Le rapport Bentolila sur les maternelles, offensive réactionnaire
Il ne faut pas s’y tromper, le rapport d’Alain Bentolila, » La Maternelle : au front des inégalités linguistiques » (décembre 2007) est une prise de position en faveur d’une politique tant réactionnaire que conservatrice.
Réactionnaire en ceci qu’elle préconise le retour à un mode de vie d’une époque révolue, et conservatrice puisqu’elle tend à pérenniser, par ce retour, une structure sociale fondée sur ces artifices idéologiques que sont la compétition et son corollaire, le mérite, posés en tant que valeurs et constituant de la sorte le voile idéologique de l’élitisme héréditaire et de l’inégalité sociale.
Parcourant l’exposé bentolilien comme nous allons le faire, nous ne manquerons pas de percevoir sa parfaite cohérence avec l’idéologie qui se déploie depuis huit mois et qui vient de trouver un point d’orgue dans la suite des variations présidentielles avec la reconnaissance de l’impuissance politique à améliorer la vie quotidienne de celles et ceux qui en ont le plus besoin.
Cohérence également avec l’improvisation sur le thème de la « civilisation de la vie " par laquelle est vaincu un sommet du cynisme (en attendant le jour où sera exhibé le concept de " vie poétique » prélevé chez le même Edgar Morin).
La maternelle, une entreprise ?
Revenons à Alain Bentolila. Il écrit :
» L’institution n’ose pas évaluer vraiment la maternelle d’aujourd’hui et ce qu’elle produit en termes d’apprentissages et d’acquisitions. »
La maternelle est donc quelque chose, un lieu, une structure sociale, qui » produit » et dont la production devrait être évaluée comme elle devrait, elle-même, la maternelle, être évaluée.
Alain Bentolila est linguiste, les mots, ses mots, ne sont pas innocents et l’association, ici, des verbes « évaluer " et " produire » ne peut en aucun cas être considérée comme fortuite. De sorte que dans leur limpidité, dans la limpidité même de leur juxtaposition, comment pourrait-on ne pas voir que l’image ainsi évoquée n’est autre que celle de l’Entreprise ?
Nous savons depuis longtemps que l’école est considérée par certains utilitaristes (au sens le plus strictement économique du terme) comme une entreprise productrice de » ressources humaines » convenablement formées selon les préconisations de l’impératif économique. Mais, jusqu’ici, la maternelle semblait préservée de toute intrusion productiviste, respectée comme lieu de l’enfance, c’est-à-dire lieu de l’innocence en ceci que toute préoccupation autre que le bien-être, le bien de l’être de l’enfant, en était exclue.
Le double sens du verbe « élever »
Alain Bentolila vient, avec ce rapport, de lever l’interdit moral, de fracasser la barrière qui, jusque là, protégeait l’enfance de toute intrusion irrespectueuse. Et il le fait très précisément, en maniant les mots comme des munitions, en dénonçant, par exemple,
« la difficulté qu’il y avait jusqu’ici à employer le mot " élève" pour désigner les enfants de la maternelle » .
Mais pourquoi y aurait-il une difficulté à employer le mot élève puisqu’il provient, ce mot, (dictionnaire historique de la langue française, Robert) du verbe élever qui peut signifier soulever, mais aussi alléger (la douleur) ou « amener (un être vivant) à son plein développement physique, intellectuel ou moral " ou encore " mettre plus haut » , » faire grandir » … ?
Quelle difficulté y aurait-il à dire d’un enfant qu’il est un élève si l’on entend par là que l’on va alléger sa douleur ou tenter de l’amener à son plein développement ou l’aider à grandir ? Aucune bien sûr. Mais alors d’où vient la difficulté rencontrée par Alain Bentolila ?
Du fait, simplement, qu’il est une autre acception du verbe élever : si pour les humains ce verbe « est en concurrence avec éduquer " , quand le complément du verbe " élever désigne un animal, élever correspond à entretenir de manière à obtenir un résultat économique » .
L’enfant n’est pas une ressource
Voilà d’où vient la difficulté : du fait de situer l’enfant dans un lieu qui, loin d’être celui où l’on apprend à loisir pour s’élever, est celui où on le traite, comme le fait Alain Bentolila, « de manière à en obtenir un résultat économique " . Un lieu où l’enfant est traité comme " une ressource » et non plus comme un enfant ou, si l’on préfère, comme un élève mais seulement dans la première acception du terme.
C’est la raison pour laquelle je choisis, pour ma part, le mot enfant, pour éviter toute confusion entre les différents sens du verbe élever selon que son complément est une personne ou un animal…
Réduire, comme souhaite le faire Alain Bentolila, l’enfant à un « élève " au sens de " résultat économique » ou « ressource humaine " c’est porter atteinte à son être d’enfant, c’est le priver d’enfance. C’est, enfin, tenter de configurer l’être récemment advenu à un devenir préalablement défini, à une vie consacrée à produire, c’est-à dire, pour l’immense majorité, à une vie consacrée au travail astreignant, au travail comme malédiction (on peut voir, ici même, sur ce thème " l’ambiguïté de la valeur travail » ). De quel droit ?
Opposer le « bien vivre " au " bien apprendre » : absurde !
A cette conception utilitariste de l’enfant, de l’être humain, il faut, à mon sens, toujours opposer l’impératif kantien qui dicte de ne jamais considérer l’être humain comme moyen mais toujours comme fin en soi. Car, privant l’enfant d’enfance pour en faire une « ressource " qui aura à recevoir " une formation progressive et contrôlée » , lisons bien : » progressive et contrôlée » , Alain Bentolila s’arroge le droit de déterminer ce que sera sa vie, sa vie de non-enfant et tout le reste de sa vie.
