
La chasse aux phoques, la « fracture animale » du Canada

(De Montréal) Brigitte Bardot en a fait sa cause, Paul McCartney pose sur la banquise pour la dénoncer et le Parlement européen vient de voter un boycottage ; la chasse au phoque n'a pas la cote. Mais au Canada, plusieurs voix s'élèvent pour dénoncer une « désinformation ». Qu'ont-elles à dire ? Tour d'horizon.
Par 550 voix contre 49, les députés ont interdit la vente de peaux de phoques et de produits dérivés sur les marchés européens mardi, rejoignant ainsi les États-Unis qui l'interdisent depuis 1972. Le Canada et la Norvège ont immédiatement annoncé leur intention de contester cette décision devant l'Organisation mondiale du commerce (la valeur annuelle des exportations totales canadiennes de la chasse au phoque s'élève à dix millions d'euros).
La sénatrice du Parti libéral Céline Hervieux-Payette, impliquée dans la défense de la chasse au phoque, estime que les députés européens « ont cédé au chantage » des lobbies. Elle propose une Déclaration universelle sur le prélèvement éthique du phoque et compte rencontrer cette semaine les ambassadeurs des autres pays qui font la chasse au phoque -le Danemark, la Finlande, l'Islande, la Norvège et la Russie- pour leur demander d'obtenir un appui officiel de la part de leur gouvernement. Olso constitue un partenaire de premier plan dans la démarche de la sénatrice étant donné que le pays possède le second quota de phoques à tuer en importance.
L'industrie du phoque, une proie facile ?
Féderer, en somme, car la sénatrice estime que les forces en présence s'avèrent inégales. Selon elle, les animalistes ciblent l'industrie de la chasse au phoque parce que, de toutes les industries qui exploitent des ressources animales, il s'agit du plus petit marché et du plus faible. « Vous comprendrez qu'on ne va pas s'attaquer à l'industrie du bœuf, qui représente des milliards de dollars », lance-t-elle en interview à Rue89. Et de taxer les organisations qui tentent d'obtenir le boycottage des produits dérivés du phoque en Europe comme des gens pour qui le végétarisme constitue une idéologie. Ces organisations ne s'arrêteraient pas là s'ils gagnaient leur bataille sur le phoque, estime la sénatrice. (Ecouter le son)
Pour rédiger sa déclaration, la sénatrice affirme avoir travaillé avec des pathologistes, des anthropologues et des vétérinaires. Une démarche qu'elle place en opposition au glamour des détracteurs de la chasse au phoque :
« On fait contre-attaque à Brigitte Bardot, Paul McCartney et Pamela Anderson. Vous trouvez ça sérieux ? »
Dans la foulée, elle estime que la chasse au phoque n'est pas traitée à la même enseigne que d'autres activités.
« Si on avait une certaine rationalité dans ce débat, c'est sur qu'on ne traiterait pas la chasse au phoque d'une façon totalement différente des autres chasses ou des autres façons d'abattre des animaux. »
Un coup d'hakapik, moins douloureux qu'une balle de fusil
Au Canada, les chasseurs peuvent utiliser deux méthodes pour abattre le phoque : la carabine ou l'hakapik, un instrument semblable à un marteau effilé qui sert à assommer le mammifère. L'usage de ce deuxième outil est particulièrement décrié.
« A première vue, ça peut sembler un peu barbare, mais les groupes indépendants de vétérinaires disent que c'est la meilleure façon de tuer l'animal », expose Denis Longuépée, président de l'Association des chasseurs de phoques des Îles de la Madeleine, joint par Rue89 alors qu'il était au large, à la pêche au homard.
