Education: des moyens, des moyens! Et après?

Comment est-il possible qu'un gouvernement puisse envisager de réduire le personnel de l'Education nationale?

Alors que l'on ne cesse de déplorer la situation dans de nombreux établissements, au point que l'on ne recule nullement devant l'idée d'y introduire la police pour rétablir l'ordre.

Alors que l'on ne cesse de jeter au visage des enseignants la multitude des jeunes quittant l'école sans qualification, les 10 à 20 % d'élèves entrant en sixième sans une maîtrise suffisante de la lecture. Comment cela est-il possible?

Evidemment, la bataille va maintenant s'engager. Après les vacances. Les syndicats, déjà, fourbissent leurs armes et le ministère affine sa stratégie. Et la dispute ira son train, comme d'habitude... sur les "moyens". Ce qui laissera entendre au commun des citoyen(ne)s cette chose fort simple: avec plus de moyens, bref, plus de sous, les problèmes de l'école se régleraient sans coup férir.

Ainsi, par exemple, si l'on réduisait significativement le nombre d'élèves par classe, on réduirait du même coup l'échec scolaire. Ce qui est faux, quoi qu'en disent ou quoi que l'on fasse dire aux statistiques réunies par Thomas Piketty (lire Le Monde du 21 février 2006). La question est beaucoup trop complexe pour qu'on puisse la réduire à une affirmation simpliste (on peut voir sur ce point l'excellente discussion sur le rapport de Piketty par François-Régis Guillaume de l'Observatoire des zones prioritaires: www.association-ozp.net/).

Et pendant ce temps, pendant que l'on se chamaillera sur les "moyens" et le nombre d'élèves par classe, on évitera la complexité, justement, des problèmes qui se posent. Ainsi, par exemple, évitera-t-on de se demander si l'important, plutôt que la question des effectifs à quelques unités près, ne serait pas la mise en place d'une organisation pédagogique qui permette de prendre effectivement en charge l'hétérogénéité de la population scolaire.

Ce qui donnerait à réfléchir non pas au nombre idéal d'élèves par classe (ce qui est insensé: quels élèves? Avec quels objectifs?) mais bien plutôt à l'abolition de la "structure classe", devenue obsolète depuis longtemps déjà et à son remplacement par une organisation pédagogique fondée sur les "besoins" des enfants, de ces enfants-là.

Ce que l'on sait faire pour peu que l'on veuille le faire. Comme savent le faire ces enseignants du lycée professionnel Turgot de Roubaix qui, avec leurs élèves, réalisent un projet consistant à installer des panneaux photovoltaïques dans un village reculé du Mali (Le Monde de l'éducation, avril 2007).

Ou ces enseignants du lycée Louis-Vicat de Souillac (Lot) dont les élèves créent une "entreprise" pour, à l'aide d'un matériel très perfectionné, établir des diagnostics d'isolement des bâtiments et bâtisses de la région.

Ou ces écoles quelque peu "différentes" au sein même de l'Education nationale qui, se référant à Freinet, à Decroly ou a Korczak, mènent à bien des "projets" de lecture et d'écriture, scientifiques et artistiques, grâce auxquels les élèves savent chaque jour mieux lire, mieux écrire, mieux réfléchir, mieux créer.

Tout cela, cette pratique pédagogique "active" qui, parce qu'elle prend en compte la diversité, l'hétérogénéité sociale et culturelle des enfants, est seule en mesure de réduire l'inégalité, tout cela, une fois encore, sera éludé. On discutera, on fera peut-être un peu la grève... pour les "moyens". Et quand la manif sera terminée, chacun(e) se retrouvera dans sa classe.

Avec, peut-être, un "effectif" un peu moins lourd, si la "mobilisation" a été convenable. Quant au reste, il demeurera. Le reste, c'est-à-dire l'échec scolaire dans les zones de pauvreté, la violence exacerbée par les intégrismes de toutes sortes, l'inégalité, bien sûr, jusqu'à la prochaine manif, à moins que...


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Courageux anonyme
17H55 02/07/2007

Bravo pour cet article! La pédagogie active et par projet permet vraiment de sortir pas mal d'élèves de leur torpeur!!

