Pourquoi développer le soutien scolaire est une idée néfaste

Nous assistons, ce printemps, au développement d'un paradoxe. Voici, en effet, que pour justifier la suppression d'une douzaine de milliers de postes dans l'institution éducative les conservateurs de ce pays, ministre en tête, exhortent les enseignants à « travailler autrement ».

Paradoxe, en effet, car ce « travailler autrement » a toujours été la préconisation essentielle d'une frange de pédagogues que les conservateurs de toujours n'ont cessé et ne cessent de combattre.

Avant d'examiner le contenu de ce « travailler autrement » ministériel dont nous verrons qu'il se résume à un mensonge et peut-être même à une immoralité, il convient d'être attentif à l'argument avancé pour justifier cette politique restrictive : le « taux d'encadrement » serait fort convenable dans notre pays, il serait même bien meilleur que celui de tous nos voisins européens.

Ce qui importe ici, ce n'est pas le chiffre (11 et des poussières d'élèves par enseignant ! ) non pas faux sans doute, mais évidemment dépourvu de sens du point de vue pédagogique. Ce qui importe, c'est la terminologie et particulièrement le mot encadrement qui définit lumineusement le rôle attribué aux adultes dans le système éducatif : encadrer ! Il faut « encadrer » les enfants. Comprendre, les enfermer dans un cadre

Car il ne s'agit pas d'une inadvertance de langage mais bien d'une déclaration d'intention corroborée par ce que nous allons découvrir dans le « travailler autrement » ministériel.

L'intention est donc celle-ci : l'institution éducative a pour première fonction d'encadrer les enfants. Non pas les accompagner et les guider comme il le faut pour qu'ils ne s'égarent dans les chemins de traverse inextricables, mais les enfermer dans un cadre dont les limites ont été préalablement fixées.

Le courant conservateur ne cesse d » exposer la nature de ces limites en des termes qui sont comme des pieux que l'on enfonce, à la masse, aux quatre coins de la clôture : compétition, mérite, élitisme, argent.

Dire que les propagandistes de la clôture sont des conservateurs est donc parfaitement pertinent, puisque l'encadrement qu'ils proposent enferme un modèle social qui n'a pas varié depuis plus d'un siècle, depuis les loi Ferry, lequel d'ailleurs ne manque pas d'être sollicité comme un parangon de réformisme. Notons simplement que ce conservatisme transgresse, aujourd'hui plus que jamais, les clivages politiques traditionnels.

« Le mot “démocratisation” n'est pas dans le vocabulaire des fondateurs de l'école ».

Nous savons bien, cependant, comme nous le dit Antoine Prost, incontesté historien de l'éducation, que « 'démocratisation » n'appartient pas au vocabulaire des fondateurs de l'école républicaine » :

« Je ne l'ai pas rencontré sous la plume de Ferry, de Bert ou, avant 1900, de Buisson. C'est que leur objectif n'était nullement de remédier à l'inégalité sociale ; pour eux la diffusion de l'instruction n'avait pas pour but la promotion des individus.

“Ainsi s'accommodaient-ils très bien d'un dualisme qui exclut toute passerelle entre l'école du peuple et le secondaire.

‘L'école primaire républicaine affiche donc la volonté de ne pas modifier la position sociale de ceux qu'elle instruit : les petits paysans doivent devenir paysans à leur tour et les petits ouvriers, ouvriers.’ (A. Prost, ‘Education, société et politique’, éd. du Seuil, Paris, 1997, p.47).

A l'évolution du langage près (‘démocratisation’ est sollicité de nos jours à tort et à travers par tous les conservatismes), le modèle social contenu dans les limites du cadre conservateur est celui d'une société inégalitaire dont ‘l'inégalitarisme’ est donné non seulement comme indépassable mais, la théorie du mérite aidant, comme état naturel de la société.

