Magistral cours de pédagogie à l'attention des pédagogues

Un ouvrage important vient de paraître. Important pour tout enseignant, de la maternelle à l'université. Son titre : « Apprendre avec les pédagogies coopératives - Démarches et outils pour l'école » (ESF éditeur et le Café pédagogique).

L'auteur en est Sylvain Connac que Michel Tozzi (professeur émérite en sciences de l'éducation à Montpellier 3) présente ainsi :

''A la fois praticien de terrain, formateur et chercheur, [il est] avec son équipe de l'école A.-Balard à Montpellier, à la pointe de l'innovation : dix classes multi-âges (enfants du CP au CM2 dans la même classe) dans cet établissement de zone sensible, fonctionnant en pédagogie coopérative, au sein d'une véritable équipe de maîtres avec une culture de classe et d'école de tutorat, d'entraide, de médiation et même de discussion à visée philosophique.' »

Un livre utile à tout enseignant

Jaquette du livre de Sylvain Connac 'Apprendre avec les pédagogies coopératives' (DR).Ce livre est important parce qu'il contient tout ! Tout ce qui peut être utile à un enseignant soucieux de mettre en oeuvre une pédagogie active, dite ici pédagogie coopérative par référence à Célestin Freinet, mais aussi par opposition « à un monde où règnent une concurrence et une compétition acharnées ».

Je regretterai simplement à ce propos que Philippe Meirieu affirme en quatrième de couverture que la pédagogie coopérative « n'a rien à voir avec le spontanéisme libertaire ». Tout simplement parce qu'il est historiquement faux de caractériser la pédagogie libertaire par le spontanéisme. C'est exactement l'inverse que je reprocherais à ce courant pédagogique : sa rigidité, son moralisme, et parfois son puritanisme.

Spontanéistes Robin, Sébastien Faure, Léon Tolstoï, Francisco Ferrer Guardia et toutes les écoles créées pendant l'été et l'automne 1936 dans la Catalogne et l'Aragon libertaires ? Certainement pas. Peut-être faudrait-il simplement préciser de qui et de quoi l'on parle.

Mais revenons à ce livre important qui s'adresse bien sûr aux enseignants du primaire mais aussi, me semble-t-il, aux autres, ceux du secondaire et du supérieur car on ne voit pas comment ces derniers pourraient se désintéresser de la manière dont leurs futurs élèves sont « élevés ».

De la théorie à la pratique du « quoi de neuf ? »

On trouvera donc dans ces pages aussi bien les références théoriques et historiques nécessaires à toute pratique pédagogique que les descriptions détaillées de « créations mathématiques », ou des exemples de pictogrammes utilisés en « conseil coopératif » et jusqu'au script des délibérations de ce même conseil.

On s'instruit en outre de ce que sont les institutions d'une classe et d'une école coopératives, le « conseil » ou le « quoi de neuf ? », de l'état de la recherche en neurosciences et sciences cognitives pour ce qui concerne les différentes formes de mémoire, ce qui conduira l'auteur à affirmer que « la forme la plus appropriée [du travail scolaire] semble être le travail libre dans le silence, période de grande concentration ».

Et l'on comprend comment l'organisation d'une classe coopérative abolit l'espace traditionnel de la classe et, ainsi, institue un nouveau mode de vie dans le groupe et dans l'école.

Sans compter les fameux outils dont on prend connaissance à titre d'exemple car l'idéal serait que chaque enseignant puisse forger ses propres outils en fonction des conditions particulières dans lesquelles il se trouve.

Et tout le reste : l'évaluation par ceintures (Fernand Oury), le texte libre, l'apprentissage naturel de la lecture-écriture (Freinet) jusqu'aux passionnantes discussions à visée philosophique (Tozzy).

L'irréductible opposition du néoconservatisme

Le livre refermé sur un glossaire « coopératif » et une copieuse bibliographie, il vient à l'esprit qu'à défaut d'une « révolution coopérative » dans le secondaire également, ces enfants « actifs » jetés, dès la sixième, dans le mortifère « je parle, tu écoutes » n'éprouvent quelque désarroi.

Et pourtant l'on sait faire aussi dans le secondaire comme le montrent bien des expériences en France et ailleurs. On sait faire à une condition : que les enseignants acceptent de travailler collectivement.

