« Laïcité ouverte » : l'acte de foi de l'école québécoise

La laïcité en milieu scolaire fait débat au Québec, où depuis la rentrée, l'on enseigne éthique et religion au primaire et au secondaire.

Ethique (Clément de Gaulejac/DR).

(De Montréal) Pour débattre de ce programme, j'ai interviewé l'un de ses pères, Georges Leroux, professeur de philosophie à l'Université du Québec à Montréal. Il a signé un court essai pour expliquer son point de vue : « Ethique, culture religieuse, dialogue : arguments pour un programme ». Il y pose le débat sur la « laïcité ouverte », pendant québécois de la « laïcité positive » de Nicolas Sarkozy, en ces termes :

« Que peut comprendre un jeune des luttes fratricides du Proche-Orient, s'il ne sait retrouver dans la Bible l'histoire complexe de la Palestine et d'Israël ? (…) Accueillir l'autre, faire du dialogue une finalité essentielle de la démocratie, n'est-ce pas d'abord un travail de connaissance, d'histoire, de culture au sens le plus ouvert de ce mot ? »

L'école québécoise vise l'acquisition de compétences plutôt que de savoirs, depuis une réforme de l'éducation en 2000-2001 -réforme qui suscite, aujourd'hui encore, la résistance. Les élèves devront donc maîtriser trois compétences :

  • réfléchir sur des question éthiques ;
  • manifester une compréhension du phénomène religieux ;
  • pratiquer le dialogue.

Les jeunes Québécois apprendront, par exemple, qui sont Jésus, Bouddha, Mohamed, ou encore ce que signifient les fêtes de Noël, de Pâques, d'Hanouka, etc. Ils seront invités à réfléchir sur les différentes significations que peuvent revêtir ces célébrations parmi les différentes religions.

Du côté éthique, plusieurs réflexions seront abordées. Les élèves se demanderont notamment s'il faut toujours dire la vérité, une manière d'appréhender l'honnêteté. Ils se pencheront aussi sur les normes de vie en société, sur leur personne en tant qu'être unique, etc.

Enfin, ils apprendront à dialoguer sereinement, à élaborer leur point de vue et interroger les autres.

L'aboutissement de la déconfessionnalisation

La religion et l'école en quelques dates


1964 : le ministère de l'Education remplace l'Église catholique pour l'instruction des enfants
1984 : la catéchèse cède sa place au cours d'enseignement moral et religieux (catholique ou protestant) ou au cours d'enseignement moral
2005 : fin de la dérogation à la constitution canadienne, la Charte des droits et libertés, qui permettait de dispenser un enseignement religieux.

Le programme instauré cette année constitue l'aboutissement d'une volonté de déconfessionnaliser l'école. Paradoxal ? Pas selon Georges Leroux :

« Déconfessionnaliser l'école, c'est refuser le privilège de quelque confession que ce soit pour accéder à un espace laïc et séculier. »

Il estime que les acquis laïcs ne doivent pas être antireligieux. « Avoir des enfants qui ne connaissent rien des traditions des autres conduit aux pires aberrations et à l'intolérance », explique-t-il en interview.

Georges Leroux précise que l'adoption de ce programme ne se fera pas du jour au lendemain :

« Sur papier, c'est un changement radical. La réalité est une évolution plus lente. Si les métropoles vivent le pluralisme chaque jour, c'est une vue de l'esprit dans les régions. L'école du village ne bougera pas du jour au lendemain. »

Pour vaincre ces résistances, le volet de culture religieuse accordera une place prépondérante à la religion catholique et, dans une moindre mesure, au judaïsme et aux croyances autochtones. Les autres religions seront aussi abordées, mais moins fréquemment Georges Leroux, qui se rallie à ces arguments, poursuit :

« J'étais d'avis qu'on accorde plus de place à l'islam. Mais la société québécoise demeure assez chrétienne et veut garder une dimension patrimoniale. Une crispation islamophobe a voulu être évitée par le politique »

Les modèles américains et français en question

Dans le cadre de ses réflexions, Georges Leroux s'est penché sur les modèles français et américains. Au sujet du premier, il note qu'il « consiste à confier la transmission des normes à des modèles choisis d'abord dans la culture nationale ». Il se montre critique de ce modèle :

« Le fait que le répertoire fondamental soit associé à une culture unique ne l'aide pas à affronter l'évolution européenne vers une culture commune. (…) Il faut aussi noter que, sous la pression du pluralisme culturel et de l'immigration, ce modèle révèle son incapacité à intégrer dans l'espace public les communautés, surtout celles issues de pays musulmans, qui sont en déficit d'identité. »

Le chercheur note que le mémoire présenté par Régis Debray au président de la République en 2002 recommande d'introduire un enseignement culturel des traditions religieuses et des cultures constitutives de l'Europe.

