai repondu non, ben j’y ai eu le droit quand meme... Et quand on sait que ce breton scolair n’a rien a voir avec celui que parlait les bretons (breton = langue parlée, on l’a bien bidouillee pour l’ecrire bien proprement...) ou est donc l’interet ? ? ? Ma grand mere et ma mere ne parlaient pas comme ca... Que ce qui veulent conservent leurs racines mais qu’on laisse les autres en paix.

      Le Quebequois est issu du francais parlé a l’epoque des flux migratoires, d’ou l’accent et le vocabulaire... C’est votre francais le meilleur ? (je veux dire celui de france...) Francophonie n’a jamais voulu dire “francais de metropole”...

      Vous vous dites avoir une conscience universelle mais vous defendez le microcosme et le communatarisme de facon trop suffisante pour cela.

  • Anonyme

    Accueillons les immigrés du Québec. Remplissons

    les cités et on reparlera la langue de Brassens.

  • Bergamote
    • Posté à 19h11 le 27/08/2007
    • Internaute 12941

    Amis français, si vous venez au Québec, n’essayez surtout pas de nous montrer des photos de vos « gosses » ! ! !

     : D

    • Anonyme répond à Bergamote

      Bah, pas que ses gosses... Si le garçon est joli, autant en profiter tout entier, non ? ; o)

      • Anonyme

        Prenez-vous tous les Quebecois pour des pedales ?

  • Anonyme

    66% des anglophones (vivant au Quebec) parlent l’anglais.

    Car en Ontario, il est plus facile de trouver un Tim Hortons qu’un anglophone parlant le francais.

    • Anonyme

      « 66% des anglophones parlent l’anglais »

      J’en deduis donc que 34% des anglophones ne parlent pas anglais. Vous-meme faites-vous partie des 66% de francophone qui parlent francais ? ;)

  • Anonyme

    N’oublions pas le Nouveau Brunswick et la communauté acadienne ainsi que les franco-ontariens et les franco manitobains. La francophonie au Canada ne se résume pas seulement au Québec même s’il faut cependant noter que beaucoup d’initiatives visant à protéger la langue française sont issues de la belle province (Office de la langue française et la fameuse loi 101 entre autres).
    Les franco-ontariens, par exemple, ont su maintenir l’usage du français qui est parlé en Ontario par plus d’un demi million personnes. Alors on pourrait leur jeter l’opprobre car leur français peut sembler châtié tant il est mâtiné d’anglicismes, de calques et de maladresses linguistiques (double négation, tu et vous pour le même sujet…) mais il a le mérite d’exister et quiconque se baladera dans la banlieue est d’Ottawa ou à Sudbury y entendra parler français.

    Plus au sud, n’oublions pas non plus la Louisiane parmi les régions francophones. Cet état est bilingue et l’affiche avec fierté. Certes, ce n’est pas l’Eldorado des linguistes et puristes mais on ne peut nier ce fait. Nos amis Cajuns, descendants des Acadiens « chassés » de leurs terres, ne nous le pardonneraient pas. Il faut toutefois souligner que la jeune garde tend à s’angliciser et il faudrait plus que les belles paroles de Zachary Richard pour redonner un élan à la cause francophone dans cette ancienne possession française.

    Il faut aussi souligner que Montréal est un phénomène en soit avec une réalité anglophone et allophone indéniable avec ses quartiers 100% anglophones ou allophones dans lesquels on sait certes parler français mais ou l’anglais ou les langues maternelles prédominent dans la vie de tous les jours, au travail comme à la maison.
    La loi 101 doit être l’un des nombreux instruments d’intégration des nouveaux arrivants afin de combattre le spectre de la peur se cachant derrière les débats autour des accommodements raisonnables.
    On se comprend mieux lorsque l’on parle la même langue et la langue de Molière, qui est aussi celle de Michel Tremblay, est assez riche et variée pour pouvoir avoir un dialogue ouvert et prolifique dans ce beau pays qui se donne tant de mal pour que le multiculturalisme ne laisse personne de côté.