Et pour cela, il fait des phrases :
« A trop vouloir faire de l’école maternelle une école " autre" on risque de contribuer -par endroit -à faire » autre chose » qu’une école. »
Ou encore :
» L’école maternelle est une école à part entière, non une école entièrement à part. »
Pauline Kergomard (1838-1925, fondatrice et inspectrice des écoles maternelles) doit se retourner dans sa tombe !
Et tout cela pour en arriver à cette absurdité majeure :
» Le ‘bien vivre’ a parfois pris le pas sur le bien apprendre. »
Comme s’il était incompatible de bien vivre et de bien apprendre alors que le mot école lui-même renvoyant au loisir est le lieu où l’on apprend à loisir, où pour bien apprendre il est nécessaire de bien vivre (première préoccupation, justement, de Pauline Kergomard), le lieu où l’on vit sachant que vivre c’est apprendre et qu’apprendre est la meilleure façon de vivre, qu’apprendre évite de mourir… d’ennui.
» Progressions de compétences à travailler »
Mais alors qu’est-ce donc qu’apprendre, pour Alain Bentolila et tous les négateurs de l’enfance ? Apprendre, il nous le dit comme d’autres le disent, c’est d’abord fixer des objectifs et avoir l’obligation de les atteindre par » progressions de compétences à travailler » , tout cela se concluant par la sempiternelle évaluation.
Comme pour les grands, comme pour ces ministres qui, dit-on, seront évalués par cette même procédure de sorte que l’on ne sait plus si l’on se trouve face à une entreprise générale d’infantilisation sociale ou face à une entreprise » d’élevage forcé » d’enfants en bas âge.
Foin alors, pour ces enfants, de tâtonnements autour d’un thème, d’interrogations intempestives, de surgissements enthousiastes, de quêtes éperdues, de tout ce qui peut ressembler à une vie active, vivante, car ce sont là autant de comportements (potentiellement asociaux ? ) susceptibles de troubler la » progression » .
Le « silence " comme " vertu »
Plus encore. Pour Alain Bentolila :
» Les temps de collation, déplacement, habillage, passage aux toilettes, attente des parents, doivent s’équilibrer et se répartir dans les temps de récréation car ce ne sont pas des apprentissages scolaires. »
Ne l’oublions pas, il s’agit bien d’école maternelle. On demeure abasourdi. Comment ? Comment en est-on arrivé là ? Comment en est-on arrivé à considérer, comme le fait ici Alain Bentolila que, même la sieste des petits doit être l’objet d’une réglementation, que le « silence " doit être instauré comme " vertu » ? Le silence ! Pour ces enfants à qui l’on prétend apprendre à s’exprimer…
Il n’est pas possible de passer en revue toutes les mauvaises actions préconisées dans ce rapport, ni toutes les perles enfilées indignes du moindre sottisier. La lassitude vient.
Simplement encore, ces découvertes de l’auteur. Figurez-vous que :
» Des enfants arrivent à l’école ne parlant pas la langue de l’école ! »
Alain Bentolila ne dit pas de quels enfants il s’agit. Je vous livre le secret : ce sont les enfants des » catégories sociales défavorisées » , bref, les enfants des pauvres.
Figurez-vous en outre que :
» Plus un enfant sait de mots avant d’apprendre à lire, plus vite il apprendra ! »
N’est-ce pas une découverte ? Mais ce n’est pas tout car dit-il :
» il faut mettre les élèves en présence de textes aussi éloignés que possible de la langue orale familière. »
Autrement dit pour élever un élève il faut le mettre en présence de ce qu’il ne connaît pas ! Alain Bentolila vient de découvrir le B.A-BA de la pédagogie ! Cependant, son analyse de la communication vaut bien, elle aussi, son pesant de perles enfilées.
Car, savez-vous quelle est la « quête silencieuse des enfants " ? Eh bien, ils attendent qu’enfin on leur explique à quoi sert le langage et ce que l’on peut en attendre" , car, » cette prise de conscience sera le moteur de leur désir d’acquisition » .
Silence.
Le premier travail de l’enfant, ce devrait être le jeu !
Conclusion : « aller à l’école c’est apprendre un nouveau métier " . Oui, mais quel métier ? Pauline Kergomard répond : le " métier d’enfant » ! Et savez-vous ce qu’elle disait du premier travail de l’enfant ? Qu’il ne saurait être autre chose que le… jeu !
Et puis enfin, il fallait s’y attendre, il ne manque pas la dissertation sur la fameuse « estime de soi " : " il (le monde de la maison) permet la construction de l’estime de soi par l’intériorisation des attachements sans laquelle aucun apprentissage n’est possible » .
Silence.
Alors que je croyais en avoir terminé avec l’édifice éducatif selon le professeur Bentolila voici que le discours présidentiel vient en rajouter on ne sait si au faîte ou aux fondations, en rajouter en tout cas à ma consternation.
Comme le fait remarquer Pascal Riché à un clic d’ici, l’un des procédés privilégiées du discours élyséen consiste à lancer à l’interlocuteur éventuel (Monsieur Joffrin en l’occurrence) que les » mots ont un sens » . Nous venons de voir que c’est bien vrai aussi pour Monsieur Bentolila et nous allons voir que ce n’est pas moins vrai pour l’auteur du procédé.
« inculquer »
S’agissant de l’école, que souhaite-t-il ? Ceci en particulier, que je suis désolé d’infliger à nouveau :
» Une école où l’on inculque le goût d’apprendre, la curiosité intellectuelle, l’ouverture d’esprit, le sens de l’effort et du travail de la pensée… »
Où l’on inculque. Mais qu’est-ce donc que cela, inculquer ? Voyons à nouveau Alain Rey et son dictionnaire historique : inculquer c’est « faire pénétrer quelque chose dans l’esprit de façon durable " . Oui, mais comment ? Pour le savoir il convient d’approfondir un peu la recherche et apprendre, ce faisant, que le verbe vient du latin " inculcare » , c’est-à-dire » fouler » , d’où le sens :
» Faire pénétrer en tassant avec le pied ! »
Telle est donc l’école souhaitée par l’auteur du discours présidentiel, non pas celle où l’on développe le goût d’apprendre, où l’on éveille la curiosité intellectuelle et stimule l’ouverture d’esprit, où l’on cultive le goût du travail bien fait et la jubilation de l’effort sensé, mais celle où l’on » fait pénétrer en tassant avec le pied » ! Car les mots ont un sens, et même plusieurs.