Cependant, quand les conservateurs disent qu'il faut, pour améliorer le système éducatif, travailler autrement, ils ont raison. Quand ils disent que le problème est, aujourd'hui moins celui du nombre d'élèves par classe (ce qui n'est pas vrai partout, bien sûr) que celui des méthodes pédagogiques mises en oeuvre, ils ont raison.

Le soutien scolaire est devenu la panacée du discours ministériel

Mais alors vient le moment d'examiner de plus près le contenu de ce ‘travailler autrement’ conservateur.

On a déjà dit ici, à maintes reprises, pour ainsi dire à satiété, comment du b-a, ba au ‘par coeur’ en passant par une instruction civique au service d'une propagande nationaliste (debout les enfants, tous en coeur à mon commandement…) le néo-conservatisme tourne au cynisme le plus réactionnaire.

Il n'en va pas autrement de la ‘théorie du soutien’ qui est donnée comme le fondement humaniste du ‘travailler autrement’. Soutenir les élèves en difficulté par une aide individualisée devient dans le discours ministériel la panacée, le nec plus ultra de la réflexion pédagogique qui débouche en outre sur le bon sens, le gros bon sens.

En réalité il s'agit tout simplement là d'une mauvaise action de la part d'un pouvoir qui ne sait où donner de la tête, hanté par l'éventualité toujours possible d'un nouveau ‘soulèvement de la vie’. Il s'agit en tout cas d'un mensonge proféré car on n'ose croire qu'il puisse s'agir d'ignorance.

Pendant des années, en effet, le fameux soutien, auquel était joint l'approfondissement, a été pratiqué peu ou prou dans tous les collèges quand il est devenu évident que le ‘travailler autrement’, préconisé par les réformateurs du début des années 80 et depuis longtemps par les divers courants de pédagogie active, ne serait pas mis en oeuvre.

Le ‘soutien’ n'est d'aucun secours pour les enfants en échec scolaire

Le soutien est apparu alors comme la mesure simple à mettre en oeuvre et qui permettait de se donner bonne conscience à peu de frais (il suffisait, déjà, de payer des enseignants volontaires en heures supplémentaires ce qui montre que le pouvoir actuel est d'une remarquable créativité). Et ce fut un échec.

Pire, ce soutien s'est révélé comme un instrument ou, pour être moins radical, comme un adjuvant efficace de la ségrégation sociale produite par le système éducatif lui-même.

Quand les néo-conservateurs, ministre en tête, disent que soutenir ainsi c'est donner aux pauvres (aux défavorisés, disent-ils, bien sûr) ce que les riches peuvent se payer, des cours particuliers en somme, ils mentent.

Ce qui est passé sous silence dans cette démarche c'est tout simplement l'essentiel, l'implication de l'enfant dans sa scolarité, dans son accès au(x) savoir(s), implication qui n'est pas donnée comme une grâce à chaque enfant, mais qui dépend essentiellement des conditions sociales, économiques et culturelles dans lesquelles il naît et il vit.

La preuve a été faite tout au long de ces années que le ‘soutien’, non seulement n'est d'aucun secours pour les enfants en échec scolaire mais se révèle comme particulièrement contre-productif.

Car, reprenant les mêmes leçons, les mêmes exercices avec les mêmes méthodes à quelques variantes didactiques près, en fin de journée (nécessairement puisque les emplois du temps sont sacrés), alors que enseignants et enfants n'en peuvent mais, et que l'on entend les copains s'esclaffer dans la rue, ce soutien ne fait que confirmer et conforter l'élève dans sa situation d'échec.

Il n'a plus alors qu'une envie : quitter ce lieu de malheur ce lieu qui est celui de son malheur.

Car le soutien ainsi dispensé contribue à confirmer cet enfant dans sa ‘nullité’, dans son incapacité qu'il éprouve comme une malédiction pour ainsi dire constitutive de son être.

Faire travailler les enfants pendant les vacances les convainc de leur incapacité

Alors quand le soutien a fait preuve de son inanité, il ne reste plus qu'à énoncer le constat qui est un baume pour la bonne conscience : il est des enfants aptes à accéder au savoir et d'autres qui ne le sont pas et auxquels il convient donc de permettre d'entrer dans la vie active aussi tôt que possible pour y assumer les tâches qui leur sont destinées de toute éternité.