Cet article touche le fond du problème

Une enseignate militante.

 
Courageux anonyme
23H18 02/07/2007

Il ne me semble pas que l'on puisse séparer les moyens d'un enseignement adapté aux difficultés d'aujourd'hui, et notamment dans le cadre d'élèves et de zones urbaines difficiles, des projets pédagogiques. D'ailleurs, est-il possible d'envisager un nombre élevé d'élèves en difficulté dans une même classe ? Si ce n'est pas le cas, il va de soi que le nombre d'enseignants (il y a sans doute aussi la formation des maîtres) doit prendre en considération cette exigence. J'ai bien peur que la baisse des enseignants ira de paire avec ce qui semble se mettre en place : la sélection et l'exclusion d'un savoir-penser, d'un savoir-vivre avec les autres et d'un savoir juger.

 
Courageux anonyme
00H55 03/07/2007

La baisse de personnels prévue pour raisons essentiellement budgétaires témoigne bien d'une méconnaissance du problème, voire d'une négligence. Dans le meilleur des cas. D'une inconscience certainement.

Thomas GREDAT

 
18H08 02/07/2007

Il ne faut quand même pas oublier que supprimer des postes revient à faire des économies de moyens.

Et que mettre en place des pédagogies dites actives avec moins de personnel semble un peu difficile.

A part ça, je suis d'accord avec vous.

 
18H58 02/07/2007

L'article serait interessant si le risque etait nul et n'engageait pas l'avenir d'une maniere si immediate et inquietante.

Que moins d'eleve par classe soit la panancee nul ne le croit pas plus que l'inverse d'ailleurs.

Le choix est que privilegie t on ? actuellement la repression est privilegiee pas de diminution de moyen . Question en augumentant le nombre de policiers diminue t on la delinquance ? ben non quasiment tous les pays fondateurs de l'europe ont le meme chiffre pour un nombre et des types semblalble de delinquance . Sachant que la France est celle qui a le plus de policier par habitant ou peu s'en faut.

Raisonnement hautement pedagogique de notre ministre "Aujourd'hui dans les lycées et collèges, il y a un professeur pour 11,3 élèves et si nous en retirions 10.000 nous aurions un professeur pour 11,5 élèves"

Ou seront les suppressions : dans les colleges et lycee (pas dans le primaire ni en Universite). Et pourtant les problemes les plus graves se trouvent dans le secondaire et plus precisement dans les colleges.

Les enseignants n'etant pas tous dans les 10 000 supressions on peu s'attendre a ce que le personnnel de surveillance soit concernes.

Compenser avec de la "pedagogie active" est un leurre dangereux. Ces actions dependent de personnes et sont difficlement reproductible. On en a eu la preuve avec Freynet et Dolto la reproduction a provoque des catastrophes pedagogiques car si la connaissance et la capacite a enseigner sont necessaire la qualite de l'enseignement depend de la personnalite de l'enseignant et de sa manniere de se positionner si la methode Freynet par exemple etait reproductible efficacement cela se saurait.

Si l'idee de tarvailler sur la pedagogie est interessante ne donnons pas des batons pour se faire battre. Les etablissement du secpondaire ne sont plus de taille humaine et en particulier ceux des zones "defavorises". Le rapport eleves personnel d'encadrement est insuffisant voyez dans les cours de colleges de lycee et aux abords.

Dire que le rapport eleve professeur est de 11,3 est une imposture car les professeurs ne sont pas tous present en meme temps et loin de là. Vous en connaissez beaucoup vous des classes de 12? S'appuyer la dessus pour promouvoir une pedagogie utopique est criminel aujourd'hui.

