Et si élèves et professeurs se passaient de notes?
Revenons à nos moutons. La campagne terminée, la vie continue, les enseignants semblent s'agiter et ils ont bien raison car les nouveaux programmes sont une énormité cohérente avec la pesanteur du gros bon sens qui tient lieu de pensée au pouvoir actuel. Ils n'ont d'autre objet que de faire de l'enfant, non un être pensant, mais un être obéissant, à coup de règles de grammaire, de morale, de par-coeur dégoulinant de psittacisme et, s'il le faut, à coup de règles sur les doigts, comme au bon vieux temps.
Et puis il y a eu l'initiative de ce jeune homme donnant aux enfants l'idée et le moyen de noter leurs enseignants. On n'en parle plus guère, semble-t-il, depuis l'ordonnance de référé du 3 mars qui réduit le malfaisant au silence. Comme si la question était réglée, alors qu'il n'en est rien, le mal est fait. Plus que le mal, l'ignominieux, car cette initiative introduit et institutionnalise dans les esprits une relation de type guerrier entre enseignants et enseignés. Une relation mortifère.
La note tue! Tous les enseignants le savent, ou devraient le savoir. Quand l'encre rouge gicle et macule rageusement quelques lignes malhabiles, c'est un visage enfantin ou adolescent qui est griffé, un visage qui vient de se dessiner furtivement à la surface de la feuille en un éphémère halo.
Ce pouvoir au bout du stylo tue, sans détonation assourdissante, sans bruit, sinon ce crissement sur le papier. Sait-on, alors, ce que ce chiffre, cette note, mauvaise bien sûr, ce crissement, vient de tuer en l'enfant noté? Nul ne le sait mais chaque enseignant le soupçonne, avant de n'y plus penser, surtout si la copie suivante est excellente, effet de contraste, disent les docimologues. Il faut bien vivre et continuer à inscrire cette maudite note au coin de la feuille.
Malédiction, en effet, malédiction de la note en ceci que le chiffre porte, par essence même, une exigence de rigueur, une promesse d'exactitude, une certitude de vérité, de vérité tranchante. A tel point qu'on l'affuble parfois, ce chiffre, d'une virgule comme pour en rehausser sa prétention à l'exacte mesure. A tel point que le commentaire qui généralement l'accompagne s'en trouve annihilé, rejeté dans l'incertitude, l'approximation et le doute inhérents au verbe.
La note, elle, ne dit rien, tranche, dans le vif, dans le vif du sujet et, tranchant ainsi elle abolit tout avenir, toute possibilité de remédiation (pardon, mais ce n'est pas un gros mot), tout espoir pour qui reçoit, de plein fouet, la mauvaise note. Elle ne tergiverse pas, elle assène et, ce faisant, écrase tout de son poids, tout ce qui voudrait être tentative d'analyse, d'explication, de compréhension. Elle est désespérante.
Mais voici que la note se retourne contre le notant qui en devient noté. Et, après tout, trêve de sensiblerie, n'est-ce pas légitime? N'est-il pas vrai qu'il existe des situations aberrantes d'enseignants incapables, débordés, malades, qui devraient faire autre chose et qui souffriraient moins ainsi et rendraient service aux élèves qu'ils ne verraient plus? Evidemment, mais nul besoin de notation pour le savoir et c'est précisément là que s'instaure l'ignominie de cette initiative, en ce mensonge primordial. Car loin de ne pas être évalués, les enseignants le sont en permanence, par leurs élèves, dans la cour et au long des couloirs à haute voix, entende qui voudra, et par leurs pairs auxquels rien n'échappe, à demi mot ou d'un regard admiratif, réprobateur, apitoyé, par l'administration bien sûr mais aussi et surtout par les parents et les enfants réunis le soir à la table familiale et bien plus pertinemment que ne le fera jamais un chiffre jeté sur un site en un éclat de rire ou un rictus haineux.
Car tout est limpide dans un établissement scolaire, chacun sait tout et nul ne se trompe, chacun sait, enfants et adultes ce qui se fait, qui rend les copies trois semaines après le contrôle et qui les rend le lendemain. De sorte que cette pseudo-évaluation des enseignants par leurs élèves est sans objet ou plutôt n'a d'autre objet que mercantile. Et l'on voudrait en rester là. Mais on ne peut pas, car le mal est fait et nul ne pourra empêcher désormais cet espiègle gamin de noter ses professeurs, d'une manière ou d'une autre, sur un site ou un autre.
Il n'est plus alors qu'une solution pour sortir de cette ornière: abolir les notes, toutes les notes! Ce qui n'a vraiment rien de particulièrement novateur, moins encore de révolutionnaire. Car depuis longtemps, depuis toujours peut-on dire, des enseignants ont pratiqué et continuent de pratiquer une évaluation sans chiffre. On sait le faire, ceux qui veulent savoir savent le faire. En outre, on sait bien maintenant, depuis que s'est instaurée cette manie de l'évaluation internationale des systèmes éducatifs, que l'évaluation sans note se pratique, institutionnellement, dans le Nord de l'Europe, particulièrement en Finlande, pays qui rafle régulièrement les premiers prix de ces enquêtes internationales (les descriptions de ces systèmes foisonnent, on peut voir, en ligne, la très intéressante analyse de deux universitaires finlandaises, Marja Martikainen et Leena Vaurio, dans les "Cahiers pédagogiques", N° 432).
Mais ce n'est pas là le plus important. Ce qui importe et qui n'est pas divulgué par ces enquêtes ou qui l'est si mal que nul n'y prend garde car la note et le classement publiés, là aussi, écrasent tout et occultent l'essentiel, ce qui importe donc, c'est que l'évaluation verbale pratiquée en Finlande, mais aussi ici dans quelques écoles différentes, requiert un autre mode de vie dans l'école, à l'exact opposé du mode guerrier inhérent à la note. Un mode de vie qui, à partir de l'apprentissage par le très jeune enfant de l'auto évaluation (il y a des procédés simples pour cela), mobilise enseignants, parents et enfant en une volonté de contribuer au "grandissement" harmonieux de celui-ci dans tous les domaines (ceci avec moins d'heures de présence des enfants dans l'école!). Car, comme dit Leena Vaurio:
"L'évaluation doit toujours comprendre un aspect positif, souligner ce qui est bien. S'il y a lieu de présenter des remarques critiques, elles doivent être formulées de façon que l'élève voit clairement ce qu'il peut faire pour améliorer son travail et ses connaissances."