Enfin on comprend mieux, le livre lu, l'irréductible opposition du néo-conservatisme à la moindre ébauche de pédagogie active.

Comment en effet contraindre de jeunes adultes qui auront vécu leur enfance et leur adolescence dans un contexte aussi socialement et culturellement riche, qui auront vécu quotidiennement non la compétition mais la coopération, comment les contraindre aux « impératifs de l'entreprise » ?

Comment les contraindre à ces tâches répétitives, insensées, aliénantes ? Comment les contraindre à une relation de domination eux qui auront vécu leur jeunesse dans une relation de solidarité ?

Et c'est en ce sens que tout pédagogue actif est, qu'il le veuille ou non, un militant politique, en cela qu'il agit quotidiennement, qu'il milite donc pour une société plus coopérative c'est-à-dire plus solidaire.

Et c'est en ce sens que tout enseignant qui s'en tient au sempiternel « je parle, tu écoutes » est, qu'il le veuille ou non, un militant politique qui milite quotidiennement au raffermissement d'une structure sociale de domination.

En tout cas, nul désormais ne pourra dire que l'on ne sait pas faire. Nul ne pourra dire qu'il n'est pas possible de construire une autre école. Le livre de Sylvain Connac démontre minutieusement le contraire.

42 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3

De Compte supprimé le 4 janvier 3

| 23H40 | 05/05/2009 | Permalien

Dommage que votre texte soit autant empreint d'idéologie extrême-gauchisante, c'est ridicule…

Vous semblez redécouvrir l'eau chaude, mais il y a des références beaucoup plus récentes dans ce domaine que Celestin Freinet, tout génial qu'il fût. Je vais parler de ce que je connais : l'enseignement des langues dans le primaire et le secondaire - les méthodes actives sont prônées depuis près de 40 ans par les programmes officiels de l'Education Nationale !

La résistance vient de certains enseignants eux-mêmes, qui ne connaissent et ne veulent connaître que le mortifère (effectivement) « je parle, tu écoutes », qui est la PLAIE des profs de langues : tout le monde dit aux gamins de se taire, et quand ils entrent chez nous on leur dit de parler ! Ils n'osent pas, souvent…

C'est un problème FRANCAIS, et ça n'a strictement rien à voir avec les républiques anarchistes espagnoles de 1936, ni avec le néo-conservatisme ! Comment mettre l'idéologie à toutes les sauces…

Cette pédagogie active est pratiquée depuis des lustres dans les autres pays développés, en particulier dans les pays anglo-saxons, où il serait IMPENSABLE d'attendre des élèves qu'ils écoutent pendant que le prof seul parle ! Ceci même au temps de Thatcher et de Reagan ! Le « je parle, tu écoutes » est un mal FRANCAIS contre lequel je me suis battue pendant toute ma carrière, par exemple en animant de nombreux stages officiels sur la méthode dite « heuristique ». Car tant qu'à remonter dans le passé pour chercher ses sources, autant remonter à Socrate…

Vous n'avez jamais fait d'échange linguistique, au cours de votre scolarité ? Dommage. Vous n'avez jamais accueilli d'élèves étrangers dans le lycée où vous étiez élève ? Dommage ! Vous auriez pu voir la stupéfaction peinte sur le visage des élèves britanniques, américains et allemands (entre autres) pendant une heure de cours par exemple d'histoire en France, où les gamins ne font QUE gratter à toute allure ! Dans les pays « civilisés », les élèves sont chargés de lire le chapitre du manuel correspondant à la question traitée auparavant, ceci est vérifié par un contrôle express et factuel en début d'heure, et le cours proprement dit consiste en des questions-réponses entre élèves dirigées par le professeur qui joue un rôle proche de celui d'un chef d'orchestre en les orientant savamment…

C'est comme ça qu'on apprend, pas en grattant bêtement.

Autre chose : quelle que soit la méthode et le génie du pédagogue, les horaires entrent en jeu, et les cours entre 16h et 18h sont du temps perdu parce que les gamins sont saturés.

