
« Laïcité ouverte » : l'acte de foi de l'école québécoise
La laïcité en milieu scolaire fait débat au Québec, où depuis la rentrée, l'on enseigne éthique et religion au primaire et au secondaire.

(De Montréal) Pour débattre de ce programme, j'ai interviewé l'un de ses pères, Georges Leroux, professeur de philosophie à l'Université du Québec à Montréal. Il a signé un court essai pour expliquer son point de vue : « Ethique, culture religieuse, dialogue : arguments pour un programme ». Il y pose le débat sur la « laïcité ouverte », pendant québécois de la « laïcité positive » de Nicolas Sarkozy, en ces termes :
« Que peut comprendre un jeune des luttes fratricides du Proche-Orient, s'il ne sait retrouver dans la Bible l'histoire complexe de la Palestine et d'Israël ? (…) Accueillir l'autre, faire du dialogue une finalité essentielle de la démocratie, n'est-ce pas d'abord un travail de connaissance, d'histoire, de culture au sens le plus ouvert de ce mot ? »
L'école québécoise vise l'acquisition de compétences plutôt que de savoirs, depuis une réforme de l'éducation en 2000-2001 -réforme qui suscite, aujourd'hui encore, la résistance. Les élèves devront donc maîtriser trois compétences :
- réfléchir sur des question éthiques ;
- manifester une compréhension du phénomène religieux ;
- pratiquer le dialogue.
Les jeunes Québécois apprendront, par exemple, qui sont Jésus, Bouddha, Mohamed, ou encore ce que signifient les fêtes de Noël, de Pâques, d'Hanouka, etc. Ils seront invités à réfléchir sur les différentes significations que peuvent revêtir ces célébrations parmi les différentes religions.
Du côté éthique, plusieurs réflexions seront abordées. Les élèves se demanderont notamment s'il faut toujours dire la vérité, une manière d'appréhender l'honnêteté. Ils se pencheront aussi sur les normes de vie en société, sur leur personne en tant qu'être unique, etc.
Enfin, ils apprendront à dialoguer sereinement, à élaborer leur point de vue et interroger les autres.
L'aboutissement de la déconfessionnalisation
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Le programme instauré cette année constitue l'aboutissement d'une volonté de déconfessionnaliser l'école. Paradoxal ? Pas selon Georges Leroux :
« Déconfessionnaliser l'école, c'est refuser le privilège de quelque confession que ce soit pour accéder à un espace laïc et séculier. »
Il estime que les acquis laïcs ne doivent pas être antireligieux. « Avoir des enfants qui ne connaissent rien des traditions des autres conduit aux pires aberrations et à l'intolérance », explique-t-il en interview.
Georges Leroux précise que l'adoption de ce programme ne se fera pas du jour au lendemain :
« Sur papier, c'est un changement radical. La réalité est une évolution plus lente. Si les métropoles vivent le pluralisme chaque jour, c'est une vue de l'esprit dans les régions. L'école du village ne bougera pas du jour au lendemain. »
Pour vaincre ces résistances, le volet de culture religieuse accordera une place prépondérante à la religion catholique et, dans une moindre mesure, au judaïsme et aux croyances autochtones. Les autres religions seront aussi abordées, mais moins fréquemment Georges Leroux, qui se rallie à ces arguments, poursuit :
« J'étais d'avis qu'on accorde plus de place à l'islam. Mais la société québécoise demeure assez chrétienne et veut garder une dimension patrimoniale. Une crispation islamophobe a voulu être évitée par le politique »
Les modèles américains et français en question
Dans le cadre de ses réflexions, Georges Leroux s'est penché sur les modèles français et américains. Au sujet du premier, il note qu'il « consiste à confier la transmission des normes à des modèles choisis d'abord dans la culture nationale ». Il se montre critique de ce modèle :
« Le fait que le répertoire fondamental soit associé à une culture unique ne l'aide pas à affronter l'évolution européenne vers une culture commune. (…) Il faut aussi noter que, sous la pression du pluralisme culturel et de l'immigration, ce modèle révèle son incapacité à intégrer dans l'espace public les communautés, surtout celles issues de pays musulmans, qui sont en déficit d'identité. »
Le chercheur note que le mémoire présenté par Régis Debray au président de la République en 2002 recommande d'introduire un enseignement culturel des traditions religieuses et des cultures constitutives de l'Europe.
