
Pourquoi développer le soutien scolaire est une idée néfaste
Nous assistons, ce printemps, au développement d'un paradoxe. Voici, en effet, que pour justifier la suppression d'une douzaine de milliers de postes dans l'institution éducative les conservateurs de ce pays, ministre en tête, exhortent les enseignants à « travailler autrement ».
Paradoxe, en effet, car ce « travailler autrement » a toujours été la préconisation essentielle d'une frange de pédagogues que les conservateurs de toujours n'ont cessé et ne cessent de combattre.
Avant d'examiner le contenu de ce « travailler autrement » ministériel dont nous verrons qu'il se résume à un mensonge et peut-être même à une immoralité, il convient d'être attentif à l'argument avancé pour justifier cette politique restrictive : le « taux d'encadrement » serait fort convenable dans notre pays, il serait même bien meilleur que celui de tous nos voisins européens.
Ce qui importe ici, ce n'est pas le chiffre (11 et des poussières d'élèves par enseignant ! ) non pas faux sans doute, mais évidemment dépourvu de sens du point de vue pédagogique. Ce qui importe, c'est la terminologie et particulièrement le mot encadrement qui définit lumineusement le rôle attribué aux adultes dans le système éducatif : encadrer ! Il faut « encadrer » les enfants. Comprendre, les enfermer dans un cadre
Car il ne s'agit pas d'une inadvertance de langage mais bien d'une déclaration d'intention corroborée par ce que nous allons découvrir dans le « travailler autrement » ministériel.
L'intention est donc celle-ci : l'institution éducative a pour première fonction d'encadrer les enfants. Non pas les accompagner et les guider comme il le faut pour qu'ils ne s'égarent dans les chemins de traverse inextricables, mais les enfermer dans un cadre dont les limites ont été préalablement fixées.
Le courant conservateur ne cesse d » exposer la nature de ces limites en des termes qui sont comme des pieux que l'on enfonce, à la masse, aux quatre coins de la clôture : compétition, mérite, élitisme, argent.
Dire que les propagandistes de la clôture sont des conservateurs est donc parfaitement pertinent, puisque l'encadrement qu'ils proposent enferme un modèle social qui n'a pas varié depuis plus d'un siècle, depuis les loi Ferry, lequel d'ailleurs ne manque pas d'être sollicité comme un parangon de réformisme. Notons simplement que ce conservatisme transgresse, aujourd'hui plus que jamais, les clivages politiques traditionnels.
« Le mot “démocratisation” n'est pas dans le vocabulaire des fondateurs de l'école ».
Nous savons bien, cependant, comme nous le dit Antoine Prost, incontesté historien de l'éducation, que « 'démocratisation » n'appartient pas au vocabulaire des fondateurs de l'école républicaine » :
« Je ne l'ai pas rencontré sous la plume de Ferry, de Bert ou, avant 1900, de Buisson. C'est que leur objectif n'était nullement de remédier à l'inégalité sociale ; pour eux la diffusion de l'instruction n'avait pas pour but la promotion des individus.“Ainsi s'accommodaient-ils très bien d'un dualisme qui exclut toute passerelle entre l'école du peuple et le secondaire.
‘L'école primaire républicaine affiche donc la volonté de ne pas modifier la position sociale de ceux qu'elle instruit : les petits paysans doivent devenir paysans à leur tour et les petits ouvriers, ouvriers.’ (A. Prost, ‘Education, société et politique’, éd. du Seuil, Paris, 1997, p.47).
A l'évolution du langage près (‘démocratisation’ est sollicité de nos jours à tort et à travers par tous les conservatismes), le modèle social contenu dans les limites du cadre conservateur est celui d'une société inégalitaire dont ‘l'inégalitarisme’ est donné non seulement comme indépassable mais, la théorie du mérite aidant, comme état naturel de la société.
Cependant, quand les conservateurs disent qu'il faut, pour améliorer le système éducatif, travailler autrement, ils ont raison. Quand ils disent que le problème est, aujourd'hui moins celui du nombre d'élèves par classe (ce qui n'est pas vrai partout, bien sûr) que celui des méthodes pédagogiques mises en oeuvre, ils ont raison.