Quant au modèle américain, il estime qu'il est en crise, car « menacé d'éclatement, sous la pression de demandes diversifiées ». « Malgré un idéal démocratique généreux, il s'engage dans un repli communautaire qui à la longue pourrait nuire à la culture américaine », écrit-il.

Des parents s'y opposent

Les médias divisés


Le programme d'éthique et de culture religieuse ne fait pas l'unanimité et les médias n'y échappent pas. Exemple éclairant : la rédactrice en chef du magazine L'Actualité, Carole Beaulieu, et l'un des chroniqueurs, Jacques Godbout, ont exprimé des points de vue divergents. La première s'est prononcée en faveur de la réforme :
« Des enfants qui grandissent dans des milieux éducatifs hier fermés au pluralisme seront sensibilisés au fait que certains de leurs voisins donnent des réponses différentes de celles de leurs parents aux grandes questions liées au sens de l'existence humaine. Il faut s'en réjouir. »

Le second s'y oppose :
« Au Québec, suivant notre tradition de suprême naïveté, l'école neutre deviendra le foyer de tous les irrationnels. Des milliers d'enseignants seront transformés en missionnaires œcuméniques. L'Etat a mis quarante ans à obtenir la déconfessionnalisation scolaire ; en quelques mois, les bien-pensants auront réintroduit la pensée magique au royaume de la science. »

Le Québec a donc choisi une autre voie. Mais du côté des parents, plusieurs résistances se font entendre, tant du côté des croyants que des laïcs.

Chez les premiers, certains « exigent la liberté de choisir » et demandent le retour à un enseignement confessionnel. « La frange catholique se sent trahie par la déconfessionnalisation », considère Georges Leroux. Et d'ajouter :

« Il faut les convaincre et les inviter à investir leurs paroisses. Ils doivent être absolument libre, à condition de ne pas empiéter sur les autres. »

Certaines paroisses tentent d'ailleurs d'occuper l'espace laissé libre par l'éducation nationale. L'Assemblée des évêques catholiques du Québec note que « l'ensemble des élèves sera initié à une compréhension positive du phénomène religieux, notamment des traditions catholique et protestante ». Du même souffle, ils s'inquiètent du fait que « l'approche socioculturelle du phénomène religieux pourrait conduire à une vision réductrice de l'expérience croyante ».

Du côté des laïcs, plusieurs parents craignent que l'athéisme et l'agnosticisme ne soient pas enseignés. Le mouvement laïc québécois appelle à l'abolition du volet de culture religieuse, considérant que :

« Le principal vice de ce programme consiste dans l'amalgame entre éthique et religion, laissant ainsi entendre que le comportement éthique ne peut être développé que lié à une croyance religieuse et qu'une personne sans religion serait forcément amorale ou immorale. »

Ce qui ne semble pas inquiéter Georges Leroux :

« S'ils pouvaient faire disparaître la religion, ils le feraient. Mais le volet éthique accomplit la mise en question rationnelle. Et les enfants font la différence entre la croyance et la non croyance ».

Il ajoute que les cours de philosophie, qui arrivent plus tard dans le cursus scolaire, renforceront cet apprentissage des conceptions séculières.

Les profs au cœur de la réforme

Reste la question des professeurs. Pourront-ils donner ce cours sans heurter leurs propres opinions ? Georges Leroux estime que oui, comme il l'écrit dans son livre :

« Pour plusieurs, ce programme sera l'occasion de retrouver une forme d'authenticité et de sincérité, certains ayant été placés auparavant dans l'enseignement confessionnel et moral d'une manière qui pouvait être difficilement compatible avec leurs convictions »

En interview, il ajoute qu'il faudra donner les moyens nécessaires à la formation adéquate des professeurs et qu'un comité de vigilance se penchera sur d'éventuels dérapages. Certains s'inquiètent toutefois du manque de formation des enseignants ou encore de quelques ratés, notamment des livres en retard.

Reste aussi la question des écoles privées confessionnelles, qu'elles soient catholiques, coraniques, hassidiques ou autres. Georges Leroux s'interroge : « Comment vont-elles enseigner ce programme ? Il n'y a pas de réponse simple, mais nous veillons au grain ».