Mais on peut faire preuve de plus de sollicitude encore et organiser, comme le propose le ministre actuel, des ‘stages de remise à niveau’ pendant les vacances pour ces enfants qui de toute façon ne partent pas en vacances et, si l'on peut, confier en outre ces stages aux collectivités locales -l'école ne peut pas tout n'est-ce pas.

Et c'est ainsi que la discrimination sociale va son train dans le cadre même de l'institution éducative, par l'ancrage dans l'esprit de ces enfants de la conviction de leur propre incapacité. Conviction confirmée matériellement, vécue dans l'instant, par leur présence en cours de soutien quand les autres sont en vacances.

Le ‘travailler autrement’ de nos conservateurs ‘modernes’ est un leurre

Je sais bien que l'on citera l'exemple d'un tel ou d'une telle sauvé(e) par le ‘soutien’, je sais bien. Autant d'exemples qui occultent la masse de celles et ceux qui n'ont pas été sauvés, qui occulte surtout la perspective d'une autre école possible dans laquelle le ‘travailler autrement’ rendrait le soutien, ce soutien-là, superflu.

Au fond, pas plus que Jules Ferry ne songeait à construire une école démocratique c'est-à-dire une école dans laquelle la plupart des enfants d'ouvriers ne seraient pas condamnés à être ouvriers, les conservateurs d'aujourd'hui ne songent à mettre en oeuvre une école qui permette à chaque enfant de s'émanciper, c'est-à-dire de rompre avec le déterminisme social.

Et c'est en cela que le ‘travailler autrement’ n'est dans la bouche des conservateurs ‘modernes’ qu'un slogan, qu'un mensonge, bref une mauvaise action et une immoralité, car il s'agit d'enfants.

202 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de R2PH

à le_vrai_olaf Portrait de le_vrai_olaf De R2PH

01H22 | 14/05/2008 | Permalien

Et même qu'un inadapté, avec un bon dir-com peut s'intégrer à l'élite.

Je m'explique : Parfois, notre société à besoin de massacrer l'élite pour se renouveler en dehors du sérail. Elle créé ses révolutionnaires, se repait de ses élites, elle s'auto-entretient ainsi. Réformer l'école sans toucher au reste reviendrait à envoyer nos jeunes au casse pipe … de l'élite.

Ce qui serait un moindre mal vu les abrutis dont on cause. (Non, les autres, ceux qu'on pas le niveau CM2 même à l'oral)

Portrait de Bardamu

De Bardamu

difficile | 19H39 | 13/05/2008 | Permalien

C'est hallucinant, je suis parfaitement d'accord avec vous.

J'en suis tout éplapourdi…

Portrait de Numerosix

à Bardamu Portrait de Bardamu De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 20H01 | 13/05/2008 | Permalien

Il y a un faux Bardamu qui se ballade sur Rue89 !
Alerte ! Alerte !

Portrait de pingouin_force_attak

à Numerosix Portrait de Numerosix De pingouin_force_attak

alcoolique, drogué et dépravé | 20H33 | 13/05/2008 | Permalien

envoyez le rôdeur (p'tite blague pas drôle XD)

Portrait de parti

à Numerosix Portrait de Numerosix De parti

punishment park | 21H13 | 13/05/2008 | Permalien

et il y a toujours un hype qui s'octroie louis ferdinand pour se la péter…

Portrait de Numerosix

à parti Portrait de parti De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 21H45 | 13/05/2008 | Permalien

Le Fiel est Roi ! Regardez la gueule du trèpe, c'est du long cauchemar en figures. C'est tout obscène par le visage. Parties honteuses remontées au jour. Châtions, châtions nos expressions !