Le soutien scolaire est devenu la panacée du discours ministériel
Mais alors vient le moment d'examiner de plus près le contenu de ce ‘travailler autrement’ conservateur.
On a déjà dit ici, à maintes reprises, pour ainsi dire à satiété, comment du b-a, ba au ‘par coeur’ en passant par une instruction civique au service d'une propagande nationaliste (debout les enfants, tous en coeur à mon commandement…) le néo-conservatisme tourne au cynisme le plus réactionnaire.
Il n'en va pas autrement de la ‘théorie du soutien’ qui est donnée comme le fondement humaniste du ‘travailler autrement’. Soutenir les élèves en difficulté par une aide individualisée devient dans le discours ministériel la panacée, le nec plus ultra de la réflexion pédagogique qui débouche en outre sur le bon sens, le gros bon sens.
En réalité il s'agit tout simplement là d'une mauvaise action de la part d'un pouvoir qui ne sait où donner de la tête, hanté par l'éventualité toujours possible d'un nouveau ‘soulèvement de la vie’. Il s'agit en tout cas d'un mensonge proféré car on n'ose croire qu'il puisse s'agir d'ignorance.
Pendant des années, en effet, le fameux soutien, auquel était joint l'approfondissement, a été pratiqué peu ou prou dans tous les collèges quand il est devenu évident que le ‘travailler autrement’, préconisé par les réformateurs du début des années 80 et depuis longtemps par les divers courants de pédagogie active, ne serait pas mis en oeuvre.
Le ‘soutien’ n'est d'aucun secours pour les enfants en échec scolaire
Le soutien est apparu alors comme la mesure simple à mettre en oeuvre et qui permettait de se donner bonne conscience à peu de frais (il suffisait, déjà, de payer des enseignants volontaires en heures supplémentaires ce qui montre que le pouvoir actuel est d'une remarquable créativité). Et ce fut un échec.
Pire, ce soutien s'est révélé comme un instrument ou, pour être moins radical, comme un adjuvant efficace de la ségrégation sociale produite par le système éducatif lui-même.
Quand les néo-conservateurs, ministre en tête, disent que soutenir ainsi c'est donner aux pauvres (aux défavorisés, disent-ils, bien sûr) ce que les riches peuvent se payer, des cours particuliers en somme, ils mentent.
Ce qui est passé sous silence dans cette démarche c'est tout simplement l'essentiel, l'implication de l'enfant dans sa scolarité, dans son accès au(x) savoir(s), implication qui n'est pas donnée comme une grâce à chaque enfant, mais qui dépend essentiellement des conditions sociales, économiques et culturelles dans lesquelles il naît et il vit.
La preuve a été faite tout au long de ces années que le ‘soutien’, non seulement n'est d'aucun secours pour les enfants en échec scolaire mais se révèle comme particulièrement contre-productif.
Car, reprenant les mêmes leçons, les mêmes exercices avec les mêmes méthodes à quelques variantes didactiques près, en fin de journée (nécessairement puisque les emplois du temps sont sacrés), alors que enseignants et enfants n'en peuvent mais, et que l'on entend les copains s'esclaffer dans la rue, ce soutien ne fait que confirmer et conforter l'élève dans sa situation d'échec.
Il n'a plus alors qu'une envie : quitter ce lieu de malheur ce lieu qui est celui de son malheur.
Car le soutien ainsi dispensé contribue à confirmer cet enfant dans sa ‘nullité’, dans son incapacité qu'il éprouve comme une malédiction pour ainsi dire constitutive de son être.
Faire travailler les enfants pendant les vacances les convainc de leur incapacité
Alors quand le soutien a fait preuve de son inanité, il ne reste plus qu'à énoncer le constat qui est un baume pour la bonne conscience : il est des enfants aptes à accéder au savoir et d'autres qui ne le sont pas et auxquels il convient donc de permettre d'entrer dans la vie active aussi tôt que possible pour y assumer les tâches qui leur sont destinées de toute éternité.