Quant au modèle américain, il estime qu'il est en crise, car « menacé d'éclatement, sous la pression de demandes diversifiées ». « Malgré un idéal démocratique généreux, il s'engage dans un repli communautaire qui à la longue pourrait nuire à la culture américaine », écrit-il.
Des parents s'y opposent
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Le Québec a donc choisi une autre voie. Mais du côté des parents, plusieurs résistances se font entendre, tant du côté des croyants que des laïcs.
Chez les premiers, certains « exigent la liberté de choisir » et demandent le retour à un enseignement confessionnel. « La frange catholique se sent trahie par la déconfessionnalisation », considère Georges Leroux. Et d'ajouter :
« Il faut les convaincre et les inviter à investir leurs paroisses. Ils doivent être absolument libre, à condition de ne pas empiéter sur les autres. »
Certaines paroisses tentent d'ailleurs d'occuper l'espace laissé libre par l'éducation nationale. L'Assemblée des évêques catholiques du Québec note que « l'ensemble des élèves sera initié à une compréhension positive du phénomène religieux, notamment des traditions catholique et protestante ». Du même souffle, ils s'inquiètent du fait que « l'approche socioculturelle du phénomène religieux pourrait conduire à une vision réductrice de l'expérience croyante ».
Du côté des laïcs, plusieurs parents craignent que l'athéisme et l'agnosticisme ne soient pas enseignés. Le mouvement laïc québécois appelle à l'abolition du volet de culture religieuse, considérant que :
« Le principal vice de ce programme consiste dans l'amalgame entre éthique et religion, laissant ainsi entendre que le comportement éthique ne peut être développé que lié à une croyance religieuse et qu'une personne sans religion serait forcément amorale ou immorale. »
Ce qui ne semble pas inquiéter Georges Leroux :
« S'ils pouvaient faire disparaître la religion, ils le feraient. Mais le volet éthique accomplit la mise en question rationnelle. Et les enfants font la différence entre la croyance et la non croyance ».
Il ajoute que les cours de philosophie, qui arrivent plus tard dans le cursus scolaire, renforceront cet apprentissage des conceptions séculières.
Les profs au cœur de la réforme
Reste la question des professeurs. Pourront-ils donner ce cours sans heurter leurs propres opinions ? Georges Leroux estime que oui, comme il l'écrit dans son livre :
« Pour plusieurs, ce programme sera l'occasion de retrouver une forme d'authenticité et de sincérité, certains ayant été placés auparavant dans l'enseignement confessionnel et moral d'une manière qui pouvait être difficilement compatible avec leurs convictions »
En interview, il ajoute qu'il faudra donner les moyens nécessaires à la formation adéquate des professeurs et qu'un comité de vigilance se penchera sur d'éventuels dérapages. Certains s'inquiètent toutefois du manque de formation des enseignants ou encore de quelques ratés, notamment des livres en retard.
Reste aussi la question des écoles privées confessionnelles, qu'elles soient catholiques, coraniques, hassidiques ou autres. Georges Leroux s'interroge : « Comment vont-elles enseigner ce programme ? Il n'y a pas de réponse simple, mais nous veillons au grain ».
Malgré ces critiques, un sondage publié mardi dans le quotidien Le Devoir montre que le cours d'éthique et de culture religieuse obtient un appui de 52 %. Et Georges Leroux demeure convaincu de sa pertinence : « Au fond, ce cours met à nu des différences profondes. Avant, on travaillait dans l'hypocrisie », conclue-t-il.