 
Philippe Tixier | Citoyen
20H35 02/07/2007

Attention
absolument d accord avec l'article, mais il ne faut pas faire que des projet ça ne fonctionne pas la méthode à mimil n'existe pas nous sommes condamnés ! à faire de la haute couture, une solution est la diversité, et savoir ce qu on veut développer comme savoir, savoir faire et savoir être chez nos jeunes citoyens, cela est éminament politique, par exemple aujourd hui il semble que l'important est qu'un "jeune" ne porte pas de casquette à l'intérieur d'une école et se lève quand l'enseignant se présente en classe !
Voilà discutons de cela !

philippe tixier

 
Courageux anonyme
20H36 02/07/2007

Oui, mais....
Je me souviens d'une époque où au lieu d'avoir les élèves de premières et de terminale deux heures par semaine en langue vivante , je leur dispensais trois heures par semaine et leur niveau était bien supérieur... Avec du temps en plus , nous travaillons mieux. Les effectifs de classes en langue vivante: dans le meilleur des cas 24 élèves, dans l'Académie de Créteil, ailleurs, il paraît que c'est 20 élèves... Comment vérifier et pourquoi ce décalage? Dans d'autres pays européens sur lesquels on ne s'aligne que pour le pire, les cours de langue se font à moins de quinze... Oui des moyens parce vus nos salaires, je ne vois pas l'intérêt de se couper en quatre pédagogiquement, et de multiplier les heures de préparation à la maison!

 
Courageux anonyme
21H14 02/07/2007

A l'heure où notre conseillère d'éducation nous reproche d'avoir mis à la porte de nos cours 15 élèves par une journée chaude du mois de juin ( record absolu de l'année ), je me dis bêtement que cela fait 585 élèves qui acceptaient dont tacitement d'essayer d'apprendre quelque chose par les voies classiques d'un cours actif ou moins actif selon la personnalité du professeur du moment et que en termes de statistiques ce n'était pas si mal... Marre de me mettre en quatre des soirées entières,de me ronger les sangs des nuits entières, de passer de longues réunions à trouver des solutions pour 15 gosses à qui il manque un père, une mère, les deux parfois et qui ne respectent plus personne ni les profs, ni leurs camarades ni eux-même . Marre de s'entendre dire que c'est notre faute, comme si on n' avait pas tout essayé avec notre foi de pédagogue. Une prof un peu vieille qui n'a pas voté Sarkozy et qui fait mettre les élèves debout à côté de leur table avant de commencer à travailler.

 
Nestor Romero | Ancien enseignant
23H34 02/07/2007

On a tout essayé, en effet, après ces nuits blanches à se demander comment faire, que faire de ce gamin capable à lui seul de bouleverser une classe. On a tout essayé... seul(e) dans sa classe.Il n'est pas une expérience durable de pédagogie quelque peu "active" qui n'en soit venue à faire éclater la classe au profit de groupes "matière" se formant et se dissolvant en fonction des besoins constatés (évalués) des enfants. Et qui n'en soit venue au travail collectif des enseignants (qui n'a rien à voir avec l'insipide "concertation").Alors, pourquoi ne fait-on toujours pas ce que l'on sait que l'on devrait faire? Pourquoi demeure-t-on seul(e), toujours seul(e) dans sa classe?

 
Courageux anonyme
17H44 04/07/2007

Tout à fait d'accord !!! Le problème est uniquement là : mettre et conserver 4ans en collège des enfants dont on n'a pas réglé d'abord les problèmes familiaux .... et on se torture à changer les méthodes pour les 5%. Il faut uniquement des moyens pour ceux-là avant le collège et les gérer à part ( autres méthodes radicalement différentes ) dans le collège; Ensuite, créer des structures intermédiaires entre les SEGPA et le collège , il est vain de laisser pourrir dans des classes, des elèves qui ont des difficultés à comprendre et à travailler . je suis prof d'Arts Plastiques donc je les vois grandir pendant quatre ans et , toujours ,les élèves "paumés"( pour différentes raisons ) dès la sixième dégénèrent en 4eme /troisième : les moyens ce peut -être des espaces de parole 'encadrés discr^^etement ^par de vrais psys, des scéances de yoga etc ....Les municipalités pourraient engager ces intervenants ....