Mais alors, ce n'est plus, à mon sens, d'évaluation qu'il faut parler et je proposerais volontiers que l'on cesse d'utiliser ce verbe à propos d'enfants, que l'on n'a pas à évaluer comme on évalue un melon en le tapotant et le reniflant. Je propose que l'on parle d'observation bienveillante, c'est-à-dire vivante, vitalisante, car comme le dit l'autre enseignante finlandaise, Marja Martikainen, "l'enseignant est avant tout un être humain qui partage la vie des élèves, qui est à leur côté, il n'est pas là pour distribuer un savoir, la fonction enseignante n'est que secondaire". Je rappelle qu'il s'agit d'enseignants qui obtiennent, comme surajoutés à cette vie partagée entre enfants et adultes, les excellents résultats "scolaires" que l'on sait.
Plus de notes donc! Que plus personne ne note qui que ce soit. On sait vivre autrement, et si on ne sait pas, on apprend, les IUFM sont là pour ça! Et ce n'est pas une révolution, disais-je, juste une autre de manière de vivre dans l'école.
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Il y a des idees de progres, des idees qui disent et pensent a l'autre c'est a dire a notre communaute : celle de l'Homme. Il y a votre idee, remise a jour, de la fin des notes et c'est une excellente idee. Qui demanderait a tout reconsiderer et donc a se (re)poser les bonnes questions, genereuses c'est a dire pas pour nous mais pour nos enfants? C'est a dire nous mais dans longtemps :)
Merci pour cet article
Cordialement,
Direct_Du_Gauche
Et la fin des notes sur les commentaires de Rue89, c'est pour quand ?
Complètement d'accord. Je l'ai dit sur Rue89 à l'occasion d'un autre article, les notes sont obsolètes, un vestige du passé qui ne repose plus sur rien de fiable. Lorsqu'on voit des bacheliers incapables de composer sans faire de fautes aux accords grammaticaux, rendre des copies vides d'analyse, se contentant de lire les 4è de couverture ou des mémos pour rendre leur copie, alors je dis qu'il est temps d'en finir avec les notes.
N'est-ce pas au Danemark que les étudiants subissent un contrôle continu tout au long de leur cursus ? Il me semble que le système danois a fait ses preuves, pourquoi ne pas emprunter ce qui est bon de nos voisins européens ?
Les productions des élèves (et non les élèves eux-mêmes, évidemment, et comme en France sur ce point) sont également notées au Danemark, à partir de treize ans. Tapez les mots-clés "notation Danemark" pour le vérifier si vous voulez.
Mon fils a 12 ans et il est en cinquième...tous les jours, toutes les semaines il me pose la même question : à quoi ça sert les notes ? pourquoi on ne les supprime pas ? il n'en comprend ni la raison ni l'utilité. Je lui parlé de la Finlande et de sa méthode scolaire: maintenant son rêve c'est de partir là-bas !
"comme on évalue un melon en le tapotant et le reniflant"
Cessez donc de martyriser vos melons, nous reparlerons d'éducation ensuite...
Pour être plus constructif, je dirai que nos parents et nos enseignants ont contribué à faire du système de notation un système dur et sans humanité... Castrateur pour certains élèves...
Mais la note en elle-même n'a nulle intention mauvaise.
C'est donc bien une question d'intention et non de moyens.
Si la France était moins élitiste et corporatiste, la note serait moins ce couperet qui tombe et lamine certains élèves.
Bon je vais encore ramasser une rafale de mécontent mais cet article me laisse un gout de démagogie fort désagréable.
Ainsi
Plus de note donc ni d'évaluation mais "que l'on parle d'observation bienveillante, c'est-à-dire vivante, vitalisante" c'est quoi sa ou cela va t il aider parent et enfant a se situer dans les acquis et les lacunes? et comment?
Vous dites :
"l'enseignant est avant tout un être humain qui partage la vie des élèves, qui est à leur côté, il n'est pas là pour distribuer un savoir, la fonction enseignante n'est que secondaire".
Le savoir dispensé ne serait donc que le résidu du charisme de l'enseignant? Bigre!! C'est du pur Rousseau. Sauf que s'il n'y a pas de bornes sur la route on risque de ne pas savoir ou l'on en est et s'il n'y a pas de panneau et que l'on a pas de cartes on risque de ne pas savoir ou l'on va.
Sauf qu'au train ou va ce gouvernement ainsi que les effectifs adultes des enseignants chargés de programmes abscons comme vous le soulignez au début, l'enseignement publique tel que nous le connaissons avec ses qualité et ses défauts ne va pas tarder a disparaitre. Et cela au bénéfice d'un enseignement prive payant réservé aux nantis. Le publique n'aura effectivement plus besoin de notes ni autres évaluations car ils ne fabriqueront que des hilotes pour lesquels les connaissances seront pour le moins inutiles voir néfastes.
J'ai du mal à vous suivre Sinclair.
Pour faire court, je dirais que Nestor Roméro dit simplement que l'outil ne vaut que par la main qui le conduit. La note n'est qu'un outil, un moyen dans une panoplie de moyens disponibles. Quand allons-nous arrêter de confondre les objectifs et les moyens.
La stimulation positive me semble être un moteur bien plus puissant dans la dynamique du désir d'apprendre que la sanction par rapport à un seuil normé dont l'élève ne comprend pas la pertinence. Cette incompréhension a d'ailleurs toutes les chances de renvoyer le noté au sentiment de sa propre insuffisance, de le clouer dans une posture d'échec. C'est la mise en branle du paradoxe insupportable de la prédiction qui se réalise, pleine de "gros bon sens" pourtant.
Pour moi, s'il existe une façon d'inverser cette ponctuation paradoxale c'est bien "l'observation bienveillante, c'est-à-dire vivante, vitalisante". Ceci n'empêche absolument pas l'élève de se situer sur l'échelle des acquis nécessaires.
Vous remarquerez que vous parlez de "lacunes" quand moi je parle d'acquis nécessaires. J'essaye de vous dire par là qu'il est primordial de créer l'envie, d'éveiller la curiosité et non pas d'apprendre la soumission passive.
Permettez-moi de reprendre votre image de "bornes sur la route"(*), de "panneaux", de "cartes" sans lesquels "on risque de ne pas savoir ou l'on va", et vous faire la contre-proposition suivante: plutôt que de mettre le nez de l'enfant sur des instruments dont il ne comprend pas l'utilité pourquoi ne pas lui faire découvrir que pour aller là où on lui aura donné envie d'aller il lui manque des cartes; le rendre demandeur en quelque sorte.
"(*) là en l'occurrence, je vous mettrais un zéro pointé (ce que je ne fais jamais d'habitude; mais puisque vous m'y autorisez). Les bornes sont sur les bas-côtés, jamais sur la route.