Malgré ces critiques, un sondage publié mardi dans le quotidien Le Devoir montre que le cours d'éthique et de culture religieuse obtient un appui de 52 %. Et Georges Leroux demeure convaincu de sa pertinence : « Au fond, ce cours met à nu des différences profondes. Avant, on travaillait dans l'hypocrisie », conclue-t-il.

Photo : « Ethique » (Clément de Gaulejac/DR).

Mise à jour, 16/9/2008 à 22h47 : ajout du sondage publié par Le Devoir.

Ethique, culture religieuse, dialogue : arguments pour un programme de Georges Leroux - éd. Fidès - 120p., 9€.

177 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de Tophee

à I.P Portrait de I.P De Tophee

en haut a gauche | 16H36 | 16/09/2008 | Permalien

Je ne connais pas toutes les religions dans le détails il est vrais. Mais les juifs non-t-il pas un grand pardon tous les ans ? Êtes vous certain que les autre religions ne vous échangent pas un joli pardon bien briqué contre quelques simagrées convaincantes ?

Portrait de Mon-Al

à I.P Portrait de I.P De Mon-Al

roturière :-) | 16H44 | 16/09/2008 | Permalien

.
.
Chez les protestants, la confession est directe avec dieu, sans intermédiaire … directement du producteur au consommateur. Chez les Juifs, idem, le Grand Pardon annuel est pour tous : tout le monde se pardonne et Hoshaana Raba, tout est fini … Chez les musulmans, kif kif : excusez, passez sur (leurs) fautes et (leur) pardonnez, sachez que Dieu est pardonneur, très miséricordieux. (Coran, 64 : 14)

Alors, dans toutes les religions, c'est hypocrisie, seule la forme est différente.

Quid chez les bouddhistes ?

Portrait de Tophee

à Mon-Al Portrait de Mon-Al De Tophee

en haut a gauche | 17H02 | 16/09/2008 | Permalien

Ceux qui conçoivent les religions ne sont pas des idiots. Ils savent qu'ils doivent monnayer la soumission des fidèles. Je te donne un peu de pardon par-ci, un beau paradis par la, cela me coute pas cher et toi tu me donne du pouvoir ! Une arnaque comme cela, même le medef n'en a jamais réussie !

Portrait de compte désactivé 2

à Mon-Al Portrait de Mon-Al De compte désactivé 2

16H48 | 16/09/2008 | Permalien

Enlevez donc vos gros sabots avant de venir parler de sujets qui vous dépassent…

Portrait de Tophee

à compte désactivé 2 Portrait de compte désactivé 2 De Tophee

en haut a gauche | 17H19 | 16/09/2008 | Permalien

Ce que j'aime chez vous, c'est la qualité de l'argumentation. Cela élève le débat et sert si biens les idées que vous défendez.

Portrait de ydcl

à compte désactivé 2 Portrait de compte désactivé 2 De ydcl

21H05 | 16/09/2008 | Permalien

Effectivement on est dépassé par tant de bêtise ! Une petite blaguounette de curé sympa :
Sais-tu que les anglais ont rendu un svce à la France, en brûlant Jeanne d'Arc ?
Pourquoi ?
Ils ont brûlé 60kg d'héroïne !

Portrait de yamato

à Tophee Portrait de Tophee De yamato

19H56 | 16/09/2008 | Permalien

Sefero 49,sophee,Voyons !

Justement, ce qui doit nous distinguer des croyants, c'est que nous cherchons, c'est que nous doutons…Nous n'avons pas de certitudes, pas de croyances.

Et si parfois nous trouvons, et bien, doutons que ce soit suffisant et cherchons encore ou autre chose.

Croire, c'est arrêter de réfléchir.

Ceci dit, parfois, croire doit être plus reposant et moins inquiétant.

Disons que l'on peut croire pendant la sieste…

Ah, ça se fait déja ? Un rêve ça s'appelle ?