Pourtant, Internet regorge de vidéos montrant des phoques qui semblent agoniser après avoir été frappé par cet instrument. Le chasseur explique ce phénomène par l'effet du syndrome natatoire, qui débute de 0 à 15 secondes après la mort de l'animal et peut durer pendant une minute. Le phoque, après avoir eu le crâne fracassé, continue de remuer la queue et le cou :
« C'est le même syndrome lorsque les poulets continuent de courir après qu'on leur ait coupé la tête. »
« On est en train de nous enlever notre gagne-pain »
Outre l'aspect scientifique, le pêcheur note que la chasse au phoque représente un revenu substantiel pour les Madelinots :
« On est en train de nous enlever notre gagne-pain, alors qu'on est en crise économique. Pour un chasseur, le phoque, ça représente de 20 à 30% de son salaire. »
Aux Iles-de-la-Madeleine, le chômage oscille entre 15% et 18%, une statistique qui fait dire tant à Céline Hervieux-Payette qu'à Denis Longuépée que la chasse au phoque permet aux chasseurs de maintenir un niveau de vie décent. « On vit de la pêche, de tout ce qui nous est amené par la mer », déclare ce dernier. (Écouter le son)
Un argument économique rejeté par plusieurs, notamment Mac Harb, un sénateur issu du même parti que Céline Hervieux-Payette. Il croit qu'il est plus coûteux pour les contribuables canadiens de maintenir cette industrie à flot que ce ne le serait de l'abolir. M. Harb a d'ailleurs présenté un projet de loi pour mettre fin à la chasse au phoque commerciale au pays en mars dernier. Le projet demeure à l'étude.
Animalistes versus environnementalistes
La classe politique n'est pas la seule à éprouver des divergences, les écologistes aussi. D'un côté, des organisations environnementalistes tel que le World wildlife fund Canada considèrent que la survie de l'espèce n'est pas menacée par la chasse. La controverse concernant sa légitimité « reflète à la fois la diversité des valeurs individuelles et la diversité des cultures et expériences nationales par rapport à la vie sauvage », ajoute l'organisme.
Du côté des animalistes, Michael O'Sullivan, le président-directeur général de la Human Society of Canada (HSC), affirme que « la chasse au phoque est un désastre économique, politique, et pour la protection des animaux ». Human Society invitait d'ailleurs sur son site les internautes à envoyer un message au président de la commission européenne afin d'exprimer leur appui au projet de boycottage européen.
►Mise à jour 5/5/2009 17 h 42 : après le vote du Parlement européen.
►Mise à jour 5/5/2009 21 h 53 : ajout d'un extrait audio de Denis Longuépée.
►Mise à jour 6/5/2009 23 h 05 : ajout du boycott américain en 1972.
Photo : chasseur de phoques au large de l'Ile du Cap-Breton au Canada (Paul Darrow/Reuters).
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De Pierre2008
journaliste | 15H41 | 06/05/2009 |
Journal des bonnes nouvelles :
L'Europe ferme son marché aux produits issus du phoque
voir la revue de presse à http://www.cyberacteurs.org/forum/viewtopic.php ? t=6690
De stephan6666
journaliste | 22H40 | 06/05/2009 |
Oh oui, boycottons le tourisme au Canada, mais aussi l'Espagne, l'horreur des corridas et la France, le massacre inacceptable des oies gavées pour le fois gras et le mexique et les combats de cocs. Le japon qui tue les baleines et la chine qui bouffe les chiens
La liste va être longue !
Il y a assez de phoques, ce n'est plus une espèce en voie de disparition et la chasse fait partie de notre culture et elle est hyper controllée
Etrange cette sur mediatisation
De Lili Boisvert (auteur)
Étudiante en journalisme | 03H56 | 07/05/2009 |
Au Canada, une motion proposant de parer de fourrure de phoque les uniformes des athlètes canadiens aux Jeux Olympiques de Vancouvert 2010 est adoptée à l'unanimité à la Chambre des Communes en réaction à l'embargo.
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2009/05/06/005-JO-Vancouve…
De Lili Boisvert (auteur)
Étudiante en journalisme | 15H08 | 07/05/2009 |
Vous oubliez que je suis une « fourbe Québécoise », mon cher. Pour moi, il n'était que 11h du soir.
De infobs
situationniste | 09H50 | 07/05/2009 |
si les usa ont interdit la chasse je ne comprends pas la clameur anti europeenne que tous ces sauvages s empressent de pousser maintenant ! ! ! on ne fait que s aligner avec pres de 40 ans de retard sur une sage position
De ofia
Moçambique | 11H45 | 07/05/2009 |
c'est un cas tres triste ! a mon avis le gouvernement canadien doit creer des solutions rapides pour resoudre le probleme de la chasse aux phoques, sinon elles vont disparaitre .