(dans la phrase "s'il n'y a pas de bornes sur la route", il n'est visiblement pas fait référence à l'emplacement physique des bornes : la route n'est pas ici un lieu, mais renvoie à l'action de se déplacer, de cheminer. On pourrait paraphraser en "si on ne rencontre pas d'indications sur son chemin")
Si je puis me permettre, vos deux commentaires sont complémentaires (verre à moitié vide, verre à moitié plein) sauf sur la question des moyens fournis à l'école pour accomplir sa tâche. Il ne s'agit pas simplement de promouvoir une vision positive et d'attendre des enseignants qu'ils encouragent les élèves.
Le vrai problème est de savoir s'ils ont les moyens physiques, dans des classes surchargées, d'aider tous les élèves. Plus il y aura d'élèves par classe, plus le recours au soutien privé creusera la différence. Et s'il y a bien un enseignement qui ne cherche qu'à combler des "lacunes" et à faire du chiffre, c'est bien celui dispensé dans les cours de soutien privés...
Je n'épiloguerai pas les bornes Nicolaï. C'était une boutade.
Tout à fait en phase sur la question de l'enseignement privé que je ne reprenais pas dans mon commentaire précédent.
C'était de l'humour pour moi aussi.
Cordialement, NV.
Tiens je vois qu'il n'y a pas que les routes qui soient bornées. Ce que je critique est clairement énoncé par l'auteur. Le positivisme jusque dans l'erreur et le vivre avec dans le fusionnel en lieu et place de la transmission de connaissance et du désir de comprendre.
La stimulation positive si elle a des vertus elle ne saurait suffire a l'éducation sinon on en serait couramment a encourager des erreurs en y trouvant un coté positif.
L'enseignant n'a aucun intérêt a systématiquement positiver les erreurs de l'enseignés sauf a vouloir s'attirer ses bonnes grâces, ce qui en général finit mal pour les eux parties. L'honnêteté de l'enseignant me parait préférable, tant pour encourager l'effort que pour corriger les erreurs, toujours en les expliquant. Croyez en mon expérience de l'éducation de jeunes difficiles rejetés de l'éducation nationale.
Ce débat qui commence a dater pas mal, me parait en outre d'autant plus déplacé que l'avenir de l'école républicaine qui donne une égalité de chance a tous dans son enseignement est en voie de démantèlement. Ce que j'exprime dans le dernier paragraphe.
Pour finir pour quelqu'un qui se dit contre la notation et pour le positivisme, vous daignez me décerner "exceptionnellement" un zéro pointé. Vous me stimulez négativement là!! lolllll!!!!!!!!!
Il n'existe aucune commune mesure entre l'évaluation chiffrée (éventuellement assortie d'explications personnalisées) d'un travail particulier à un moment donné et la "note d'appréciation" qui résulterait d'une sorte de sondage cumulatif sur Internet.
Comme vous l'indiquez fort justement, l'évaluation des professeurs se fait au quotidien, en fonction de leur comportement et de leur rapport aux élèves, mais ces derniers sont loin de se fonder sur des observations aussi objectives que celles que vous mentionnez (vous ne parlez, en définitive, que du temps écoulé avant la remise des copies). L'attitude, l'apparence physique, et tout simplement la matière enseignée influencent l'appréciation portée par l'enfant, pour ne rien dire des résultats qu'il a lui-même obtenus (peut-on se fier à un enfant pour évaluer quoi que ce soit objectivement, alors que la majorité des adultes n'y parvient guère?).
Que des élèves ou des étudiants livrent leur opinion sur leurs professeurs, de manière anonyme (et éventuellement chiffrée), à la fin d'une année scolaire ne me semblerait pas absurde, comme cela se pratique par exemple aux Etats-Unis (mais cela incite les professeurs à ne pas noter trop cruellement leurs élèves, par mesure de prévention). Ouvrir cette possibilité à n'importe qui et inscrire le résultat de ces sondages exercés sans contrôle aucun dans l'espace public est aberrant et ne peut avoir aucun effet sur la pratique pédagogique d'un enseignant.
En ce qui concerne les notes frappant les enfants et détruisant leur innocence et leur goût d'apprendre, il s'agit de signaux destinés à attirer l'attention de l'enfant. Si les enfants les interprètent comme des sentences, cruelles et souvent injustes, c'est parce que, d'une part, ils ne font pas clairement la différence entre leurs compétences (toujours sujettes à améliorations) et leurs qualités (qui constituent leur personnalité), et parce que, d'autre part, leurs parents et leurs pairs ne prennent souvent en compte que ce bilan chiffré, conçu comme transitoire et partiel (si on a 5/20, alors on 'est' un 5).
La pression psychologique que subissent les enfants ne vient pas des notes en elles-mêmes, ni d'une volonté de torture mentale d'enseignants acharnés à discipliner et redresser de jeunes pousses rebelles et pleines de vie.
Il vaudrait mieux embaucher plus de professeurs et ouvrir plus de classes, afin que les élèves soient mieux suivis et encadrés. La note n'a pas vocation à être isolée, elle devrait être toujours accompagnée d'un diagnostic personnalisé. Mais mettez 30, 40 élèves par classe, et l'enseignant devra lutter pour ne pas se transformer en machine à noter, tout en sachant que lors des rencontres entre parents et professeurs, ses appréciations ne seront pas prises en compte par des parents qui ne s'intéressent qu'aux notes.
Allez, après l'affaire Not2be.com, celle des notes du bac, on en remet une troisième couche sur la notation. Au lieu de paraphraser mes posts précédents, je reprends tel quel ce que j'ai dit à propos des projets du coco Cola:
Qu’est-ce que ça veut dire « noter » ? Les professeurs notent les compétences et les connaissances des élèves en fonction d’un programme, d’une progression et d’un travail accompli en classe, en application d’un certain nombre de critères explicités, relatifs au fond et la forme. La notation dépend à la fois du niveau attendu dans une classe donnée par rapport à des programmes, à un examen ou un concours précis et des performances respectives des autres élèves. Elle permet à l’élève de se situer par rapport aux objectifs à atteindre et à évaluer ses acquis, ses progrès et ses difficultés. Bref, ON NE NOTE PAS L’ELEVE mais simplement ses activités, en s’interdisant toute remarque blessante ou humiliante. La note que l’on peut attribuer à un élève ne préjuge rien de sa personnalité, de son caractère et de ses qualités humaines. Elle est objective, réfléchie et rationnelle (même dans une matière comme le français) puisqu’elle est le fruit d’une définition précise et le résultat d’une réflexion approfondie comme en témoignent les longues réunions d’harmonisation qui se tiennent au moment du baccalauréat, en amont et en aval des épreuves. Cette science porte un non : la docimologie qui n’a rien à voir avec la pifométrie ou la démagogie. Je rappelle enfin qu’on a supprimé les classements dans les classes pour éviter justement de stigmatiser les élèves en difficulté. Quant à la transmission des notes, elle est toujours confidentielle. On ne publie pas les bulletins scolaires sur internet ou sur les murs de la ville, on les remet en mains propres aux parents ou on les envoie par courrier.