 
21H37 02/07/2007

merci pour ces témoignages
merci rue 89 de permettre cette communication si vivante et enrichissante

 
Courageux anonyme
22H50 02/07/2007

Avant toute chose : arrêter de vouloir que l'élève s'adapte au rythme scolaire et non l'inverse. Refuser d'admettre que c'est une erreur, c'est maintenir un système qui crée des exclus tout en se voulant le même pour tous. Il y a des élèves qui arrivent à suivre, d'autres non. Ce qu'on n'a pas le courage de dire, de peur de la réaction de certains parents ("Comment ? Mon enfant est nul en classe ?"). Alors que ce n'est pas parce qu'un élève a du mal avec ce qu'on lui propose qu'il est "nul".
J'ai moi-même été enseignant (non-titulaire) en zones sensibles. J'ai suivi cette année une formation pour devenir formateur pour adultes. Cette formation était beaucoup centrée sur la pédagogie. J'y ai appris une chose que l'on ne m'avait pas apprise aux concours de l'enseignement : s'interroger sur ce que nous sommes en tant que pédagogue, et sur les gens que nous avons en face de nous. S'interroger sur les erreurs que nous pouvons commettre, du fait de notre personnalité, de notre histoire. Penser d'abord à notre public avant de penser au programme. Partir de ce que l'élève sait, au lieu de lui fixer un objectif matérialisé par une "moyenne" déterminée on ne sait comment.
Et en finir avec les cours magistraux. Freinet sut éveiller la curiosité et le désir d'apprendre de ses élèves en les faisant travailler sur ce qu'ils connaissaient, sur ce qu'ils aimaient. Sur leur quotidien. Il les respectait et savait s'intéresser à eux... et à ce qui les intéressait. Il n'y avait pas ce qui est important (le savoir scolaire) et ce qui est futile (le reste). Tout savoir est important.
A cet égard, l'une des plaies de l'enseignement secondaire en France est le mépris dont font encore l'objet les filières non-classiques: bac pro, bacs technologiques. Le "must" demeure les filières générales, le bac S restant, quoi qu'on veuille bien prétendre, la voie royale.
En bref : il faut arrêter de rechercher l'excellence, et s'intéresser d'abord aux élèves. Mettre le savoir à leur portée, au lieu de leur faire sentir qu'ils n'en sont pas dignes.
Après, on s'étonnera que certains foutent le feu à des bagnoles. Si tout ce qu'on a à leur proposer, c'est de les nettoyer au Karcher...
"La valeur d'un enseignement supérieur, c'est d'entraîner le cerveau à penser". Ces mots sont d'un cancre célèbre : Albert Einstein.

Thomas GREDAT
Professeur de cours particuliers, et futur formateur pour adultes

 
01H34 20/07/2007

merci de cette réflexion.

Pourquoi nos enfants devraient-ils apprendre un programme ultra lourd où la réflexion et l'analyse n'a pas sa place ? ( manque de temps ou démotivation ? )
Développons l'esprit critique et la curiosité de nos petits citoyens. Soyons à l'écoute de leurs idées, elles souvent très intelligentes, et arrêtons de penser que l'adulte qui a le "savoir" n'a de leçons a recevoir.
L'échange et l'interêt que nous portons aux enfants est primordial pour leur évolution.
Et quelle soit intellectuelle ou manuelle , ON s'en FOUT !!!! pourvu qu'ils se sentent bien et reconnus !!!!

 
Courageux anonyme
06H14 03/07/2007

Je suis tout à fait d'accord avec Sinclair.Qu'est-ce qu'un élève en "difficulté"?C'est très souvent un enfant en rupture avec le collectif et les origines de cette rupture sont tellement diverses qu'il ne peut y avoir une seule réponse.On a fait croire pendant des années qu'il y avait des réponses pédagogiques à tous les problèmes,et bien NON ! J'ai beau me décarcasser rendre "attrayants" mes cours, mais que répondre à cette enfant de 6 ans qui s'endort sur sa table en me disant "je suis si fatiguée" sa mère vit seule avec trois enfants et c'est la petite qui s'occupe des 2 autres (faire à manger, ménage etc...)La mère n'est pas un monstre elle travaille tout simplement...Mon devoir de réserve m'empêche de décrire tous les cas "d'échec" mais j'ai une pensée profonde pour les collègues du secondaire qui en plus doivent gérer la crise d'adolescence.
Le fonctionnement du collège ne correspond plus au profil des enfants d'aujourd'hui.

 
toktomi | , les "abderhamane, martin, david" . . .
06H47 03/07/2007

mparait basic qu un prof dispo et pa là pour boufffer dans une classe de 20 garnement pas là pour fuir la cité ça doit etre + efficace que l inverse.de là à inventer un autre mode d enseignement avec le meme budget.why not , les profs serait ils d accord (hum hum,suivez mon regard)?entre le bien au chaud dans paris 16 et l autre déguisé en garde chiourme
dans la banlieue ,ya du grand écart.
un peu de gymnastik intellectuelle les conseillers et otres zélus (meme shadow park),ya bzoin d enseignement à la carte.

