L'école dans le rapport Attali: confusions et impasses

Voici une chose qui, selon son auteur lui-même, n'est ni un rapport , ni une étude mais un mode d'emploi. Lequel ne saurait être ni partisan » , ni bi-partisan mais non partisan !

Il ne s'agit pas ici de jouer avec les mots mais, nous interrogeant sur ce que peut bien être ce document, de prendre la mesure de la confusion dans laquelle nous allons plonger, à la recherche de ce qui, dans cette chose nommée mode d'emploi » , concerne l'école. Il convient cependant de situer, préalablement, la question dans la philosophie générale exposée dans l'introduction et la conclusion, mais aussi au fil même du texte de manière plus ou moins explicite. `

Ainsi est-il posé, dès la troisième ligne, que nous avons là un mode d'emploi non partisan et qu'il s'agit, en outre, d'un ensemble cohérent dont chaque pièce est articulée avec les autres, dont chaque élément constitue la clé de la réussite du tout .

Voici donc une chose dont l'un des attributs est l'objectivité absolue, celle que l'on reconnaît ordinairement à la science, et dont l'autre est l'indivisibilité absolue, puisque l'arrachement de l'un de ses éléments constitutifs anéantirait le tout. Quelle est donc cette chose absolument objective et absolument compacte dans sa cohérence sinon la Vérité ? Vérité ainsi explicitée sous la forme de deux postulats :

  • La croissance économique est nécessaire à la justice sociale.
  • L'enrichissement n'est pas un scandale, mais la pauvreté est un scandale.

D'où il vient qu'il peut y avoir croissance sans justice, ce que bien des individus éprouvent dans leur chair, et qu'il convient donc de produire une croissance productrice de justice sociale. Cependant, avons-nous été avertis quelques lignes plus tôt (page 5) :

le monde est emporté par la plus forte vague de croissance économique de l'histoire, créatrice à la fois de richesses inconnues et d'inégalités extrêmes...[...]. L'humanité en sera globalement bénéficiaire » .

Ne sommes-nous déjà pas dans une forme de confusion ? Si l'on sait bien ce que sont les inégalités extrêmes, comment peut-on savoir que l'on crée des richesses si, précisément, elles sont inconnues ? D'autre part, ce qui nous importe est moins de savoir si l'humanité en sera globalement bénéficiaire que de savoir si chaque composante de cette humanité, chaque individu, en sera bénéficiaire. Comment, par ailleurs, tolérer la pauvreté si elle est un scandale ? Mais comment la supprimer, comme il convient de tout scandale, si l'enrichissement n'est pas un scandale ? Comment peut-il y avoir richesse sans pauvreté ?

Question, celle-ci, que l'on serait tenté de trancher par l'observation selon laquelle il y a des pauvretés qui ne sont pas scandaleuses, et des richesses, donc, qui ne le sont pas non plus. Ce que nous trouvons exposé par John Rawls dans sa Théorie de la justice (éd. du, Seuil, coll. Points-Essais, p. 41) :

Des inégalités socio-économiques sont justes si, et seulement si, elles produisent, en compensation, des avantages pour chacun et, en particulier, pour les membres les plus désavantagés de la société.

Thèse centrale, celle-ci, de la théorie de la justice comme équité » , tellement débattue depuis trente ans et qui semble bien poser plus de questions qu'elle n'en résout, car on ne voit pas, depuis toutes ces années, que des inégalités puissent produire des avantages pour les plus désavantagés. D'autant que Rawls lui même exécute de manière magistrale le concept de mérite par lequel l'idéologie dominante justifie ordinairement l'inégalité sociale.