Le texte publié aujourd'hui n'a évidemment pas la même dimension mercantile et populiste que le site de notation des professeurs, il est même plutôt bien écrit et plein de bons sentiments mais il me semble relever d'une vision un peu angélique et pour tout dire partiale de la situation actuelle. On pourrait rêver un monde sans prix à payer, sans impôts à acquitter, sans tribunaux et sans lois, sans salaires et hiérarchie, un monde utopique de l'égalité, de l'harmonie et de la communication douce. Ce n'est pas celui dans lequel nous vivons et supprimer toute forme d'évaluation serait éloigner les élèves de la réalité plus que les aider à s'y préparer. Et puis, si l'on peut concevoir de supprimer la notation dans certaines classes, cela ne semble guère réaliste quand on s'approche du brevet, du baccalauréat, du BTS, des concours des grandes écoles puisque ces examens et ces concours sont basés sur des notations.
Une fois de plus, il ne faut pas confondre la finalité et la modalité. La notation n'est qu'un moyen au service de l'enseignement. Elle permet à l'élève de se situer par rapport à un niveau requis, par rapport aux autres et par rapport à lui-même. Supprimer les notes c'est un peu comme casser un thermomètre, cela n'a rien à voir avec la maladie ou la santé. S'il y a un problème avec la notation c'est que certains enseignants et certains parents y attachent une importance excessive sans voir tout ce qui se fait à côté en termes de conseils,de stimulation, de correction, d'écoute.
Je suis tout à fait d'accord avec M. Romero. Je suis moi aussi ancienne enseignante et si j'avais pu éviter de fonctionner avec le système des notes, j'aurais été ravie. Malheureusement il y a la pression de la hiérarchie et surtout des parents, qui sont obsédés par les notes et en pourrissent la vie à leurs enfants. La notation gâche tout, et on ne peut pas faire comprendre la notion de travailler pour le plaisir d'acquérir des connaissances et de se former.Notation = salaire, donc pas de notation, pas la peine de travailler.
Je ne comprends pas tout Marie-France. Votre dernière phrase me laisse perplexe.
Si je saisis bien ce que dit Marie-France, elle prête aux parents une tendance à considérer les notes comme une sorte de salaire au mérite. De même qu'on peut être tenté de ne prendre en compte, lors du choix d'un métier, que la variable du salaire (plus un métier rapporte, mieux c'est), de même les parents (du moins une grande proportion d'entre eux), ne s'intéressent qu'au bilan chiffré, parce que c'est ce bilan, ces notes, qui permettront de passer en classe supérieure ou d'obtenir un bon diplôme plus tard.
En l'absence de note, les parents se désintéresseraient des progrès ou problèmes de leurs enfants, lesquels auraient tendance à considérer que tant qu'ils n'ont pas de note, ils n'ont pas à travailler.
A supposer que son analyse de la situation soit correcte, en tout cas elle regrette qu'il en soit ainsi et aimerait que les enfants soient plus facilement motivés sans que la note serve à la fois de carotte et de bâton.
@ Nicolaï
vous avez répondu en même temps que moi : vous avez bien compris ma pensée. merci.
je veux simplement dire que les parents ont inculqué à leurs enfants le sentiment que la note rétribue leur travail et cela se traduit par le fait que les élèves en sont déformés au point qu'ils considèrent que s'il n'y a pas de note chiffrée, ils ne sont pas "payés" donc que ce n'est pas la peine qu'ils travaillent. C'est toute une démarche perverse.
Tout à fait d'accord avec vous, Marie-France.
Cordialement
effectivement,
je me rappelle encore, au collège, le soulagement de toute la classe quand le prof de maths nous disait que tel devoir à la maison "ne comptait pas dans la moyenne" on pouvait donc se permettre de bâcler.
le deuxième aspect de ce problème est aussi que lorsqu'on est trop jeune on ne se rend pas forcément compte de l'utilité qu'on va retirer plus tard de ce qu'on apprend aujourd'hui. on fait ses devoirs "parce qu'il faut avoir des bonnes notes pour avoir un travail plus tard".
la note sert de prétexte pour apprendre, c'est effectivement ce pour quoi les enfants travaillent jusqu'à ce qu'ils aient une idée plus concrète de leur avenir et de leurs goûts (en général vers le collège-lycée)
motiver les élèves en leur donnant envie d'apprendre plutôt qu'en les notant est à mon avis un peu utopique en dessous d'un certain âge. mais pour les ados ça pourrait être une bonne idée.
Dans le principe, je suis favorable à la démarche.
Mais peut-on l'étendre dans les classes à partir desquelles diverses orientations sont possibles ?
Si on oriente diversement sans note, n'est-ce pas dire aux parents : on envoie votre enfant dans telle voie, même si je n'ai pas d'élément tangible vous montrer. J'en déduis que l'élève a, en fait, des notes (numériques ou non), mais qu'elles ne les lui sont pas fournies, et ne servent qu'à une décision en fin d'année. Est-ce bien cela ?
J'appliquerais volontiers le "pas de note" jusqu'en second cycle universitaire, où j'exerce. Le travail en mode projet ingénieur permet plus ou moins cela (mais il ne saurait couvrir correctement tout le cursus). Mais là, il s'agit d'études où la grandes majorité des étudiants passent en année supérieure. Comment gérer :
1) l'absence de notes dans les années très sélectives ?
2) l'évaluation jugée "à la tête du client", alors que les notes doivent s'appuyer sur des éléments tangibles, matériels, avec un barême (plus ou moins) ?
Les proposition de M. Romero concernent en fait, si je ne m'abuse, la notation en école primaire, et éventuellement jusqu'au collège. En tout cas, la formation en Finlande intègre des notes à partir de l'âge de 12 ou 13 ans, si j'en juge par le document très intéressant dont il a fourni le lien http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=1502
Les notes sont appliquées en Finlande à partir du moment où il devient nécessaire de juger du niveau effectif de l'élève, selon des critères nationaux. (mais elles ne deviennent pas un but en soi)
Il me semble que le système de notation en école primaire est très doux... mais encore une fois la question n'est pas la note, c'est l'exigence de "performance" que la société impose aux enfants, à travers des parents inquiets de l'avenir de leurs enfants (et d'autant plus inquiets qu'on détruit peu à peu l'école publique en la privant de moyens et en incitant à recourir à des cours de soutien privés).
jo kyllä, asuin suomessa, mutta ranskassa ?