Portrait de dt_ytsejam_dt

De dt_ytsejam_dt

Frouze en Suisse. | 15H39 | 16/09/2008 | Permalien

Au sujet de ce débat fort intéressant qu'est la place des religions dans l'enseignement je dirais qu'il faut quand même prendre garde de ne pas sombrer dans l'extrémisme le plus dur d'un coté comme de l'autre. Ainsi, si je suis attaché à la laïcité dans l'enseignement, c'est avant tout dans son aspect anti-prosélitiste. Autrement dit, il me parait important en effet que l'enseignement dispensé aux enfants ne porte pas sur les « morales » propres à telle ou telle religion. Ceci dit, il en est de même pour la politique (à titre personnel j'ai souvenir des « prêches » socialisante d'un instituteur de primaire, des quasi-apologies du Marxisme d'un professeur d'économie de lycée et des textes très orientés dont nous abreuvait un professeur d'Espagnol…) d'une part et d'autre part et surtout, cela ne doit pas signifier qu'il faille bannir toute allusion aux religions. Ainsi, dans des matières telles que l'Histoire, la Littérature, la Philosophie, voir les sciences…il me parait indispensable de faire une référence à ce que j'appellerais l'Histoire des Religions…En résumé, la laïcité doit être vue comme le refus de tout enseignement à caractère religieux per se mais pas comme la négation de ce que les religions ont pu avoir comme importance et influences (bonnes ou mauvaises) dans notre histoire.

Portrait de solstice

à dt_ytsejam_dt Portrait de dt_ytsejam_dt De solstice

pigiste | 16H21 | 16/09/2008 | Permalien

A part votre pseudo « dt_ytsejam_dt » -heureusement que le copier-coller existe- je suis complètement d'accord avec vous.

L'histoire des religions est au programme des 6è, et c'est formidable. Cela m'a permis d'expliquer à mon fils de 11 ans à l'époque que non, « les arabes, c'est (pas) tous des salauds » (après le 11 novembre maudit) : toutes les religions avaient connu cette période intégriste et que nous, cela s'appelait l'inquisition et que si les musulmans ont 600 ans de moins que les catholiques, le résultat est presque le même : « j'te bute si t'es pas d'accord ». La méthode est plus moderne, c'est tout !

Portrait de Eric citoyen

De Eric citoyen

"Casse ta tv" c'est ta seule chance... | 15H35 | 16/09/2008 | Permalien

Bonjour à toutes et tous,

Au nom de la laïcité entre-ouverte et presque positive … je demande à Nicolas SARKZOY et Xavier DARCOS d'instaurer des cours du culte de BACCHUS à l'Ecole et dès la maternelle…

Sinon, je demande à ZEUS de foudroyer la FRANCE et l'EUROPE .

Bésitos

Eric Bloggeur

http://monmulhouse.canalblog.com/

Portrait de Tophee

à Eric citoyen Portrait de Eric citoyen De Tophee

en haut a gauche | 15H47 | 16/09/2008 | Permalien

Il est certain que de dieux comme Bacchus et Comus peuvent rendre les religons attractives

Portrait de sûrderien

à Tophee Portrait de Tophee De sûrderien

paresseux | 16H04 | 16/09/2008 | Permalien

et surtout le dieu phallus !

Portrait de Saheyus

à Eric citoyen Portrait de Eric citoyen De Saheyus

Rêveur invétéré | 16H49 | 16/09/2008 | Permalien

Hey, quand on sait le nombre d'éléments que les religions monothéistes ont pillés dans la religion grecque (notamment), c'est pas forcément une mauvaise idée.

Portrait de ydcl

à Eric citoyen Portrait de Eric citoyen De ydcl

21H07 | 16/09/2008 | Permalien

Avec Cupidon comme messager !

Portrait de aur

De aur

16H02 | 16/09/2008 | Permalien

« La laïcité en milieu scolaire fait débat au Québec, où depuis la rentrée, l'on enseigne éthique et religion au primaire et au secondaire. »

Une fois de plus les mots « éthique » et « religion » sont associés comme si la religion était seule garante de la morale. Cette idée est largement véhiculée pas nombre de religieux mais aussi par notre bon président qui, en tant que fervant croyant, est d'une moralité irréprochable !

Portrait de Tophee

à aur Portrait de aur De Tophee

en haut a gauche | 16H16 | 16/09/2008 | Permalien

Et oui. Il ne faut pas oublier que l'éthique religieuse recommande dans bien des cas de tuer les infidèles

Portrait de renaudot

De renaudot

16H16 | 16/09/2008 | Permalien

gaétan ; c'est l'opus dei dans toute sa splendeur ?
moi ; je prêche pour Dagda,dieu majeur des celtes ;
et dont l'antériorité me parait difficile à mettre en doute !

Portrait de meg

à renaudot Portrait de renaudot De meg

18H52 | 16/09/2008 | Permalien

Gaétan n'est qu'un troll et la seule chose à faire contre ce genre de personnages c'est de ne pas leur répondre, ainsi ils se lassent et vont polluer d'autres horizons.