Portrait de Nondupe

à Numerosix Portrait de Numerosix De Nondupe

08H52 | 14/05/2008 | Permalien

C'est toute la coimplexité de ferdinand BARDAMU d'être un double.
Le vrai était le double littéraire de L-F CELINE.
Alors, pourquoi pas ici ?
Il faut le démasquer à partir de son disocurs…

Portrait de ex-riverain

De ex-riverain

x | 19H41 | 13/05/2008 | Permalien

superbe article !

Portrait de dalun

De dalun

19H46 | 13/05/2008 | Permalien

comme les franchises médicales .. gros mensonge , déviation du sens des mots .un tiers de la somme pour alzheimer , le reste économie .les franchises ( super mot ) et l'école , idem , comme en Angleterre . les écoliers fréquentant l'école public ont moins de repos ,ça s'apprend de bonne heure la soumission .je t'encadre ou je t'encadre pas .répondre : OUI CHEF ! …Nous avançons vers le passé simplifié .COLERE.

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 19H51 | 13/05/2008 | Permalien

Je crois que vous leur prêtez des intentions qu'ils n » ont même pas , ils sont encore plus bêtes que ça , ils sont pires que des réactionnaires , ils ne veulent pas revenir à avant, ils veulent juste faire de l » Anti Mai 68, parce que 68 , c'est le mal :

-Travaillez tout le temps
-Ce que nous voulons : Rien ! Et le plus tard possible
-Vive la société de consommation
-Nous sommes tous des capitalistes juifs américains
-Souffrez sans rien entraver
-la chienlit, c'est nous !
-La vie , c'est l'inversion de la culture
-il est obligatoire d » interdire
-Soyons réaliste, demandons moins
-Faites la guerre economique, pas l » amour

Etc etc

Je vous raconte pas les dégâts que va produire leur anti 68 !

Portrait de kestiontoi

De kestiontoi

travailleur forcé | 19H53 | 13/05/2008 | Permalien

« Quand ils disent que le problème est, aujourd'hui moins celui du nombre d'élèves par classe (ce qui n'est pas vrai partout, bien sûr) que celui des méthodes pédagogiques mises en oeuvre, ils ont raison. »

Certaines méthodes pédagogiques ne sont-elles pas liées au nombre d'élèves par classe ?

« l'on entend les copains s'esclaffer dans la rue, ce soutien ne fait que confirmer et conforter l'élève dans sa situation d'échec. »

Le seul soutien efficace ne nécessite-t-il pas d'être integré dans la méthode pédagogique ?
N'est-il pas lié au nombre d'élèves ?

« des “stages de remise à niveau” pendant les vacances pour ces enfants qui de toute façon ne partent pas en vacances »

Comment peut-on remettre à niveau un enfant qui ne s'adapte pas au rythme d'une classe et à la méthode pédagogique ?

« Ce qui est passé sous silence dans cette démarche c'est tout simplement l'essentiel, l'implication de l'enfant dans sa scolarité, dans son accès au(x) savoir(s) »

Cette nouvelle métode ne s'apparente-t-elle pas à une marche forcée ?

« si l'on peut, confier en outre ces stages aux collectivités locales -l'école ne peut pas tout n'est-ce pas »

N'est-ce pas une démission de l'Education nationle ?

« les conservateurs d'aujourd'hui ne songent à mettre en oeuvre une école qui permette à chaque enfant de s'émanciper, c'est-à-dire de rompre avec le déterminisme social »

La futur réforme des Universités ne va-t-elle pas augmenter les frais des étudiants qui sont déjà conséquents ?
Cette réforme permettra-t-elle à chaque enfant de s'émanciper ?
Bien sûr pour ceux qui y accèdent !