> il devient nécessaire de juger du niveau effectif de l'élève, >selon des critères nationaux. (mais elles ne deviennent pas un
> but en soi)
la nuance sur ce dernier point est un peu subtile...
je suis bien d'accord sur le sabotage de l'école publique.
Mais avec ce gouvernement on ne pourra rien faire de bien, au moins le président qui n'aime pas l'éducation, il a préféré faire installer des écrans plats partout avec l'argent public, lorsqu'il était à l'Intérieur. Il vient d'ailleurs de remettre une haute distinction de l'Etat français à son ami Patrick Lelay.
'L'évaluation doit toujours comprendre un aspect positif, souligner ce qui est bien. S'il y a lieu de présenter des remarques critiques, elles doivent être formulées de façon que l'élève voit clairement ce qu'il peut faire pour améliorer son travail et ses connaissances''.
Avant de supprimer totalement la note chiffrée, il serait peut être bon que les enseignants fassent des commentaires sur ce qui ne va pas dans le devoir (afin que l'élève s'améliore) et sur ce que l'élève a réussit (une petite remarque positive, ça fait du bien de temps en temps même si le devoir est médiocre).
Or, souvent l'élève découvre sur sa copie une note sans aucuns commentaires ou un commentaire laconique du style insuffisant, passable,...Pas de remarques constructives et si la note est mauvaise, vous pouvez dans ce cas, être sure que l'enfant ne va pas relire sa copie et n'aura qu'une envie: s'en débarrasser (poubelle, cheminée,...)
Certes...En tant que professeur j'ai toujours agi ainsi
(mis à part que quand rien n'est valable dans une copie - j'enseigne en lycée et cela arrive, j'ai enseigné en collège et cela arrivait aussi - je ne souligne pas "l'aspect positif", j'essaie seulement
de n'être pas cassante). Mais avec les effectifs de classes que l'on nous promet et que j'ai déjà "expérimentés" cette année, note ou pas note, il va être impossible de ne pas être laconique.
C'est ce que nous faisons précisément. A moins d'une mauvaise volonté manifeste de l'élève, il y a toujours quelque chose à valoriser et des recadrages à faire (à moins que la copie soit parfaite). La note n'est que secondaire.Ce qui compte, ce sont tous les commentaires que nous portons sur un devoir. C'est pour cela que nous passons énormément de temps à corriger.
Il faut beaucoup d'abnégation et organiser des séances pour que chaque élève passe un vrai moment à étudier les remarques qui lui sont faites. C'est l'idéal, mais pas simple en pratique....
Le problème des enseignants actuels ne se pose pas au niveau de leurs propres connaissances disciplinaires.
Quand par exemple les enseignants arrêteront enfin de noter/sanctionner en phase d'apprentissage d'une notion, cela commencera à aller mieux.
Tout ne se note pas, et c'est heureux (votre plat, madame, ou votre prestation au plumard, monsieur... ou l'inverse).
Quand vous vous préparez au permis de conduire, vous note-t-on après chaque leçon ? Ces notes comptent-elles dans l'attribution du rectangle rose ?
Je crois fortement que l'on enseigne plus ce que l'on est que ce que l'on sait, et que c'est bien là le problème.
Au début, j'ai pensé que cette idée me paraissait complètement inouï, irréalisable, et complètement insensée. Mais, en y réfléchissant, je me dis que ce serait plutôt bien de ne plus être évalué. Et je parle en tant que collégien qui, tous les jours, vit au sein des contrôles (donc des notes) de 8h30 à 6h00.
Tout d'abord, même si la comparaison n'est pas toujours une bonne pratique, j'arrive à comparer certains aspects des écoles américaines et françaises (car j'ai vécu dans ces pays). Même si chacun ont des défauts particuliers, je remarque qu'aux Etats-Unis, les professeurs sont moins pointilleux, moins strictes, en ce qui concerne la notation et l'évaluation de l'élève qu'en France. En clair, une simple note ne caractérise pas l'élève. Ils vont au-delà: ils vont voir le type d'esprit que se forme l'élève. Ceci a deux avantages: les professeurs apprennent à mieux connaître l'élève et l'élève se sent mois anxieux et stressé quand il affronte un contrôle.
Auparavant, quand j'assistais à des conseils de classe en tant que délégué, j'ai trouvé que, trop souvent, les professeurs tournaient autour des notes. Et c'est bien dommage.
Alors, peut-être faudrait-il donc en finir avec ces notes? Les élèves, eux, considèrent l'évaluation une sorte de menace et, en conséquent, finissent par s'en prendre à leurs professeurs (exemple: Note2be).
Mais, concrètement, si on en finit avec les notes, alors l'école, ne perd-t-elle pas une grande partie de son autorité, de sa rigueur, et de sa discipline ? Sans notes, pourquoi donc venir en cours?
Pour avoir fonctionné comme cela pendant plus de vingt-cinq ans, je pense pouvoir dire que les plus déstabilisés furent les parents.
Une évaluation permanente est nécessaire, mais implique aussi une remédiation individualisée, qui nécessite diagnostic rapide, préparation de documents d'aide individualisés et temps à consacrer à chacun.
J'avais pour m'aider aussi dans ma classe dès 1981 un ordi et une base d'exercices personnels que je modifiais selon les manques de chaque élève éventuellement, puis imprimais.
Une banque "fiches cartonnées" standard (perso toujours) était également disponible.
L'école élémentaire peut s'y prêter, j'en suis une preuve vivante mais cela semble ingérable à partir du collège, à moins de faire exploser les emplois du temps et les formes de travail (heures groupées à la suite avec le même enseignant).
Non seulement ça marche, mais l'enfant s'implique davantage, vient volontiers, travaille mieux et dans la joie (si, si !).
J'en veux pour preuve les rapports continus avec la quasi-totalité de mes anciens élèves, qui ont manifestement tous réussi (à la mesure de leurs dons et de leur investissement personnel, bien sûr, mais aucun n'est resté sur le bord de la route a priori).
La première année, mon IDEN a été assailli de courriers de parents ; l'année suivante, tous voulaient venir dans ma classe (les élèves en répartition peuvent être d'excellents observateurs et on parle dans la cour).
A la disposition de ceux que cela intéresse pour d'autres détails pratiques... (et c'était bien en France lol).
"A la disposition de ceux que cela intéresse pour d'autres détails pratiques... (et c'était bien en France lol)."
Alors allez sur ce blogue, c'est une jeune collègue que ça va intéresser.
http://lewebpedagogique.com/ostiane/2008
Une seule question, Cg13 : combien aviez-vous d'élèves ?
