« Laïcité ouverte » : l'acte de foi de l'école québécoise

La laïcité en milieu scolaire fait débat au Québec, où depuis la rentrée, l'on enseigne éthique et religion au primaire et au secondaire.

Ethique (Clément de Gaulejac/DR).

(De Montréal) Pour débattre de ce programme, j'ai interviewé l'un de ses pères, Georges Leroux, professeur de philosophie à l'Université du Québec à Montréal. Il a signé un court essai pour expliquer son point de vue : « Ethique, culture religieuse, dialogue : arguments pour un programme ». Il y pose le débat sur la « laïcité ouverte », pendant québécois de la « laïcité positive » de Nicolas Sarkozy, en ces termes :

« Que peut comprendre un jeune des luttes fratricides du Proche-Orient, s'il ne sait retrouver dans la Bible l'histoire complexe de la Palestine et d'Israël ? (…) Accueillir l'autre, faire du dialogue une finalité essentielle de la démocratie, n'est-ce pas d'abord un travail de connaissance, d'histoire, de culture au sens le plus ouvert de ce mot ? »

L'école québécoise vise l'acquisition de compétences plutôt que de savoirs, depuis une réforme de l'éducation en 2000-2001 -réforme qui suscite, aujourd'hui encore, la résistance. Les élèves devront donc maîtriser trois compétences :

  • réfléchir sur des question éthiques ;
  • manifester une compréhension du phénomène religieux ;
  • pratiquer le dialogue.

Les jeunes Québécois apprendront, par exemple, qui sont Jésus, Bouddha, Mohamed, ou encore ce que signifient les fêtes de Noël, de Pâques, d'Hanouka, etc. Ils seront invités à réfléchir sur les différentes significations que peuvent revêtir ces célébrations parmi les différentes religions.

Du côté éthique, plusieurs réflexions seront abordées. Les élèves se demanderont notamment s'il faut toujours dire la vérité, une manière d'appréhender l'honnêteté. Ils se pencheront aussi sur les normes de vie en société, sur leur personne en tant qu'être unique, etc.

Enfin, ils apprendront à dialoguer sereinement, à élaborer leur point de vue et interroger les autres.

L'aboutissement de la déconfessionnalisation

La religion et l'école en quelques dates


1964 : le ministère de l'Education remplace l'Église catholique pour l'instruction des enfants
1984 : la catéchèse cède sa place au cours d'enseignement moral et religieux (catholique ou protestant) ou au cours d'enseignement moral
2005 : fin de la dérogation à la constitution canadienne, la Charte des droits et libertés, qui permettait de dispenser un enseignement religieux.

Le programme instauré cette année constitue l'aboutissement d'une volonté de déconfessionnaliser l'école. Paradoxal ? Pas selon Georges Leroux :

« Déconfessionnaliser l'école, c'est refuser le privilège de quelque confession que ce soit pour accéder à un espace laïc et séculier. »

Il estime que les acquis laïcs ne doivent pas être antireligieux. « Avoir des enfants qui ne connaissent rien des traditions des autres conduit aux pires aberrations et à l'intolérance », explique-t-il en interview.

Georges Leroux précise que l'adoption de ce programme ne se fera pas du jour au lendemain :

« Sur papier, c'est un changement radical. La réalité est une évolution plus lente. Si les métropoles vivent le pluralisme chaque jour, c'est une vue de l'esprit dans les régions. L'école du village ne bougera pas du jour au lendemain. »

Pour vaincre ces résistances, le volet de culture religieuse accordera une place prépondérante à la religion catholique et, dans une moindre mesure, au judaïsme et aux croyances autochtones. Les autres religions seront aussi abordées, mais moins fréquemment Georges Leroux, qui se rallie à ces arguments, poursuit :

« J'étais d'avis qu'on accorde plus de place à l'islam. Mais la société québécoise demeure assez chrétienne et veut garder une dimension patrimoniale. Une crispation islamophobe a voulu être évitée par le politique »