  • Anonyme

    Trente ans déjà !
    Eh ben, la France a bien du retard a rattraper... Elle en est encore à ’on ne peut pas signer la charte européenne des langues régionales ou minoritaires, parce qu’elle est contraire à l’article 2 de la constitution : « la langue de la République est le francais“’. (Il est pourtant écrit que tout pays qui veut adhérer au Conseil de l’Europe doit souscrire à cette charte...)

    Et que s’est-il passé dans l’état français pendant ces trentes années ? Les langues autres que le français n’en finissent plus de mourir, suite aux politiques d’éradication linguistique poursuivies par la République. Quelques exemples pour l’illustrer :
    -Le breton est passé de 600.000 locuteurs en 1983 (et 1.300.000 au début du 20e siècle !) à environ 210.000 aujourd’hui.
    -La proportions de locuteurs bilingues du Pays Basque est passé en dix ans, entre 1991 et 2001, de 33% à 24%. Il n’y a pas de chiffre officiel depuis 2001.
    -En Alsace, il y avait 84% de germanophones/dialectophones en 1962, plus que 40% en 1999.

    Et ainsi de suite : la France compte 14 langues classés comme étant ’gravement menacées’ par l’UNESCO. Les langues minoritaires du territoire français ne sont protégées par aucun droit, aucune loi.

    Donc oui : bravo aux Canadiens et aux Québecois. La France, elle, encore une fois, se complait dans son francocentrisme, son hypocrisie et sa peur de la pluralité.

    • Anonyme

      J’habite au Luxembourpays où cohabitent 3 langues : le français, l’allemand et le luxembourgeois.
      Le luxembourgeois est une langue minoritaire : parlée par environ 300 000 personnes, sachant qu’il existe des formes multiples de cette langue (2 villages distants de 5 km ne parle pas forcément le même luxembourgeois). Elle reste très peu écrite.
      Depuis une vingtaine d’année cette langue a été reconnue officiellement. Le résultat : un renforcement du sentiment nationaliste autour de la langue, l’imposition du luxembourgeois se fait au détriment du français et/ou de l’allemand. Pourtant dès que nous parcourons 50 km, cette langue n’est plus parlée.
      Les employeurs luxembourgeois se servent de cette langue pour faire de la discrimination à l’embauche. Autre exemple, pour enseigner le français, il faut passer le concours dans les 3 langues (le luxembouregois semble être plus important que le niveau de français de la personnes).
      Pour résumer, cette langue finit par bafouer les lois européennes de libre accès au marché du travail et surtout par « autoriser » une discrimination entre luxembourgeois et étrangers (ce pays compte quand même 40% d’étrangers)

      Exemple à méditer sur la réalité des langues minoritaires !

      • Anonyme

        Je suis Sénégalais, je cherche du travail comme présentateur télé en Espagne, mais on ne m’en donne pas parce que je ne parle pas l’espagnol. Ils me disent que c’est la langue locale. Ici aussi l’espagnol « semble être plus important que le niveau de français de la personne ». C’est choquant, n’est-ce pas ?

         
        • Anonyme

          La difference est que le Luxembourgeois a statut egal avec le Francais et l’Allemand (aussi bien officiellement que, particularite Luxembourgeoise, linguistiquement, c’est-a-dire que les Luxembourgeois ont trois langues maternelles). Ceci dit, je ne vois pas non plus ce qu’il y a de choquant d’exiger la maitrise de la langue du pays, quelle taille doit-il faire pour qu’une telle exigence commence a etre acceptable ?

        • Anonyme

          Drole d’idée que de vouloir être présentateur télé pour un public dont vous ne parlez pas la langue. Cette histoire est probablement une blague !

          Mon-Al

        2 autres commentaires
      • Anonyme

        Plusieurs commentaires.
        - Si le luxembourgeois est une langue minoritaire, elle ne peut pas faire grand chose « au détriment du français et/ou de l’allemand’.
        - Pourquoi est-il choquant pour un étranger d’avoir à apprendre le luxembourgeois et pas le français ou l’allemand ? (“ cette langue finit par bafouer les lois européennes de libre accès au marché du travail ” [sic]). Cette indignation montre aussi que peut être, dans une certaine mesure, la politique linguistique du Luxembourg n’est pas très réussie, que le luxembourgeois n’a pas le même statut de normalité que les deux autres langues officielles pour certains.
        - Les lois (par exemple sur l’embauche) et chartes (comme au Québec) sont là pour assurer une place et un avenir aux langues menacées et les droits de leurs locuteurs, pour que le diamètre de 50km dans lesquels ils sont parlés ne rétrécissent pas jusqu’à disparaître.