Portrait de A.V.

De A.V.

tamagotchi89 | 16H26 | 16/09/2008 | Permalien

Quand je vivais au Québec, j'étais frappé par la soudaineté avec laquelle la communauté francophone était passée de la domination du clergé à une libéralisation plus radicale encore que Mai 68. Tout ça en une poignée d'années, entre la fin du mandat de premier ministre du Québec de Maurice Duplessis en 1959, et la fin des années 60. Ce changement s'était traduit, entre autres, par une chute spectaculaire du taux de fécondité, due au relâchement de la pression des paroisses sur les familles. Dans la génération née avant 1935, la plupart des femmes avaient plus de 7 enfants. Aujourd'hui, le taux de fécondité au Québec est un des plus faibles au monde.
Le règne de Duplessis, appelé « Grande Noirceur », a renforcé un fort sentiment antireligieux chez les Québécois. Dans le vocabulaire, les termes religieux sont des insultes (« tabernac », « crisse », « calice », etc…). Montréal, appelé aussi « la ville aux cents clochers » a vu ses églises désertées ; la plupart ont
été réaménagées en appartements. Enfin, les mœurs sont plus libres qu'en France, avec une normalisation de l'homosexualité et de toute forme de mixité dans le couple (âge, origine, confession).
Mais, comme toute révolution chasse le naturel… J'avais déjà constaté une certaine réminiscence religieuse à travers une spiritualité assez new age (bouddhisme, sectes nombreuses au Québec). Je ne suis donc pas surpris du retour du religieux au sein de l'école, et je l'interprète comme le naturel qui revient au galop. Le Canada étant une société du « melting pot », comme les États-Unis, cette réforme risque de créer un joyeux bordel, surtout si l'enseignement catholique y est prépondérant par rapport aux autres religions.

Portrait de Network 23

à A.V. Portrait de A.V. De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 17H06 | 16/09/2008 | Permalien

N'empêche que la Commission Bouchard-Taylor a demandé qu'on enlève les crucifix à l'Assemblée nationale et qu'on cesse les prières (catholiques) dans les réunions municipales.

Preuve que le sentiment antireligieux n'a pas tout vaincu.

A part ça, merci MonAl pour votre post !

Enseigner l'histoire des religions n'a rien de scandaleux tant qu'on le fait de façon scientifique, ce qui est possible, par exemple en étudiant la genèse historique des textes « sacrés » et de leurs interprétations.

Une telle introduction est le meilleur barrage contre l'intégrisme et la superstition.

Je suis plus réticent concernant les cours d'éthique : pourquoi faire des cours de morale, sur le mensonge ? Surtout si ces cours de morale sont enseigné dans le cadre de cours d'histoire des religions. A moins, bien sûr, qu'on leur enseigne les bienfaits de la casuistique jésuite ! ; -)

Portrait de antonh

De antonh

curieux | 16H59 | 16/09/2008 | Permalien

« gaétan ; c'est l'opus dei dans toute sa splendeur ?
moi ; je prêche pour Dagda,dieu majeur des celtes ;
et dont l'antériorité me parait difficile à mettre en doute ! »

n'oublions pas que de nombreuses religions recyclent les lieux de culte paiens pour mieux endormir les ouailles farichement converties. c'est comme ça qu'on a des arbres magiques et des fontaines bénites par le ptit jesus…
c'est une opa de mon culte mon bon monsieur ! !

Portrait de renaudot

à antonh Portrait de antonh De renaudot

18H51 | 16/09/2008 | Permalien

des fontaines bénites ! !

Portrait de Roderic

De Roderic

Entrepreneur | 17H52 | 16/09/2008 | Permalien

Hommage à la laïcité Canadienne …..
Rappels citoyens …

Samedi 21 juillet 2007
Israr Amad a indiqué que le Coran exigeait des musulmans qu'ils combattent pour le jihad ou le financent.
Une plainte a été portée au Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) au sujet d'une possible incitation au jihad lancée par un fondamentaliste pakistanais sur les ondes de la chaîne canadienne Vision TV.