A cela, à ce lieu de production et d’inculcation si délicatement décrit par un professeur et un président réactionnaires je propose de préférer l’école comme lieu de vie, c’est-à dire lieu où l’on apprend à loisir, lieu où vie et apprendre ne font qu’un, de sorte que l’estime de soi naît de la liberté préservée pour chacun d’affirmer son « soi " face à toute tentative de conformation. Car il se pourrait bien que l’estime de soi naisse aussi de la révolte contre tout ce qui tend à brider le " soi » en chacun.
► A lire : Le rapport Bentolila en PDF
- 9853 visites






En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
Cet article est vraiment une source et éclaire aussi comment sont considérés les adultes dans cette société.
Merci à son auteur.
Je vais m’attacher à le faire circuler et à le faire lire. Ça me semble de première utilité.
Je n’ai plus d’enfants en âge de la maternelle, mais ma fille s’occupe, à Londres, d’un enfant de 4 ans, élève d’une école privée, dont la maman et le papa sont catastrophés car le petit garçon ne sait pas lire et écrire, et que, de ce fait, son avenir est compromis. 4 ans ! Ils subissent, lui et sa famille, une incroyable pression. Il a déjà dû changer d’école, à cause de son « formatage » déficient.
Je ne sais pas si ceux sont les parents qui subissent ce systeme ou bien si ceux sont eux qui en sont la source. J’ai entendu des parents dire a propos de l’ecole (privee): « on paye quand meme » ! Et oui pour certains, l’enseignement est un supermarche.
Oui, c’est juste.
Mon compagnon a travaillé et travaille comme enseignant (et c’est un enseignant de grande valeur et honnête) pour des institutions privées, notamment hors de nos frontières et il a l’impression récurrente que les personnes qui paient pour leurs études, « achètent » leurs diplômes.
Cet état de fait gène énormément ses collègues et commence à créer un malaise. Doit-on, peut-on refuser son diplôme à quelqu’un qui a verser une petite fortune à l’établissement scolaire ?
Bento (lila) est toujours allé à la soupe, pourvu qu’elle lui rapporte.
Cette fois-ci… il gamelle avec sarko!
Rien de nouveau. Bento? Un danseur de tango!
Mais avec l’âge, il devient de moins en moins démocrate. La sociolinguistique … un souvenir!
Il a oublié le temps où pour avoir son poste il flirtait sec avec le PC … Que ne fit-il alors? De linguistique … en formation continue …
Souvenirs… souvenirs …
Son avis …. Bof!
Ce qu’il dit? c’est de la politique Sarko!
Bento fait où on lui dit de faire!
Ségolène Royal s’est faite elle-même défenseur de l’école maternelle obligatoire à 3 ans, ce qui a été en ce qui me concerne le premier point de désaccord avec le programme de la candidate du PS.
En ce qui concerne votre article, je vous renvoie au Forum de la Rénovation « Comment refonder l’école républicaine » en ligne sur le site du Parti Socialiste. Les arguments de certains étaient confondants de similitudes avec le programme du sieur Bentilola. Une des raisons de l’échec de la candidate de gauche peut-être ?
« ecole obligatoire des 3 ans »
Je vous promets du grand spectacle dans le fil de discussion, il faut aimer la dialectique ceci dit.
http://forumsdelarenovation.parti-socialiste.fr/read.php?3,814
Désolée, je suis « instit » de maternelle (prof des écoles) depuis 11 ans et l’oral est très important chez les enfants de zep comme ceux qui viennent de familles plus favorisées. Le langage est synonyme de socialisation. On peut jouer et se comprendre si on parle la même langue. c’est plus facile pour se faire comprendre des autres.
Pourquoi l’école ne serait-elle pas obligatoire à 3 ans?
A l’école maternelle,les enfants de toutes origines et toutes cultures apprennent à vivre ensemble et partage des valeurs commues!
Je rappelle simplement qu’il fut un temps pas si lointain que cela où les enfants entraient directement à l’école primaire à 7 ans et connaissaient d’excellents résultats. Pour ma part j’ai travaillé avec un ingénieur genie-civil qui était arrivé en France à l’âge de 11 ans sans parler un mot de français et qui a réussi haut la main son parcours.
Alors que peut-on en penser, la difficulté vient-elle des enfants ou des enseignants ?
L’école primaire ne peut-elle à elle seule comme ce fut pendant des décennies le cas être ce vecteur du « vivre ensemble » ?
Qu’est-ce qui a changé depuis les années 70 ?
Splendide démonstration. Les mots ne sont pas neutres. Ils ont effectivement un sens qui fait frémir.
La thèse d’Alain Bentolila est d’autant plus détestable qu’elle est travestie. Elle se donne des allures de gros bon sens paysan destinée à séduire un public pas trop exigeant sur les considérations psychopédagogiques. Considérations d’autant plus suspectes qu’elle ont trop souvent des relents soixante-huitards.
Les perles que vous nous faites « admirer », Nestor Romero, sont bien du même collier que celles de l’Elysée. Et tout le monde sait que dans le collier c’est le fil qui est le plus important. Bravo à vous de ne pas perdre ce fil de vue et d’entretenir ainsi notre vigilance.
Je savais que l’offensive était généralisée mais pas au point de vouloir transformer la maternelle en antichambre de caserne ou d’atelier.