Les modèles américains et français en question

Dans le cadre de ses réflexions, Georges Leroux s'est penché sur les modèles français et américains. Au sujet du premier, il note qu'il « consiste à confier la transmission des normes à des modèles choisis d'abord dans la culture nationale ». Il se montre critique de ce modèle :

« Le fait que le répertoire fondamental soit associé à une culture unique ne l'aide pas à affronter l'évolution européenne vers une culture commune. (…) Il faut aussi noter que, sous la pression du pluralisme culturel et de l'immigration, ce modèle révèle son incapacité à intégrer dans l'espace public les communautés, surtout celles issues de pays musulmans, qui sont en déficit d'identité. »

Le chercheur note que le mémoire présenté par Régis Debray au président de la République en 2002 recommande d'introduire un enseignement culturel des traditions religieuses et des cultures constitutives de l'Europe.

Quant au modèle américain, il estime qu'il est en crise, car « menacé d'éclatement, sous la pression de demandes diversifiées ». « Malgré un idéal démocratique généreux, il s'engage dans un repli communautaire qui à la longue pourrait nuire à la culture américaine », écrit-il.

Des parents s'y opposent

Les médias divisés


Le programme d'éthique et de culture religieuse ne fait pas l'unanimité et les médias n'y échappent pas. Exemple éclairant : la rédactrice en chef du magazine L'Actualité, Carole Beaulieu, et l'un des chroniqueurs, Jacques Godbout, ont exprimé des points de vue divergents. La première s'est prononcée en faveur de la réforme :
« Des enfants qui grandissent dans des milieux éducatifs hier fermés au pluralisme seront sensibilisés au fait que certains de leurs voisins donnent des réponses différentes de celles de leurs parents aux grandes questions liées au sens de l'existence humaine. Il faut s'en réjouir. »

Le second s'y oppose :
« Au Québec, suivant notre tradition de suprême naïveté, l'école neutre deviendra le foyer de tous les irrationnels. Des milliers d'enseignants seront transformés en missionnaires œcuméniques. L'Etat a mis quarante ans à obtenir la déconfessionnalisation scolaire ; en quelques mois, les bien-pensants auront réintroduit la pensée magique au royaume de la science. »

Le Québec a donc choisi une autre voie. Mais du côté des parents, plusieurs résistances se font entendre, tant du côté des croyants que des laïcs.

Chez les premiers, certains « exigent la liberté de choisir » et demandent le retour à un enseignement confessionnel. « La frange catholique se sent trahie par la déconfessionnalisation », considère Georges Leroux. Et d'ajouter :

« Il faut les convaincre et les inviter à investir leurs paroisses. Ils doivent être absolument libre, à condition de ne pas empiéter sur les autres. »

Certaines paroisses tentent d'ailleurs d'occuper l'espace laissé libre par l'éducation nationale. L'Assemblée des évêques catholiques du Québec note que « l'ensemble des élèves sera initié à une compréhension positive du phénomène religieux, notamment des traditions catholique et protestante ». Du même souffle, ils s'inquiètent du fait que « l'approche socioculturelle du phénomène religieux pourrait conduire à une vision réductrice de l'expérience croyante ».

Du côté des laïcs, plusieurs parents craignent que l'athéisme et l'agnosticisme ne soient pas enseignés. Le mouvement laïc québécois appelle à l'abolition du volet de culture religieuse, considérant que :

« Le principal vice de ce programme consiste dans l'amalgame entre éthique et religion, laissant ainsi entendre que le comportement éthique ne peut être développé que lié à une croyance religieuse et qu'une personne sans religion serait forcément amorale ou immorale. »

Ce qui ne semble pas inquiéter Georges Leroux :

« S'ils pouvaient faire disparaître la religion, ils le feraient. Mais le volet éthique accomplit la mise en question rationnelle. Et les enfants font la différence entre la croyance et la non croyance ».

Il ajoute que les cours de philosophie, qui arrivent plus tard dans le cursus scolaire, renforceront cet apprentissage des conceptions séculières.