L'exemple Canadien.
Le Canada est un pays exemplaire et pour preuve ce qui suit :

10.05.2007
« La petite mosquée dans la prairie » : la série canadienne débarque en France
Les opérations psychologiques passent à la vitesse supérieure au Canada…et bientôt sur Canal + en
clair. Une série télévisée « la petite mosquée dans la prairie », utilise un procédé encore jamais utilisé
pour « dédramatiser » l'islamisation : la dérision et l'humour.
Pas totalement au point cependant, le comique de situation et les blagues faciles essayent d'arracher des rires à grand renforts de rires enregistrés à l'américaine. Peu probant.

Mais il n'en demeure pas moins que pour une frange malléable et mal informée de la population, c'est à dire malheureusement une grosse partie, l'outil de propagande islamique présenté comme une série décalée, laissera des traces indélébiles chatouillant leur mauvaise conscience d'occidental (injustifiée et ethno masochiste mais néanmoins très réelle) devant susciter la réaction réparatrice de la « tolérance », se concrétisant par une ouverture à l'Autre.

Cette série essaye de faire passer les messages suivants :

- Les femmes qui portent le voile sont émancipées et heureuses, et le font de leur plein gré.
- Il est absurde de contrôler dans les aéroports les imams qui ont étudié les « sciences islamiques

 » en Egypte, pays regorgeant pourtant de madrasas radicales, où la fameuse université d'Al-Azhar est loin
d'être modérée. (c'est le cas de l'imam jeune et « branché » de la série…)

- Les islamophobes sont des « ploucs » remplis de préjugés fondés sur leur « ignorance crasse de
l'islam » selon l'expression de François Bayrou. Refuser la colonisation musulmane de l'Occident est un
réflexe de petit blanc raciste.

Dans la série, le rôle du « plouc de campagne » est caractéristique.
- Les prêtres catholiques doivent fraterniser avec l'islam, voire mettre à disposition leurs églises
comme dans la série, où le curé d'une église anglicanne met en place ce qu'il appelle un « projet pilote ».

Première historique dans l'arsenal de la guerre de l'information made in islam, les outils de l'humour et de la dérision vont-ils faire mouche ?

Le chef du Conseil des musulmans de Montréal, Salam Elmenyawi, d'où l'idée de la série est pourtant venue, est dubitatif à la visualisation du résultat :

« le résultat est décevant.

L'Imam est ridicule.

Cela risque de renforcer les stéréotypes » rapporte Valeurs actuelles du 08 mai. (il s'agit du vieil imam hystérique, avant son remplacement par le « jeune branché »)

Canal +, toujours à la pointe des nouvelles tendances bien pensantes, a acheté les droits de la série
télévisée, et compte la diffuser cet été.

Remercions nos amis Canadiens, qui peuvent nous donner des leçons d'intégrations….

MDR

Odile Plichon | 11.09.2008, 07h00
La relève part pour Kaboul
Quatre semaines après l'embuscade meurtrière, une trentaine de parachutistes du 8 e RPIMa de Castres vont remplacer leurs camarades dans la région de Kaboul.
Sur place, notre correspondante a recueilli le
témoignage d'un blessé.

la désertion de Makhou Sénégalais (musulman bien entendu et à la double nationalité …),

un Sénégalais qui a pris la poudre d'escampette via la gare de Castres, un matin à l'aube, à une semaine du départ. « Il était volontaire, c'est lâche pour ceux qui nous attendent là-bas »,
juge Philippe, pour sa part heureux d'avoir été sélectionné.
Tous les prénoms ont été modifiés.

Le Parisien.fr

MDR

remercions le canadien donneur de leçons ….
A t'il parlé des dernières émeutes a Canada ? ? ? ? ? ?
Pas un seul mot bien entendu ….
MDR

Portrait de Tophee

à Roderic Portrait de Roderic De Tophee

en haut a gauche | 18H00 | 16/09/2008 | Permalien

Que viens faire cette diatribe au racisme mal assumé dans un débat sur la laïcité ?

Portrait de ficelle3944

De ficelle3944

18H17 | 16/09/2008 | Permalien

l'article soulève les problèmes induits par la laicité positive que semble appeller de ses voeux notre président.
Mais on sait qu'il n'aprécie pas les enseignants pour rester poli.
Question à-t-il fréquenté l'école publique ?
S'il n'y avait pas la loi de 1905 et la laicité dans des temps lointains n'aurait-il pas fini au bucher.
Encore un adpte forcené du faites ce que je dis faites pas ce que je fais.
remarques par son élection :
Il est « iresponsable juridiquement ».
A la fin de son mandat sauf grosse faute il vivra aux crochets de tous les français qui n'ont en l'éspèce qu'un SEUL DROIT payer obligatoirement de leur plein gré et la fermer