Photo : « Ethique » (Clément de Gaulejac/DR).
► Mise à jour, 16/9/2008 à 22h47 : ajout du sondage publié par Le Devoir.
► Ethique, culture religieuse, dialogue : arguments pour un programme de Georges Leroux - éd. Fidès - 120p., 9€.
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De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 16H23 | 16/09/2008 |
Malcom de Chazal (aucun lien) a dit
« Si la nuit est Satan, si la lumière est Dieu, à la tombée du jour, Dieu n'est plus qu'une anecdote. »
Gaétan, considérant qu'on approche les 6 heures…
Merci.
à Blaise11
De déluge
menuisier | 20H41 | 17/09/2008 |
Je connaissais pas celle-ci.
Merci.
à compte désactivé 2
De ydcl
16H40 | 16/09/2008 |
Il faut avoir un humour noir, légèrement couille-molle ! Donc on ose pas faire des vannes sur les barbus ! Question de survie !
Signé : Le grand rigolo
à Charles Mouloud
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 15H51 | 16/09/2008 |
Ouf ! Tu n'as pas mis kirikou ; -)
à Les Chats
De Mon-Al
roturière :-) | 12H45 | 17/09/2008 |
Moi si :
Youpi j'ai réussi ! !
De delalo
citoyen outragé | 14H58 | 16/09/2008 |
Le mot laïque vient du grec ancien « laïkos » qui signifie « du peuple » donc les religieux circulez y'a rien à voir
De Alex Engwete
Consultant | 15H00 | 16/09/2008 |
Georges Leroux prétend-il donc qu'on peut « retrouver dans la Bible l'histoire complexe de la Palestine et d'Israël ? » Une déclaration pareille est tout simplement phénoménale et prouve, si besoin est, que le but caché de ces bigots est la réintroduction de l'enseignement de la religion par la porte de service. On peut acquérir des notions bien plus constructives sur le conflit israélo-palestinien dans un cours d'histoire ou de géographie humaine. Une question : il y a une grande minorité haïtienne au Québec. Va-t-on aussi aménager une partie sur le vaudou dans ce programme ?
à Alex Engwete
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 15H50 | 16/09/2008 |
Chuuuuut.
ne leur donnez pas d'idées.
à Alex Engwete
De Alain Pacifique
23H13 | 16/09/2008 |
en plus, Mr georges Leroux n'est pas à une contradiction près. il dit d'abord : « Déconfessionnaliser l'école, c'est refuser le privilège de quelque confession que ce soit pour accéder à un espace laïc et séculier “
pour ensuite dire :
‘J'étais d'avis qu'on accorde plus de place à l'islam. Mais la société québécoise demeure assez chrétienne et veut garder une dimension patrimoniale. Une crispation islamophobe a voulu être évitée par le politique’
très très laïc comme discours ! !
De Hatamoto
15H13 | 16/09/2008 |
« Que peut comprendre un jeune des luttes fratricides du Proche-Orient, s'il ne sait retrouver dans la Bible l'histoire complexe de la Palestine et d'Israël ? (…) Accueillir l'autre, faire du dialogue une finalité essentielle de la démocratie, n'est-ce pas d'abord un travail de connaissance, d'histoire, de culture au sens le plus ouvert de ce mot ? »
Désolé mais d'emblée ce discours pue !
Un historien, ou n'importe qui de rationel va suivre le raisonement inverse : si ils cherchent une explication dans la bible comment peuvent-ils comprendre ce qui se passe au proche-orient ?
C'est d'une malhonneteté affligeante.
Connaitre les croyances d'une religion ne peut être séparée des aspects historiques (et donc politiques) de ces mêmes religions.
Mélanger cela avec de l'éthique est le meilleur moyen de provoquer la confusion chez les jeunes : comment faire la différence entre ce qui est éthique et ce qui relève des dogmes religieux ?