Les profs au cœur de la réforme

Reste la question des professeurs. Pourront-ils donner ce cours sans heurter leurs propres opinions ? Georges Leroux estime que oui, comme il l'écrit dans son livre :

« Pour plusieurs, ce programme sera l'occasion de retrouver une forme d'authenticité et de sincérité, certains ayant été placés auparavant dans l'enseignement confessionnel et moral d'une manière qui pouvait être difficilement compatible avec leurs convictions »

En interview, il ajoute qu'il faudra donner les moyens nécessaires à la formation adéquate des professeurs et qu'un comité de vigilance se penchera sur d'éventuels dérapages. Certains s'inquiètent toutefois du manque de formation des enseignants ou encore de quelques ratés, notamment des livres en retard.

Reste aussi la question des écoles privées confessionnelles, qu'elles soient catholiques, coraniques, hassidiques ou autres. Georges Leroux s'interroge : « Comment vont-elles enseigner ce programme ? Il n'y a pas de réponse simple, mais nous veillons au grain ».

Malgré ces critiques, un sondage publié mardi dans le quotidien Le Devoir montre que le cours d'éthique et de culture religieuse obtient un appui de 52 %. Et Georges Leroux demeure convaincu de sa pertinence : « Au fond, ce cours met à nu des différences profondes. Avant, on travaillait dans l'hypocrisie », conclue-t-il.

Photo : « Ethique » (Clément de Gaulejac/DR).

Mise à jour, 16/9/2008 à 22h47 : ajout du sondage publié par Le Devoir.

Ethique, culture religieuse, dialogue : arguments pour un programme de Georges Leroux - éd. Fidès - 120p., 9€.

177 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de nemo3637

à Deamon7 Portrait de Deamon7 De nemo3637

Déchoukeur | 16H31 | 18/09/2008 | Permalien

Deamon7 | Expat
Ce que vous dites n'est que l'énonciation de grands principes qui ne peuvent être compris ou appliqués au Québec que si on relativise bien ce qu'ont été dans la Belle Province, les institutions religieuses. Il y a bien sûr une histoire politique du Canada français, un vécu, marqué par la religion catholique. Cette religion n'a pas été imposée par le Ciel mais par le colonisateur anglais qui pensait maintenir ainsi les Canadiens français dans la soumission en leur laissant des « us et coutumes » acceptables.Et les curés, par exemple, ont donc eu un rôle administratif non négligeable.
Tout cela pour dire que les religions - qui inculquent la soumission à un ordre supérieur - ne font qu'affaiblir la capacité de raisonnement des individus et maintiennent les populations dans la dépendance de quelques uns.
Cela dit j'enseigne les religions en classe comme je fais aussi étudier certains fossiles de la préhistoire.

Portrait de Coragyps Atratus

De Coragyps Atratus

Dans l'attente du moment propice | 19H45 | 16/09/2008 | Permalien

 » L'école québécoise vise l'acquisition de compétences plutôt que de savoirs, depuis une réforme de l'éducation en 2000-2001 -réforme qui suscite, aujourd'hui encore, la résistance. Les élèves devront donc maîtriser trois compétences :

* réfléchir sur des question éthiques ;
* manifester une compréhension du phénomène religieux ;
* pratiquer le dialogue. »

Avons nous besoin spécifiquement des religions pour cela ? Fort heureusement, notre histoire universelle est aussi jalonnée de grands penseurs et de philosophes qui sont à même de faire réfléchir les élèves sur des grands sujets. La religion ne peut pas être oubliée mais elle ne doit pas prendre toute la place non plus. Nietzsche, Diogène de Synope, Descartes et tant d'autres encore doivent être au même plan que les religions : ni plus, ni moins. Après c'est à l'élève de faire ses propres choix. C'est comme cela que l'on devient un adulte responsable et capable de penser de façon autonome.
La moralité ou le dialogue entre les différentes cultures ne sont pas la chasse gardée des religions et ce n'est pas être adepte de la « laïcité fermée » que d'affirmer cela.

Portrait de Network 23

à Coragyps Atratus Portrait de Coragyps Atratus De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 12H30 | 18/09/2008 | Permalien

Comment comprendre Nietzsche si on n'a pas lu la Bible ?