 
Courageux anonyme
09H30 03/07/2007

Encore un article de bel esprit qui ignore quels sont tous les dispositifs qu'il appelle de ses voeux et qui existent déjà !

PPRE
ATP
IDD
Tutorat
aide aux devoirs
etc

Les gosses ne sont pas des matières premières on fait avec eux le mieux possible, mais ils ne sont pas des produits transformables à 100%.

Et on a fermé combien de structures adaptées aux publics en difficulté pour faire des économies ?

Quand à la question des moyen, si vous êtes capables de vous représenter ce que signifie de conserver l'attention d'un groupe d'enfants ou d'adolescents pendant plusieurs heures, vous pouvez aussi vous représenter l'influence de leur nombre sur la concentration du groupe.

 
14H22 03/07/2007

Parlons politique, puisque c'est de cela qu'il s'agit. Notre politique éducation,si elle concerne le plus grand nombre, reste le domaine d'expert. Le commentaire précédent le prouve avec ses sigles (ATP, PPRE, ) par forcement clairs pour tout le monde.

La politique actuelle et les média qui la diffusent n'y trouveraient pas leurs comptes : aucun effet d'annonce, difficulté d'explication, pas d'empathie... Enfin, rien de ce qui fait un bon sujet politique actuel, rappelons nous d'ailleurs le débat sur la méthode globale. Les enjeux n'ont pas toujours bien été compris, certains profs mit au piloris sans autre forme de jugement, etc. Comme d'habitude, ces reformes se feront sans bruit dans un bureau et si quiconque en parle cela sera peu relayé... La démocratie, même d'opinion, ne se fera pas et c'est dommage car les choix éducatifs restent primordiaux.

Dernière chose sur les moyen, un étudiant coûte moins chère q'un lycéens ou qu'un retraité, quel est donc l'intérêt de former jusqu'au bac des personnes auquel , pour des raisons d'argent, on ne donnera pas de débouchés et, donc, d'avenir.

 
Courageux anonyme
21H57 03/07/2007

L'illusion de la culture
...la réalité de la facture !
Les charlatans de l'orthographe
vous doivent beaucoup d'argent

Le mouvement ORTOGRAF a démasqué pour vous deux sortes de charlatans:

1°) ceux qui défendent l'orthographe avec les faux arguments bien connus: "l'étymologie", le "patrimoine", la "nécessaire différenciation des homonymes".

Le bagage qu'ils nous imposent, c'est l'illusion de la culture: une culture qui consiste à écrire ce qui ne se prononce pas et à prononcer ce qui ne s'écrit pas !

2°) de leur côté, les charlatans du deuxième groupe montrent une "ferme détermination" , gage d'un "combat sans faille" contre les inégalités sociales, l'illettrisme etc.

Inefficacité garantie d'avance. En effet, si on a mis en place l'orthographe vers 1640, c'est justement pour empêcher les gens ordinaires d'accéder à la lecture et à l'écriture, autrement dit pour provoquer l'échec scolaire, les inégalités, l'exclusion sociale !

Ces charlatans du deuxième groupe sont bien décidés à y "mettre les moyens". Ils vous garantissent sans broncher qu'ils vont remplir un tonneau sans fond. Ils le feront avec l'argent du contribuable.

Ce qu'ils vous cachent derrière leurs belles promesses, c'est la réalité de la facture:
les dégâts de la pseudo-science dépassent très largement 30 000 euros par Français.

Justification de cette somme:

Le coût scolaire total de la formation d'un bachelier, du cours préparatoire à la sortie du lycée, est de l'ordre de 100 000 euros.

Sur les treize années de scolarité correspondant à cet investissement, l'équivalent de trois années scolaires à temps plein est consacré aux difficultés de notre orthographe.