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 20H05 | 13/05/2008 | Permalien

le gouvernement n'a qu'une seule idée en tête. Diminuer les moyens de l'école républicaine française et augmenter ceux des écoles privées. Sarkozy a terminé son émission télévisuelle de la semaine dernière en disant qu'il était pour le Capitalisme. Tout était dit… La seule volonté des libéraux au pouvoir est de détruire le Service Public. Ils ne peuvent plus accepter l'Education nationale telle qu'elle existe aujourd'hui…. ! !

http://phil195829.overblog.com

Portrait de pingouin_force_attak

à Phil2922 Portrait de Phil2922 De pingouin_force_attak

alcoolique, drogué et dépravé | 21H36 | 13/05/2008 | Permalien

je ne suis pas tout à fait d'accord avec votre interprétation. Le but de ce gouvernement est de gagner de l'argent quel qu'il soit. Cet argent est puisé au détriment du service public dont les institutions scolaires font parties. Le gouvernement, chose grave, propose donc de sacrifier l'enseignement arguant « qu'ailleurs ils font mieux avec moins ». Et puis, en France, on (je n'en fais pas encore partie, je suis mineur) paye beaucoup d'impôts car l'on a une certaine logique de solidarité (qui tend à disparaître, je le conçois : ( ) qui ne favorise pas -trop- les riches. Mais speedy-Sarko est là, il remèdit à tous ça, offrant 15 milliards de cadeaux fiscaux aux riches, il y a donc un vide à combler, d'où le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux. La politique de Sarkozy : aidez les riches au détriment des démunis. Son rêve n'est-il pas de calquer la société française à l'américaine ?

Portrait de beiz22

à Phil2922 Portrait de Phil2922 De beiz22

21H39 | 14/05/2008 | Permalien

Il n'y a pas que les libéraux qui ne peuvent plus accepter l'EN telle qu'elle est aujourd'hui. Plus personne ne le peut ! ! ! Le « Service Public » l'a pas besoin des libéraux pour se détruire ; il y a longtemps qu'il s'est sabordé.

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

alpha-béta | 20H07 | 13/05/2008 | Permalien

« En réalité il s'agit tout simplement là d'une mauvaise action de la part d'un pouvoir qui ne sait où donner de la tête, hanté par l'éventualité toujours possible d'un nouveau “soulèvement de la vie”. Il s'agit en tout cas d'un mensonge proféré car on n'ose croire qu'il puisse s'agir d'ignorance. »

Vous n'osez pas envisager l'ignorance de ceux qui nous gouvernent ? Pourquoi ?

Si l'on considère que Sarkozy n'a aucune vraie racine en France du fait de ses origines, que c'est lui et lui seul qui pilote le gouvernement et qu'en dehors de son habileté à se servir des médias et de la naïveté de nos concitoyens nous pouvons nous demander où il irait chercher les connaissances nécessaires à une réorganisation correcte de notre système éducatif.

Portrait de NaturallytheRacoon

à Servais-Jean Portrait de Servais-Jean De NaturallytheRacoon

06H47 | 14/05/2008 | Permalien

« Si l'on considère que Sarkozy n'a aucune vraie racine en France du fait de ses origines »…

Vous devriez évoquer les forces obscures et maléfiques de l'Anti-France, tant que vous y êtes…

Pétain, quand tu nous tiens…

Portrait de asozial

à Servais-Jean Portrait de Servais-Jean De asozial

aus Berlin | 06H49 | 14/05/2008 | Permalien

comment croire que sarkon gouverne tout seul ? il est le pur produit de l'UMP, la conséquence de la politique de chirac, l'héritier du gaullisme et son culte de la personnalité du chef, de la Vème république et de son présidentialisme…

comme hitler ou mussolini (je m'attribue moi-même deux points goodwin) ne sont pas les envoyés de satan sur terre mais les conséquences de leurs cultures - ils n'ont jamais tué personne et sont restés assis dans leurs bureaux à donner des ordres qui ont été obéis, avec la bénédiction et le soutien de l'église, de l'armée et du patronat.

sarkon est le représentant élu de l'UMP, puis des français, personne n'a été forcé ; ses ministres ne sont pas obligés de l'être, ses députés et sénateurs ne sont pas obligés de voter ses lois… le fonctionnaire qui lui a laissé son salaire de ministre après son élection n'était pas obligé, les employés de mairie qui font du zèle en entravant les démarches des français d'origine douteuse le font spontanément, etc…

sarkon est le leader de la « révolution réactionnaire » en france, il est bien pire que le petit caudillo d'opérette qu'il est d'autre part, il est la pointe de l'iceberg et tout ce qu'il fait est magnifiquement orchestré : destruction des acquis sociaux au bénéfice de l'oligarchie libérale et décrédibilisation de la politique, de sa fonction, de la démocratie…

un avenir radieux nous attend !