Les élèves français sont ceux qui ont le plus d'heures de cours sur le moins de journées dans l'année : c'est un système qui marche sur la tête, mais auquel on ne peut pas toucher sous peine de mettre tout le monde enseignant dans la rue…

Tout ça n'a vraiment RIEN à voir avec le néo-libéralisme ou le néo-conservatisme, ni avec la gauche, ni avec la droite ! C'est une question de culture et de traditions d'un pays où on aime bien « faire chier les mômes » (comme disait Zazie), où on veut constamment péter plus haut que son cul, où on se prend très très au sérieux et où on ne peut pas concevoir qu'on puisse apprendre de manière AGREABLE - si on n'en bave pas, ce n'est pas sérieux. C'est ainsi qu'on a vu des horreurs du style « cahier d'EPS », parce que si on ne faisait pas ECRIRE les élèves en cours de sport, on n'était pas crédibles, selon les pédagos fadas des IUFM, et autres tenants des pseudos « sciences » de l'éducation…

Il se passe la même chose en pire (si c'est possible) dans les conservatoires de musique (2 ans d'aride solfège avant de toucher un instrument, des fois que les enfants pourraient s'amuser, surtout pas ! ), dans les activités sportives (pas question de rigoler), etc… Il faut voir par exemple comment ça se passe quand on va passer une semaine au ski et qu'on inscrit ses enfants à la pompeuse « Ecole du Ski Français » : on dirait qu'ils veulent les préparer aux Jeux Olympiques ! C'est ridicule ! Et ça fonctionne selon le même principe : tout ce qui est ludique est suspect, donc on fait « trimer » les gamins…

La société française est dure pour les jeunes en général et les enfants en particulier : elle leur fait subir des rythmes que les adultes ne supporteraient pas - elle descend dans la rue quand il est question de toucher au très catholique repos dominical… auquel ses enfants n'ont PAS droit !

Portrait de lancetre

à Compte supprimé le 4 janvier 3 Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3 De lancetre

00H30 | 06/05/2009 | Permalien

Hou la la ! ! ! ça doit faire un sacré bout de temps que vous n'avez pas mis les pieds dans un collège, ou alors, ça devait être privé et en centre ville ! ! !

« Les élèves ne font que gratter pendant une heure dans un cours d'histoire » : il y a 50 ans, sûrement, mais aujourd'hui, franchement , ça m'étonnerait ! ! !

La « trace écrite » (pour causer iufm) est réduite au strict minimum, et tout le cours est un dialogue à partir de questions posées par l'enseignant sur des documents.

« Les élèves n'osent pas parler » en cours de langues : attention, si de vrais profs d'anglais, d'allemand ou d'espagnol vous lisent, et que certaines sont cardiaques, vous pourriez avoir des morts sur la consience ! Jamais vu de classes qui « n'osent pas parler » ! Par contre, des élèves qui ne PEUVENT pas parler, parce qu'ils sont trente en cours, c'est la situation la plus courante.Fréquente aussi, la situation d'élèves qui ne peuvent s'exprimer, faute d'avoir appris une conjugaison, un minimum de vocabulaire, des déclinaisons ! Comme le reste, une langue s'apprend par le TRAVAIL, ne vous en déplaise !
Avant de lire dans le texte des romans sud-américains, j'ai commencé par la conjugaison de ser et estar, les cas d'emploi du subjonctif et de l'indicatif…ce n'est pas passionnant, mais indispensable si l'on ne veut pas être sans cesse contraint de recourir au dictionnaire !

Portrait de Waldeck

à lancetre Portrait de lancetre De Waldeck

Naufragé en Sarkoland | 12H29 | 06/05/2009 | Permalien

A Béatrice 1 & lancètre :

Je lis vos commentaires et je souscrits à vos 2 approches, les 2 points de vue sont défendus par 2 passionnés de bonne foi.

Merci !

Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3

à lancetre Portrait de lancetre De Compte supprimé le 4 janvier 3

| 14H28 | 06/05/2009 | Permalien

« Comme le reste, une langue s'apprend par le TRAVAIL, ne vous en déplaise ! »

Mais où m'avez-vous vue dire le contraire ? ? ? Ce que je dénonce, c'est justement cette incapacité toute française à imaginer qu'on puisse travailler agréablement, cad EFFICACEMENT. La méthode heuristique exige une immense rigueur. Les élèves ne retiennent bien que ce qu'ils ont COMPRIS, pas ce qu'on leur inflige.