De asozial
aus Berlin | 15H17 | 16/09/2008 |
éthique et métaphysique - et philosophie en général - ne peuvent avoir de réelle signification et portée qu'en dehors des simplifications irrationnelles des religions.
comment peut-on penser qu'on répond à des questions en inventant des forces surnaturelles inquestionnables ?
il suffit de voir les réponses contradictoires qu'apportent les diverses religions à ces questions pour voir que le relativisme dénoncé par le pape et ses disciples réside exactement là - encore faut-il un minimum de culture et d'ouverture aux autres pour s'en apercevoir.
il faut connaître aussi le contrôle de l'église catholique sur le québec encore très longtemps après que la france s'en soit libérée pour saisir les enjeux de ce qu'il se passe là-bas.
De Mon-Al
roturière :-) | 15H26 | 16/09/2008 |
Je suis profondément et définitivement laïque et athée. Mais je crois qu'avant de choisir de l'être, il est primordial de savoir pourquoi. C'est la raison pour laquelle l'enseignement des sources des religions se doit d'être enseigné aux enfants. Le programme discuté au Québec va dans ce sens. Pour comprendre et choisir, il faut d'abord connaître. Pour apprendre à vivre ensemble, il faut se connaître …
•réfléchir sur des question éthiques ;
•manifester une compréhension du phénomène religieux ;
•pratiquer le dialogue.
L'introduction à l'école ou en dehors des bases des religions est indispensable pour se construire. C'est le sens du rapport de Régis Debray (de son départ avec Che Guevara jusqu'à aujourd'hui, il s'intéressa beaucoup au problème du religieux et de la croyance au sein du groupe social).
C'est aussi en instruisant nos enfants qu'ils pourront échapper au modèle Américain, foutoir incroyable de « religions “ prônant tout et n'importe quoi dans ” un repli communautaire qui à la longue pourrait nuire à la culture américaine ».
La laïcité à la Française, frôlant parfois l'hystérie laïcarde, se heurte bien évidemment aux réflexions auxquelles devraient se livrer les jeunes.
En Alsace-Lorraine, où le Concordat est de rigueur, l'histoire des trois Livres est enseignée en classe, et à ma connaissance, les enfants et surtout les parents ne trouvent RIEN à y redire : chacun en prend ce qu'il a à en prendre, la famille va dans le sens scolaire ou pas, mais au moins les enfants SAVENT…
Maintenant reste à savoir QUI pourrait enseigner et dans quel cadre…
La question reste posée.
à Mon-Al
De Tophee
en haut a gauche | 15H40 | 16/09/2008 |
Je sait parfaitement pourquoi je suis athées, et cela n'as rien avoir avec les détails propres a chacune des religions. Selon vous, il faut connaitre une religion pour être sur de ne pas y adhérer. comment êtes vous sure d'être athée dans ce cas ?
à Tophee
De Mon-Al
roturière :-) | 15H51 | 16/09/2008 |
Parce que j'ai longtemps hésité … j'ai lu les trois Livres et j'ai choisi de ne pas croire à ce que je ne pouvais pas voir.
J'ai opté pour l'apostasie en bonne et dûe forme, sans doute parce que j'accordais une certaine valeur à mon sacrement de baptème catholique.
Je ne crois pas qu'un être suprême existe … mais par esprit de tolérance je laisse à quiconque le droit d'y croire à la condition qu'il ne me dicte pas sa loi.
De LJ
Vache a lait | 16H10 | 16/09/2008 |
L'enseignement a tous (a l'ecole publique) de quelque chose qui releve du choix personnel n'a pas sa place selon moi.
Evidemment, comme vous dites, « quiconque le droit d'y croire à la condition qu'il ne me dicte pas sa loi ». Evidemment.
La tolerance envers les croyants et l'acceptation de l'enseignement des « religions » a l'ecole publique sont pour moi 2 choses differentes.