Portrait de Zeck

De Zeck

plus ultra | 18H56 | 16/09/2008 | Permalien

C'est vrai que dans un pays où l'Eglise catholique s'est illustrée :
par ses croisades anti hérétiques ;
par les persécutions des communautés protestantes de toute la France avec l'aide des « dragons convertisseurs » de Louis XIV (bras séculier…) ;
Par son opposition à tout mouvement visant à l'émancipation de la société : 1789, 1848 et 1871 (c'est la Commune de Paris qui sera l'initiatrice de la laïcité avec son décret du 2 avril 1871…) ;
Par son silence - et c'est peu dire - lorsqu'en 1941 40 000 juifs se trouvaient dans les camps d'internement français,
C'est vrai que dans ce vieux pays, des laïcs ont une vision moins angélique du bien fondé d'un « pluralisme culturel ». Encore un joli mot qui sert de cache sexe aux catéchismes qui seraient ainsi officialisés par la République, et dont la grande bénéficiaire sera l'Eglise catholique qui contrôle déjà la quasi totalité de l'enseignement privé dit « libre ( ? ) » avec les deniers publics.
A chacun de faire la démarche vers telle ou telle religion si c'est son souhait, ce n'est pas aux enseignants de l'école publique de se transformer en VRP des religieux de tout poil ; ces enseignants qui ne pourront évidemment ni remettre en cause, ou critiquer, ou simplement analyser les versions canoniques de chaque religion.
Comme l'écrit Voltaire dans son dictionnaire philosophique :
 » La foi consiste à croire, non ce qui semble vrai, mais ce qui semble faux à notre entendement. »
http://www.voltaire-integral.com/Html/19/foi.htm

Non merci ! On a donné.

Portrait de Network 23

à Zeck Portrait de Zeck De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 12H24 | 18/09/2008 | Permalien

Voltaire a bien lu Pascal*…

*Encore un hérétique, celui-là ! ! ! et mathématicien de surcroît !

Portrait de Deamon7

De Deamon7

| 22H40 | 16/09/2008 | Permalien

Le programme Québécois prévoit d'étudier les croyances et leur histoire, et non les institutions qui y sont attachées. Donc le débat ne porte même pas sur l'Eglise ou même l'existence de Dieu.

Par ailleurs, qu'on soit croyant ou pas, il est naïf de croire que les religions reposent uniquement sur une pensée mystique ou irrationnelle. A ce sujet, lire ou relire St Thomas D'Aquin ou St-Augustin, vous verrez que ce n'est pas si poussiéreux que ça.

Et puis, quand bien même la croyance en quelque chose de supérieur, d'improuvable débecte-t-elle au plus haut point des athées ou autre rationnalistes, il y a beaucoup de gens qui y croient et pour lesquels la religion constitue un véritable système de pensée.

Plus que des institutions ou un ordre cosmique établi, les religions sont des systèmes de pensées à prendre en compte, et dont la compréhension peut nous apprendre beaucoup, et nous faire comprendre énormément sur la société, nous-même, notre voisin, qu'on soit croyant… ou pas (peut-être même encore plus si on ne l'est pas).
Et qui méritent d'être étudiés.

Portrait de Zeck

à Deamon7 Portrait de Deamon7 De Zeck

plus ultra | 18H49 | 17/09/2008 | Permalien

« les croyances et leur histoire, et non les institutions qui y sont attachées. “Là j'aimerais bien qu'on m'explique, parce que les dogmes des religions sont parties intégrantes de l'histoire et de celles de leurs institutions, de même que leur interprétation (tout comme celle des textes qui les fondent et apparaissent tardivement pour ce qui concerne l'église catholique : comme les 4 dogmes à propos de Marie : la maternité divine (431) ; la virginité perpétuelle (649) ; l'Immaculée Conception (1854) ; l'Assomption (1950) et ensuite ? Voilà qui mérite peut-être d'être étudié et critiqué, parce que l'étude sans critique, je ne vois pas trop.