D'ailleurs, c'est bien sa lecture qui m'a poussé à chercher une bible poussiéreuse chez moi pour comparer. Nietzsche est fils de pasteur, qui ne cesse de parodier la Bible, et surtout - avis aux athées - de montrer que les nouvelles idéologies (qu'il appelle « démocratie », « socialisme », « anarchisme » ou « utilitarisme ») sont encore trop imbibées de morale chrétienne.

La preuve de ce qu'il dit, c'est qu'on puisse dire - avec raison, certes - qu'on n'a pas besoin de religion pour se sentir coupable.

L'idée selon Nietzsche serait de réussir à se sentir innocent, mais avouons que c'est hors de notre portée !

Portrait de sam09

De sam09

20H07 | 16/09/2008 | Permalien

Comme bouquin de classe sur le catholicisme, je propose « Les aventures de Dieu » de Cavana. Je le conseille à partir de trois ans. C'est mortel de rire.

Portrait de Courageux anonyme

De l´axe du bien

20H27 | 16/09/2008 | Permalien

par contre je ne rejoins pas une majorité des posteurs qui défendent le terme « laic intégriste ». j´aimgine le type qui veut étrangler le premier qui ne fait qu´évoquer sa religion, ou une religion, sans faire de proselytisme pour autant… les athées ne sont pas des bêtes, tout de même !
cela n´a rien a voir avec le fait d´interdire l´enseignement religieux a l´école… de même qu´on apprend pas la pêche aux moules aux requin blanc !

Portrait de Deamon7

De Deamon7

France d'en haut | 21H10 | 17/09/2008 | Permalien

Les athées ne sont pas des laïques

Portrait de kuyuh

De kuyuh

21H31 | 16/09/2008 | Permalien

« En tant qu'athée, je crois que Dieu n'existe pas
Cela reste une croyance. »
Hum…
Un peu facile d'affirmer une chose et de dire ensuite que celui qui n'y croit pas « croit » le contraire… Un type a marché sur l'eau : l'athée qui n'y croit pas est mis dans le même sac que celui qui accepte pareille affirmation ! Et l'agnostique, il sait pas : 50/50 ! ! !
Non : L'athée a la sincérité de dire qu'il n'aime pas trop qu'on se moque de lui, et pour l'agnostique, la question ne se pose pas, point.
…mais si c'est vrai pour les 72 vierges, prévenez-le quand même…

Portrait de Amazone

à kuyuh Portrait de kuyuh De Amazone

13H27 | 17/09/2008 | Permalien

Les scientifiques reconnaissent eux-mêmes qu'ils ne peuvent remonter au delà du big bang. Donc tout ce qui s'est passé avant est invérifiable, indémontrable scientifiquement, on est d'accord ?
Donc, tout ce qui s'est passé avant (dieu, principe créateur, grand barbu, etc) ou ne s'est pas passé (le néant, mais qui est objectivement quelque chose quand même ! ) relève bien de la croyance, de la supputation.

Après, c'est vrai que marcher sur l'eau ou ouvrir en 2 la mer morte, ça demande un saut de foi assez « conséquent » (parce qu'on quitte le domaine de la spiritualité « pure » pour entrer dans la religion, qui est surtout affaire de superstitions et d'évènements supra-rationnels) : on peut difficilement y adhérer « rationnellement » car cela contredit les lois de la physique qui elles sont connues et démontrables.

Portrait de madrid

De madrid

21H50 | 16/09/2008 | Permalien

Hola de Madrid
Je ne peux pas penser à la laïcité sans penser à la religion, par définition de celle-ci.
Oui mais quand je pense à la religion je ne peux que compter le nombre de querres, massacres, qui ont été, et qui sont encore commis de nos jours.
ZEUS ne l'a pas demandé.

Portrait de lioe

De lioe

berlin | 22H59 | 16/09/2008 | Permalien

Je crois parfois que Dieu, en créant l'homme, a quelque peu surestimé ses capacités. »

Oscar Wilde

Portrait de ydcl

à lioe Portrait de lioe De ydcl

23H04 | 16/09/2008 | Permalien

Amen !