        Pour finir, je suis tout à fait d’accord avec les commentaires des deux courageux anonymes précedents, et surtout : vive l’Espagne francophone (et l’ironie sénégalaise) !

  • Anonyme

    Arrêtez, le français parlé au Québec n’a qu’un très lointain rapport avec le français parlé en France : en particulier, le nombre d’anglicismes dépasse l’entendement. La langue française pourrait disparaître totalement en Amérique du Nord, je ne verserais pas la moindre larme.

    • Anonyme

      Je suis moi-même professeur de français à Ottawa, j’ai enseigné à Toronto et également à Montréal ainsi je m’intéresse de près à la question.
      Pour avoir également enseigné en France je peux dire que le nombre d’anglicismes présents dans la langue orale et écrite est croissant en métropole.
      Je suis tombé sur une émission de France diffusé sur TV5 parlant de « relooking » d’appartements. Ce mot n’existe même pas en anglais. La langue française est-elle pauvre au point que l’on ne puisse trouver d’autres alternatives à des anglicismes maladroits ?
      Je ne m’étendrai pas sur les « week-ends », le « parking », le « d.j », les « leaders », les « jet setters », les « sweat shirts », les « c’est cool » et autres mots branchés mal utilisés voire mal prononcés par moult Français et ce de manière quotidienne.

      L’enjeu ici et de considérer la présence historique du français au sein d’un pays majoritairement anglophone, sans frontières avec un pays francophone. Le Québec, et accessoirement les autres enclaves francophones, ont passé plusieurs centaines d’années coupés de l’évolution de la langue parlée en France. Ce n’est que bien tard que le français de France, dans toute sa modernité, a été diffusé grâce aux échanges, aux voyages, aux rencontres d’artistes, à l’Expo 67 et notamment à la révolution tranquille qui a mis le Québec sur la carte de la francophonie.
      Pendant longtemps, ceux qui ne recevaient pas une éducation formelle auprès des prêtres et des soeurs ne s’exprimaient en français qu’à l’oral par le biais du « joual », une des nombreuses variations du français, un français simplifié, mâtiné d’anglicismes pour tous ces mots savants, complexes ou nouveaux dont on ne connaissait pas ou plus l’équivalent de ce côté de l’Atlantique.
      Les structures complexes se sont perdues au fil du temps au profit de calques faciles mais fort utiles dans une vie de tous les jours loin des tracas linguistiques d’aujourd’hui.
      Les francophones du Canada étaient aussi des gens de la terre et ce n’est pas jeter la pierre aux agriculteurs français de France que de dire que leur langage est généralement châtié et somme toute fort simple.
      Des centaines d’années loin de la France et entouré d’anglophones et je doute que vous auriez un français identique à celui de la France...
      Le temps fait son oeuvre
      Les généralisations sont dangereuses et il faut aller à la rencontre des autres francophones du monde entier. Le français doit être vivant et accepter des nouvelles idées venant d’ailleurs (courriel est une invention québécoise...)

      Je vous encourage à lire les pièces de Michel Tremblay pour vous familiariser un peu plus avec le joual et la création issue du Canada français.
      Lisez le texte à voix haute, vous verrez que par instants on jurerait entendre des picards ou des chtimis. C’est qu’il ne faudrait pas oublier non plus les différents accents et langues régionales dérivés du français qui ont également leur place sur la scène linguistique française.

      Alexis.

      • Lemmy_Nothor
        Lemmy_Nothor
        - Gone fishing !
        • Posté à 14h37 le 06/09/2007
        • Internaute 12434
          - Gone fishing !