Un peu de catéchisme pour saupoudrer le tout et le tableau sera complet
il a « élevé » des enfants, ce loustic??
En fait c’est dans la droite ligne de ce que voulait fare notre président, lorsqu’il voulait détecte les comportements « à risques " des enfants à la maternelle; mais là, il a été malin, il a fait faire le boulot par un tiers, un " scientifique », un « orfèvre » au vu de sa capacité à enfiler des perles….
Quel misère.
Je ne suis pas enseignant.
j’ai un fils de neuf ans.
J’ai du « découvrir » pas mal de choses simples.
Un enfant apprend avec le jeu, même le plus idiot, il apprend en regardant un film. Tout est apprentissage.
Tout est formation. Et pas déformation.
Et bien, je ferais de la contre-inculcation. Je lui apprendrai à résister, à se battre, à nier les affirmations sans preuve, l’inculcation. En fait, je ne sais pas pourquoi j’utilise le futur (je suis sans doute mal inculqué), j’ai commencé depuis sa naissance…
Vous nous préparez un avenir difficile : nous aussi !!!
Salut manu2005,
Je vois que tu es comme moi dans la charette des repliés.
Je pense qu’on le doit à des productifs de pastilles à qui on a « inculqué " le mode opératoire de la " gestion » des idées des autres quand elles ne plaisent pas. La censure honteuse.
C’est assez réjouissant. Parce que ça prouve que dans leur éducation à visée strictement utilitaire on a oublié de leur faire découvrir certaines valeurs essentielles comme le courage par exemple.
Bien à toi.
PS: Je vais me ramasser un p… de paquet de pastilles naze.
Salir Jonas
bah ça passera…d’autant plus vite si rue89 veut bien noue épargner ces notes… Et puis, ce soir, les trolls ne sont pas en surnombre a priori…
A+
Vous écrivez : »Je lui apprendrai à résister, à se battre »
Contentez vous de lui apprendre a reflechir et a raisonner .
pas d’accord. Si un enfant doit apprendre à réfléchir et raisonner, ce sera pour s’en servir, une fois adulte, à résister et à se battre. Que faisons nous aujourd’hui, nous adultes, depuis 8 mois : nous résistons et nous battons !
Malgré (ou à cause de) mes positions exprimées sur cette note, je suis, en souvenir de Monsieur P…, d’accord avec ça :
« Je lui apprendrai à résister, à se battre, à nier les affirmations sans preuve, l’inculcation. »
Non, pas « malgré » : à cause de. Pour arriver à faire ce travail, il faut une qualité de langue, écrite et orale, de réflexion, qui est actuellement menacée.
« je lui apprendrai à nier les affirmations sans preuve ».
Bien dit, c’est justement le but avoué de l’enseignement des mathématiques.
Avant de réagir, il faut lire ce rapport en entier.
La présentation qu’en fait Romero est habile mais réductrice.
(Il faut dire que, comme enseignant et bien qu’attaché à l’acquisition des fondamentaux, je me suis tenu à l’écart des bagarres entre extrémistes (en gros, les meirieuphiles contre les brighellistes).
Oui, gros malaise pour ma part devant cet habile exercice de rhétorique, singulièrement biaisé. Beaucoup de perplexité même — j’ignore d’ailleurs si j’en ai appris davantage sur le rapport discuté que sur le discutant lui-même.
Bonsoir,En effet, il faut lire le rapport. Ce que j’ai fait, sans plaisir à partir de la cinquième ligne. Le commentaire ligne à ligne aurait nécessité un texte encore bien plus long que celui-ci, j’ai donc choisi, bien sûr, mais je n’ai rien trouvé dans le rapport qui mérite mon indulgence. Il s’agit , en effet, d’un aspect d’une production idéologique générale portant atteinte à la personne même de l’enfant en tant qu’enfant, c’est à dire, en somme, portant atteinte à l’être humain en tant que personne et dont le rapport Attali, nous en parlerons bientôt, semble bien être la pièce maîtresse.Quant aux bagarres entre extrémistes, ça, vraiment, pour le coup c’est un peu réducteur. C’est même un peu pathétique, car s’il est un extrémisme pernicieux c’est bien celui de qui se tient à l’écart…N.
« Quant aux bagarres entre extrémistes, ça, vraiment, pour le coup c’est un peu réducteur ».
Pour dire ça, vous n’avez peut-être pas fréquenté le blogue « Carnet de Correspondance » d’Emmanuel Davidenkoff. C’était entre profs, donc il n’y avait pas un mot grossier, les poignards étaient damasquinés. Mais aussi nombreux que pointus.
« s’il est un extrémisme pernicieux c’est bien celui de qui se tient à l’écart… ».
Sur ce blogue, j’étais effectivement mal vu de certains des extrémistes en question. Mais comme j’évitais de répondre sur le même ton (et je vais le faire ici) ça ne m’atteignait pas.
Le rapport Benisti m’avait mis en colère. Pas celui-ci. Peut-être parce que j’ai lu d’autres textes de Bentolila. Comme celui-ci, publié dans Le Monde en octobre dernier, dont je donne quelques extraits :
« Depuis plus de trente ans, nous avons accepté - et parfois aveuglément encouragé - le regroupement dans des lieux enclavés de populations qui avaient en commun d’être pauvres et, pour la plupart, de venir d’un ailleurs estompé et confus. Elles se sont rassemblées sur ces territoires de plus en plus isolés non pas parce qu’elles partageaient un héritage culturel et historique, mais au contraire parce que, année après année, elles savaient de moins en moins qui elles étaient, d’où elles venaient et où elles allaient. Dans ces lieux confinés, bien des jeunes adultes de langue maternelle française vivent une situation linguistique particulière que certains trouvent pittoresque alors qu’elle révèle et renforce marginalisation et exclusion sociales.