Portrait de Meinhof

De Meinhof

Chef marketing | 08H59 | 17/09/2008 | Permalien

Vivement la scientologie à l'école…

Portrait de Ashel

De Ashel

écrivain | 09H24 | 17/09/2008 | Permalien

Le débat est intéressant mais si l'on s'imagine un jour éradiquer de l'homme sa dimension fanatique, on rêve ! Chrétien, Musulman, Juif ou autre laïque, il suffit que l'un d'eux décrète que ses conceptions sont les seules valables pour que tout s'embrase. C'est le fanatisme qui cause les dégâts, nul ne l'ignore ! Enseigner l'histoire des idées et des religions ne l'éradiquera pas mais c'est en tout cas mieux que rien.

Portrait de pseudoo

De pseudoo

citoyen lambda | 09H54 | 17/09/2008 | Permalien

En voyant les réactions des lecteurs, on se rend compte qu'en France, la liberté de religion est loin d'être un fait et que la tolérance en matière de religion n'existe pas. Il n'y a qu'en France qu'il y a eu un débat sur le port du foulard à l'école…
Nous avons des progrès à faire !
Et le débat au Canada ne concerne que peu la laïcité, il s'agit plutôt d'une levée de boucliers suite au remplacement des cours de catéchisme par des cours de culture religieuse, qui abordent toutes les grandes religions. Les parents ont peur que cela embrouille les élèves…

Portrait de Meinhof

à pseudoo Portrait de pseudoo De Meinhof

Chef marketing | 10H20 | 17/09/2008 | Permalien

La liberté de culte est du domaine du privé.
En France on respecte cela, les religions et autres sectes n'ont rien à foutre ailleurs que dans la sphère privée.

Portrait de Amazone

à Meinhof Portrait de Meinhof De Amazone

12H24 | 17/09/2008 | Permalien

Ok, mais cela n'empêche pas que le fait religieux, les différentes doctrines puissent être étudiées à l'école ! On peut très bien étudier une religion, un système de pensée, une vision du monde, quelqu'elle soit, sans pour autant obliger les auditeurs à y adhérer…

Portrait de Pierrrrre

à Meinhof Portrait de Meinhof De Pierrrrre

18H21 | 17/09/2008 | Permalien

 »….les religions et autres sectes n'ont rien à foutre …. »
► tout est dit, par une expression emplie de tolérance et de respect des autres…

Portrait de baxbrin

De baxbrin

Enseignant en IdF | 11H37 | 17/09/2008 | Permalien

Quel dur débat !
Perso, cet article m'a éclairé sur deux choses vraies : L'intégration des religions autres que catholique ne marche pas en France car tout est prévu pour des cathos. Et avec le montée des intégrismes, on en vient à une opposition entre les « communautés » ; vous connaissez le gros mot en -isme qui va avec.

Deuzio, philosophiquement, connaître les autres religions est le meilleur moyen de les comprendre et de bien s'entendre avec.

Il faut brider les religions pour qu'elles ne gouvernent pas, oui, mais jusqu'à quel point ?

Je suis athée mais j'ai lu Bible et Coran, et j'y ai appris plein de choses (pas forcément rassurantes d'ailleurs)…

Ce qui se fait ailleurs n'est pas forcément NOTRE solution, mais ça a le mérite de faire réfléchir.

Portrait de MadMax

De MadMax

étudiant | 14H03 | 17/09/2008 | Permalien

« Que peut comprendre un jeune des luttes fratricides du Proche-Orient, s'il ne sait retrouver dans la Bible l'histoire complexe de la Palestine et d'Israël ? »

Je crois que c'est mal barré, si pour comprendre le conflit Israelo-Palestinien il faut aller piocher dans la bible…

Il me semble qu'il y a confusion entre l'Histoire et les histoires…

pour comprendre le génocide au Rwanda, n'hésitez pas à consulter l'ouvrage de référence : « Tintin au Congo »

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 14H09 | 17/09/2008 | Permalien

« C'est qui Dieu ? »
« Tu vois quand tu veux quelque chose et que tu espère très très fort ? »
« Oui… »
« Et bin Dieu, c'est celui qui s'en fout »

© The Island (à quelque chose près)

Portrait de Pierrrrre

à Keldan Portrait de Keldan De Pierrrrre

18H22 | 17/09/2008 | Permalien

Mais nonnnnn.. je ne m'en fout pas….