Dans le mode d'emploi d'Attali, l'enrichissement n'est pas un scandale

Comment ne pas voir, alors, que ce mode d'emploi » , affirmant le scandale de la pauvreté, conduit à une spéculation confuse dont les auteurs croient pouvoir sortir par une affirmation qui nie la précédente : L'enrichissement n'est pas un scandale. Et ne voit-on pas alors que cette dernière pétition de principe n'a d'autre objet que de justifier au plan moral le mode de vie des enrichis ? Mais, qu'est-ce donc que ce mode de vie qui sollicite ainsi une justification morale ? Il se caractérise, me semble-t-il, de la manière suivante : l'enrichi dispose de serviteurs (je pèse, ici, le mot et le maintiens), au sens le plus large, qui agissent quotidiennement de manière à ce que le servi n'ait jamais à se préoccuper du prosaïque, jamais à assumer quelque tâche matérielle que ce soit.

Mais alors vient la question : à quel prix Jacques Attali juge-t-il que les services ainsi rendus par un être humain à un autre être humain doivent-ils être évalués pour qu'ils ne constituent pas un scandale ? Je n'ai trouvé de réponse ni chez Rawls, ni chez Attali.

Une compétition où il n'y aurait que des gagnants

Je pose, à mon tour, une pétition de principe, celle-ci : chaque fois qu'un être humain se courbe, fût-ce symboliquement, devant un autre être humain pour le servir, il y a scandale. Ce qui ne résout évidemment pas le problème de l'inégalité mais pose la justice sociale comme horizon vers lequel tendre obstinément. A chacun ses choix : je fais celui de la justice sociale comme horizon, plutôt que celui de l'enrichissement » comme objectif non scandaleux.

Pour autant, nous ne sortons pas encore de la confusion puisque, lit-on :

Notre projet a une obsession : que tous soient gagnants. (page 12).

Les mots, ici , définissent évidemment la vie comme compétition. On ne gagne que dans le cadre d'une compétition, ce qui infirme le projet obsessionnel puisque le tous anéantit le gagnant » . Il ne peut y avoir de gagnants sans perdants si ce n'est au cas exceptionnel d'égalité parfaite, égalitarisme honni et immédiatement contredit par le postulat inaugural :

L'enrichissement n'est pas un scandale.

Une tentative laborieuse de justifier la domination sociale de quelques uns

Je crois que l'on peut en rester là de l'examen du mode d'emploi » , car nous percevons avec une netteté suffisante qu'il dessine un projet social dont la philosophie constitue une tentative laborieuse de justification morale qui légitimerait l'enrichissement de quelques uns et en conséquence la domination sociale de ces mêmes. Dans ce cadre qu'en est-il de l'école ? Elle est convoquée en toute première priorité pour préparer chacun à une économie de la connaissance (page 12).

Affirmation impliquant que cette économie est une chose fort simple et limpide, de sorte que l'on pourrait en rester là, ignorer les débats entre spécialistes, les interrogations et les incertitudes, les désaccords entre ces mêmes économistes comme on pourrait, aussi, en tant que non économiste, citoyen ordinaire que nulle loi démocratique ne contraint à l'étude de l'économie, feindre d'ignorer les multiples connotations, implications et conséquences de l'usage de cette expression.

On pourrait, par exemple, remarquer que connaître a toujours évoqué une action de l'ordre de la jubilation, quand ce n'est de la pure jouissance, comme c'est le cas dans la formule biblique : L'homme connut Eve... » (Genèse 4, 1. On peut voir sur ce point François Flahault : Adam et Eve, la condition humaine, Mille et une nuits, 2007) et que l'expression économie de la connaissance s'en trouve connotée positivement contrairement, par exemple, à économie capitaliste qui fait immédiatement surgir les images de, précisément, la servitude.

Nous sommes là, me semble-t-il, au coeur même de cette entreprise d'euphémisation qui nomme technicien de surface la personne qui, il n'y a pas si longtemps, était un balayeur ou une femme de ménage.

