A Fos-sur-Mer, dès 1972 : « Oui, on polluera... un peu »
Après la publication de notre enquête sur les problèmes de santé liés à la pollution à Fos-sur-Mer, l'INA nous a envoyé une sélection de vidéos d'archives, où nous avons déniché de petites merveilles.
D'abord, cet extrait de journal télévisé de 1971, qui raconte que dans « le grand delta [du Rhône] », la France de la planification postgaulliste a décidé de bâtir « le grand port du sud, en concurrence avec Rotterdam et Anvers ». Un brin fasciné par ce qui était à l'époque le plus grand chantier de France, le commentateur résume que c'est un projet :
« Ambitieux et difficile... même si les usines sont moins tristes sous le soleil du Midi ». (Voir la vidéo)
Autre perle, l'émission « 24 heures sur la deux » qui, l'année suivante, se penche plus en profondeur sur les questions de pollution soulevées par ce complexe industriel. La série s'appelle « La France défigurée ». (Voir la vidéo)
A l'époque, la zone est en plein développement, et chacun est déjà conscient, avec la Camargue toute proche, qu'entre industrialisation et préservation de la nature, il va falloir choisir, et que les choix d'implantation auront des conséquences de long terme.
Ecoutons de près les paradoxes des décideurs. Tantôt le port autonome déclare étudier « tous les problèmes de pollution » avant que les usines ne soient construites, tantôt on découvre, par la bouche du maire de Fos :
« EDF nous a informés que les cheminées devaient dépasser impérativement 200 mètres. Et pendant ce temps-là, les militaires de la base d'Istres nous disent que, pour ne pas gêner les zones d'envol, elles ne doivent pas dépasser les 185 mètres. »
« Pour être parfait », le maire affirme que les cheminées d'une centrale électrique « ne sauraient dépasser 175 mètres », avant d'admettre qu'elles vont atteindre 250 mètres de haut...
Crainte d'un « smog » et d'un arrêt de la production
Quelques phrases résonnent d'une drôle de manière aujourd'hui. Ainsi, quand le directeur du port autonome de Marseille déclare :
« Oui, on polluera, un peu. Le problème est quels objectifs on se fixe. Nous avons un potentiel balnéaire à conserver. Si on détruit l'agrément de l'habitat, on perd le potentiel industriel en même temps. »
Un autre responsable industriel précise, à propos du dioxyde de soufre qu'il s'agit d'
« une pollution dont on ne sait pas très bien jusqu'à quel point elle est dommageable. »
A l'époque, était évoquée la crainte d'un « smog », comme à Los Angeles, qui imposerait la réduction de la production. Mais le directeur général de l'usine Solmer, interrogé dans ce reportage, souligne que des milliers d'emplois sont concernés... et invite (gentiment) chacun à prendre ses responsabilités.
- Sur Rue89A Fos-sur-Mer, « pourquoi tout le monde meurt d'un cancer ? »
- Sur bit.lyLa sélection de l'INA.fr sur Fos-sur-Mer
- Sur unesecondenature.comDocumentaire sur le paradoxe entre zone industrielle et parcs naturels autour de l'étang de Berre
- Sur ha.ina.frRené Dumont interrogé en 1974 sur Fos-sur-Mer sur l'Ina.fr
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Fos sur mer n'a été que la cerise sur le gâteau déjà bien avance. C'est tout le pourtour de l'etang de Berre qui est pollue. Lavera la Mede, Berre l'etang etc..Depuis1928 première implantation tout a evolue . On lira avec interet ce PDF qui retrace l'industrialisation du pourtour de l'Etang de Berre
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En 1957 dejà il fut interdit de pécher et consommer le poison de l'étang. Les pécheurs alors nombreux furent indemnisées. Rien que cet aspect vaut le détour
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Depuis un nuage de pollution et une odeur très particulière flotte des que le vent tombe. La zone regroupe quasiment tout les désastres biologique hormis le nucléaire




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