….
Comprenons-nous bien ! Il n’est pas question de tenir, sur le langage dit des cités, des banlieues ou des jeunes, un discours de mépris ; mais il n’est pas non plus question, au nom de je ne sais quel droit à la différence (ou à l’indifférence), d’ignorer qu’il prive ceux dont il est le seul instrument de parole d’exercer leur droit légitime de laisser sur les autres une trace singulière. La vraie question, la seule qui doit nous mobiliser, est de savoir comment distribuer de manière plus équitable le pouvoir linguistique afin que la majorité des enfants de ce pays puissent exprimer leur pensée au plus juste de leurs intentions et recevoir la pensée des autres avec discernement. C’est dès l’école maternelle que doit être mené ce juste combat. »
Peut-être aussi parce que la gauche, par angélisme, par lâcheté, par refus de mettre de vrais moyens, par peur d’affronter les corporatismes, a échoué. Et ça me fout la rage. Tiens, je vais vous envoyer MàC, un prof de gauche qui poste sur la RDL d’Assouline. Vous allez me trouver gentil mais gentil…
La rage. J’ai fini mon métier en affirmant ceci à mes élèves :
« Vos parents sont venus à mes cours à reculons car le français c’est difficile et parce que j’étais un professeur exigeant. Mais ils en sortaient avec l’idée que, quand même, ça leur servirait. Vous, vous comprenez aussi bien qu’eux ce que j’explique. mais sitôt sortis de mes cours, avec vos portables, vos chats msn et vos blogues*, vous oubliez immédiatement ce que vous avez appris. Tout n’est pas de votre faute dans ce désastre (voir entre autres la baisse constante du nombre d’heures consacrées à l’étude du Français). Mais si rien n’est fait pour enrayer ce déclin, vous allez être la génération du retour à la civilisation de l’oral. Comme au Moyen-Age où une minorité de clercs manipulait une majorité d’analphabètes exposés à tous les sermons, soumise à ses émotions faute de savoir mener et exprimer une réflexion. »
* Allez donc sur un skyblog d’ado (j’en ai fait quelques dizaines) et vous comprendrez.
Jusqu’à preuve du contraire, les chats MSN et les blogues sont principalement des support écrits, pas oraux.
Que cela ne soit pas du français académique, c’est évident, voir même du français tout court, soit, mais de là à dire qu’ils ne savent pa s’exprimer par écrit, les chats MSN et blogues en quantité croissante prouvent justement le contraire.
La véritable question est plutôt pourquoi écrivent-ils ainsi !?
La réponse qui revient régulièrement : c’est plus rapide.
En gros, les jeunes n’ont plus de temps à perdre à « bien » écrire.
Quand on généralise à la société productiviste qu’on leur lègue jour après jour, c’est parfaitement cohérent : que sont devenus les métiers où l’on prenait le temps de « bien » faire ?
Disparus. Ou sur le point de l’être. Remplacés par des usines à produire « plus ».
(Un peu comme on voudrait que la maternelle évolue, afin qu’elle produise elle aussi plus d’élèves que d’enfants - avec plus dans leurs têtes plutôt que bien dans leurs têtes…)
Notre société est celle du plus, pas du bien, pas du mieux. A chaque problème publique la réponse est bien souvent quantitative, pas qualitative. Ils vivent dans un monde numérique et économique, là où les chiffres, support quantitatif par excellence, reigne.
Ils écrivent (et lisent) plus, bien plus que les générations
d’avant. Mais ils n’ont pas le temps de « bien » le faire.
L’idéologie du toujours plus (l’avoir) a remplacé celle du toujours mieux (l’être). En accuser les jeunes - précisement la seule génération qui n’était pas néée pour s’y opposer - est hypocrite.
Enseigner le français, langue maternelle bien souvent, c’est enseigner à aimer le mieux, car sur le plan de l’efficacité, ce n’est pas la langue la plus utile, la plus rapide ni la plus simple.
Enfin, ce n’est que mon opinion, évidement.
« …les chats MSN et les blogues sont principalement des support écrits, pas oraux. »
- Bien sûr, mais le hic est qu’ils ont la « pauvreté » de papotages sur-le-banc genre « tu-vas-à-la-pèche-non-je-vais-à-la-pèche ». Qu’on utilise une technologie aussi raffinée pour ça seulement, voilà qui me laisse rêveur.
« Que cela ne soit pas du français académique…°
- Je ne suis pas pour le seul français académique. On doit pouvoir s’exprimer du plus de façons possibles selon les gens, les moments et les endroits : l’argot, le patois, le langage familier, rien ne me rebute. C’est juste que eux n’ont qu’une langue, et pauvre car limitée à exprimer un champ de vie pas forcément indigne mais rétréci (et je renvoie aux travaux de Bentolila, à un article dans Libé où il racontait comment un jeune de banlieue, s’étant fait traiter de sauvageon par son juge et incapable de s’exprimer, lui avait sauté dessus avec les conséquences que vous imaginez : quand on n’a pas les mots, on a les maux…
« mais de là à dire qu’ils ne savent pa s’exprimer par écrit, les chats MSN et blogues en quantité croissante prouvent justement le contraire. »
- La « quantité croissante » n’est pas la qualité, hélas. Allez sur ces skyblogs comme je l’ai fait. Quand j’ai appris l’existence des blogues d’ados, j’ai eu un grand espoir ; enfin un bel outil pour s’exprimer, pour faire autre chose que la rédac’ concon genre un après-midi chez Mémé. Quelle désillusion ! Pratiquement aucune originalité, aucune créativité, un recyclage permanent des mêmes images, des mêmes blagues internet. Et un terrible égocentrisme : en dehors d’eux et de leur communauté, rien n’existe. Et toujours, partout, ce mot vide : « trop »…
« La véritable question est plutôt pourquoi écrivent-ils ainsi !?