Cette estimation n'est pas exagérée. Par exemple, avec une orthographe phonétique, la tristement célèbre « méthode globale » est totalement inconnue, et les enfants sont autonomes pour lire et pour écrire au bout de quelques mois.

Toujours dans le même sens, la majeure partie de notre "grammaire" sert à gérer des lettres qui ne se prononcent pas.

Voir enfin toute la gesticulation impuissante manifestée autour de l'échec scolaire.

Une règle de trois vous donne alors pour ces trois années scolaires consacrées aux difficultés de notre orthographe un investissement supérieur à 20 000 euros.

Dans cette somme, déduisez ce qui ne correspond pas à l'enseignement de l'orthographe proprement dit (exemples: transports scolaires, entretien des locaux, etc.), mais ajoutez-y le temps perdu.

Ajoutez-y encore le travail de l'élève, quand ce n'est pas également le désespoir de ses parents.

Ajoutez encore la culture non acquise, les compérences non acquises, le chômage qui en résulte, etc.:

Un dédommagement de 30 000 euros serait déjà loin de couvrir le préjudice subi.

... Et il faudrait prendre en compte également la régression de la francophonie, et les autres dégâts indirects de l'orthographe. Voir par exemple le coût occasionné au total par la délinquance de fin 2005.

En fait, le déclin relatif de la France en Europe était inéluctable à partir du moment où l'on a compliqué l'orthographe.

Avec l'échec scolaire, l'insécurité, la nouvelle pauvreté, la régression sociale, le chômage des jeunes, etc; il nous faudra décidément boire jusqu'à la lie ce poison concocté par une clique d'intellectuels voyous de l'époque de Richelieu.

La qualité de l'investissement éducatif, et également la qualité de l'outil linguistique, sont décidément primordiales pour le rayonnement d'une culture.

"L'orthographe est un cancer qui détruit notre langue et notre avenir dans le monde" ( Joseph Maire ; Dijon; tél: 03 80 47 00 24 )

La réforme proposée par le mouvement ORTOGRAF ne présente que des avantages à toutes les étapes de sa mise en application.

ORTOGRAF, F-25500-MONTLEBON louis.rougnon-glasson@laposte.net
tél: + (33)(0)3 81 67 43 64 sites: 1°) http://www.alfograf.net 2°) http://ortograf.fr

page 127 - 2007-06

 
23H29 03/07/2007

"Aujourd'hui dans les lycées et collèges, il y a un professeur pour 11,3 élèves et si nous en retirions 10.000 nous aurions un professeur pour 11,5 élèves" nous dit M. Darcos.

Mais 1 : comment cette moyenne – qui paraît si basse et si éloignée des réalités - est-elle calculée ? Par exemple : compte-t-on comme « enseignants » les personnels qui n’ont pas de classe de part leur fonction (les conseillers d’éducation, les documentalistes par exemple) ? Je n’ai pas trouvé de réponse à cette question : quelqu’un ici l’aurait-il ?

Mais 2 : la moyenne d’une série statistique n’est qu’un indicateur « rudimentaire » qui « ne renseigne qu’imparfaitement sur les conditions d’enseignement » comme le dit lui-même et si bien le site du ministère :

« Les élèves des établissements scolaires du second degré bénéficient en France de conditions d’encadrement plutôt supérieures à celles des pays comparables. Le rapport global du nombre d’élèves au nombre d’enseignants s’établit actuellement à 12,1 en France ; il a eu tendance à diminuer avec le mouvement de baisse, d’origine démographique, des effectifs accueillis en collèges et lycées. Cet indicateur ne constitue toutefois qu’une approche rudimentaire des conditions réelles d’accueil des élèves, traditionnellement appréciées dans le second degré par le nombre moyen d’élèves par division (E/D). (…) Mais cette information ne renseigne qu’imparfaitement sur les conditions réelles d’enseignement, dans la mesure où environ un tiers de l’ensemble des heures d’enseignement sont aujourd’hui effectuées en groupe et non en division entière : un peu moins de 20% dans les collèges publics, et près de la moitié en lycées, y compris dans les classes post-baccalauréat. L’indicateur E/S du « nombre moyen d’élèves dont un enseignant a la charge dans sa classe en moyenne pendant une heure » prend en compte tous les enseignements, dispensés en division ou en groupe : en 2005, il est égal à 21 élèves sur l’ensemble du second degré public, 22,7 en collège, 16,1 en lycée professionnel et 22,9 en second cycle général ou technologique. Ces valeurs sont sensiblement inférieures à la taille des divisions, surtout dans les lycées, et en particulier dans l’enseignement professionnel où près de 20 % des heures sont assurées devant des groupes de 10 élèves ou moins. » (L’état de l’École n° 16 [édition 2006] sur le site http://media.education.gouv.fr)