Je suis pour toujours tolerant avec les croyants mais totalement contre la presence d'un quelconque enseignement religieux en ecole publique.
D'autant que, niveau impartialite, de grands doutes m'habitent quand je lis ceci :
« Pour vaincre ces résistances, le volet de culture religieuse accordera une place prépondérante à la religion catholique et, dans une moindre mesure, au judaïsme et aux croyances autochtones. Les autres religions seront aussi abordées, mais moins fréquemment ».
Donc, catho oui, le reste oui mais non en fait. Desole pour les croyants non catho, va falloir faire avec. La Bible n'est pas votre livre ? Tant pis, faut quand meme l'etudier un peu…
Je n'arrive pas du tout a me convaincre que ce serai pour le bien des enfant, sans avoir un sentiment que ce serait surtout bien pour l'Eglise catholique. La joix de l'Assemblee des eveques fait craindre le pire au niveau du bourrage de cerveau et de la non impartialite de l'enseignement :
« L'Assemblée des évêques catholiques du Québec note que “l'ensemble des élèves sera initié à une compréhension positive du phénomène religieux, notamment des traditions catholique et protestante”. “
Comprehension positive ? ? Hum hum… Notamment des traditions catholiques et protestantes ? Et pourquoi donc ?
Bref : separation Etat/Eglise ? Oui, pour les autres religions surtout, pas trop pour l'Eglise catholique, allons donc, il faut la montrer positivement…
à Mon-Al
De Bobland59
cadre Cial retraité | 16H51 | 16/09/2008 |
Je suis d'accord avec vous ! Je fut catholique par mes parents, après 8 ans d'internat chez les jésuites pour ma secondaire, j'ai pu dire zut à 18 ans ( en 1966 la majorité était à 21ans ) .
Mais je suis rentré en fac non confessionnelle, j'ai eu l'occasion de lire, de côtoyer toutes les autres religions et sectes de tous bords .
Cela m'a conforté dans un athéisme et un anticléricalisme militant . Sans pour cela jeter l'opprobre à ceux qui continuent de croire en ce qu'ils veulent, dans la seule mesure où ils font leur choix LIBREMENT .
Je trouve bien si les jeunes canadiens peuvent apprendre dans le cadre de l'Histoire et de la géographie les religions . Mais il leur faut avoir des prof honnêtes avec le pluralisme . Dans les écoles dites confessionnelles, je ne suis pas bien sur qu'ils aient ce choix . Un seul exemple les croisades n'ont pas la même couleur si elles sont contées par des chrétiens ou des musulmans ….Et des exemples similaires il y en a foison .
Et quand je lis certains commentaires à ce sujet ici, je me dit que rien ne change chez ces gens qui prônent une foi, mais la leur, celle des autres n'est que blasphèmes et autres âneries du même genre .
à Mon-Al
De solstice
pigiste | 16H14 | 16/09/2008 |
Mon-Al, z'êtes au top décidemment.
J'ai fait le même parcours, je suis catholique d'éducation, agnostique après réflexion sur les religions, élevée en Lorraine accessoirement.
J'ai choisi de faire connaître le catholicisme à mes enfants en les accompagant au catéchisme, sans aucune obligation de communion et autres. C'était celle que je connaissais le mieux, un départ logique. Ils grandissent en découvrant les autres religions, à leur rythme. Je pense que l'ignorance est mère de tous les intégrismes, religieux comme athées !
Leurs chemins sont les leurs et je n'interfère pas, je suis pour ma part plutôt agnostique et considère l'ensemble des religions comme un socle de défense des valeurs auxquelles je crois. Pour autant, le dogme et son cortège de papamobiles m'e**** profondément.