« Hou la la ! ! ! ça doit faire un sacré bout de temps que vous n'avez pas mis les pieds dans un collège, ou alors, ça devait être privé et en centre ville ! ! ! “

Pfff… Vingt ans de ZEP, mon cher. Je n'ai jamais mis les pieds dans une école privée, ni comme élève ni comme enseignante. J'ai enseigné l'anglais de l'école élémentaire à l'université. Votre description d'un cours d'histoire en collège me fait doucement rigoler ! Car en France, le prof PARLE (tout seul) et les élèves SE TAISENT. Ou bien ceux qui ne se taisent pas parlent de tout à fait autre chose que le cours : ils font le bordel, parce qu'ils sont impitoyablement placés en situation d'échec. Ce que vous décrivez comme un ‘dialogue’ est la meilleure situation dont on puisse rêver dans une école française et elle est très rare, mais elle pêche par le même défaut : c'est le prof qui interroge et l'élève qui répond (dans le meilleur des cas), c'est donc un ‘dialogue’ à sens unique - alors qu'il faut pratiquement faire le contraire ! Comme dans la vraie vie, on ne devrait poser une question QUE pour connaître une réponse qu'on ignore - c'est ce qui est préconisé en langues : on crée le besoin chez l'élève, et il demande l'outil qu'il lui faut pour exprimer telle ou telle chose.

Ca ne se passe pas comme chez nous dans les autres pays, preuve qu'il est possible de travailler autrement. J'ajoute que quand on voit le niveau en anglais généralement DEPLORABLE des élèves français en terminale après SEPT ANS au moins d'apprentissage - à comparer à celui des élèves allemands, par exemple, au bout de deux ou trois ans, on devrait admettre qu'il y a quelque chose qui ne va pas chez nous !

J'ai pratiqué des expériences, suivi des élèves de toutes origines de la classe de 6è à la classe de 3è avec une pédagogie active (en rencontrant d'autant plus de difficultés que j'étais la seule alors que c'est en équipe que l'efficacité est maximale) : au bout de 4 ans, ces élèves étaient presque totalement bilingues, et leur accent faisait tomber par terre les observateurs. Malheureusement, ces gamins n'ont fait que DESAPPRENDRE au cours des 3 ans de lycée qui ont suivi… parce qu'ils se sont retrouvés en classe avec des gens qui ne savaient toujours pas conjuger ‘be’, et des profs qui estimaient nécessaire d'en rester donc à la conjugaison de ‘be’ !

Bien entendu, une pédagogie active en langue exige qu'on amène les élèves sur le terrain, et demande donc un énorme travail pour trouver des financements… Il ne faut pas avoir peur de payer de sa personne, mais c'est un travail passionnant, d'autant plus passionnant qu'on en voit les résultats tous les jours.

Exemple de difficultés rencontrées lorsqu'on est SEULE à pratiquer cette pédagogie censée concerner toute l'équipe :

- On ne parle pas de ‘faute’ mais d'ERREUR, et on insiste sur la fait qu'elle est normale, qu'elle est une partie inévitable et indispensable de l'apprentissage - quand vous avez été à votre premier cours de conduite, vous avez calé et vous avez tout fait de travers, forcément, puisque avant de commencer à apprendre vous ne saviez PAS conduire : c'est pareil pour tout apprentissage. Il est donc primordial d'instaurer un climat de confiance où les élèves ne craindront pas de se tromper, où lorsqu'ils se tromperont (car ils le feront tous à un moment ou à un autre) personne ne se moquera d'eux, et surtout pas l'enseignant, où au contraire ils pourront tirer des leçons de leurs erreurs, qui seront corrigées collectivement et dont la correction sera accompagnée d'une reflexion…

Cette démarche est rendue très difficile quand des collègues se FÂCHENT lorsqu'un élève se trompe, voire vont jusqu'à leur infliger des colles pour ça !