Portrait de Waldeck

De Waldeck

Naufragé en Sarkoland | 17H22 | 17/09/2008 | Permalien

Bon, je vois que le Gaétan est à son poste, près de l'Autel de la très Sainte Immaculée Conception, mais je ne vois pas notre très pieux « Christ du Fier / Grosniqueur ».

Où se cache-t-il, tabernacle !

Tabernacle ? Tiens, oui, peut être…

Portrait de Pierrrrre

De Pierrrrre

18H18 | 17/09/2008 | Permalien

Un problème qui apporte beaucoup d'interrogations, incite à la réflexion.. et à l'hésitation…

une certitude se dégage quand même :
celle sur la qualité et la clarté de son exposé.

Portrait de déluge

à Pierrrrre Portrait de Pierrrrre De déluge

menuisier | 23H05 | 17/09/2008 | Permalien

Pierrrrre, qu'avez-vous fait de vos « =======> »,
Grand dieu, tout fout l'camp.

Portrait de Pierrrrre

à déluge Portrait de déluge De Pierrrrre

08H40 | 18/09/2008 | Permalien

==> je ne fais pas flèche de tout bois.

Portrait de schkasse

De schkasse

(homme) | 21H07 | 17/09/2008 | Permalien

Le problème de la religion à l'école me semble être tout sauf une question de tolérance. Même l'enseignement de l'histoire des religions me paraît douteux pour deux raisons on ne peut plus simples : comment voulez-vous qu'un enseignement ne laisse pas transparaître les options personnelles d'un enseignant au travers d'un cours sur ce genre de questions, d'une part, comment peut-on s'assurer d'autre part que l'on connait les véritables ressorts d'une histoire souvent vieille de plusieurs siècles ?

Un enfant ne choisit pas d'aller à l'école publique, on l'y envoie. On doit donc lui enseigner ce qui ne dépend pas des options spirituelles, philosophiques, politiques, etc, etc… de l'enseignant. Libre à l'enfant plus tard, de rechercher la ou les personnes qui l'initieront à la spiritualité qui l'attire, et encore, s'il y en a une.

Alors la science n'est peut-être pas objective, là n'est absolument pas le problème : si un prof zappe le cours de dissection des grenouilles parce qu'il a horreur de ça, c'est nettement moins grave que s'il oublie de parler de l'inquisition mais qu'il insiste bien en revanche sur Charles Martel. Evidemment, c'est tout aussi valable dans l'autre sens. Implicitement pour les enfants, c'est établir le bien d'un côté, le mal de l'autre. Avant de les livrer à tout ça, ils doivent apprendre à exercer leur esprit critique sur des choses, des expériences, communes, qui n'impliquent pas des sentiments personnels. D'où la science. La gravité, c'est peut-être pas objectif, j'en sais rien, toujours est-il que la chute des corps est la même chez tout le monde.

La tolérance est fille de l'esprit critique, pas de « l'esprit de tolérance », invention bidon que semblent invoquer les partisans de la « laicité positive ». L'esprit critique, ça fait des millénaires que les plus grands esprits la développent comme un de leur plus grand bien en s'exerçant à réfléchir sur tout ce qui nous est commun.