De la connaissance » , émancipatrice, aux qualifications , prosaïques

D'ailleurs, l'ambition n°1 qui traite de l'école abandonne le mot connaissance (comme si, soudain les rédacteurs prenaient conscience de son caractère sulfureux) pour définir une économie du savoir » , c'est-à-dire une économie dont les adeptes affirment que formation, transmission des savoirs et qualification permanente sont les conditions premières de notre réussite (page 14). Nous voici descendus du septième ciel de la connaissance émancipatrice et jubilatoire jusqu'à de bien prosaïques savoirs, ces qualifications permanentes qui assurent l'employabilité » non moins permanente de chacun. Mais, concernant l'école primaire et secondaire) rien : se donner les moyens... , décision fondamentale ( ! ) n°1. Comment ? Quels moyens ? Rien. Et ceci, tout de même :

Il est fondamental de se donner des obligations de résultats en termes d'éveil des comportements pour les enfants dès la crèche.

Dans son rapport, Alain Bentolila n'avait pas osé descendre au-dessous de la maternelle. Jacques Attali, lui, ose. Et puis, le tutorat, les stages en entreprise, l'enseignement de l'anglais, de l'informatique, l'aide aux devoirs, le travail en groupe -sur ce point est évidemment ignorée l'oeuvre du pédagogue Roger Cousinet (1881-1973)-, fondateur de l'Ecole nouvelle de La Source à Meudon), les internats... Rien, car tout cela à été fait et se fait depuis longtemps et demeure inopérant dans le cadre de structures archaïques, inefficace à faire réussir tous les élèves » , comme l'intention en est affirmée tout au long de ce mode d'emploi avec la même désinvolture que celle qui préside à la proclamation de l'enrichissement comme non scandaleux.

Faire évaluer les enseignants par les élèves, stupéfiante proposition

Sans oublier l'obsession productiviste qui, au nom de l'efficacité, voudrait transformer les chefs d'établissement en chefs d'entreprise et les enseignants en collaborateurs évaluables en permanence y compris par... leurs propres élèves ! (page 28). Sur ce dernier point, on demeure stupéfait qu'une telle idée (des enfants évaluant » des enseignants) ait pu germer dans un esprit sans y évoquer de terribles circonstances et sans provoquer une répulsion immédiate. Il n'est cependant pas possible de laisser là cette école-catastrophe sans souligner, d'une part, que l'enseignement de l'économie (page 27) n'aurait d'autre objet que de présenter comme allant de soi un modèle économique dans lequel le travail constitue le coeur de toute vie, quelle que soit la nature de la tâche, travail-loisir pour une minorité dominante, travail-tourment pour la majorité. Et d'autre part que le goût du risque est un moteur irremplaçable , comme il se dit aujourd'hui... à la Société générale. La confusion et la méconnaissance du sujet, l'école, par les rédacteurs du mode d'emploi n'ont d'égal que leur obstination à justifier leur propre position de domination par l'énoncé péremptoire d'une absurdité puérilement auto justificatrice.

La démocratie mise en question avec légèreté et suffisance

Plus gravement, s'il est possible, ces quelques lignes : l'essentiel de ces réformes devra donc être engagé selon le calendrier proposé à la fin de ce rapport, entre avril 2008 et juin 2009. Elles devront ensuite être poursuivies avec ténacité pendant plusieurs mandats, quelles que soient les majorités. » (page 20) Comment ne pas voir ici que, au-delà du vieux phantasme platonicien d'un gouvernement de philosophes (de savants), c'est la démocratie elle-même qui est mise en question avec une légèreté où la vanité le dispute à la suffisance ?


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cath54
18H41 01/02/2008

Encore un rapport de plus ! Les intellectuels de tout bord continuent à mettre leur intelligence au service du pouvoir en place.Que de bonnes intentions ! Que de naïveté ! Comme s’il suffisait d’y croire à la belle histoire de Mr Attali ! Beaucoup de mots pour masquer les maux ! Je me demande comment tous ces anciens de la bonne vieille gauche arrivent à se regarder le matin dans la glace.A trop flirter avec le diable,on en perd son âme ! Je l’aimai plutôt bien Mr Attali :encore une déception!