Portrait de Les Chats

à asozial Portrait de asozial De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 14H38 | 14/05/2008 | Permalien

A nous la rue ! ! ! Il n'y a que ça à faire
SARKO DEHORS ! ! HORS DE NOTRE REPUBLIQUE ! !

Portrait de Suppriméàlademandeduriverain17.02.09

De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09

20H14 | 13/05/2008 | Permalien

Je ne suis pas d'accord avec vous du tout. Votre argumentation ne tient que sur du sable. Vous êtes opposé au soutien scolaire mais vous ne nous dites pas pourquoi. Est-ce parce que les conditions pécunières de ce soutien ne vont pas dans le sens de l'augmentation de votre pouvoir d'achat ? Je soupçonne que c'est la cause de votre acrimonie.

J'ai bénéficé du soutien scolaire à mon époque, pour les maths, gracieusement, mon prof prenait sur son heure de déjeuner, puis sur son heure d'après les cours. Jusqu'au désespoir, mais ce ne fut pas sans résultats.

Ma nièce a bénéficé du soutien scolaire, en allemand, des cours un peu payants sans lesquels elle n'aurait pas décroché son diplôme, ce qui lui aurait interdit la filière qu'elle a ensuite choisie.

Mon neveu bénéficie du soutien scolaire, dans son cas c'est une nécessité absolue. Sinon c'était la voie de garage assurée dès sa 11è année.

Le soutien scolaire c'est du temps de prof, certains le donnent, d'autres le monnayent en catimini. Dans tous les cas, en priver l'enfant ou l'étudiant pour de mauvaises raisons, des raisons corporatistes, c'est inique.

+1 !
Il n'a pas d'argumentation et ne propose pas d'alternatives, c'est une polémique. Peut-être s'ennuie-t-il ce soir ?

De plus, rien n'oblige à ce que le soutien soit fait avec les mêmes personnes, les mêmes méthodes et le même jour.

Amusez-vous bien !

Portrait de toots

à ilyn9dmxexnx8dt Portrait de ilyn9dmxexnx8dt De toots

void | 21H15 | 13/05/2008 | Permalien

Pas d'argumentation ?

Laissez-moi rire (jaune).

Dites plutot que soit vous ne l'avez pas lue, soit elle ne vous convient pas.

Pour répondre au commentaire au-dessus, le soutien n'est pas mauvais en soit, c'est son articulation dans la societé qui est néfaste. D'une part parce qu'il ancre l'élève dans un statut « à la traine », et d'autre part parce que c'est inégalitaire par principe, en particulier quand il est payant (et cher).

J'ai donné pas mal de soutien payant en tant qu'étudiant, pour avoir un peu d'argent, et je px vous dire que ça m'a bien dégouté de voir des parents angoissés payer cher des cours qui ne servaient le plus souvent à rien.
Sans parler des momes qui ne travaillent plus en classe, attendant que le prof particulier lui explique tout.
C'est au sein de l'école régulière que ce travail doit se faire, pas comme cela.

Je voudrai d'aillers rajouter une perception personelle du formatage social operé par le soutien en faisant remarquer les enfants mis en scène dans les affiches de cours de soutien dans des boites privées (que je n'aime pas du tout - euphémisme).
Ils sont systématiquements blonds, blancs, bien habillés, tout à fait classe moyenne/classe riche.
Avec comme slogan « votre enfant va réussir ».

Rien qu'à les regarder, on sait s'identifier directement à eux… ou pas… J'ai une casquette ? Je suis trop banlieue (look « rap » comme disait une journaliste du monde) ? Bon bah c'est pas pour moi.