Bref : la donnée de chiffres statistiques par nos hommes politiques est trop souvent assénée en argument d’autorité que les journalistes ne contestent pas assez à mon goût. Car comme chacun le sait : on peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres statistiques…

 
Courageux anonyme
13H49 04/07/2007

Article à côté de la plaque.
Je suis enseignant (PE). Et pour avoir enseigné dans des classes parfois chargées, parfois allégées, je peux vous certifier que la question des effectifs a une ENORME influence, en particulier en ce qui concerne les élèves en grande difficulté. Le maître peut trouver le temps (avec des effectifs allégés) de s'occuper individuellement des élèves "largués", ce qui est de nature à les remotiver. Vérifié avec des élèves de ZEP.

Alors maintenant, ma remarque.
Sans doute y aura-t-il des grèves.
Peut-être même vais-je y participer. (On verra.)
Mais il est évident que ce n'est pas aux enseignants de faire grève face aux classes surchargées.
Car ceux qui vont en souffrir, ce ne sont pas les enseignants : ce sont les élèves (et particulièrement les élèves en difficulté).

Remettons les choses à leur place.

 
Courageux anonyme
17H53 04/07/2007

Sage parole d'un enseignant qui sait où est sa priorité : ses élèves.
Monsieur, permettez-moi de vous témoigner mon respect.

Thomas GREDAT

 
Garp | citoyen d'en bas
16H39 04/07/2007

Intéressante votre approche des problèmes de l'éducation , mais :
en septembre prochain ( dans deux mois ) mes enfants seront entassés à 30 ou 35 par classe et avant de mettre en place un autre enseignement, je veux bien qu'on réponde à la question urgente de la prochaine rentrée !

Pour répondre à la question sur les choix du gouvernement, ils sont malheureusement assez clairs : quand le service public de l'éducation nationale ne fonctionnera plus du tout, il sera facile de privatiser ... ( cf. Cahiers de l'OCDE, adresse sur le site de D. Mermet)

 
Nestor Romero | Ancien enseignant
22H43 04/07/2007

Voici bientôt quarante ans que l'on me parle de l'urgence de la prochaine rentrée. A juste titre. Mais cette urgence ne devrait pas occulter le problème: la structure actuelle par classes d'âge, ce que j'ai appelé "le quatre quarts", une classe, un professeur, une heure, une matière, non seulement favorise la ségrégation et l'échec scolaires mais la produit. Il n'est pas incompatible de revendiquer des moyens pour faire face à l'urgence et de proposer, en même temps, une autre manière d'organisation pédagogique qui permette de réduire véritablement l'échec scolaire et, par là, l'inégalité sociale. Ce que tentent de faire bien des enseignants...épars, trop souvent. Question subsidiaire: qui a intérêt à parler de l'urgence et seulement de l'urgence? N.R. 

 
17H17 04/07/2007

Bravo pour cet article! Je pense en effet que les moyens ne sont pas le coeur de l'immense complexité des problèmes de l'Education Nationale.
Par contre, il y a un sujet dont personne ne parle qui me paraît être assez fondamental: le recrutement des professeurs du second degré. En effet, ceux-ci sont sélectionné par rapport à un savoir très poussé sur une matière précise sans tester leur motivation, leur capacité face à une classe, ainsi que leur connaissance des jeunes... ce qui me parait la base pour réussir dans ce métier, c'est-à-dire penser avant tout à la réussite et le bien être des élèves.