        J’ai vécu 49 ans au Québec, j’y ai même fait mes études. Dans un collège privé que je ne nommerai pas. Et je suis en total désaccord avec vous sur bien des points. Il est vrai qu’il y a eu un effort de fait depuis les années 50. C’est vrai.
        Le fait que le Québec ait été isolé n’est pas une excuse pour expliquer la situation linguistique déplorable. Vous voulez sauver la langue française en Amérique du Nord, alors utilisez la comme il faut.Ecoutez les enfants dans les cours d’écoles, ils sont incapables d’aligner trois mots à la suite de l’autre. Vous faites réference aux anglicismes utilisés en France, moi je n’y voit aucun inconvenient, parce les gens qui les utilisent, pourraient facilement les remplacer par leur équivalent français. Au Québec ils en seraient incapables. Aller dans un garage automobile vous verrez ce que je veux dire.
        Un Sénégalais, qui portant est lui aussi bien isolé de la France, ou bien n’importe quel autre pays francophone d’Afrique est capable de parler un français bien meilleur que ce qui s’utilise au Québec.
        Je tiens a redire qu’il y a eu un effort de fait, mais c’est loin d’être suffisant.

        L’ajout de mots étrangers n’est pas en soit un problème. Le problème c’est quand on ne connait pas les équivalents.
        Quant à Michel Tremblay, il a fait plus de tort que de bien, le joual est un language bien pauvre comparé à l’argot, et pas très imaginatif si ce n’est que d’un accent un peu different.

        Lemmy N..........en exil à Barcelone

      • Anonyme

        Je confirme, ayant vecu au milieu de la langue Picarde je n’ai pratiquement aucun probleme a comprendre les conversations de nos lointains cousin du Quebec , les sonorités sont tres proches.

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 11h30 le 03/09/2007
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    Au risque de me faire taper sur les doigts, je vous fait parvenir une chronique qui date de qques jours, par Pierre Foglia de La Presse.........sans aucune permission de l’auteur,ni de La Presse du reste, je tiens a le préciser

    Une petite école primaire, en banlieue, le jour de la rentrée. Pour l’occasion, les parents ont été invités à passer la première heure en classe avec leurs enfants. L’institutrice, toute jeune, souhaite la bienvenue aux enfants et leur sert le laïus que toutes les institutrices de la province doivent servir aux enfants le jour de la rentrée.

    Au fond de la classe, la maman de Marius prête plus ou moins attention quand, tout à coup, elle se raidit. La maîtresse vient de dire :

    Il faut que vous faisiez...

    Pardon ? Que vous fassiez, madame l’institutrice, c’est le subjonctif. Bien sûr, la maman de Marius a corrigé mentalement, silencieusement. Mais elle a maintenant les oreilles bien ouvertes et c’est ni plus ni moins l’horreur qui tombe dedans. La maîtresse vient de dire :

    Posez-vous pas la question de qu’est-ce qu’il faut faire.

    Holà ! Une heure plus tard, la maîtresse a répété au moins trois fois si j’aurais, pas une seule fois elle n’a employé une négation au complet, omettant systématiquement le « ne », gênez-vous pas, parlez pas, levez-vous pas...

    Et puis il y a eu le clou de la matinée. La maîtresse est passée à un jeu. Elle a demandé aux enfants : est-ce que quelqu’un peut me citer des noms d’insectes ? Un petit garçon a levé la main :

    Un escargot, madame.

    Bravo, bien trouvé, a dit la maîtresse. Quelqu’un d’autre pour me donner d’autres noms d’insectes ?

    Marius s’est retourné, il cherchait sa maman des yeux. Il sait, lui, parce que son papa le lui a appris, qu’un insecte a toujours six pattes. Quand une bestiole a plus que six pattes ou pas du tout de pattes, alors ce n’est pas un insecte.

    Dans la cour de l’école, la maman de Marius, abasourdie, s’ouvre aux autres parents : cela ne vous inquiète pas, ces il faut que vous faisiez ? Ces si j’aurais ? Cela ne vous dérange pas que l’escargot soit un insecte ?

    Non, cela n’inquiétait pas outre mesure les autres parents. Bof, madame, ne prenez pas cela tant à coeur, ce n’est pas si important. Un autre : on ne peut rien y faire, se plaindre serait placer nos enfants dans une situation délicate. Et comme la maman de Marius, bien que Québécoise, a un accent un peu pointu, elle s’est fait dire aussi : vous savez, madame, c’est notre façon de parler à nous, ici. Ce qui a achevé de l’enrager.