Mais aussi au fil des siècle pour ce qui est de la ‘pensée’ détachée des contingences :

La querelle du ‘ filioque’ qui conduira au schisme entre orthodoxe et catholique
http://fr.wikipedia.org/wiki/Filioque

les croisades contre l” hérésie cathare dont “ l'effet le plus tangible sera l'annexion de la région au domaine capétien, étape clef dans la construction de la France.
> http://www.herodote.net/histoire/synthese.php ? ID=97

Au nom de la religion,le rôle des ordres religieux militaires dans la ‘ Reconquista’ chassant les Maures et les Juifs d'Espagne.
> http://classes.bnf.fr/idrisi/monde/reconq.htm

Le trafic des ‘indulgences’ qui déclenchera le mouvement de la réforme (et ne pas oublier par la suite le sort réservé aux ‘réformés’ en France…)
> http://www.publius-historicus.com/reforme.htm#ferments

Je trouve étonnant -enfin pas du tout en fait - que chaque fois qu'on aborde ces points d'histoire des croyants chrétiens se réfugient dans les hautes sphères ‘ de la foi’ .
Il n'y a pas à ma connaissance de religion sans dogmes, ni sans implication dans la société de sont temps , ni sans un contrôle sur les individus - et tout particulièrement sur leur sexualité.

Pour la route :
Le 17 février 1600, après 8 ans de procès accompagnés de tortures, Giordano Bruno périt sur le bûcher installé sur le Campo Dei Fiori. L'Eglise lui faisait payer, outre un système cosmologique ne mettant pas la terre au centre, sa liberté d'esprit, son rejet de la transsubstantiation et de la trinité, son blasphème contre le Christ, sa négation de la virginité de Marie…Et c'est pourquoi, depuis plus de 4 siècles, le Vatican persiste et signe : ‘ la condamnation pour hérésie de Bruno, indépendamment du jugement qu'on veuille porter sur la peine capitale qui lui fut imposée, se présente comme pleinement motivée.’ Cardinal Poupard, Vatican, le 3 février 2000. Je me passe volontiers de ce système de pensée.

‘Intarissablement prodigue, la philosophie s'est insurgée en lui, comme en tous ceux qu'engagent le combat de la vérité contre les pilleurs de liberté et de vie.’ (Levergeois )

Portrait de Deamon7

à Zeck Portrait de Zeck De Deamon7

| 21H07 | 17/09/2008 | Permalien

L'Etude critique, biensûr, sans jugement, c'est encore mieux.
Nous avons justement la chance aujourd'hui de vivre parmi des croyances différentes de celles traditionnelles en Europe, ainsi que de vivre dans un confort qui fait tomber pas mal de superstitions. Tout ça nous permet de prendre du recul par rapport à la religion et de l'aborder d'une manière différente, avec esprit critique.

Derrière tous les exemples que vous citez, il y a un enjeu politique.

Le schisme entre les églises orientale et occidentales, ici l'aspect politique parait évident.

La reconquête des territoires cathares, le pape veut à l'époque écraser une hérésie qui représente une contestation de l'autorité morale de l'Eglise.

Pour les juifs chassés d'Espagne, peut-être en effet que l'aspect politique est moins évident puisque découlant d'un caprice de Catherine la Catholique… et encore, qui sait ? mais je ne connais pas assez le sujet pour spéculer.

Quant aux indulgences, ce sont des chrétiens qui les ont critiquées en premier lieu, ce qui a contribué à se que ces Chrétiens s'éloignent de l'Eglise Catholique. Preuve en est faite de la possibilité qu'a la foi de s'affranchir d'une institution.

Nous avons donc des débats religieux qui ont eu de fortes répercussions dans l'Histoire, mais souvent les enjeux politiques surpassent souvent les enjeux religieux.
Les puissants cachent souvent leurs intérêts dérrière de grandes idée. Le Pape envoie des seigneurs aux croisades pour qu'ils arrêtent de se faire la guerre entre eux, et pour fédérer l'Europe. Les américains attaquent l'Irak au nom des droits de l'homme (prétexte encore plus grossier). La République et l'Empire ont colonisé l'Afrique pour civiliser les « sauvages »…

Qaunt à ce système de pensée, il prescrit l'aide aux plus nécessiteux, comme beaucoup de religieux l'on souvent fait dans l'Histoire (François d'Assise, Mère Theresa, L'Abbé Pierre, diverses congrégations, des anonymes…), ce sont des religieux qui les premiers ont lutté contre l'esclavage (la controverse de Valadoid mettant fin à la traite des Indiens d'Amérique), et ces débats inter-religieux que vous citez prouvent au moins que ce système de pensée n'est pas quelque chose de figé (selon la période historique).
Entre parenthèses, ni la Bible, ni l'Eglise n'interdisent le sexe avant le mariage, ni aucun type de relation sexuelle tant que celle-ci implique un certain engagement de soit. On peut adhérer, ou pas.

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code