Je dis ça parce que nombre de méthodes actuelles ne peuvent marcher qu'avec du temps, du matériel des effectifs raisonnables. Quand j'ai commencé en 1970, mes élèves de 6° avait six cours de Français dont trois en dédoublement. J'ai fini avec cinq cours et un dédoublé tous les 15 jours. No comment.
Magnifique bloc de démagogie généralisatrice. Quel prof ne versait une larme de honte, quel élève ne foncerait pas sur son note2be en lisant ça :
« La note tue ! Tous les enseignants le savent, ou devraient le savoir. Quand l'encre rouge gicle et macule rageusement quelques lignes malhabiles, c'est un visage enfantin ou adolescent qui est griffé, un visage qui vient de se dessiner furtivement à la surface de la feuille en un éphémère halo ».
Qui résisterait à un tel pathos ?
J’en ai marre, Nestor Romero. Marre d’être discrédité par des gens comme vous, marre d’être vu comme le Grand Méchant Ogre. Oui j’ai noté à la virgule certains travaux, oui j’ai enlevé des demi-points ou des quarts de points pour des fautes, voire des ratures, et mes élèves savaient pourquoi je le faisais : en aucun cas pour les tuer*, toujours pour leur apprendre que le monde qui les attendait, serait un monde dur, que s’ils avaient un trou d’un euro dans leur caisse le soir, une coulée de peinture d’un cm sur la voiture qu’ils avaient repeinte, un tache sur le vêtement qu’ils venaient de nettoyer, leurs patrons ne les garderaient pas longtemps.
Je suis écœuré, le mot est faible, de voir que vous cautionnez presque le sale petit businessman de droite (j’ai nommé Cola, et dit "de droite" car je ne vois personne à gauche pour avoir une telle idée) dans son entreprise de délation publique (merdique par ailleurs, mais tout a déjà été dit là-dessus).
De voir à nouveau mettre en exergue les profs « incapables, débordés, malades, qui devraient faire autre chose et qui souffriraient moins ainsi et rendraient service aux élèves qu'ils ne verraient plus » alors qu’il ne s’agit que d’un petite minorité, je le sais pour avoir enseigné 37 ans dans un gros collège-lycée, pour avoir élevé deux enfants qui ont fait cinq collèges et lycées.
De voir que vous trouvez normal, que dis-je, fait « pertinemment », qu’on bouffe du prof à « la table familiale ». Et comment qu’on le sait, que ça se fait (je le lisais dans les yeux méprisants de certains enfants) ! Ben vous savez, tout salaud que je sois, je n’ai jamais osé dire à des parents comme ça qu’ils n’accepteraient pas (et avec raison) que je dise à leur gosse le dixième de ce que eux disaient de moi à ce même gosse !
Et pourtant, je vais vous rejoindre : oui, abolissons les notes ! Même que je l’ai fait, comme mes collègues, après 1968, avec la notation par A B C D E. Je trouvais ça bien. Et j’ai cessé, contraint et forcé comme tout le monde, notamment sous la pression de la majorité des parents (vous auraient pas plu, ceux-là ;-). Parce que la part de subjectivité y était trop grande, les travaux que j’aimais le moins noter étaient les rédactions (les c… d’IUFMistes, vous savez, ceux qui ont été capables d’inventer cette magistrale enflure de « professeurs des écoles », appelaient ça expressions écrites). Ces dernières années, j’avais adopté avec intérêt les barèmes from IUFM (ben oui, pas sectaire, pas systématique, le PMB). Après avoir relevé méthodiquement tous les points à améliorer (contenu, style, vocabulaire, répétitions, temps des verbes, orthographe d'usage / homophonies / accords / ponctuation) je notais donc sur six à dix critères pour aboutir à une note globale (je vous dis pas les heures)… que je ne leur communiquais pas ! Pour l’avoir, ils devaient améliorer tous les points signalés, ce qui leur permettait de regagner quelques points : oui, Nestor, parce que c’était le salaire de leur travail ! On vous paie avec des appréciations encourageantes, vous ? C’est avec ça que vous réglez vos factures ?
Donc, abolissons les notes ! Ouaiiiiiiis ! Avec quelle loi ? Votée par quels partis ? Soutenue par quels parents ? Des projets démagogiques comme ça, Nestor, je peux vous en pondre des dizaines !
Ça vous étonne, chers riverains, un PMB en colère ! Oui, c’est pas courant. Sur les forums de profs (croyez-moi, les pires pour ce qui est de se f… dessus avec élégance – et pour ce qui est des batailles d’egos), j’avais la réputation d’un genre de centriste capable de trouver du bon des deux côtés. Et j’ai correspondu agréablement aussi bien avec Philipe Mérieu, Pierre Frackowiack, que Pedro Cordoba. Mais maintenant je dis : si vous êtes prof quittez ce métier, si vous voulez l’être, n’y allez pas. Il n’ y a que des coups à prendre de tous côtés : élèves, parents, administration, blogues et forums.
Et j’ajoute, après avoir lu le coup de pied de l’âne de Nestor Romero : du côté des profs.
PS Au fait, Nestor, je vous ai écrit, comme je l’ai déjà fait ici à quelques riverains. Une lettre non-conflictuelle, sur un autre sujet que ce qui nous oppose. Vous êtes le seul à ne pas avoir répondu. Il faut croire que votre messagerie est en panne. Sinon, éducateur exemplaire que vous êtes, vous m’auriez répondu.
* Samedi, j’ai reçu la visite d’anciens élèves. Quand je leur ai appris que j’étais parti à la retraite, ils se sont mis à chialer. Bon, d’accord, vu le jour et l’heure tardive, ils étaient (hélas) un peu pétés. Mais quand même, un tueur apprécié par ses ex-victimes, ça fait bizarre, non ?
De tout cœur avec vous, mais dites vous bien que votre récompense est dans les résultats qu'ont eu vos anciens élèves et par le fait qu'ils traversent la rue pour vous serrer la main des années après avoir quittes l'école, pour vous remercier.
Si cette démagogie teinté de pathos avec l'œil mouille en parlant de ces chers petits innocents n'est pas nouvelle hélas (ah!! l'intérêt de l'enfant que n'a t il pas fait commettre de lâcheté), elle contribue actuellement au discrédit de l'école républicaine et fait le lit des écoles privés qui ne seront accessible qu'a ce qui pourront payer.
Merci Sinclair.
Mais le plus important pour moi n'est pas de voir qu'on ne reconnaîtrait pas les gens ayant travaillé comme moi, c'est de voir qu'on massacre encore plus l'école publique en abaissant le nombre d'adultes pour encadrer les enfants (j'ai pas dit fliquer, mais aider !)