 
Chipek
20H11 01/02/2008

allez Attali, au boulot!!!!
je vous laisse ma classe, 24 momes de 6 ans, photocopieuse en panne depuis………
a mon avis, ils vont vite vous évaluer !!!!!!!
et moi, je vais pondre un pseudo rapport au vocabulaire si abscons qu’on criera au génie !

 
pablico
20H24 01/02/2008

L’enrichissement n’est pas un scandale, mais la pauvreté est un scandale.
entièrement d’accord. Mais si on réfléchit bien, un enrichissement (en argent) se fait toujours au détriment d’un autre.
L’argent ne se génère pas tout seul.
c’est parce qu’il y a un acheteur, qu’il y a un vendeur; et vice versa.
prenons l’exemple de Johnny halliday qui va se cacher avec son magot ailleurs.
Comment est-il devenu riche? parce que des millions de petits jeunes de l’époque se sont saignés pour acheter ses 45 tours (je l’ai fait).
Le suc du ‘riche’ ce sont les ‘pauvres’.

 
Saturnin-julius
12H39 02/02/2008

il y a 6-12 mois, j’avais entendu Attali sur France Culture dire :

« La différence entre le judaïsme et le catholicisme, c’est que dans le catholicisme la richesse extrême est un scandale, alors que dans le judaïsme c’est la pauvreté extrême qui est un scandale. »
J’avais trouvé cela assez bien vu.

Au vu de ses commentaires actuels sur son propre rapport, où il reprend le même thème, cela veut-il dire qu’il veut judaïser la France et la décatholiciser ?

je crois surtout qu’il pense plus vite qu’il ne réfléchit …

 
Jonas2
20H29 01/02/2008

Un « mode d’emploi non partisan (…) dont chaque pièce est articulée avec les autres, dont chaque élément constitue la clé de la réussite du tout ».
En d’autres termes:il n’y a rien à négocier dans ce projet mirifique. où certains gagnants seront plus gagnants que les autres.
Cela va effectivement pulvériser le manichéisme ringard dans lequel l’humanité se vautre depuis toujours avec ses gagnants et ses perdants.
Bon, nous allons en chier pour y arriver mais la récompense sera au bout lorsque nous fêterons notre accession à la première place avec les milliards d’autres premiers ex-aequo
Le bonheur, qu’on vous dit. Avec en prime l’employabilité éternelle.
Merci Monseigneur Attali d’illuminer mon week-end avec ces versets si sobres et si enthousiasmants à la fois. Quel talent ! Votre oeuvre est arrivée à maturité. Vous entrez dans la postérité de votre vivant.
Ce qui va devenir fort heureusement d’une banalité affligeante puisqu’on sera tous des gagnants.

 
dalun
21H04 01/02/2008

attali est un consommateur.faut lui fournir de quoi consommer.pas d’accord

 
Thierry Catrou
22H26 01/02/2008

Attali chahute gentiment la gente enseignante, un peu provoc, une provoc dont il n’est pas dupe, il sait bien qu’il y a peu de chance qu’il puisse être entendu au moins sur ce point. Il y a tellement d’autres études et il est à peu près avéré que ces braves enseignants vont être contraint de changer ! Il aurait été préférable qu’ils accompagnent les modifications et autres transformations nécessaires de leur fonction mais pendant trop longtemps ils ont préféré croire qu’ils suffisaient de se réclamer de leur bon droit, de davantage de postes et d’augmentation de salaire. La ritournelle à vieillie et le monde a changé, ils se trouvent fort dépourvus en ces époques de bise…