En 6è, les enfants ont une approche « historique » des religions. Mes gosses ont parfaitement capté le raccord avec leur propre histoire. Le hic, c'est que ce trimestre passe au-dessus des autres têtes, quand ce n'est pas un scandale chez certains intégristes (athées, cathos, juifs et musulmans). C'est une question de parcours éducatif, et d'implication du prof d'histoire. Je considère pourtant que, rien qu'avec les bouquins, ce trimestre est très bien construit. Manque le bouddhisme, plus une philosophie qu'une religion mais que les enfants perçoivent comme un nouveau courant (Dalaï-Lama etc.).
à solstice
De Tophee
en haut a gauche | 16H21 | 16/09/2008 |
Pourriez-vous m'expliquer ce qu'est un athée intégriste ?
Un athee est une personne qui ne croit pas en dieu, un athee integriste serait quelqu'un qui y croit encore moins ? Comme avec les lessive qui lavent plus blanc que blanc ?
à Tophee
De Bobland59
cadre Cial retraité | 16H55 | 16/09/2008 |
Bien vu Tophée ! ! ! Je suis un vrai athée mais je n'ai rien d'un paquet d'OMO ! ! ! ! Même Coluche savait en rire …….
à Bobland59
De Tophee
en haut a gauche | 16H58 | 16/09/2008 |
On peut être athée et homo sans être une tache !
à solstice
De A.V.
tamagotchi89 | 17H03 | 16/09/2008 |
« J'ai choisi de faire connaître le catholicisme à mes enfants en les accompagnant au catéchisme, […] »
Et tu dis plus loin : « leurs chemins sont les leurs et je n'interfère pas, je suis pour ma part plutôt agnostique […] ».
Oui, mais alors agnostique torturée tendance pénitente façon calvaire.
à A.V.
De solstice
pigiste | 18H05 | 16/09/2008 |
« agnostique torturée tendance pénitente façon calvaire »… Voilà ce que j'appelle de l'athéïsme intégriste…
Je respecte autant les athées que les croyants : ce sont les intégristes de tout poil que je fuis comme la peste !
à solstice
De A.V.
tamagotchi89 | 18H49 | 16/09/2008 |
« Voilà ce que j'appelle de l'athéïsme intégriste… »
Voilà ce que j'appelle de l'anti-athéïsme intégriste intégriste.
Sérieusement, Solstice, c'était juste une boutade pour souligner tes contradictions, bien compréhensibles pour une agnostique. Et tu n'as pas besoin de fuir, on est sur Internet.
à Mon-Al
De Saheyus
Rêveur invétéré | 16H42 | 16/09/2008 |
Si une telle chose doit être faite, il ne faut surtout pas la faire comme la fait le Québec. Leur programme commet trois erreurs fondamentales :
1) On ne peut augmenter ou diminuer l'importance d'une religion dans un cours sous prétexte que « on pratique beaucoup cette religion dans le pays » (si on veut vraiment être ouvert d'esprit, il faut dépasser ce raisonnement d'un parfait nombrilisme)
2) L'athéisme, l'agnosticisme et les autres formes de non-croyances doivent être enseignés. Les polythéismes, y compris passés (car ils sont à la racine des religions monothéistes) et les religions primitives doivent également être enseignées, pour bien comprendre d'où viennent les divers éléments des religions.
3) L'éthique n'a rien à voir avec les religions.
Pas besoin des religions pour « pratiquer le dialogue », pas besoin des religions pour « réfléchir sur des questions éthiques ».
à Mon-Al
De jojo1er
19H46 | 16/09/2008 |
« je crois qu'avant de choisir de l'être, il est primordial de savoir pourquoi. » Mais c'est exactement l'inverse ! ! !
Je ne sais pas pourquoi je suis athée…j'attends qu'on me donne une bonne raison de croire, et n'en trouvant pas je reste athée. Après si on me prouve que 7 jours ont suffit à construire le monde, que les dinosaures n'ont jamais existé et que Darwin n'était pas plus intelligent que moi je remettrais sans doute mon jugement en question…je ne sais pas pourquoi je suis athée, je n'ai juste pas de raison de ne pas l'être.