Mais on peut faire preuve de plus de sollicitude encore et organiser, comme le propose le ministre actuel, des ‘stages de remise à niveau’ pendant les vacances pour ces enfants qui de toute façon ne partent pas en vacances et, si l'on peut, confier en outre ces stages aux collectivités locales -l'école ne peut pas tout n'est-ce pas.
Et c'est ainsi que la discrimination sociale va son train dans le cadre même de l'institution éducative, par l'ancrage dans l'esprit de ces enfants de la conviction de leur propre incapacité. Conviction confirmée matériellement, vécue dans l'instant, par leur présence en cours de soutien quand les autres sont en vacances.
Le ‘travailler autrement’ de nos conservateurs ‘modernes’ est un leurre
Je sais bien que l'on citera l'exemple d'un tel ou d'une telle sauvé(e) par le ‘soutien’, je sais bien. Autant d'exemples qui occultent la masse de celles et ceux qui n'ont pas été sauvés, qui occulte surtout la perspective d'une autre école possible dans laquelle le ‘travailler autrement’ rendrait le soutien, ce soutien-là, superflu.
Au fond, pas plus que Jules Ferry ne songeait à construire une école démocratique c'est-à-dire une école dans laquelle la plupart des enfants d'ouvriers ne seraient pas condamnés à être ouvriers, les conservateurs d'aujourd'hui ne songent à mettre en oeuvre une école qui permette à chaque enfant de s'émanciper, c'est-à-dire de rompre avec le déterminisme social.
Et c'est en cela que le ‘travailler autrement’ n'est dans la bouche des conservateurs ‘modernes’ qu'un slogan, qu'un mensonge, bref une mauvaise action et une immoralité, car il s'agit d'enfants.
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De pablico
19H34 | 13/05/2008 |
tout est une question de vocabulaire.
« travailler autrement »
cela veut dire quoi le mot : AUTREMENT ? ?
on se le lance tout le temps à la tête, mais personne ne dit exactement ce qu'il entend par la.
AUTREMENT : quelle précision véhicules tu ? .
qui n'a pas souffert de ce mot ?
à pablico
De ART MONIKA
19H43 | 13/05/2008 |
Je suis assez d'accord avec cet article. Il y a, en effet, dans les « réformes » actuelles, une perversité qui consiste à justifier à TOUT PRIX et à N'IMPORTE QUEL PRIX la réduction drastique du nombre de fonctionnaires, enseignants compris.
Or, ce que nous avons pu remarquer, c'est une chute importante des compétences des élèves en français par exemple, chute qui s'explique entre autres par le nombre insuffisant d'heures consacrées à la lecture.
Des psychologues, ayant fait des observations dans les classes, ont pu montrer les effets délétères de cette réduction de certaines matières fondamentales dans l'activité scolaire quotidienne.
Mais les enfants ont également changé, ainsi que leur vie quotidienne, leurs parents, l'éducation qu'ils reçoivent. L'école ne parvient pas à répondre à ces défis. Et réduire le nombre d'enseignants au lieu de réduire les effectifs des classes est, dans un tel contexte, une ABERRATION.
Que l'on mette en place des aides individualisées pour les enfants en difficulté est une bonne chose, mais cela sera cautère sur une jambe de bois si, dans le même temps, on ne permet pas aux enseignants d'exercer correctement leur métier et aux enfants de développer sereinement leurs compétences.
C'est ainsi que j'entendrais, moi, le « travailler autrement ».
à ART MONIKA
De dalun
20H11 | 13/05/2008 |
D « autant plus que les postes d'enseignants détachés au service de “apprendre autrement ‘ sont brutalement enlevés aux associations bossant dans , et avec l'école , à des projets novateurs : environnement ,artistique , scientifique , avec des milliers d'enfants TOUS CAPABLES’ , et ça cela est évaluable .prix ( sénat )de l'innovation 2006 catégorie environnement. avec mention spéciale pour la gestion du budget ,la reproductibilité du projet dans d'autres départements ..bref : c'est de la casse innovante ce qui est proposé pour les momes aujourd'hui. 4 ans de travail , des bouquins , des intelligences en pagaille , pour arriver à cette décision de suppréssion d'un demi-poste ! lien entre le dedans et le dehors.maintenant c'est dedans tout le temps , et un peu , beaucoup plus..à l'avenir.