Là est l'urgence, Nestor Romero, pas dans vos utopies complaisantes !
Ca fait du bien de lire ce que vous écrivez...
Décidément cher PMB, on est souvent d'accord et cela fait plaisir de voir qu'après 37 ans de métier vous gardez cette fougue et cette faculté d'indignation. J'en prends de la graine.
Comme cela je pense ressortait de mon écrit, j'ai choisi de travailler en primaire.
L'effectif a varié selon les années de 28 à 36 élèves de CM2 ou de CM1/CM2 (31-32 étant la norme).
Vous semblez bien amer et bien dubitatif, cher collègue...
"Vous semblez bien amer et bien dubitatif, cher collègue..."
J'ai eu 37 ans pour le devenir. Pour autant, je me suis battu jusqu'au bout, jusqu'au dernier jour. J'ai fait comme avec telle ou tel élève "dans le négatif", à qui je disais toujours, en souvenir de ce c... de prof (oui, Nestor, il y en a) qui avait dit à mon fils au bout d'un mois qu'il n'y arriverait pas :
- J'attendrai le 29 juin pour dire que tu es nul. Et d'ailleurs, je ne le dirai pas.
Cher Alain Provist, cher PMB, chers toutes et tous. Angélique! Utopique! Comme les Finlandais qui se passent de notes ente six et quinze ans. Commençons par là ce ne serait pas si mal. Désolé PMB, je n'ai pas le souvenir d'une lettre de votre part. Soyez assuré que je vous aurais répondu. Je demeure à votre disposition. J'évite en général d'entrer dans des polémiques du genre "j'en ai marre d'être discrédité par des gens comme vous" (comment suis-je donc?).
Une seule précision: j'ai travaillé pendant quinze ans, comme parent (oui, des parents peuvent travailler dans une école) puis comme enseignant dans la même école PUBLIQUE qui se passait et continue de se passer fort bien de notes, mais évidemment pas d'évaluation, qui pratique au contraire une évaluation bien plus attentive, fine et "formative". Les enfants vont bien. Merci.
Amicalement. N.
"Désolé PMB, je n'ai pas le souvenir d'une lettre de votre part. Soyez assuré que je vous aurais répondu. Je demeure à votre disposition."
Et moi je sais très bien l'avoir envoyée. Donc, je ne me rendrai pas à votre disposition. La confiance, c'est comme les allumettes, ça ne marche qu'une fois.
Je me bornerai à dire que je suis prêt à vous croire un excellent enseignant, et que votre méthode porte de bons fruits. Souffrez seulement que ce ne soit pas la seule bonne, qui rendrait celles des autres mauvaises.
[edit] La mienne d'adresse, elle marche ;-)
Votre réponse confirme mon propos: je parle d'élèves de 15 ans à 20 ans (tranche brevet- CPGE) et vous d'enfants du primaire. Votre argument sur la notation me fait par ailleurs penser à ces propos de Freinet sur lesquels je suis tombé par hasard. Après avoir rejeté la pratique de la grammaire, il écrit au détour d'une phrase: "si vous voulez faire un peu de grammaire formelle, car il faut penser, aussi, nous le savons, aux inspections et aux examens". N'est-ce pas un peu la même chose pour la notation: considérer qu'elle n'est là que pour faire plaisir à l'instituition et aux familles. Je crois, pour ma part, que c'est un élément à part entière de l'éducation (intellectuelle et civique) et je ne passe vraiment pas pour un bourreau puisque mes copies ont plus de phrases que de chiffres et de virgules.
Vous avez fait un passage dans l'éducation qui vous donne le droit respectable de faire des propositions intéressantes sur le système. Je suis moi-même dans l'éducation nationale depuis trente ans et mon enthousiasme est toujours intact. J'essaie modestement de faire avancer les choses à mon niveau en prenant toujours le parti du réalisme, du bon sens et de l'optimisme.
Cher PMB,
Vous parlez de "méthodes nouvelles", de "matériel", je ne dis rien de tout cela.
Je parle de bon sens, d'intérêt aux élèves, de faire l'effort de savoir où ils en sont avant votre intervention, où ils en sont après, d'arriver à expliciter votre ou vos disciplines à des niveaux de langage et de compréhension variables selon l'enfant en face, de la ou les lui faire aimer.
"Méthodes nouvelles" ? Pas de vrai besoin en primaire (qui ne vous intéresse apparemment pas), à une condition peut-être : produire un travail personnel suffisant pour ne pas imposer de manuels dans certaines matières (beaucoup issus de la course entre éditeurs ne valent pas grand-chose et sont souvent inadaptés à un enseignement plus individualisé).
"Matériel" ? Faites-le ! Faites-y participer vos élèves !
Dispenser seulement du savoir ? Bigre ! Nous ne sommes pas là (que) pour ça.
Tout s'apprend, même à penser et à tout âge.
Lien pour lien (merci pour le vôtre), je vous propose :
http://www.e-monsite.com/loridomi/rubrique-1115348.html
J'ai eu d'excellents professeurs, qui auraient été capables, enfermés avec une rame de papier, des crayons et leur esprit clair, d'écrire un cours pour un niveau donné dans leur discipline.
Le corps enseignant manque parfois d'humilité et de lucidité sur ses propres actions.
S'il est nostalgique d'un respect perdu, la société y est pour beaucoup, mais pas seulement...
Cg13 me dit :
« Vous parlez de "méthodes nouvelles", de "matériel", je ne dis rien de tout cela ».
- Bien sûr que non, puisque c’est moi le dis.
« Je parle de bon sens, d'intérêt aux élèves, de faire l'effort de savoir où ils en sont avant votre intervention, où ils en sont après, d'arriver à expliciter votre ou vos disciplines à des niveaux de langage et de compréhension variables selon l'enfant en face, de la ou les lui faire aimer. »
- Accord total avec ça. Le hic c’est que pour expliciter (on peut se contenter d’expliquer) il y faut un temps qu’on ne nous donne plus.
"Méthodes nouvelles" ? Pas de vrai besoin en primaire (qui ne vous intéresse apparemment pas) »
- Ne tordez pas encore mes mots. Au minimum, ne vous fiez pas aux apparences : je ne parle pas du primaire pour la seule et unique raison que je n’y ai jamais enseigné. Je vous accorde que ne parler que de ce qu’on connaît est chose rare, notamment sur le net. Mais 1/j’aime ce qui est rare, 2/ parmi mes nombreux défauts surnage une qualité : j’ai le sens du ridicule.