- Ces méthodes actives vont de pair avec ce qu'on appelle pompeusement la ‘pédagogie de l'encouragement’ : cad qu'on ne cesse de les FELICITER (car ils méritent constamment des félicitations ! ). C'est difficile quand par ailleurs ils passent leur temps à se faire engueuler ! Surtout chez les pauvres mômes de ZEP qui sont hyper susceptibles, voire à la limite de la paranoïa…

- On leur apprend à être autonomes, or il se passe le contraire dans le reste de l'établissement, où en gros ils sont traités comme du bétail : ces méthodes DEVRAIENT aller de pair avec des prises de responsabilités importantes au sein même de l'établissement, ce qui n'est malheureusement jamais le cas en France (à de très rares exceptions près).

C'est pourtant ce qui se passe dans les pays dont je connais bien le système éducatif : Royaume Uni, Etats-Unis, Allemagne. Les élèves allemands vont jusqu'à - horresco referens - noter leurs professeurs ! C'est pas demain qu'on verra ça chez nous…

Portrait de lancetre

à Compte supprimé le 4 janvier 3 Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3 De lancetre

18H27 | 06/05/2009 | Permalien

Eh bien oui, si l'élève ne sait pas conjuguer « be »,je ne comprends pas comment il peut aller plus loin.Mais pourquoi l'élève ne VEUT-IL pas apprendre à conjuguer « be » ? Moi, lorsque j'étais élève en 6ème, je n'ai pas fait d'anglais avant le début du mois d'octobre.Durant deux ou trois semaines, nous avons appris…l'alphabet phonétique, les diphtongues et les triphtongues ! ! ! Je n'en ai pas été traumatisé.Mais ce serait évidemment impossible aujourd'hui. Le niveau monte, c'est bien connu !
Une phrase insupportable dans votre texte : « ils font le bordel, parce qu'ils sont placés en situation d'échec ».Du tout ! Ceux qui « font le bordel » sont de petites frappes qui refusent de s'instruire, parce que « ça sert à rien, ça rapporte pas de tunes »..PERSONNE ne les place en situation d'échec, ils s'y placent eux-mêmes ! S'ils n'apprennent pas la leçon et s'ils refusent d'écouter le professeur, ce n'est quand même pas la faute du prof ! Ils ont la chance extraordinaire de vivre dans l'un des très rares Etats du monde qui leur offre une instruction , et ils crachent à la gueule de ceux qui tentent de les instruire ! Permettez-moi de ricaner des « pauvres mômes » qui refusent de porter des chaussures ou des vêtements sans marque, et qui roulent plus tard dans des voitures qui coûtent 2 ans de salaire d'un prof !

Quant à la notation des profs par les élèves, je vous renvoie à ce qu'en disait déjà Platon que, vu votre goût pour la maïeutique, vous semblez bien connaitre…Lorsque c'est l'élève qui commande…Vous connaissez sûrement la suite !

Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3

à lancetre Portrait de lancetre De Compte supprimé le 4 janvier 3

| 20H30 | 06/05/2009 | Permalien

On apprend à conjuguer « be » et tous les autres verbes non pas en le rabâchant mais en parlant, en lisant, en écrivant et en écoutant de l'anglais.

L'apprentissage exclusif de la phonétique pendant deux mois en début de 6ème était un DELIRE concocté par les profs « traditionnels » non formés aux méthodes audio-visuelles lors de l'arrivée en masse de celles-ci au milieu des années 70. Quel intérêt ? ? ? Qu'est-ce qu'on « apprenait » avec ça ? ? ? C'est un code effroyablement plus compliqué que l'alphabet classique et qui ne peut être utile qu'à des linguistes, pas à des gamins qui commencent à apprendre une langue. Sans compter que les cahiers des élèves étaient inévitablement truffés de fautes : une faute d'orthographe, c'est déjà embêtant, mais une faute de transcription phonétique, ça ne veut plus rien dire ! C'est l'exemple typique de ce que j'appelle, en reprenant la terminologie de Zazie, « faire chier les mômes » : leur infliger un pensum abrutissant sans aucun objectif pédagogique légitime. En cours de langue, les gamins sont censés apprendre la langue en question, cad apprendre à la comprendre oralement, à comprendre un texte écrit, à la parler et à l'écrire. Les hiéroglyphes que sont les signes phonétiques sont un outil pour les spécialistes, pas un objet d'apprentissage pour les débutants. Les enfants n'ont besoin de connaître qu'un rare nombre de signes de base, juste pour se souvenir une fois rentrés chez eux, quand ils apprennent leur leçon, de la façon dont se prononce telle voyelle - life [ai], live [i] (le verbe) - c'est tout. L'objectif des enseignants n'est PAS de compliquer la tâche aux élèves mais de la leur faciliter au maximum.