Je deteste ces pubs, elles nous montrent tous les matins en allant au boulot l'hypocrisie de notre culture. Et personne ne réagit. Normal.

Portrait de Sacha25

à toots Portrait de toots De Sacha25

05H23 | 14/05/2008 | Permalien

« Avec comme slogan “votre enfant va réussir”.

Voila une partie du vrai problème, surtout avec la fin : A quoi ? Pour quoi faire ?

Portrait de Ryze

à toots Portrait de toots De Ryze

La Jeune Garde Rouge | 08H37 | 14/05/2008 | Permalien

+1 Toots ! ! ^^ Tres bon commentaire, tres pertinent =)

Portrait de deecurl

à toots Portrait de toots De deecurl

| 08H41 | 14/05/2008 | Permalien

ah, je ne suis pas seule à avoir été choquée par ce genre de pubs…
encore aujourd'hui j'ai l'impression qu'il vaut mieux être bien né qu'avoir des capacités.

Portrait de ilyn9dmxexnx8dt

à toots Portrait de toots De ilyn9dmxexnx8dt

09H16 | 14/05/2008 | Permalien

Apparemment, nous ne sommes pas d'accord sur l'argumentation. Soit ! Mais quelles sont les alternatives alors ?

Je pense qu'il faut faire la part des choses entre ce qu'il faudrait et ce qui est. L'école créée de l'échec, c'est la raison de vivre du soutien scolaire. Vous voulez supprimer le soutien scolaire ? Supprimez l'échec à l'école !

Portrait de Julien Ruez

à ilyn9dmxexnx8dt Portrait de ilyn9dmxexnx8dt De Julien Ruez

assistant social | 10H56 | 14/05/2008 | Permalien

Quelles sont les alternatives ?

Et bien le pire, c'est qu'elles existent et sont déjà appliquées dans certaines écoles. Parfois publiques, souvent privées avec un projet pédagogique un peu plus innovant que notre monolithique éducation nationale.

Par exemple, une réponse, très partielle, peut être l'usage de la pédagogie différenciée, (ou « institutionnelle »), méthodologie « Freinet » ou l'on suit beaucoup mieux le rythme d'évolution de l'enfant.

Il serait vain d'essayer de résumer ici cette façon de travailler mais pour simplifier, disons que l'on abolit l'idée d'un groupe de niveau pour permettre à l'enfant d'évoluer à la vitesse qui lui convient le mieux dans chaque domaine d'apprentissage. Et les contenus pédagogiques s'ouvrent vers des disciplines non académiques pour aider l'enfant à développer son estime de soi, sa curiosité, sa capacité à apprendre. En gros, c'est « apprendre à apprendre ».

Vous pouvez trouver de nombreuses documentations sur le sujet sur internet :

tenez, non exhaustif bien sur :

http://www.cahiers-pedagogiques.com/
http://daniel.calin.free.fr/index.html
http://www.inrp.fr/
http://mclcm.free.fr/
http://www.icem-pedagogie-freinet.org/
http://www.freinet.org/
http://www.barbier-rd.nom.fr/accueilCRISE2.html
http://www.ecoledesparents.org/
http://www.laligue.org/ligue/index.html

http://clisthene.net.free.fr/ (exemple de collège/Lycée public expérimental)

Par ailleurs, on cherche toujours à faire porter à l'éducation nationale la responsabilité de la réussite ou de l'échec des élèves. Mais comme le dit l'auteur de cet excellent (et trop court) article, dans le cadre actuel de l'école, que peut un enseignant, seul, face à la misère sociale d'un enfant ?

Une réflexion me semble indispensable sur la coordination des services sociaux départementaux avec l'école, et sur l'extension des actions éducatives, qu'elles soient liées à une intervention institutionnelle ou bien à celle d'associations.

Bien sur, il n'y a pas de solution miracle, mais l'Education nationale regorge de projets pilote comme Clisthène qui marchent et ne sont pas appliqués ailleurs ensuite.