à ART MONIKA
De raleuse13
idéaliste ? oui ! j'assume ! | 02H00 | 14/05/2008 |
Ce qui me parait être une aberration depuis toujours, c'est le système qui dit : un enfant qui a six ans dans l'année entre au cp.
Mais les enfants nés en janvier-février ou en novembre-décembre de la même année n'ont ni la même maturité cognitive ou affective, ni la même capacité d'intégration des pré-requis pour entrer en primaire.
De ce fait, certains enfants seront fatalement placés en situation d'échec.
Une des solutions serait de maintenir certains enfants en grande section de maternelle six mois ou un an de plus ; hélas, ça se ferait au grand dam des parents…
Une autre solution a été esquissée, avec les « ponts » entre la maternelle et le primaire, censés permettre à ces enfants-là de combler leurs lacunes.
Si l'idée était bonne, en pratique, elle a été impossible à mettre en place pour au moins deux raisons : les locaux n'avaient pas été prévus pour… et cette mesure demandait trop de personnel accompagnant en plus.
Dans ce système, les enfants qui entrent au cp sans y être prêts sont rapidement en situation d'échec et aucun soutien ne peut les faire émerger, sauf à reprendre tous les pré-requis : mais comme le dit l'auteur de l'article, « les copains rigolent, et le soutien est mal vécu ».
L'aberration seconde consiste à « faire passer » tous les enfants (directive des académies, ne pas encombrer les classes avec les doublons, et refus des parents de voir leur enfant doubler une classe).
Les enfants auxquels il n'aurait manqué que peu pour suivre une scolarité standard accumulent ainsi les lacunes, se confortent eux-mêmes dans leur échec et en souffrent.
à raleuse13
De k@rine
citoyenne | 07H46 | 14/05/2008 |
Aujourd'hui,l'enseignant propose un redoublement et les parents acceptent ou non la proposition.Ainsi, beaucoup d'eleves qui n'ont pas acquis les compétences de bases pour passer en classe supérieure ne redoublent pas car les parents refusent cette réalité ( ce qui peut se comprendre à l'air de la compétition à tout va).
C'est un mensonge de dire que les enseignants ne s'occupent pas en classe des eleves en difficultés.
à raleuse13
De CG13
deuxcopainsdabord.musique.com | 17H39 | 14/05/2008 |
Merci de mettre enfin le doigt sur un des problèmes majeurs à mon sens : les premiers apprentissages, le CP en particulier (il est vrai que d'autres pays fixent six ou sept ans comme âge d'entrée : les obligations fixées par l'Etat montrent ici leurs limites et leur manque de souplesse, peu de parents acceptant de voir un enfant « à l'âge » « redoubler la maternelle »).
Dans les nombreuses écoles urbaines où j'ai commencé par faire sept ans de remplacement dans les quartiers les plus difficiles, j'avais déjà décelé il y a plus de trente ans une forte corrélation entre les CP « heureux » et la réussite scolaire des cours plus élevés, au point d'avoir à l'époque émis l'idée aussi sotte que grenue de créer un statut spécifique pour les enseignants « très spécialisés » de cette classe alors qu'elle était souvent confiée à des enseignants débutants et sans formation spécifique aucune.
Plus tard, j'ai enseigné dans la même école de village (le niveau socio-culturel familial était comparable) pendant une vingtaine d'années essentiellement en cours moyen.
La dispersion d'âge des élèves nous imposait le plus souvent des classes à effectifs élevés comportant de nombreux cours doubles.
Je suis arrivé à faire partager à mes collègues deux idées :
1°) il est plus facile de gérer un cours simple, même bien plus chargé, qu'un cours double
2°) le CP est prioritaire et mérite solidarité et investissement.