Votre discours sur les élèves est digne d'une vieille ganache, permettez-moi de vous le dire. Très rares sont les gamins qui refusent tout apprentissage. Se faire respecter est à la base du métier de professeur, éveiller l'intérêt des élèves et leur permettre d'apprendre aussi. Je ne dis pas qu'on fait des Einstein de tous en fin d'année, mais on obtient des résultats chez TOUS, à leur niveau.

On met les élèves en situation d'échec quand on leur demande des choses qui sont inaccessibles à un enfant de leur âge d'intelligence moyenne - par exemple quand un énoncé de problème de maths est tellement peu clair qu'un adulte est obligé de le relire trois fois pour le comprendre, par exemple quand on leur fait apprendre THEORIQUEMENT les diphtongues et les triphtongues (ce qui n'a absolument aucun intérêt) au lieu de leur apprendre à PRONONCER. C'est exactement comme apprendre le solfège sans instrument : c'est un nonsens ! Et pourquoi pas les échecs sans échiquier, la natation sans eau, etc ?

Aucun de mes élèves ne m'a jamais « craché à la gueule » - et pourtant j'en ai eu de rudes, en 20 ans de ZEP. C'est un métier difficile, je l'ai toujours répété à tous mes stagiaires, mais qui s'apprend, et on doit avoir des objectifs clairs et à tout moment du cours savoir ce que l'on fait et pourquoi on le fait.

Dans les établissements allemands, noter les professeurs ne signifie pas du tout que ce soient les élèves qui « commandent », ça vise seulement à empêcher que des incapables notoires restent accrochés à leur poste A VIE en faisant des dégâts génération après génération, comme on en a tous connus.

Toujours est-il que les « méthodes Freinet » dont parle cet article, je préfère parler de « méthode heuristique », ont su faire des MIRACLES avec des enfants qui avaient été rejetés de partout - il doit bien y avoir une raison, non ? Ils erait temps que la France se pose des questions sur ses échecs, ce n'est pas forcément toujours de la faute des autres.

Portrait de funkystefffff

De funkystefffff

Citoyen Grolandais du côté de ma mè... | 23H41 | 05/05/2009 | Permalien

Si ça vous intéresse dans la vraie vie :
http://www.occe.coop/federation/index.htm

Portrait de sinclair

De sinclair

10H06 | 06/05/2009 | Permalien

Un article de plus ou l'auteur tourne en rond sur le thème de la pédagogie comment déjà ah oui coopérative qui regroupe souvent un galimatia fourre tout s'inspirant du gourou freinet.

Non l'enseignement n'est pas cette utopie rousseauiste ou l'on croit voir surgir le petit Emile a tout moment. Encore une fois la pédagogie n'est pas une science elle dépend de chaque individu de sa personnalité et de son vécu. Tour comme la prose tout le monde la pratique sans le savoir certains sont bon d'autres moins bon et certains mauvais.

Certaines pratiques sont destructrices voir déstructurante pour les enfants mais comme on ne s'en aperçoit que 20 ans après qu'importe. Le tout est de faire de belles experiences coperatives d'enseignement en culture d'équipe avec 5 classes d'age et autant de niveau que d'eleves et clamer que l'on vient de faire la decouverte du siécel « “ la forme la plus appropriée [du travail scolaire] semble être le travail libre dans le silence, période de grande concentration ”. »

Pendant ce temps l'école de la République est démantelées et son avenir en temps qu'instrument d'égalité est mis a mal.

Mais continuez ainsi je sens que l'on va pouvoir constater qu'effectivement les enseignants n'ont aucune pédagogie sauf celle de soumettre les enfants a une condition de dominés. Ce n'est donc pas étonnant que l'école soit dans l'état ou elle est n'est ce pas ? salauds d'enseignant incapables.