 
22H46 05/07/2007

Pa d'inquietude le recrutement n'est pas de saison on en est a degraisser le mamouth

 
Infovite | Plébéien.
19H45 04/07/2007

Mettre en place une nouvelle organisation pédagogique avec les moyens actuels,c'est se donner l'illusion de pouvoir réformer le système éducatif.
Quant aux propositions sérieuses pour les obtenir,il suffit de consulter réellement les enseignants qui tous les jours sont confrontés aux difficultés didactiques.
Au fait,avec moins d'enseignants,il y aura moins de propositions!

 
Courageux anonyme
05H37 05/07/2007

Je trouve admirable de lire les “prises de tête” de professionnels ou de parents sur la situation présente du service d'éducation.
Toutes ces considérations sur ce qu'il faudrait ou ce qu'on pourrait faire sont admirables mais irréalistes, comme dans un monde virtuel et idéal où la question primordiale serait "Que faire pour que ça aille mieux ?"
Or vous êtes les seuls à vous poser cette question légitime, dont toute la hiérarchie au-dessus des enseignants se moque éperdument. Dans les sphères européennes, au ministère, dans les académies, les inspections, les IUFM, la question essentielle est "Comment réduire les moyens publics", sans déclencher de réactions trop importantes, ni des syndicats souvent co-gestionnaires, ni des usagers consommateurs ?

Ancien enseignant spécialisé, militant des Enseignements Adaptés si mis à mal, et du Service Public, je témoigne du démantèlement lent et inexorable du système, ces 15 dernières années, pas brutalement, non : ç'aurait été trop voyant et aurait déclenché des mouvements revendicatifs ingérables ! Alors, année après année, pièce par pièce, heure par heure, poste par poste, n'engendrant qu'une grogne inoffensive, et surtout, en pervertissant les mots et les concepts...
Tout le traitement de la difficulté grave et persistante (comme on dit maintenant) a quasiment disparu du 1er degré grâce au principe "L'Ecole est son propre recours" ! (qu'elle se débrouille, donc !).
Quasiment tous les élèves de CM2 peuvent ensuite passer au collège, même sans avoir acquis les compétences de fin de cycle III (comme on dit maintenant), mais, ce sont "des collégiens comme les autres" alors, que le Collège se débrouille, lui aussi !
En Zone d'Education Prioritaire, toutes les heures affectées aux élèves en difficulté vont donc leur être consacrées, en vain, mais au détriment des élèves en difficultés plus légères, pour qui elles sont prévues, mais qui n'en bénéficieront pas et verront leurs difficultés s'aggraver... Ceci jusqu'en 3e où les consignes académiques sont un passage maximum en 2e, etc...
Au collège non ZEP, les difficultés sont les mêmes, mais tout a été réduit à la portion congrue, de l'encadrement aux horaires légaux, en passant par les services annexes psycho-médico-sociaux...
Citons aussi le passage du sigle AIS (Adaptation et Intégration Scolaire) à ASH (Adapatation et Scolarisation des Handicapés) qui est le signe de l'accueil d'un maximum de nouveaux élèves qui n'étaient pas scolarisés jusqu'ici (bravo !) mais sans aucune création de poste : par quel mystère ? quel tour de passe-passe ? Au détriment de qui ?...
Alors, à quoi rime la question "Des moyens ! des moyens ! et après ?"

Le problème n'est pas dans le choix de la méthode et je ne ferai pas l'affront de penser que les collègues en poste ne réfléchissent pas à ce qu'ils font et ne se creusent pas la tête pour réussir leur mission.
La question est plutôt de savoir si nous saurons trouver la volonté de ne pas accepter passivement le sabordage de notre système : battez-vous ! battons-nous ! pour que ce problème devienne celui du Ministre et celui de l'Europe, pour avoir la possibilité matérielle de mettre en pratique telle ou telle pédagogie et la liberté d'inventer telle ou telle solution aux problèmes posés.

Bon courage !
Emile P. GRUNDCHEVOCK

 
Courageux anonyme
07H06 01/09/2007

On doit bien les garder et si possible les distraire...c'est tout...la connaissance?inutile devant le pouvoir des medias...footballeur ou top model,voilà les rêves de chacun de nos élèves...intello est devenu une insulte...alors..un jour...dans 10000 ans....may be!!!!!