La séparation de la sphère PRIVEE et de la sphère PUBLIQUE, c'est tout simplement ça. Pour parler et discuter de mes opinions spirituelles, je peux bien aller le faire avec qui je veux, et si c'est pas avec mon prof, la société DOIT le respecter. En revanche, la société me demande d'être capable de dialoguer avec tout un chacun de ce qui fonde l'expérience commune de la vie. C'est le creuset de l'esprit critique, qui lui mène ensuite à la tolérance. Croire qu'on rendra les enfants tolérants en leur enseignant que les aborigènes australiens vénèrent un gros caillou rouge, alors que les chamans préfèrent s'envoyer en l'air avec un bon calumet, attendez… faut franchement croire avoir inventé l'eau chaude pour en arriver là… Si c'était aussi simple, vous pensez pas que des esprits qui furent nettement plus brillants que le votre y auraient pensé avant vous non ? J'hallucine… Beaucoup de gens ont vraiment besoin de se remettre à lire pour remettre un peu leur intelligence à sa place… C'est quoi le propre de l'esprit enfantin : ce n'est pas justement d'établir des préférences sans raisons, par pure inclination naturelle et animale ? « Non mon petit Nicolas, tu ne dois pas dire que ces aborigènes sont vraiment des nazes parce qu'ils adorent rien qu'un tas de caillasse : c'est bien, un tas de caillasse. C'est joli ». Ou alors : « Non mon petit Nicolas, tu ne dois pas dire que ces aborigènes sont vraiment des nazes parce qu'ils adorent rien qu'un tas de caillasse : en effet, je vais maintenant te parler de la symbolique de la pierre et du rouge (…) ».

Là on est dans le registre du ridicule. Mais ne pas voir même qu'en enseignant les guerres de religions, l'histoire des religions, on risque toujours de favoriser un camp et pas l'autre, et donc de porter préjudice à un enfant en fonction de ses origines, surtout si ses parents ont la bêtise d'afficher en public leurs opinions personnelles, c'est déjà grave, et ça montre que la dérive vers l'obscurantisme a bel et bien redémarré.

Enfin vous l'aurez compris, les religions pour moi n'ont strictement rien à faire à l'école publique obligatoire, y compris pour ce qui est de leur histoire. Ce n'est pas être laïcard, d'ailleurs je ne suis pas athée, c'est simplement comprendre le formidable pas en avant qu'est la Loi de 1905 dont tout le monde parle sans l'avoir lue et qui protège chaque citoyen d'éventuelles humiliations dans la société. C'est du même acabit que les lois anti-discrimination, les lois sur l'égalité homme-femme, etc, etc… En revanche que l'on incite les familles, à travers des associations ou je ne sais quoi, à faire découvrir la diversité du monde spirituel à leurs enfants, je ne peux qu'y être favorable.

Portrait de baxbrin

De baxbrin

Enseignant en IdF | 13H08 | 20/09/2008 | Permalien

Je vous comprends, Schkasse, sans être d'accord avec vous.

Mes opinions me regardent, mais il est facile, en tant qu'enseignant, d'exprimer le positif ou l'obligatoire même si ne n'est pas ma tasse de thé. Si vous ne savez pas cacher vos convictions, les enseignants, eux, y sont habitués (ne serait-ce que pour rappeler que Sarko^ù*$=) n'est pas une insulte mais le président de notre république…).

Exemple pour les religions : elles ont toutes eu un impact fondateur et ont jeté les bases d'une morale qui était historiquement nécessaire. Qui peut dire le contraire ? On peut donc faire comprendre le positif tout en laissant percevoir que, attention, il y a aussi eu des excès. Pour ces derniers, il faut plus de maturité et de connaissances pour comprendre… afin de ne pas les oublier. Surtout pas, car il importe de contenir les élans des fous de dieu.

Vous oubliez que pour que les gens s'entendent, il faut qu'il se comprennent et se connaissent ; ce que l'on ne peut confier à « des associations ou je ne sais quoi » comme vous dites. Quand on interdit une chose, il faut savoir proposer des solutions alternatives. Sinon on ferme sa g… ; surtout que les assoces, justement, sont le truc le plus facile à noyauter pour les ultras.

C'est particulièrement important de nos jours, où communautari ! *ù$ et intégri ! ù^$à sont à la mode. Il faut développer exégèse et connaissance.

Sinon le « prochain millénaire sera religieux ». Merde alors !

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