Portrait de framboise92

à sinclair Portrait de sinclair De framboise92

Je refleurirai un jour ! | 08H44 | 08/05/2009 | Permalien

Oui Saintclair !

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qu'est-ce qu'on en prend plein notre enseignement, depuis deux ans !
Et si les gens savaient combien on réféchit tout en enseignant. ? ?

S'ils savaient combien nous nous investissons malgré le mépris ambiant avec le même amour du métier, la même abnégation…

Pour la peine, je vais lever le pied et me préserver, puisque tout le monde pense vrai ….sauf nous.

A eux, donc, ils ont la parole.(qu'ils tiennent compte du contexte Education nationale, ce sera mieux ! ! ! )

NB : je donne ma place dans cinq ans et plus….
Affutez vos nerfs, entre temps, --------vous ne tiendrez que deux jours en classe, vu votre largeur d'esprit braves gens et vos « y a » qu'à « faut qu'on »…

Portrait de marie 75

De marie 75

13H38 | 06/05/2009 | Permalien

to day !
mercredi 6 mai 2009
Marathon des savoirs Place de la Sorbonne

9h-10h : Fanny Madeline (Paris 1), L'Empire, historiographie d'un concept 9h-10h : Eric Vallet (Paris 1), Chrétiens et juifs dans le monde islamique au Moyen Âge

10h-11h : Catherine Mayeur-Jaouen (INALCO), La réforme de l'université d'al-Azhar aux XIXe-XXe siècles 11h-12h Vanessa Van Renterghem (INALCO), Les peuples non-arabes dans l'histoire de l'islam médiéval

12h-13h : Emmanuel Lozerand (INALCO), Un individu moderne, ses ombres et ses paradoxes : Fukuzawa Yukichi (1835-1901) 13h-14h : Barbara Le Lan (Paris IV) : Des différences entre langue écrite et langue orale en anglais

13h-14h Yves Figuerello (Paris IV) : L'écologie politique aux Etats-Unis

13h-14h : Guibourg Delamotte (INALCO) : Alliances et réformes : un bilan de la cohabitation au Japon 14h-15h : Thomas Vernet (Paris 1), Les traites négrières sur la côte swahili, Xe siècle - 1810

15h-15h30 Gilles Delouche (INALCO) De la légitimité du pouvoir royal dans le Siam ancien

15h-16h Eric Jolly (CNRS), L'Afrique hors de l'histoire : du Musée de l'Homme au Quai Branly

16h-17h : Renaud Malavielle (Paris IV) Les modèles gréco-latins dans la pensée historique espagnole du Siècle d'or

16h-17h : Karl-Ludwig Klein (Observatoire de Paris), Ces taches importunes qui viennent troubler le ciel - deux histoires des taches solaires 16h-17h Ayda Bouanga (Paris 1), L'hagiographie dans l'Ethiopie médiévale

17h-18h : Mathilde Lévêque (Paris 13) : De la désobéissance dans la littérature de jeunesse

17h-18h Pierre Guidi (Paris 1), L'école en Ethiopie 18h-19h, Henri Médard (Paris 1), Etat et génocide au Rwanda

18h-19h : Anne Bayard-Sakai (INALCO), Littérature et violence au Japon dans les années 1970 19h-20h, Pierre Boilley (Paris 1), Le discours de Dakar, 26 juillet 2007 (sous réserve) 19h-19h30 Theeraphong Inthano (INALCO), Les écrivains et la révolution étudiante de 1973 en Thaïlande

19h30-20h Michka Sachnine (INALCO), Un éthique de la parole : l'exemple yorùbà

19h-20h Eliane Daphy (CNRS), La diffusion des chansons nouvelles (chanteurs de rue, radio, music-hall) dans la France de l'entre deux-guerres… pour finir en chansons !

Portrait de framboise92

à marie 75 Portrait de marie 75 De framboise92

Je refleurirai un jour ! | 07H14 | 08/05/2009 | Permalien

http://www.icem-pedagogie-freinet.org/travail-cooperatif/espace_organisa…

http://fr.calameo.com/books/000031954a640bf3b7058

À l'initiative du GFEN Pour en finir avec les dons, le mérite, le hasard, Ed. La dispute

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