Jojo1er, …
à jojo1er
De Hélène Quénot
vavoirailleurs.blog.lemonde.fr | 21H31 | 17/09/2008 |
Ben en même temps, si vous attendez tout ça, vous êtes bien protégé. Pas d'inquiétude, personne ne vous fera changer d'avis ! : -)
Sérieusement, est-ce qu'il serait possible de temps en temps de ne pas présenter les gens qui ont la foi comme des débiles profonds ? C'est trop simple de ne voir dans les croyants de tout poil que des bigots façon Gaetan (voir plus haut) ou des créationnistes. J'ai l'impression que pour vous, la foi, ça anéantit les neurones et que ne peut adhérer que des gens ayant perdu tout esprit critique.
Peut-on présenter les croyants de tout poil de manière nuancée ?
Dire que la laïcité a été largement portée en France aussi par des protestants.
Que d'éminents scientifiques chrétiens, comme Théodore Monod, ont travaillé sur l'histoire naturelle et l'évolution.
Que même le pape (qui n'est pourtant pas un copain) Jean-Paul 2 avait reconnu la valeur scientifique de l'évolution.
Ce qui est écrit dans la Bible a une valeur pour les chrétiens, pour leur réflexion personnelle. Mais de là à en tirer des préceptes scientifiques… Il faut rester sérieux quand même. Personne n'est obligé de lire la Génèse à la virgule et d'en déduire que la Terre a 6000 ans. Il y a d'autres manières de lire et d'interpréter.
Tout ça pour dire que, surtout sur ce forum où on est si bien, il me semble que chacun doit réinterroger ce qu'il croit être « la religion ». Et bien définir ce que sont la foi, la religion, l'Eglise, qui sont des concepts vraiment différents.
Je pense que ça ferait avancer le débat et puis, très personnellement, ça me permettrait, quand je dis que je suis croyante (et chrétienne, donc), de ne pas me faire demander : « ah ? tu crois que la Terre a 6000 ans alors ? Et que les premiers hommes ont pu manger du diplodocus ? ». Je passe sur la chasteté, les capotes, le mariage, la Vierge, le pape, Lourdes, etc.
Vous trouveriez insupportable, à juste titre, qu'un croyant vous traite de débile parce que vous ne croyez pas en son Dieu. Pourtant c'est ce qu'implicitement vous faites. C'est dommage parce que du coup, on ne peut pas entrer dans un débat de fond.
De sefero49
Soldat mugissant | 15H33 | 16/09/2008 |
A propos de religion, il me semble avoir entendu le premier ministre, dans un discours lors de la réception du Pape faire un parallèle entre, « le croyants “et ‘ceux qui cherchent et qui doutent’
je ne suis pas sur de mes sources, mais si je ne me trompe pas, je trouve ces paroles révoltantes dans la mesure ou je pense que l'on peut être athée sans pour autant avoir le moindre doute sur ses idées.
à sefero49
De Tophee
en haut a gauche | 15H50 | 16/09/2008 |
Oui, et sans chercher…
C'est comme ces religieux qui pensent que sans religions, on est incapable de faire la distinction entre le bien et le mal. Alors que la vraie différence, c'est que lorsqu'un un athee fait une saloperie, il doit vivre avec. Il ne peut aller se faire pardonner par son dieu. Pas de confession, pas de grand pardon, juste des remords qui forment l'individu.
à Tophee
De Mon-Al
roturière :-) | 15H54 | 16/09/2008 |
Exact. C'est aussi pourquoi je pense que la religion est une hypocrisie : on fait une saloperie, on se confesse à son dieu, une petite prière et hop, on est pardonné.
à Mon-Al
De I.P
Flat4 | 16H31 | 16/09/2008 |
Ce que vous décrivez tient plus du catholicisme que de la religion en général.
Notez que je suis tout à fait pret à décerner à notre chère sainte église catholique, apostolique, romaine, la palme d'or de l'hypocrisie avec bénitier en platine.