La réponse qui revient régulièrement : c’est plus rapide. »
- Bien sûr. Nous vivons dans la tyrannie du fast, du jetable (voyez notre Sarko). Celui qui prend son temps, qui réfléchit, celui-là est moins manipulable, son cerveau est mois disponible pour tout embrigadement publicitaire ou idéologique.
« En accuser les jeunes - précisement la seule génération qui n’était pas néée pour s’y opposer - est hypocrite ».
- Là vous avez raison. Ce sont surtout des victimes : voir ce que je dis de la manipulation.
TRISTES POUSSIÈRES
Il n’y a pas que sur les places financières qu’on assiste à des banqueroutes. Aux naufrages financiers actuels se greffent (entre beaucoup d’autres !) des débâcles intellectuelles tonitruantes. Assister à ce spectacle hallucinant laisse l’observateur pantois et pour tout dire légèrement sonné.
Voici ici le cas d’école (si j’ose dire) de l’effondrement de ce qui reste de notre système éducatif. Le delirium Bentolila n’en est qu’une énième manifestation désolante. Il y eut auparavant la circulaire de Robien sur l’apprentissage de la lecture, il y eut ces consignes de repérer dès la maternelle les délinquants en puissance, il y eut (beaucoup moins connues du grand public) les incroyables divagations du « pédagogisme " auto-satisfait où de doctes fouette-cul chargés de former nos enseignants et d’édifier les programmes scolaires, en étaient venus à désigner un modeste ballon sous l’appellation pompeuse de " référent bondissant ».
Connaissez-vous la légende du suicide des lemmings, ces petits rongeurs de Norvège qui, dit-on se précipiteraient tous ensembles, dans un élan suicidaire, du haut des falaises qui dominent les fjords. Eh bien, c’est à eux que font aujourd’hui irrésistiblement penser nos élites imbues. Comme ce Bentolila et son rapport ubuesque.
Que faire ? Comment réagir ? Faut-il en discuter ? Débattre ? Plus vraiment la peine, je pense. L’adversaire est complètement fondu du bonnet. Le précipice est proche. Reste à attendre que les poussières retombent…
TRISTES POUSSIÈRES (bis repetita)
Il n’y a pas que sur les places financières qu’on assiste à des banqueroutes. Aux naufrages financiers actuels se greffent (entre beaucoup d’autres !) des débâcles intellectuelles tonitruantes. Assister à ce spectacle hallucinant laisse l’observateur pantois et pour tout dire légèrement sonné.
Voici ici le cas d’école (si j’ose dire) de l’effondrement de ce qui reste de notre système éducatif. Le delirium Bentolila n’en est qu’une énième manifestation désolante. Il y eut auparavant la circulaire de Robien sur l’apprentissage de la lecture, il y eut ces consignes de repérer dès la maternelle les délinquants en puissance, il y eut (beaucoup moins connues du grand public) les incroyables divagations du « pédagogisme " auto-satisfait où de doctes fouette-cul chargés de former nos enseignants et d’édifier les programmes scolaires, en étaient venus à désigner un modeste ballon sous l’appellation pompeuse de " référent bondissant ».
Connaissez-vous la légende du suicide des lemmings, ces petits rongeurs de Norvège qui, dit-on se précipiteraient tous ensembles, dans un élan suicidaire, du haut des falaises qui dominent les fjords. Eh bien, c’est à eux que font aujourd’hui irrésistiblement penser nos élites imbues. Comme ce Bentolila et son rapport ubuesque.
Que faire ? Comment réagir ? Faut-il en discuter ? Débattre ? Plus vraiment la peine, je pense. L’adversaire est complètement fondu du bonnet. Le précipice est proche. Reste à attendre que les poussières retombent…
Un article à hauteur des enjeux du moment.
Merci.
Si Bentolila se dit linguiste, il apparaît surtout comme un phraseur.
Propre sur lui.
On voit qu’il aime les plateaux télé où il peut exhiber
cravate, bagues, cheveux poivre assez longs pour boucler dans sel.
Chacune de ses prestations réactive heureusement le rapport signifiant / signifié nous renvoyant ainsi aux sonnets de Shakespeare :
« Lassé de voir qu’un homme intègre doit mendier,
Et qu’à côté de lui des nullités notoires
Se vautrent dans le luxe et l’amour du public,
Que les places d’honneur sont prises par des indignes
Qu’on offre des corps vierges à des désird brutaux
Que des singes en docteur décident du génie…. »
Bento au boulot.
Arrête d’aller à la soupe.
Sinon, pendant ce temps
ton ami Attali va mettre tous nos bébés à l’anglais de commerce.
Alertez les bébés.
Un article à hauteur des enjeux du moment.
Merci.
Si Bentolila se dit linguiste, il apparaît surtout comme un phraseur.
Propre sur lui.
On voit qu’il aime les plateaux télé où il peut exhiber
cravate, bagues, cheveux poivre assez longs pour boucler dans sel.
Chacune de ses prestations réactive heureusement le rapport signifiant / signifié nous renvoyant ainsi aux sonnets de Shakespeare :
« Lassé de voir qu’un homme intègre doit mendier,
Et qu’à côté de lui des nullités notoires
Se vautrent dans le luxe et l’amour du public,
Que les places d’honneur sont prises par des indignes
Qu’on offre des corps vierges à des désird brutaux
Que des singes en docteur décident du génie…. »
Bento au boulot.
Arrête d’aller à la soupe.
Sinon, pendant ce temps
ton ami Attali va mettre tous nos bébés à l’anglais de commerce.
Alertez les bébés.
Ah ! j’oubliais…
Bento n’est qu’un cireur de Saussure.
ca commence à bien faire , leur obsession de faire du mai 68 à l’ envers .