Ainsi, nous avons eu volontairement dans cette école des disparités d'effectifs par classe très criards, qui avaient d'ailleurs alerté l'IDEN au début… il arrivait d'avoir des CE1 à 27-28 (la moyenne de l'école), des CE2-CM1 à 22 (on ne pouvait pas toujours y échapper), des CM2 à 32-34 (36 une année) mais des CP toujours entre 15 et 18 maximum, qui étaient confiés à des maîtresses compétentes et chevronnées, des spécialistes en vérité.
Moralité : bien partis, les élèves avaient une scolarité quasiment sans problème avec un taux de redoublement très faible (sur des critères pourtant « à l'ancienne ») et je n'ai pas souvenir d'avoir envoyé en 6ème un de ces « 15% d'une tranche d'âge » ne maîtrisant pas les fondamentaux.
Il est certain que si nous avions eu un maître ou deux de plus, nous aurions encore mieux travaillé en effectifs plus légers et avec moins de classes sur deux niveaux…
Une maternelle qui éveille et réduit les écarts par le langage et les activités formatrices de psychomotricité fine, un CP qui prépare bien le terrain, et l'école primaire réussit souvent…
à ART MONIKA
De beiz22
21H34 | 14/05/2008 |
Vous êtes aussi indécrottable que lui ; comme s'il y avait un rapport entre le nombre de profs et le résultat obtenu ; si cela était le cas cela se saurait.
à pablico
De marie 75
16H04 | 14/05/2008 |
Soutien scolaire, travail social … ca a à voir !
mardi 13 mai 2008 (22h16) :
Gratification des stages en travail social : un air (gazé) de Sorbonne
Fédération CNT des travailleurs de la santé, du social et des collectivités territoriales 33 rue des Vignoles 75020 Paris Tel : 06 28 33 42 43 Courriel : fede.sante-social@cnt-f.org Site : http://www.cnt-f.org/sante-social.rp/
Communiqué
Gratification des stages en travail social : un air (gazé) de Sorbonne
Plus de 5000 travailleurs sociaux en formation, formateurs et salariés du secteur sanitaire et social sont venus de toute la France pour dénoncer notamment le caractère discriminatoire et profondément inégalitaire du décret paru le 31 janvier dernier concernant les gratifications des stages en travail social. La manifestation devait se terminer à la Sorbonne où se tenait ce même jour les assises du travail social. Une délégation mandatée par la coordination nationale des travailleurs sociaux en formation devait également être reçue en fin d'après midi.
Alors que la manifestation regagnait pacifiquement la place de la Sorbonne, les forces de l'ordre ont dû trouver que la dispersion ne se faisait pas assez rapidement et ont gazé à trois reprises les manifestants. Vers 20h30, une centaine de personne était encore encerclée par les CRS. Comme à chaque fois que le rapport de force devient défavorable à l'Etat, ce dernier vient nous rappeler les limites de la liberté qu'il prétend tant défendre afin de nous mettre au pas.
La fédération CNT santé social et collectivités territoriales tient à réaffirmer qu'elle restera auprès de celles et ceux qui luttent. Ce coup de force de l'Etat doit nous permettre d'étendre le mouvement et de rester solidaires face à la répression. Concernant le décret sur la gratification des stages, nous maintenons que cette mesure ne résoudra en rien la précarité que connaissent bon nombre de travailleurs sociaux en formation. Seul un véritable statut de travailleur social en formation permettra un accès à toutes et tous à la formation de manière égalitaire, quel que soit le niveau du diplôme préparé et sans subordination au lieu de stage.
Seul-e-s, nous ne pouvons rien, Uni-e-s, nous pouvons tout ! Nous n'aurons que ce que nous prendrons !
Paris, le 13 mai 2008 le secrétariat fédéral
à marie 75
De beiz22
21H44 | 14/05/2008 |
N'avez-vous pas l'impression de faire de l'Agitprop ?
à pablico
De Yvon
09H07 | 15/05/2008 |
Autrement c'est à dire en pleine liberté de création, d'innovation, de plaisir, sans ces directives autoritaires et bêtes de la hiérarchie et sans ces donneurs de leçons préhistoriques de pseudo pédagogues (sans élèves ! ! ! )
Oui il faut aider ces enfants en difficultés, ces jeunes par tous les moyens pour leur redonner goût à la lecture, leur faire retrouver la confiance et leur laisser ainsi trouver leur voie.