C'est déséspérant…

Portrait de Les Chats

à Julien Ruez Portrait de Julien Ruez De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 14H55 | 14/05/2008 | Permalien

« mais l'Education nationale regorge de projets pilote comme Clisthène qui marchent et ne sont pas appliqués ailleurs ensuite. »

Ce gouvernement ne veut pas que l'Education Nationale réussisse, il veut que se soit le privé qui le fasse. Une façon malhonnête de se débarrasser du public et donc des fonctionnaires.

A ce propos petit rappel via Rue89 :

http://rue89.com/2008/05/01/propos-premonitoires-de-renaud-dutreil-ancie…

http://www.betapolitique.fr/Propos-premonitoires-de-Renaud-04853.html

Portrait de Courageux anonyme

à Julien Ruez Portrait de Julien Ruez De Alabama

15H12 | 14/05/2008 | Permalien

Merci de vos précisions : c'est tout à fait ce que l'on propose aux enfants en difficultés dans le cadre du RASED ( c'est un réseau d'aides aux élèves en difficultés scolaires) qui fonctionne en regroupement d'enfants, hors de la classe mais dans l'école, pour les remettre en situation de réussite.Et ceci pendant le temps scolaire, bien sûr. Et de préférence pour des moments (d'une durée de 45 minutes) autres que ceux dévolus au sport ou aux arts.

Portrait de CourageuxAnonyme

à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09 Portrait de Suppriméàlademandeduriverain17.02.09 De CourageuxAnonyme

le vrai | 23H19 | 13/05/2008 | Permalien

C'est bizarre, il ne parle d'argent nul part dans son article, mais vous si. Par contre il parle de gens qui croient qu'un seul exemple (ou deux, ou trois) démontre(nt) le théorème. Ça serait bien pratique.

Je sais que la mode est au sondage, et que bientôt on interrogera trois parisiens pour savoir si la prochaine loi doit être votée ou non… Mais c'est affolant, il ne faut pas se laisser faire.

C'est très bien que cette forme de soutien scolaire ait fonctionné pour vous et vos neveu et nièce… Mais le système scolaire n'est pas fait que pour vos neveu et nièce. Il est fait pour tout le monde. Et ne croyez pas que je sous-entend qu'ils doivent rester sur le carreau au prix d'une réussite de la majorité. Non.

Comme je le comprends dans cet article, et comme je le crois, il est possible de faire une école qui n'a simplement pas besoin du soutien scolaire, ou une école où l'on pourra faire mieux que le soutien scolaire.

Et donc je suis parfaitement d'accord avec votre conclusion : priver l'enfant ou l'étudiant pour de mauvaises raisons, des raisons corporatistes, ou des raisons financières, ou encore parce qu'en tant que Ministre de l'Éducation de gouvernement bling-bling on a pour mission de pondre une n-ième réforme sans fond (dans le meilleur des cas), vous avez raison, c'est inique.

Portrait de oomu

à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09 Portrait de Suppriméàlademandeduriverain17.02.09 De oomu

12H40 | 14/05/2008 | Permalien

l'article ne dit pas de supprimer le soutien scolaire.

Il insiste que le ressenti est néfaste. En fait le soutien scolaire ne sauvera pas l'enfant de son milieu social.

Pour arriver à émanciper l'enfant (qu'il fasse ce qu'il veut indépendamment du milieu social), l'Education nationale doit changer la donne.

Le soutien scolaire doit être intégré au sein des heures de cours. Les programmes doivent être écris en partant du principe qu'il y aura certainement aussi du soutien. Les enseignants doivent être préparés et payés en conséquences d'heures de soutiens, qu'ils sauront à l'avance qu'il va y en avoir.

L'école doit se repenser au lieu de faire du ghetto d'enfants défavorisés et des belles pubs pour blondinet de belle famille.

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nul ne conteste qu'un enfant élevé dans un milieu qui prône l'éducation sera mieux armé s'il a révisé et révisé et encore révisé des maths avec un cours de soutien.

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