    Je suis québécoise et je ne dis pas si j’aurais. Mon père, plombier/électricien, savait qu’un escargot n’est pas un insecte. Ma mère ne disait pas il faut que vous faisiez et, à ma petite école, au lieu de dire « Posez-vous pas la question de qu’est-ce qu’il faut faire », mon institutrice disait : Ne vous demandez pas ce qu’il faut faire. Elle parlait simplement et correctement et n’en était pas moins québécoise.

    La maman de Marius a passé quelques jours à se demander si elle irait trouver le directeur. Si j’y vais, je vais passer pour une emmerdeuse. Si je n’y vais pas, je cautionne une aberration. Finalement, elle y est allée. Le directeur l’a écoutée poliment et, à la fin, il a eu ce commentaire :

    Vous pourriez facilement trouver pire, madame !

    C’est tout ce que vous trouvez à me dire ? a demandé la maman de Marius. Très bien, lorsque la maîtresse reprochera à mon fils d’avoir mal travaillé, je vais lui conseiller de répondre : Vous pourriez facilement trouver pire, madame.

    Le directeur a dit aussi : Vous savez, cette enseignante est une excellente pédagogue. La maman de Marius est sortie avant d’exploser. Si elle ne s’était pas retenue, ce qu’elle aurait crié au directeur aurait pu ressembler à ceci : que voulez-vous que ça me foute que ce soit une excellente pédagogue ? Sa pédagogie en fait seulement une conne plus redoutable, en cela que la pédagogie la rend seulement plus efficace à transmettre que l’escargot est un foutu insecte.

    Je ne sais pas quoi faire, vient de me dire la maman de Marius, aussi désemparée que fâchée. Ce n’est pas à une exception que je me bute, mais à un système. Pourquoi les parents cautionnent-ils ce système ? La solution serait-elle : tous à Stanislas ? J’en ai deux, ça ferait pas loin de 10 000$ par année, je n’ai pas les moyens.

    Attendez, je lui ai dit, ça va peut-être s’arranger...

    Attendre quoi ? Que Marius rate l’examen de français qu’il faut passer pour entrer à l’université ?

    Je me suis mis à rire. C’est encore loin et cela n’arrivera pas, c’est sûr !

    Pourquoi ?

    Parce que faut vraiment être très, très nul pour rater ce truc-là. Pensez à la prof de Marius, qui l’a réussi avec ses si j’aurais et ses je voudrais que vous faisiez.

    N’empêche que la maman de Marius a raison. Le problème n’est pas l’institutrice de Marius, mais le système dont elle est issue. Savez-vous combien de cours de grammaire pure reçoivent, durant leur formation, les étudiants qui vont avoir à enseigner le français au secondaire ? Deux. Tous les deux dans la première des quatre années du bac. Après ça, débarrassés de cette niaiserie, mon vieux, ils peuvent se concentrer sur l’essentiel : la pédagogie.

    L’autre jour, un prof de français du secondaire, justement, me demande la permission d’utiliser pour un de ses cours un mienne chronique déjà pas mal ancienne.

    Pourquoi cette chronique-là, toute paisible, toute en paysages ?

    Pour les paysages, justement, me dit-il.

    Pourquoi pas, alors, un grand texte classique ?

    Lequel ?

    Laissez-moi y penser et passez à l’entrée de La Presse à la fin de la semaine, j’aurai laissé un livre dans une enveloppe à votre nom. Je lui ai laissé Un balcon en forêt, de Julien Gracq, cet immense écrivain, aussi confidentiel qu’immense, dernier des grands classiques français à la prose surabondante et pourtant sans un mot de trop, une prose qu’on dirait écrite par un géographe, par le plus poète des géographes. Personne, même pas Lapouge, même pas Colin Thubron, même pas Nicolas Bouvier ne peut écrire un paysage après Gracq.

    Le prof me rappelle quelques jours plus tard : j’aimerais mieux utiliser votre chronique.

    Cette réflexion d’Alain Finkielkraut dans L’imparfait du présent, à propos de l’enseignement de la littérature, réflexion que je souligne à l’intention de notre ministre de l’Éducation : Les pessimistes ne sont pas assez pessimistes. Ils prévoient la catastrophe alors que, ni vu ni connu, elle a déjà eu lieu. Ils noircissent l’avenir quand c’est le présent qui est sinistré.