De XavXav
19H31 | 13/05/2008 |
Donc si je comprends bien, quoi que l'on fasse, il est impossible de rattraper un élève hors des cours ?
OK, il me semble logique que l'adhésion profonde de l'élève soit nécessaire pour que le cours de soutien « marche », mais est-ce que le fait de repasser un minimum ses cours dans un cadre tout de même légèrement différent de celui de la classe, éventuellement avec un autre prof, donc une autre méthode, n'est pas malgré tout utile ?
Est-ce que le cours supplémentaire est nécessairement chiant ? Ou peut-on imaginer que le soutien soit aussi l'occasion d'accomplir quelque chose qui rende fier, donc qui soit motivant ?
En fait, peut-être que l'échec du soutien organisé par l'EN avec les moyens de l'EN vient de la difficulté à faire original avec une armée uniforme : quelle réussite pour des initiatives de soutien d'origine associative ?
à XavXav
De kestiontoi
travailleur forcé | 19H59 | 13/05/2008 |
« Est-ce que le cours supplémentaire est nécessairement chiant ? Ou peut-on imaginer que le soutien soit aussi l'occasion d'accomplir quelque chose qui rende fier, donc qui soit motivant ? » (XavXav)
Pourquoi alors imaginer cette méthode que dans le cadre d'un soutien ?
Un cours chiant n'est-il pas lié au nombre d'élèves et au matériel mis à disposition des enseignants ?
à kestiontoi
De R2PH
01H14 | 14/05/2008 |
Pour ma part, un cours supplémentaire était par définition : « Encore plus chiant »
Je pense autrement aujourd'hui
Mais c'est vrai que c'est plus moi qui m'y colle
Oserais-je un : Et si les cours « normaux » n'étaient pas chiants du tout. Pour commencer.
Je cause pas des enseignants, je cause des cours.
à kestiontoi
De Varinay
père de famille | 14H22 | 14/05/2008 |
Je ne vois qu'un enseignant pour faire une telle réponse.
Je suis d'une génération qui est en train de prendre sa retraite. Nous avons dû vivre en ayant fait nos études dans des classes de 40 élèves. Hier comme aujourd'hui les professeurs de vocation n'avaient pas de problèmes particuliers pour transmettre leur savoir. Il n'en est pas de même pour ceux qui n'ont qu'une vocation alimentaire.
Responable d'association de parents d'élèves depuis deux décades, je peux mesurer à longueur d'année que ce ne sont pas les paroles ou décisions du Ministre (quel qu'il soit) qui pourrissent la vie des enfants et des jeunes gens. Ce sont certains professeurs, sans vocation ni talent, déçus de leur situation qu'ils jugent insatisfaisante et qui se prennent pour des phoénix, sans oser ou avoir le courage d'aller travailler ailleurs.
Justement, les « cours supplémentaires » ont précisément l'avantage de permettre aux élèves de travailler leur sujet avec un enseignant différent et peut-être pédagogue !
MAIS, LE SEUL VRAI SUJET est de vouloir faire passer toute une génération par l'acquisition d'une formation scientifique académique qui ne leur servira pour l'essentiel à rien. Nous mettons de côté des gosses vifs et intelligents qui pourraient enrichir le corps social au lieu de fornir des effectifs dans les bandes des « quartiers ».
à XavXav
De CourageuxAnonyme
le vrai | 23H08 | 13/05/2008 |
« Donc si je comprends bien, quoi que l'on fasse, il est impossible de rattraper un élève hors des cours ? »
Je ne suis pas l'auteur de cet article, mais à mon avis, ce n'est pas ce qu'il a voulu dire.
à CourageuxAnonyme
De raoul le magnifique
11H12 | 14/05/2008 |
Mr Romero,
Alors quel était (ou est) votre syndicat ? FSU, SNES, SUD ?
