Trois experts décryptent les résultats du FN, d'EE et du NPA
Trois experts, interviewés dimanche soir, lors de la soirée électorale, analysent les résultats du FN, d’Europe écologie et du NPA.
Jean-Yves Camus sur le Front national
Plus haut qu’à la présidentielle de 2007, aux législatives de 2007 et aux européennes de 2009, le score du FN aux alentours de 12% est toutefois plus bas qu’aux régionales de 2004 (14,7% des voix).
Un score qui « n’est pas négligeable », explique à Rue89 Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l’extrême droite. Notamment parce que le FN est en mesure de se maintenir dans une dizaine de régions, en faisant
« campagne avec des moyens qui sont plus réduits que lors de la décennie 90 et au début des années 2000 » :
« C’est la preuve arithmétique que le Front national a été enterré trop tôt. [...] C’est quelque chose qui hante la vie politique française depuis maintenant pratiquement trente ans. On ne peut pas simplement se contenter de dire que c’est un vote protestataire et que c’est une formation marginale. » (Ecouter le son)
Camus.mp3
Frédéric Sawicki sur Europe Ecologie
Professeur de science politique, Frédéric Sawicki analyse pour Rue89 le score d’Europe Ecologie au niveau national (entre 12 et 13%) et ses conséquences dans les négociations avec le Parti socialiste (entre 29 et 30%) :
« Les Verts en 2004 n’avaient que 2,25% des voix, donc ils ont augmenté de plus de dix
points leur score six ans après, même si les Verts dans un certain nombre de régions étaient sur les listes au premier tour avec le Parti socialiste.On va assister à un rééquilibrage dans les exécutifs régionaux au profit des écologistes un peu partout. C’est un enseignement important, y compris par rapport aux élections
présidentielles et législatives qui suivront. » (Ecouter
le son)
Sawicky.mp3
Vincent Tiberj sur le NPA
La « stratégie de cavalier seul » du NPA a échoué, explique à Rue89 Vincent Tiberj (prononcez Tiberi) chercheur à Sciences-Po et spécialiste de l’extrême gauche. Selon lui, c’est notamment l’effet d’une « normalisation de l’image d’Olivier Besancenot ».
Depuis les européennes, le NPA a vu son électorat fondre, alors que le Front de gauche, lui, dispose désormais d’un « leadership à gauche de la gauche » :
« Le NPA n’a pas pris. Toute cette stratégie de mise en place d’une nouvelle forme de parti politique a échoué, il se retrouve à un niveau de marginalité proche de celui de Lutte ouvrière. » (Ecouter le son)
RegionalesTiberjNPA
Recueillis par Julien Martin et François Krug
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Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
-« C’est la preuve arithmétique que le Front national a été enterré trop tôt. […] C’est quelque chose qui hante la vie politique française depuis maintenant pratiquement trente ans. »
- L’extrême droite a toujours existé, quelle que soit son appellation ou son étiquette, qu’elle soit absorbée dans une formation de la droite traditionnelle ou livrée dans son emballage d’origine, c’est le même produit !
Vouloir prétendre l’éradiquer d’un simple trait de plume est parfaitement illusoire, voyez votre coiffeur, votre concierge, le chauffeur de taxi ou le patron du café tabac du coin...Tous les frustrés se reconnaissent dans ce courant, des chasseurs aux routiers, en passant par les motards...
S’il suffisait de dissoudre un parti pour voir disparaitre son programme, ça se saurait, il est même préférable qu’il ait pignon sur rue ( où il est identifiable pour être affronté ) que dissimulé dans la clandestinité où il se révèle encore plus dangereux ( voir le FIS en Algérie ou l’ETA...)
Mitterand, voulant emmerder Chirac avait fait entrer Le Pen à l’ A.N. avec la proportionnelle et s’était tiré une balle dans le pied !




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