 
déluge | menuisier
12H00 02/02/2008

Vous posez le problème en terme d’inadéquation supposée du corps enseignant par rapport à « ces temps de bises ». Mais, à mon sens il ne s’agit pas de « bise » mais d’ouragan.
Voulons-nous une école qui aide les enfants à tendre vers la liberté, l’autonomie de pensée, les enrichissent de connaissances et d’envies de beau qu’ils n’auraient pas forcément chez eux?
Je ne crois pas et Attali ne fait qu’enteriner le passage à une école qui forme les futurs employés. L’école n’est pas, plus, émancipatrice, elle devient productiviste, les élèves n’ont pas à s’élever, il leur faut être efficaces « dans la mondialisation qui ne fait pas de cadeau ».
L’ouragan dont je parlais en préambule, c’est la « chosification » de l’individu en devenir, la réduction de l’être humain à sa seule dimension de rouage de l’économie. Un ouragan qui fait qu’un cadre n’arrivant plus à fournir la bète préfèrera se suicider que changer de mode de vie. Un monde de rouage et de rouleau compresseur. Un monde d’efficacité, de performenc et de mort.

 
asozial | aus Berlin
22H29 01/02/2008

il y a 20 quelques idéologues américanistes nous balançaient la fin de l’histoire et la fin des idéologies suite à l’effondrement de l’URSS - non seulement certains simples d’esprit y ont cru alors, mais ils n’ont rien appris depuis…

 
eric_strasbourg
01H29 02/02/2008

une fois de plus, merci Nestor !
un peu de finesse dans ce monde abrupt.

 
skalpa | actif et militant ?
10H37 02/02/2008

L’école républicaine ayant pour mission de former les futurs citoyens, et vu la société que nous promets le pouvoir actuel, on ne peut que malheureusement avoir ce type de recommandation….


http://kprodukt.blogspot.com

 
cooper59 | pour la decroissance !
10H20 02/02/2008

bravo Skalpa ! de toutes façons vu le taux de chomage qui nous attends dans l’avenir , la seule parade au chomage que ne vont pas tarder a trouver nos grands economistes en chef c’est : la delocalisation des employés les plus qualifiés , ça a deja commencé mais ça va se developper fortement , preparez les passeports et en attendant soyez sages a l’ecole republicaine !

 
Patric | citoyen
11H16 02/02/2008

Merci Nestor

 
mlrocap
12H41 02/02/2008

Je suis un peu surpris que personne ou presque na’ait relevé à ce sujet la décision 6 qui, sous couvert d’enfoncer la porte ouverte par Sarkozy, introduit subrepticement et sans l’annoncer l’idée du chèque éducation ! Ce truc est une réforme absurde, régressive socialement, bien plus radicale que la suppression de la carte scolaire version Darcos (et pourtant, il y a déjà beaucoup à dire). Surtout, même Thatcher y a renoncé, et les Etats américains qui l’ont introduit n’ont pas tardé à la retirer !

 
Vincent Barriac
16H34 03/02/2008

Je suis étonné quand vous dites que le système de chèque éducation est abandonné aux Etats-Unis. J’avais pourtant compris exactement le contraire à propos de la Nouvelle-Orléans, où, plutôt que de rebâtir des écoles après Katrina, on laisse faire via des « charter schools » qu’on paie justement par chèques scolaires.
Voir entre autres :
http://www.lefigaro.fr/international/20060602.FIG000000224_la_nouvelle_o…
http://www.politis.fr/De-l-influence-des-charters,2615.html

D’avance merci de clarifier ce point.

Cordialement.

 
harengdecanot
16H52 02/02/2008

Vivement la retraite… si je ne pète pas une durite avant! Finalement, dans mon métier (prof dans un lycée plutôt calme par rapport à ce qu’on voit ailleurs), le plus dur, ce ne sont pas les élèves, mais toutes ces huiles qui nous veulent tant de bien. Laissez-nous donc enseigner en paix.

 
Anthropia
12H23 03/02/2008

Oui, tout à fait d’accord avec vous, Monsieur Romero, le but du but étant de créer un écolier bling-bling.

http://anthropia.blogg.org