De toute façon je ne compte pas un jour mettre mes gamins dans un lycée public…Ce sera un bon lycée privé …
Les français l'ont bien compris…Avec votre politique destructrice de fuite en avant de l'éducation nationale, vous êtes en train de détruire l'école
publique de la République et d'accroitre encore plus la volonté des francais qui en ont les moyens de mettre leurs enfant dans du privé (plus sur, plus sérieux)…
Dans mon lycée privé mes professeurs étaient rarement absents et ne faisaient pas de cours « politiques » comme beaucoup d'entre eux…Aucun problème avec ses profs pas de grève, pas d'absence pour assister aux réunions de leur syndicat ..
Alors nous n'aurons plus que quelques excellent lycées comme Henri IV, St Louis, Louis le grand, Charlemagne, Janson….qui n'accueilleront que des petits blancs, fils de profs ou de bourgeois des centre ville…
à CourageuxAnonyme
De raoul le magnifique
11H58 | 14/05/2008 |
Mr Romero,
Alors quel était (ou est) votre syndicat ? FSU, SNES, SUD ?
De toute façon je ne compte pas un jour mettre mes gamins dans un lycée public…Ce sera un bon lycée privé …
Les français l'ont bien compris…Avec votre politique destructrice de fuite en avant de l'éducation nationale, vous êtes en train de détruire l'école
publique de la République et d'accroitre encore plus la volonté des francais qui en ont les moyens de mettre leurs enfant dans du privé (plus sur, plus sérieux)…
Dans mon lycée privé mes professeurs étaient rarement absents et ne faisaient pas de cours « politiques » comme beaucoup d'entre eux…Aucun problème avec ses profs pas de grève, pas d'absence pour assister aux réunions de leur syndicat ..
Alors nous n'aurons plus que quelques excellent lycées comme Henri IV, St Louis, Louis le grand, Charlemagne, Janson….qui n'accueilleront que des petits blancs, fils de profs ou de bourgeois des centre ville…
à raoul le magnifique
De kk
star malgré elle | 12H46 | 14/05/2008 |
faites-donc, je serai sure de ne pas vous y rencontrer
à raoul le magnifique
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 14H13 | 14/05/2008 |
Ce qu'il y a de magnifique chez raoul c'est …………… ?
Je cherche encore.
Vous êtes d'une mauvaise foi incroyable.
On vous a déjà dit que la différence entre le privé et le public c'est que dans le privé, un prof absent est aussitôt remplacé, ce qui n'est pas le cas du public.
Au passage raoul : « des centres-villes », c'était bien la peine d'aller dans le privé !
à raoul le magnifique
De sorry
panseuse | 16H40 | 14/05/2008 |
J'ai été prof dans l'enseignement privé ( faute de mieux) pendant 18 ans : les profs sont les même, parfois même moins inventifs que ceux du privé, car il ne faut surtout pas se mettre à dos les parents qui payent.
L'enseignement n'y est pas mieux dispensé, et les discriminations peuvent être encore plus féroces.
Je peux aussi vous dire que la première fois que j'ai annoncé à la directrice, en 1982, que j'allai faire grève, elle a failli tourner de l'oeuil, c'était une première pour elle ! ! !
En ce qui concerne les réformes gouvenementales aujourd'hui, je mettrai ma main au feu que de nombreux profs du privé seront dans la rue demain, s'ils ont un minimum de conscience politique et pédagogique
à sorry
De sorry
panseuse | 16H44 | 14/05/2008 |
Je voulais dire : moins inventifs que ceux du public, mais je pense que tout le monde aura compris ! ! !
à sorry
De beiz22
21H52 | 14/05/2008 |
« prof dans le privé, faute de mieux » Mon oeUil !
tout est dit …
Et si les prof du privé descendent dans la rue, cela sera pour exiger une égalité de traitement avec le public, mais comme ils ont un minimum de conscience politique et pédagogique, ils ne le feront pas.
à raoul le magnifique
De beiz22
21H30 | 14/05/2008 |
Vous avez malheureusement parfaitement raison.