Si encore c’etait simplement de la réaction ou de la restauration , genre : revenir à la sagesse des temps anciens , on pourrait en discuter ..
Mais non , c’est une fuite en avant consistant à faire du mai 68 à l’envers ..
Décidément, il y a une épidémie de « jaccusisme » sur Rue89…
Cette diatribe en présente tous les symptômes : on s’empare d’un texte ou d’un fait anodins, et on en fait le symbole d’un complot fascistoïdo-sarkozyste visant à détruire la république, contre lequel on se dresse vertueusement, en frémissant d’indignation, prêt à opposer sa vaste poitrine aux baïonnettes heureusement imaginaires des suppôts de l’ordre bourgeois…
Ici, pourtant, on a du mal à suivre : tenter de diaboliser le fait de vouloir « évaluer " l’école maternelle en écrivant : " Alain Bentolila vient, avec ce rapport, de lever l’interdit moral, de fracasser la barrière qui, jusque là, protégeait l’enfance de toute intrusion irrespectueuse. » est proprement ridicule. « Tout ce qui est excessif est insignifiant », mais là l’outrance est telle que même l’insignifiant paraît trop chargé de sens…
De même, s’insurger contre le fait qu’on réapprenne aux enfants les vertus du silence sous prétexte que : »Le silence! Pour ces enfants à qui l’on prétend apprendre à s’exprimer… » est proprement affligeant… S’exprimer, justement, ce n’est pas se contenter de rompre le silence, c’est admettre que les paroles soient précédées du silence de la réflexion et suivies du silence de l’écoute… On a un peu honte de rappeler ces truismes, mais cela semble malheureusement nécessaire.
Je passe sur les variations autour du verbe « inculquer ", voué aux gémonies de façon burlesque en raison… de son étymologie! Pour arriver au point d’orgue de l’article, le moment décisif où la pensée de l’auteur se ramasse sur elle-même pour bondir à la gorge du professeur infanticide : " je propose de préférer l’école comme lieu de vie, c’est-à dire lieu où l’on apprend à loisir, lieu où vie et apprendre ne font qu’un ».
Tout ça pour ça. Toute cette montagne lyrique pour accoucher d’une pauvre souris soixante-huitarde. L’école un « lieu de vie »…
On sait ce que cette émasculée-conception de l’école a produit : l’école comme garderie à visée ludique a eu comme résultat de priver du précieux bagage de la lecture des générations entières, sacrifiées sur l’autel de l’idéologie anti-méritocratique…
Je n’ai pas lu le rapport de ce M. Bentolila, mais il a beaucoup gagné en prestige, à mes yeux et sans doute aux yeux de beaucoup de lecteurs, d’être si absurdement étrillé.
Je pense que la différence entre votre point de vue et le mien (par exemple) c’est que moi, j’ai travaillé avec des enfants de maternelle.
Oui, et alors? Jouer à « l’homme de terrain » pour se dispenser d’argumenter, c’est quoi, sinon un aveu d’impuissance?
On peut être un très mauvais enseignant ou un très mauvais maçon ou un très mauvais médecin pendant très longtemps.
Vous ne connaissez pas le proverbe chinois? « L’expérience est un peigne pour les chauves »…
Ce n’est pas parce que je prête mon oreille à Bardamu qu’il peut mieux entendre.
… et que moi, je travaille étroitement avec le milieu enseignant (maîtres, profs, inspecteurs, conseillers pédagogiques, IUFM…) depuis vingt et un ans.
(Bis repetita)
… et que moi, je travaille étroitement avec le milieu enseignant (maîtres, profs, inspecteurs, conseillers pédagogiques, IUFM…) depuis vingt et un ans.
Il nous reste la rue et les pavés, il ne faut pas se leurrer, il y a que comme çà qu’on l’aura le sinistre et ses sbires !!!!!
En parlant de pavés, je leur en balançerais bien 2 petits en intro qui sont « Jeu et Réalité " de D.W Winnicott et " Le Moi-peau » de Didier Anzieu.
( entre autres…)
Excellent article tant sur le plan de la réflexion que sur celui de la critique.
Cela devient rare de nos jours…
Tom Cruise n’aimerait pas…
C’est déjà quasiment en place, car les enfants sont testés en maternelle, notamment en grande section, sur leur possibilité déjà d’écrire, de se repérer dans l’espace, de faire de l’arithmétique simple etc avec annotations à faire signer aux parents. Or les enfants n’ont pas tous le même rythme d’apprentissage. C’est complètement aberrant de les mettre déjà dans des cases à 5 ans. Je croyais, mais je suis sans doute de l’ancienne école, que la maternelle était d’abord un lieu de socialisation. L’apprentissage de la lecture et de l’écriture se fera au CP d’autant plus vite et mieux que les enfants seront bien préparés en maternelle.
Changer le but de la maternelle, empêcher les enfants d’apprendre par le jeu, leur « inculquer » et non leur apprendre à réfléchir, n’est-ce pas les prémices d’une moutonnisation accélérée ?
« C’est complètement aberrant de les mettre déjà dans des cases à 5 ans. »
Entièrement d’accord .
Pourtant le dispositif existe.
Il s’appelle « Base élèves ».
Urgent crier.