« à une condition peut-être : produire un travail personnel suffisant pour ne pas imposer de manuels dans certaines matières »
En ce qui me concerne, mauvaise pioche : j’utilisais très peu les manuels, et mon ordi déborde de fiches, de textes, de leçons, d’exercices, de jeux avec les mots, tout ça fait par Bibi avec ses petites mimines et ses petits neurones. Si vous êtes curieux de ce que font les autres, si vous avez envie d’enrichir votre trousse à outils, vous pouvez m’écrire, je vous en enverrai en doc joint.
"Matériel" ? Faites-le ! Faites-y participer vos élèves !
- OK, ils vont pouvoir acheter des ordis, écarter les murs de la classe, changer les bureaux nazes, et doubler cloisons, portes, et fenêtres. Chaque fois que je passais à mes élèves de la musique ou une chanson, je me faisais arrêter par les collègues que cela dérangeait (et réellement) dans leurs cours.
« Dispenser seulement du savoir ? Bigre ! Nous ne sommes pas là (que) pour ça. »
- Ça fait trente sept ans que je le sais et l’applique.
« Tout s'apprend, même à penser et à tout âge » (et) « Le corps enseignant manque parfois d'humilité et de lucidité sur ses propres actions. »
- Je comprends vite mais il faut m’expliquer longtemps. Je réalise enfin que c’est de moi qu’on parle, entre autres. Merci de la leçon, je vais essayez de suivre vos conseils et apprendre, à mon âge hélas avancé, à faire « preuve d’humilité et de lucidité ». Avec votre bon exemple, nul doute que j’y parviendrai.
« S'il est nostalgique d'un respect perdu, la société y est pour beaucoup, mais pas seulement... »
- Merci de me faire sentir que je suis coupable de ce qui m’arrive. Vous êtes comme mon dernier directeur, un grand lâche devant parents et élèves qui n’avait de sévérité que pour ses profs, que certains jeunes il terrorisait. Quand j’allais le voir pour un problème dans la classe, il se bornait à me faire comprendre que c’était moi le problème. Inutile de vous dire qu’il me l’a fait une fois, deux, mais pas trois.
PS Je viens de relire mes réponses à vos posts (25/03.08 à 21h56, et 22h52). Elle sont exprimées sur un ton qu’on doit pouvoir qualifier de neutre (ou alors, prouvez-moi que non). La vôtre, celle à laquelle je réponds ici, je viens de prouver qu’elle est agressive et méprisante. Je suis fainéant (« faire l’effort », peu curieux (« qui apparemment ne vous intéresse pas », borné «produire un travail personnel » et passéiste («nostalgique d'un respect perdu »), Si vous continuez sur ce ton, je m’en tiendrai là avec vous. Non que je ne sache cingler, mias je n'ai pas de temps à perdre pour faire comme « sur les forums de profs (croyez-moi, les pires pour ce qui est de se f… dessus avec élégance – et pour ce qui est des batailles d’egos) »
PS Je me suis passé du "cher" devant Cg13 qui me donnait un Cher PMB pour le coup un rien hypocrite (ou ironique, va savoir ;-)
Cher monsieur,
Vous êtes manifestement le centre de votre propre monde et ramenez à votre personne les propos les plus généraux.
Je me suis adressé à vous, mais n'ai pas parlé de vous.
Vous me rappelez un ancien copain dont la susceptibilité était maladive.
Passant dans une réunion de cinquante personnes devant quelqu'un qui affirmait que le problème avec les gens susceptibles, c'est qu'ils prenaient toujours tout pour eux, il s'est arrêté l'air mauvais devant ce parfait inconnu en lui disant : "C'est pour moi que vous dites cela ?".
Par ailleurs, votre manque de respect des autres, de leurs idées et de leur existence même s'ils ne satisfont pas à vos attentes est patent.
J'exprime correctement des idées générales, et vous êtes très mauvais juge de votre "neutralité".
Arrêtez donc de vous en prendre aux personnes quand vous êtes à court d'arguments, merci d'avance, nous n'avons pas apparemment reçu la même éducation, dans tous les sens du terme, brisons-là donc.
Cg13, on va donc briser là, mais pas avant que j’aie dit ceci :
Vous écrivez :
« Cher monsieur, Vous êtes manifestement le centre de votre propre monde et ramenez à votre personne les propos les plus généraux. Je me suis adressé à vous, mais n'ai pas parlé de vous.
Après avoir écrit, ce qui a provoqué ma colère :
« Cher PMB, Vous parlez de "méthodes nouvelles", de "matériel", je ne dis rien de tout cela. »
- Si ce n’est pas moi, PMB, qui parle, qui serait ce « vous » ?
« Je parle de bon sens, d'intérêt aux élèves, de faire l'effort de savoir où ils en sont avant votre intervention, où ils en sont après, d'arriver à expliciter votre ou vos disciplines… »
- Vous enchaînez sur une autre idée dans le paragraphe suivant… mais en gardant la même deuxième personne, passant de « vous » à « votre », « vos ». Et je n’aurais pas dû me sentir visé ?
"Méthodes nouvelles" ? Pas de vrai besoin en primaire (qui ne vous intéresse apparemment pas). »
- Encore un « vous » qui ne me vise pas ? Et il aurait fallu que je ne prenne pas la suite pour moi, ou toute personne agissant comme moi ? Ben mon colon… Pour mon « manque d’arguments », on laissera nos lecteurs juges. Quant à mon « manque de respect des autres, de leurs idées et de leur existence même s'ils ne satisfont pas à vos attentes », je vais vous retourner le compliment. Et là aussi, faire juges les gens qui me lisent ici ou sur les blogues (j’ai beaucoup de défauts, trop même à mon goût ; mais là, désolé, même après réflexion, ce n’est pas moi). Et vous inviter à lire et relire le beau post, tolérant, lui, de Lidenbrock.
Sur la note « point-virgule », Pysché avait taclé sèchement Léo Solo et autres riverains de Rue89. J’avais réagi avec un chouia d’acidité. Il l’avait d’abord mal pris… puis après réflexion s’était excusé, sous les applaudissements attendris de la foule ! La classe !
Susceptible, moi ? C’est vrai ; disons alors qu’on est deux ;-)
L'accumulation permanente des sophismes les plus divers ne fait illusion qu'aux ignorants : je ne suis pas du nombre, et d'autres non plus apparemment.
Nul besoin d'avoir lu Aristote, Schopenhauer ou Baillargeon pour en lister quelques dizaines dans vos propos.
Sacha Guitry écrivait sans vous connaître : "Le problème, c'est que les gens croient dire la vérité quand ils disent ce qu'ils pensent".
Je dis qu'on peut être passionné tout en restant rationnel et intellectuellement honnête.
Au pays des aveugles, les borgnes sont rois... mais sont mal vus.
Bonsoir.
Amen ;-)
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