à XavXav
De Émile P. GRUND
23H34 | 13/05/2008 |
Avant que l'école soit « modernisée »,
rester le soir après les autres,
c'était une retenue !
venir quand les autres n'y sont pas,
c'était une colle !
La difficulté scolaire est donc gérée,
de façon « moderne »,
comme une double punition !
à Émile P. GRUND
De R2PH
01H16 | 14/05/2008 |
Double peine ?
à XavXav
De k@rine
citoyenne | 06H51 | 14/05/2008 |
Une image pour vous aider à comprendre.
Le soutien tel qu'il est pratiqué ainsi que les stages pendant les vacances reviens à : Faire ingurgiter à quelqu'un qui n'aime pas la soupe aux choux des quantités importantes de soupe aux choux pour qu'ils se mettent à aimer ! ! !
Ca donne plutôt la nausée et ça fait vomir, non ?
TRAVAILLER AUTREMENT POUR LES ENFANTS c'est le TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER PLUS de leurs parents ! !
Et puis « autrement » ça signifie beaucoup de choses très différentes. Encore un mot qui va être galvodé salit (par droite néo-concervatrice et pleine de préjugés sociaux….) comme elle a salit le mot réforme qui n'est plus synonyme de progres d'amélioration mais de insécurité sociale, d'injustices,de racisme de toute nature…
Jeudi 15 mai , manisfestons !
SARKO DEGAGE ! Parce que quand on n'aime pas les français on quitte la France !
Parce que vous êtes indigne de mon pays !
La periode d'essai est catastrophique, l'entreprise France ne veut pas de vous !
à XavXav
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 14H05 | 14/05/2008 |
-« Donc si je comprends bien, quoi que l'on fasse, il est impossible de rattraper un élève hors des cours ? »
Un bon prof vous dirait : « si vous n'avez pas compris, c'est que je vous ai mal expliqué »
Attendons la réaction de l'auteur mais ce n'est pas ce que j'ai compris, il explique que c'est la position du gouvernement et qu'il dénonce ici.
C'est franchement dégueulasse de dire ça, de la part des responsables publics, alors qu'il y a tellement de paramètres qui entrent en jeux pour la réussite d'un enfant, à commencer par la confiance en soi.
« Ton père cassait des cailloux, tu casseras des cailloux ».
Non mais ! ! Et que dire de Darcos qui ne sait même pas faire une règle de trois et ce monsieur qui est pourtant un privilégié, sait ce qu'il faut faire et comment le faire pour ces enfants là ?
L'incompétence dans toute sa splendeur ! Pas un pour rattraper l'autre.
Raides, droits dans leurs bottes, vous ferez ce que nous avons décidé, que ça vous plaise ou non, nous savons ce qui est bon pour vous.
Continuez les mecs, ça nous encourage encore plus à nous mobiliser.
Demain je serai avec les enseignants.
à XavXav
De mass0
athée et citoyen du monde | 17H37 | 14/05/2008 |
Le probleme c'est que vous ne « comprenez pas bien », le soutien n'est qu'un sparadrap sur une fracture. L'élève doit se sentir non pas adhérer au fait que l'on doit l'aider pour revenir à niveau, mais il doit adhérer au fait que l'école est un vecteur pour lui de déprogrammation sociale.
De le_vrai_olaf
Gambler | 19H34 | 13/05/2008 |
Attention toutefois cher Nestor à ne pas précipiter, dans votre élan trés louable, une réforme de l'école qui « produirait » des inadaptés à notre société.
Je m'explique, notre société, économique notamment, a besoin pour fonctionner d'élites et de masses, elle les créé, elle s'en repait, elle s'autoentretient ainsi. Réformer l'école sans toucher au reste reviendrait à envoyer nos jeunes au casse pipe …
à le_vrai_olaf
De kestiontoi
travailleur forcé | 20H03 | 13/05/2008 |
« Réformer l'école sans toucher au reste reviendrait à envoyer nos jeunes au casse pipe … » (le_vrai_olaf)
Une bonne éducation ne doit-elle pas permettre au futur adulte de s'adapter à la société et à la modifier par sa participation ?