Je viens de trouver la TOTALITE du passage consacré au silence. Ben chui désolé, s’il y a du « delirium " dans ce rapport c’est pas là : je signe tous les mots de ce passage (même si je dirais " le silence permet » plutôt que « le silence investit " et que je hais " positionner »)
Et c’est un f…u bavard qui vous le dit ;-)
« …A l’heure du « zapping » généralisé et bruyant, on ne saurait trop rappeler, notamment à l’école maternelle, les vertus du silence en pédagogie. La pause, ce moment suspendu, n’est en rien un moment de vide. C’est tout au contraire un espace de ressourcement, de préparation et de réflexion. Le silence investit la sérénité, la concentration, voire - et ce n’est pas à négliger - la contemplation. La médiation par le silence, par exemple lors de l’entrée en classe ou en transition entre deux activités, est l’occasion de se retrouver, de relancer la concentration, de positionner le temps - et même le lieu - de l’apprentissage. »
C’est déjà quasiment en place, car les enfants sont testés en maternelle, notamment en grande section, sur leur possibilité déjà d’écrire, de se repérer dans l’espace, de faire de l’arithmétique simple etc avec annotations à faire signer aux parents. Or les enfants n’ont pas tous le même rythme d’apprentissage. C’est complètement aberrant de les mettre déjà dans des cases à 5 ans. Je croyais, mais je suis sans doute de l’ancienne école, que la maternelle était d’abord un lieu de socialisation. L’apprentissage de la lecture et de l’écriture se fera au CP d’autant plus vite et mieux que les enfants seront bien préparés en maternelle.
Changer le but de la maternelle, empêcher les enfants d’apprendre par le jeu, leur « inculquer » et non leur apprendre à réfléchir, n’est-ce pas les prémices d’une moutonnisation accélérée ?
désolée pour le doublon, il y a eu un bug :-)
On ne pouvait attendre autre chose de BENTOLILA. Il avait déjà donné des preuves de servilité et de conservatisme en rédigeant avec zèle des rapports commandés par le ministre de ROBIEN.
Ses recommandations pour le retour au b-a ba, pour les stupides leçons de mots, etc, ses certitudes qui font rire ses confrères, ses incantations ne permettaient pas d’espérer autre chose.
Cette fois, il y ajoute le mépris, mépris pour les enfants qui ne sont pas formatés pour être élèves prématurément, pour les parents, pour les enseignants de maternelle qui ne travaillent qu’une demi-heure par semaine…
Complètement d’acCord avec l’analyse soumise au débat.
J’ai donné mon avis récemment au Café pédagogique.
Ah là, je sans que je vais me fâcher, lisez cet autre extrait :
« Sous les effets conjugués de l’affaiblissement de la médiation familiale et de la perversité des modèles sémiologiques imposés par un monde médiatique de plus en plus cynique, bien des enfants arrivent à la porte de l’école de la République en situation d’extrême insécurité linguistique et de terrible déficit culturel. Pour eux, l’école maternelle constitue la première et la dernière chance de médiation dans un parcours d’apprentissage qui en a été jusque-là privé. Ce sont des enfants mal entendus parce que leurs questions - souvent non formulées - sont restées sans réponses. Ce sont aussi les enfants du malentendu, c’est-à-dire ayant noué avec le langage un malentendu fondamental : ils n’ont aucune idée de ce qui légitime et justifie l’effort et le soin de la mise en mot ; la volonté de laisser une trace d’eux-mêmes sur l’intelligence d’un autre leur est totalement étrangère. Ils arrivent donc à l’école déjà résignés à n’avoir aucune prise sur le monde, à ne revendiquer aucun pouvoir linguistique et intellectuel sur les autres ; ils ont déjà renoncé à la conquête collective du sens pour ne plus s’occuper que de se protéger individuellement d’un monde où les menaces leur paraissent l’emporter largement sur les promesses. Pour eux, l’école maternelle doit mettre en jeu avec volonté, obstination et constance une pédagogie, non pas palliative, mais compensatrice : elle se doit de tenter de réhabiliter au plan sémiologique, culturel et linguistique une part importante des enfants qui lui sont confiés. Si elle y renonçait, elle viderait de leur sens les mots de justice et de démocratisation scolaire ; mots d’un discours alors démagogique cachant mal l’entrée précoce dans un couloir qui mène inéluctablement à l’illettrisme et à l’exclusion. »
C’EST DE DROITE, ÇA ?
Vouloir que des enfants entendent et soient entendus, C’EST DE DROITE ?
Merde ! Je vais vous dire quelle a été ma « scène primale » dans ce métier ! Une réunion de parents, où une dame du meilleur monde, au premier rang, sortait des énormités. Dans le fond Mr P…, un ouvrier (pourquoi dans le fond, d’après vous ?) dont je connaissais le bon sens et les idées, se trémoussait pire que diable en bénitier. Huit jours après je le revois, et m’étonne de son silence. « Ah monsieur, je savais pas comment le dire ! ». Voilà. Pendant trente-cinq ans je me suis battu avec et contre mes élèves pour qu’ils aient la maîtrise des mots. Là, maintenant, voilez-vous la face si ça vous chante, mais sauf pour une minorité de privilégiés de naissance ou de culture, c’est foutu.
LA FAUTE A QUI ?
Et cher Frackowiak ;-), si vous trouvez une trace de mépris pour les enfants dans ce passage, ramenez-le moi, je le mange sans sel ni poivre !
« Ah là, je sans que je vais me fâcher. »
Ah là, cher « prof et lettres », je sens, moi, que vous perdez les pédales !
(PS : je viens de voter top à vos commentaires pour ne pas qu’on vous les referme.)
Taquin… :)
- Et je ne peux plus m’éditer ! Aarrgghh ! Quand même, merci Yéti !
- PS : je viens de voter top à vos commentaires pour ne pas qu’on vous les referme.
C’est pô vrai, c’est pour que tout le monde i voye ma tefau ! Pas merci Yéti ;-)
Re-top ! Et hop !
« C’est pô vrai, c’est pour que tout le monde i voye ma tefau ! »
Même pô vrai ! C’est vous qui avez fait la première réponse (22h22) et qui vous aites coupé l’herbe sous le pied !
(Bis repetita)
« Ah là, je sans que je vais me fâcher. »
Ah là, cher « prof et lettres », je sens, moi, que vous perdez les pédales !
(PS : je viens de voter top à vos commentaires pour ne pas qu’on vous les referme… et de « bis répétiter » ce commentaire pour fair